<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5133389427307506893</id><updated>2011-11-28T01:55:58.881+01:00</updated><category term='Bienvenue'/><title type='text'>L'Ignoble Infreequentable</title><subtitle type='html'>Tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! 
Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://infreequentable.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5133389427307506893/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://infreequentable.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>L'ignoble Infreequentable</name><uri>http://www.blogger.com/profile/10770542077242219147</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_OgPlR385ikA/SmXbXsInX2I/AAAAAAAAAAM/v2W1PZxNqxg/S220/00%5B2%5D.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>4</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5133389427307506893.post-1909479331640939432</id><published>2010-07-29T17:10:00.003+02:00</published><updated>2010-07-29T17:14:09.118+02:00</updated><title type='text'>Opération « Juliette-Siéra » (0)</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Préambule : Origine&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Début juillet, je finissais ces posts prévus pour une mise en ligne entre le 30 juillet et la fin du mois d’août. Et je mettais en ligne de façon anticipée.&lt;br /&gt;Le 29, j’avais prévu de faire les valises dans l’après midi et de « dégager » tranquillement du bureau après avoir signé tous les chèques et autres déclarations en retard.&lt;br /&gt;Par malchance, le matin de ce jour-là, impossible de venir « éructer » sur le web à commentaires sur ce blog d’I²… Rien à faire sauf à venir « en cache » via les moteurs de recherche habituels : Diagnostic avancé ? Un pare-feu interdisant l’accès depuis hors de la plateforme toulousaine, posé en milieu de matinée.&lt;br /&gt;Autrement dit, une censure vite-faite bien-faite interdisant d’accéder aux posts qui suivent.&lt;br /&gt;Cré-vingt-dieux ! Faut pas dékonner non plus dans la vie : un blog, c’est fait pour être accessible avant tout jugement sur son contenu.&lt;br /&gt;Ou alors, le « juge » se doit et seulement de lui-même, l’interdire, sur auto-saisine ou sur saisine de la Haute autorité internetique du pays !&lt;br /&gt;Pas chez les toulousains, manifestement : c’est comme ça.&lt;br /&gt;Donc, nouveau blog, car je suis un têtu, avant que je ne maîtrise (un autre jour, car là il y a urgence) une plateforme d’accueil « exotique », pour y mettre ces « posts romanesques » qui semblent déranger je ne sais trop qui !&lt;br /&gt;Et du coup, donne tout leur poids, que franchement je jugeais « quantité négligeable », aux « révélations » qui y sont faites, que je n’imaginais pas une seule seconde comme pouvant avoir quelques réalités enracinées chez les « sachants » et autre « gouvernants » de ce pays !&lt;br /&gt;On verra après, je pars de toute façon, et en « serrant les fesses » en espérant ne pas croiser la trajectoire d’une balle de 9mm ou une plus vicelarde de 7,62 tirée « au hasard ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car, aujourd’hui, je suis avec ma « nichée », ses bagages, ses bouquins, ses PSP, ses ordinateurs, ses pyjamas et autres « doudous », entassés dans « mon tas-de-boue-à-roulettes » sur les routes de « Gauloisie estivale ».&lt;br /&gt;Je ne serai sans doute pas le seul (puisque sachant ces détails, vous pensez bien que « ma petite Sœur »(celle que si elle n’existait, il faudrait quand même l’inventer), tellement fière de son « frère-à-elle » (le préféré, en plus, pour n’en avoir qu’un seul), aura téléphoné à toutes ses copines – qu’elle a nombreuses, qui elles-mêmes ont leurs propres copines, au moins aussi nombreuses – pour annoncer mon trajet et horaire putatifs, et que tout ce beau monde-là sera donc à ma recherche : Une chance de rencontrer « I désormais cube » (I3 Ignoble, Innommable et Infreequentable, vous pensez la gloire…) ça ne se loupe pas !&lt;br /&gt;Objectif, se retrouver avec d’autres kouillons de mon genre, alertés chacun par les copines de leur propre femme, amant, maîtresse ou co-pine, que je suis sur la route à les y croiser ou les doubler sans vergogne, à tenter « de passer » jusqu’à Bastia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De là, demain au plus tard, je devrais faire le détour par le boulanger qui est sur « le cour » (celui-là même où un siècle plus tôt ma grand-mère « se montrait » aux mâles regards de son époque, chaperonnée de près par sa sœur aînée). Pour y acheter quelques viennoiseries pour ma « nichée » pas encore très bien réveillée dans la lumière du soleil naissant au-dessus de l’Île d’Elbe, direction ma « petite sœur » justement, qui nous attend avec son café (pas terrible) sur le coup des 10 heures du matin. &lt;br /&gt;Le trajet final est long, il est tortueux et la traversée des villes posée sur le chemin reste aléatoire.&lt;br /&gt;Bref, je suis en vacances, dans mon « trou internetique », sans pouvoir vous abreuver de post quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, trois choses me sont venues à l’esprit l’année dernière (alors que je vous avais laissés, dans les mêmes conditions, quelques posts sur ses merveilleuses « niches fiscales » gauloises qui font rêver le monde entier) : &lt;br /&gt;1 – Je ne pense plus à rien qu’à mes projets de « petites crèches » : j’ai juste RDV avec « ma » méduse, celle qui m’attend depuis l’année dernière à me faire souffrir de ses langoureux bisous qui font si mal au derme ;&lt;br /&gt;2 – Je suspends tous vos commentaires (et depuis hier après-midi) jusqu’à mon retour, prévu pour le début septembre, sauf urgence urgentissime intermédiaire, ou sauf si j’ai décidé de ne pas rentrer (on ne sait jamais, je vais peut-être y réfléchir).&lt;br /&gt;Ne soyez donc pas surpris : c’est suspendu et j’espère ne pas perdre vos commentaires, comme l’année dernière, quand j’aurai enfin un accès potable (c’est-à-dire qui ne « bugue pas ») à internet…&lt;br /&gt;On verra bien : n’hésitez pas à en laisser ici ou là. Ça fait toujours plaisir de savoir qu’on pense à vous !&lt;br /&gt;3 – Mais, mais. Je ne vais quand même pas laisser sur leur faim les quelques 300 à 400 visiteurs/hebdomadaire (parfois au-delà du millier quoique, l’année dernière, à pareille époque, vous n’avez été que 799 à « visiter » les 509 niches fiscales) qui viennent jusque sur ce blog pendant les torpeurs estivales.&lt;br /&gt;Bon, on est en été, il fait beau, pas la peine de passer son temps à « geeker » sur vos claviers, devant vos écrans : l’audience est divisée par un peu moins deux depuis le 14 juillet sur ce blog, c’est normal et ce n’est pas bien grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quand même, me suis-je fais la réflexion à-moi-même et depuis l’année d’avant l’année dernière (année où l’on m’a volé mes reportages anticipés de mes périples en « Corsica-Bella-Tchi-tchi » laissés à votre attention avec de terribles « paradoxes temporels »), je ne vais pas décevoir tous ces braves inconnus qui passent même par hasard, à les laisser sans nouvelle.&lt;br /&gt;Bé donc j’en fais une. De nouvelle…&lt;br /&gt;Bé oui, mais sur quoi donc qu’est-ce ?&lt;br /&gt;J’ai bien quelques « exercices » de logique en cours de finition avec un manuscrit qui fait des allers-et-retours depuis des années d’un disque dur à un autre : « Le feu  ».&lt;br /&gt;Mais je n’en suis pas encore satisfait, pas assez pour le mettre en ligne, bien que tous les personnages y sont déjà « carrés » et resservent cet été ici ou à l’occasion ailleurs.&lt;br /&gt;J’ai bien cette affaire policière pure, « L’affaire du Juge Féyard  », qui traînasse également. Mais le récit fait trop « huis clos » et n’est pas encore assez « compliqué » à mon goût…&lt;br /&gt;J’ai encore dans les tiroirs cette affaire se situant dans la « Chiraquie finissante » : déjà plusieurs centaines de pages écrites, mais où je tombe – enfin l’histoire elle-même, mes personnages – dans une impasse stupide. Il faut donc la réécrire, la mette en perspective…&lt;br /&gt;J’ai toujours en tête une autre « pure fiction » de meurtre par procuration promise un jour au procureur Bilger (commentaire censuré) . Mais celle-là est en partie autobiographique, pas assez « romancée », et peut-être bien trop compliquée, elle, pour un lecteur lambda…&lt;br /&gt;Mais à force, ça se met en place doucement dans ma tête : peut-être pour l’année prochaine, donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est là que l’idée est venue, sur la route du retour, l’année dernière à guetter les radars automatiques et les « volants ». &lt;br /&gt;Elle a germé au mois de septembre 2009… Bon entre-temps, y’a eu la crise, les âneries des uns et des autres, beaucoup de travail à assumer.&lt;br /&gt;En octobre 2009, elle a pris corps dans mon esprit et j’ai commencé à la coucher sur l’écran. En fait, à partir de la moitié du récit.&lt;br /&gt;Le retour de « Miho » : vous verrez.&lt;br /&gt;Je ne sais pas pourquoi « Miho » : Mais en tout cas, la nana existe, dans un tout autre contexte d’ailleurs, et avec une autre identité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est qu’il faut vous avouer au passage une de mes faiblesses criardes : je n’ai aucune imagination, absolument aucune. D’ailleurs, aucune des informations qui suivent, ABSOLUMENT AUCUNE, sauf la lettre de Bassano d’avril 2010 et la partie « romanesque » (que vous identifierez tout de suite pour mettre en scène les personnages de ce roman), ne sont des « inventions » : Toutes ces informations sont déjà en ligne sur internet depuis de nombreuses années (sites suisses, belges, français, américains, etc.) : il suffit de chercher !&lt;br /&gt;Des « idées », oui, quelques-unes, mais alors pour les mettre en musique, archinul le mek !&lt;br /&gt;La preuve, presque tous les personnages qui « jouent » leur rôle dans le texte qui va suivre, existent aussi. Mais dans la « vraie vie », ils font naturellement tout autre chose, ne portent même pas les idées que je leur attribue, ni même les traits de caractère, encore moins les ambitions.&lt;br /&gt;En revanche, « le nez qui bouge » de Charlotte, c’est vrai et authentique : J’en connais deux comme ça. J’en ai choisi une seule : celle qui ne nasillarde pas, justement.&lt;br /&gt;Même les noms sont piqués dans le dictionnaire des fleuves et rivières : c’est dire !&lt;br /&gt;Que j’en ai été obligé d’en faire une table de correspondance sous Excel, pour ne pas me planter au fil du récit…&lt;br /&gt;Résultat, assez peu de description de lieux (je les connais tous) et de personnages, physiquement (je n’en ressens pas le besoin, puisque je les connais aussi tous) : place, dans cette civilisation de l’image, à la seule imagination du lecteur. À lui de faire l’effort de projeter ses propres « fantasmes » : les miens n’ont vraiment d’intérêt pour personne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui mais, raconter quoi ? Bé là, n’ayant toujours aucune imagination, et fort des événements récents du pays, je me suis carrément et tout bêtement inspiré de l’actualité… actuelle. &lt;br /&gt;C’est aussi à force d’avoir eu recours aux textes qui traînent sur Internet pour alimenter la rubrique « Devoir d’inventaire »…&lt;br /&gt;Car, vous ne le voyez peut-être pas, mais il y a un fil rouge qui passe et repasse à travers les destins tragiques retracés dans cette rubrique.&lt;br /&gt;Plusieurs en fait, mais toujours il s’agit d’argent et de pouvoir.&lt;br /&gt;Même pas de « fille », c’est vous dire la tristesse du « monde politique »…&lt;br /&gt;Sauf que quand j’en suis arrivé aux années « Mythe-errant », entre Lucet, Bérégovoy et Grossouvre, qui ne sont que la toute petite partie émergée d’un iceberg beaucoup plus gros, on ne peut plus « dénoncer » ce qui représente une énorme affaire d’État, à l’en « faire péter la République plusieurs fois » nous assurait feu Alfred Sirven.&lt;br /&gt;Certes, mais n’était-ce pas le dire d’un « malade du neurone » qui sombrait dans le délire de paranoïa ?&lt;br /&gt;Pas tout-à-fait, car il y a des faits qui restent intangibles dès qu’ils ont été figés dans le marbre de l’Histoire, celle avec un grand « H ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « parano », elle existe, mais pas non plus tout-à-fait là où on la recherche. Elle a été déclenchée par la mort de Jean-Luc Lagardère, dans le sillage de la vente de frégates furtives à Taïwan. Pas de doute : L’affaire « Clearstream », dont il sera beaucoup question ci-après (peut-être un peu trop mais quand il a fallu « alléger », je m’y suis assez mal pris… excusez !), la « 1 » et la numéro 2, celle qui a emmené « Vil-pain » jusqu’en correctionnelle en lui épargnant le « croc de boucher » qui lui était promis par qui on sait, en est un avatar.&lt;br /&gt;Mais un avatar loupé : ce n’était pas la bonne cause, ni la bonne cible. Tout le monde, sauf les juges du TGI Paris, est passé à côté. Les juges du TGI ont vu l’essentiel sans savoir le reste. C’est déjà beaucoup de leur part.&lt;br /&gt;Était-ce les bons acteurs ?&lt;br /&gt;Pour partie, oui. Car les autres sont morts souvent dans leur lit ou se sont fait oublier.&lt;br /&gt;Qui sont-ils ?&lt;br /&gt;Là, on entre effectivement dans un énorme scandale qui, je l’espère bien, ne sera jamais révélé. &lt;br /&gt;Car le révéler, ce serait remettre en question toute une partie de l’Histoire récente de notre pays, ses institutions et quelques-uns des plus grands « Homme d’État » que nous ayons eu.&lt;br /&gt;C’est dire l’enjeu du silence… C’est dire pour quoi il ne s’agit, de ma part, que d’un roman, une pure œuvre d’imagination…&lt;br /&gt;J’insiste… Même si ça dérange !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est, arrivé à ce niveau de réflexion, que j’en suis venu à la conclusion que je vous propose. Vous la découvrirez en fin de mois.&lt;br /&gt;C’est la seule qui me convienne et elle m’est venue à l’esprit, que dis-je, elle s’est imposée début novembre 2009, quand j’épluchais des pages et des pages Internet sur le sujet (car il n’y a rien de probant, d’explicatif, de « sain », dans les divers bouquins qui touchent au sujet, pour être bien trop « polémiques » voire « très engagés ».).&lt;br /&gt;Et alors, comme je mets en scène notre auguste Président, Vénéré de tous, aimé de tous les « Gaulois natifs et impatriés réunis » et de tous les autres depuis 2007, bé tout d’un coup, ça avait une cohérence d’ensemble sans équivoque.&lt;br /&gt;C’est pourquoi il m’a fallu « réinventer » les premiers chapitres, parce que finalement, cet homme-là a un rôle clé, y compris dans son « abstention » à faire appel contre la décision de relaxe envers son propre ex-chef de gouvernement du temps où il n’était que « ministre des cultes et de l’intérieur », qui s’explique par la suite.&lt;br /&gt;Il est « en mission » depuis son éviction du gouvernement de « Balla-mou », la faute aux élections de 95 : « Balla-mou » était le « bon cheval ». Être dans son sillage aussi, sauf qu’il a chuté à la dernière haie et qu’il a fallu tout reprendre depuis le début, ce qui a pris 7 ans de travail !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, coup de « grâce véritable » (dans le sens où la « grâce est divine » et éclaire le chaland), totalement impromptu vers la mi-décembre : le détail du « Grand emprunt »… &lt;br /&gt;Non pas dans l’utilisation des sommes mobilisées : tout le monde en a glosé depuis le début des travaux de la commission « Jupette/Roro-Card ».&lt;br /&gt;Ce n’est évidemment pas ce qui était important.&lt;br /&gt;Ce qui l’est, ce sont les origines des fonds, sur lesquelles tout le monde a avalé la couleuvre sans piper mot !&lt;br /&gt;Un vrai tour de passe-passe « vachement » bien fait.&lt;br /&gt;Je l’avais prévu dès le début d’octobre 2009 dans le scénario originel.&lt;br /&gt;Mais pas avec ce niveau de maîtrise qui reste assez fabuleux. &lt;br /&gt;Et alors-là, lui donner corps de cette façon-là, merci à « Bling-bling » : je n’avais pas à tout refaire comme je m’en suis ouvert ici ou là dans quelques commentaires…&lt;br /&gt;Merci, Chef !&lt;br /&gt;Et puis comme d’une confirmation, le 22 mars dernier, 2010, l’arrivée d’un « Chiraquien » pur-jus au poste de ministre du Budget, qui a sous sa coupe, les douanes, les recettes fiscales unifiées, « Tracfin », des « super-agents » du contrôle, comme ceux versés à la DNEF ou la DNVI, le doigt sur les autorisations de « commissions versées à l’étranger », toute liberté de remonter toute information sur quiconque quand il s’agit d’argent sale.&lt;br /&gt;Ça, je ne l’avais pas prévu… Mais qu’importe, notre « Ô combien vénéré président » me rendait hommage sans le savoir !&lt;br /&gt;Car, c’est qu’il s’était passé quelque chose depuis lors, que le terrain était « propre », les comptes rendus, chaque bouton de guêtre ayant retrouvé sa place : « Barre-oing » est l’agent idéal pour faire passer ce message-là au « Chi » lui-même, qu’il ferme définitivement ce chapitre-là de l’histoire de « l’ami de trente ans » et de sa tentative de traitrise, qu’il enterre enfin la hache de guerre.&lt;br /&gt;D’ailleurs, « Vil-pain » qui au même moment du printemps naissant, crée son propre parti, affirme être « une alternative crédible »… à « Bling-bling »… tout en n’étant pas un opposant, précise-t-il le lendemain : souvenez-vous, ce n’est pas moi qui l’ai inventé, même si ça eut été moins clair lors de son rassemblement du 19 juin dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, l’ensemble prend corps, s’enracine directement dans les « présupposés » de mon récit au fil du temps, mais personne ne vous le dira nulle-part ailleurs.&lt;br /&gt;Car, j’en suis à me demander moi-même, si en « inventant » une histoire un peu « complètement farfelue », juste « pour en rire », pour vous occuper cet été, je n’en suis pas finalement, à force de déductions et d’inductions, arrivé à décrire ce qui s’est réellement passé dans les plus hautes sphères du concert des États-Nations.&lt;br /&gt;C’est dire mon état psychiatrique avancé : c’est un peu comme si je t’inventais un « Boson de Higgs » parfaitement improbable, et que là, tout d’un coup il apparaisse exactement à l’endroit prévu, dans les conditions prévues de mon accélérateur de particules !&lt;br /&gt;Ça fait un drôle d’effet, je vous assure…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Restait plus qu’à remettre en musique les détails et le final, jeter quelques « aléas » qui pimentent un peu le récit pour en finir.&lt;br /&gt;S’il n’y avait pas eu l’épisode « Inco » (et le commentaire des mesures qu’il propose sur son blog, lancé un peu comme un défi de sa part), c’aurait été bouclé à mi-février.&lt;br /&gt;J’aurai eu le temps d’oublier, pour pouvoir relire sereinement en juin ou juillet, améliorer tel ou tel passage, gommer telle ou telle incohérence.&lt;br /&gt;Là-dessus, période des bilans, des comptes et comptes-rendus, des PV des AG des ceci et des cela, et je me suis retrouvé rapidement aux alentours de Pâques à « boucler » en vitesse, pour en finir rapidement : c’est qu’il faut aussi que je bosse, parfois.&lt;br /&gt;Long travail du mois de juillet, à toute remettre dans le « bon ordre » avant mon départ : je rangerai mon bureau une autre fois, au retour !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste une concession à la bienséance : vous verrez divers « Apartés » numérotées dans le cœur du récit.&lt;br /&gt;C’est un « truc », là comme ça, où la scène décrite est coupée, autocensurée. &lt;br /&gt;1 – Elles n’apportent rien à la suite du récit, elles peuvent donc disparaître, quitte à réapparaître dans une future « version papier » (mais vendue, celle-là : sur le « blog », c’est gratuit ! Nuance infinie…) ;&lt;br /&gt;2 – Elles peuvent aussi « choquer » les âmes sensibles et un public des plus jeunes. C’est un engagement de ma part que de n’offenser personne, surtout pas « les plus jeunes ». Je m’y suis tenu jusque-là, pas de raison d’y renoncer pour si peu.&lt;br /&gt;Et pourtant, je m’en donne à cœur-joie sur le sujet, au moins à deux ou trois endroits desdites apartés.&lt;br /&gt;Notamment, la séquence où « Paul » fait craquer « Miho », tout dans la « menace psychologique », qui est particulièrement bien montée, tendue et bien vue.&lt;br /&gt;Les autres sont d’un niveau inférieur : pas la peine d’alourdir le récit qui est déjà assez épais, touffu à souhait, comme je les aime (et que je n’en trouve plus en format poche, pour les avoir tous ou presque, lus : depuis, je préfère les écrire, disais-je encore à « Chouette-chouette » le 1er avril dernier, commentaire n°7).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notez que je fais aussi quelques impasses : C’est sciemment, d’abord parce qu’il y a très peu de traces de ce qui s’est réellement passé, sur les affaires Luchaire, l’Angolagate dont le jugement est en appel (on ne peut guère en parler), les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et d’autres pays du Golfe, ni même encore les « hoquets » sur la vente d’armes au Brésil, à la Russie ou les ratés des avions ravitailleurs EADS, qui pourrait émerveiller mon imagination.&lt;br /&gt;Ensuite parce que ça n’apporte pas grand-chose au récit.&lt;br /&gt;Par ailleurs, je fais une longue digression sur l’explosion de l’usine AZF qui est finalement « hors-sujet », mais je l’ai laissée en l’incluant dans autre chose (que vous découvrirez). &lt;br /&gt;C’est un choix de ma part, que de l’avoir mis hors-sujet, dicté par le jugement du tribunal qui a acquitté tout le monde (ce qui est parfaitement logique), mais de l’avoir gardé pour justement l’évincer en réponse à mon correspondant, qui m’a pour partie inspiré ce récit, mais pas seulement lui, (car depuis le mois d’avril, circule des versions papiers mise ainsi à l’abri et depuis mai, des « versions électroniques », par précaution et même sur un blog « bis »), en la personne du « Capitaine Haddock ».&lt;br /&gt;Lui prend un autre parti : il sait beaucoup de choses et à mon sens doit d’être encore vivant pour être « passé à côté » (ce n’est que mon opinion, qui ne vaut pas plus que « pêt de lapin », naturellement). &lt;br /&gt;C’est normal, puisque… c’est compliqué.&lt;br /&gt;Je le mets d’ailleurs en scène (en déplaçant l’endroit et la date où il fut allé réellement), pour lui faire tenir un rôle qu’il n’a pas : qu’il me pardonne, mais comme je tenais absolument à le citer pour renvoyer copieusement sur son site qui décrit à peu près la même chose mais en mieux documenté et en très nettement moins « romancé », je me devais de lui attribuer un rôle, sinon central, au moins important.&lt;br /&gt;Depuis, nous avons échangé : une flopée de commentaires, des textes à lui (où il réécrit longuement sa rencontre putative avec Paul : vous verrez !) et m’a inspiré les deux derniers chapitres qui sont des rajouts.&lt;br /&gt;Passons aussi sur le fait qu’il m’ait vraiment « fait ch… » en mai dernier : en me collant sur le dos une équipe d’Ufologues ! &lt;br /&gt;Vous avez pu suivre ces délires dans la rubrique « Les enquêtes de Charlotte », les posts antérieurs à celui-ci… si c’est redevenu accessible entre-temps !&lt;br /&gt;Notez également que j’ai eu des contacts internetiques avec un autre personnage cité. Il m’a même fait parvenir divers documents que j’avais déjà consultés par ailleurs, sauf le dernier en date d’avril 2008, et appris un détail qui me fait réécrire, dans l’urgence quelques procédés.&lt;br /&gt;Tous les deux, qu’ils soient remerciés de leur collaboration, de leur soutien – même si nous ne partageons pas les mêmes objectifs et ambitions – et surtout du respect de leur astreinte à confidentialité : des hommes de paroles, c’est assez rare pour être souligné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, je préfère « ma » thèse, parce qu’elle est corroborée par l’attitude de l’administration « Bu-bush » et celle de « Baraque Au-Bas-mât ».&lt;br /&gt;Car, soyons logiques jusqu’au bout et regardons de près les faits. D’abord cette histoire de la montée en puissance de notre « Ô combien Vénéré Président »… &lt;br /&gt;Reportez-vous à ces deux posts-là, celui-ci et le suivant, qui commencent à dater mais qui sont repris de diverses coupures de presse d’antan (synthèse pas simple et quelques erreurs en plus).&lt;br /&gt;Puis « calez-vous » sur l’été 2007, le début de la crise des « subprimes », et surtout sur sa gestion, tant aux USA que cette extraordinaire convergence d’avec la « Vieille Europe », honnie par Washington quand elle dit « non ». Le seul qui n’a rien fait avancer, c’est justement notre très et « Ô combien Vénéré Président » et tous l’ont snobé un temps.&lt;br /&gt;Il a dû « reprendre la piqûre » au moment du passage du Président américain devant le Parlement Européen à Strasbourg, puis à Pittsburg, à Londres, voire à Copenhague. Et comme par miracle, les choses s’arrangent en mars 2010 sans aucune raison apparente, sauf le vote de la loi de finances rectificative de mars 2010 et le « grand emprunt » annoncé en décembre… Pour être désormais au « beau fixe » sur l’essentiel, alors même que la crise des « subprimes », qui aurait pu être gérée autrement, n’est même plus un sujet « dont on cause » (même si ça va revenir cet été, pendant que vous lisez ces posts-là).&lt;br /&gt;Celle-là, je la trouve extraordinaire. Mais passons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous laisse à votre lecture quotidienne. Zappez si ça vous casse le pied ou arrache la macula : on se retrouve en septembre, si Dieu le veut bien dans son immense miséricorde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien à vous toutes et tous… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I²&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Il y a aussi parfois des redites. Dans le « roman » qui va suivre. Elles disparaîtront dans la « version papier ». &lt;br /&gt;Mais là, elles étaient indispensables pour la bonne compréhension de chaque « épisode » pris en tant que tel, un à un.&lt;br /&gt;Et ce n’est pas simple de dire et redire les mêmes choses avec des mots différents, croyez-moi.&lt;br /&gt;Un exercice de style, en quelque sorte…&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5133389427307506893-1909479331640939432?l=infreequentable.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://infreequentable.blogspot.com/feeds/1909479331640939432/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://infreequentable.blogspot.com/2010/07/operation-juliette-siera-0.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5133389427307506893/posts/default/1909479331640939432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5133389427307506893/posts/default/1909479331640939432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://infreequentable.blogspot.com/2010/07/operation-juliette-siera-0.html' title='Opération « Juliette-Siéra » (0)'/><author><name>L'ignoble Infreequentable</name><uri>http://www.blogger.com/profile/10770542077242219147</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='30' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_OgPlR385ikA/SmXbXsInX2I/AAAAAAAAAAM/v2W1PZxNqxg/S220/00%5B2%5D.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5133389427307506893.post-2063876563441780810</id><published>2010-05-11T17:40:00.005+02:00</published><updated>2010-07-30T12:04:34.481+02:00</updated><title type='text'>Opération « Juliette-Siéra »</title><content type='html'>&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (I)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier chapitre : Journée d’été particulière &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;En définitive, cette affaire-là a commencé très tôt. L’année où Paul obtient son brevet de pilote amateur. Il a alors à peine 16 ans révolus et passe son bac scientifique l’année suivante, au lycée Louis le Grand à Paris, avant d’intégrer la « prépa » scientifique dans le même établissement à la rentrée de l’année encore suivante : la voie royale des grandes écoles d’ingénieur, licence navigation de pilote en poche. &lt;br /&gt;Très clairement, Paul vise déjà « Sup-Aéro », à moins que l’école de l’air ne l’accepte dans ses rangs, « licence moteur » acquise, espère-t-il à ce moment-là.&lt;br /&gt;Bien avant son permis de conduire une automobile. Il faut rappeler que jeune, il est un peu… précoce comme garçon ! En tout.&lt;br /&gt;Paul a poursuivi son parcours personnel, pendant que d’autres œuvraient dans l’ombre à d’autres tâches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est le cas de l’agent spécial Charles Almont. À cette époque, il intègre un peu par hasard la CIA, affecté au « Département Europe occidentale » alors qu’on se bat assez loin de là au Koweït : un département assez mineur au sein de l’agence. Le mur de Berlin est tombé, le pacte de Varsovie vit ses dernières heures, ses collègues du Moyen-Orient sont sur une poudrière, la guerre Iran-Irak s’est tue. Les incidents en Corée deviennent hebdomadaires pour rester mineurs.&lt;br /&gt;Europe occidentale ? Rien jusqu’à l’arrivée au pouvoir de l’union de la gauche en France, dix ans plus tôt, qui donnent des sueurs froides à Washington, mais pas trop à Langley : Le Président nouvellement élu d’alors est un atlantiste convaincu, tournant enfin le dos aux politiques gaullistes d’indépendance.&lt;br /&gt;L’agent Almont apprend au fil du temps et de sa montée dans la hiérarchie de l’agence, à s’accommoder des français, son domaine de spécificité : Pompidou tournait le dos à la politique anti-anglo-saxonne de son prédécesseur. Son successeur est devenu un ami personnel du Président Ford et l’armée américaine a sciemment transmis des « savoir-faire » aux chercheurs atomistes français de l’époque, en vue d’obtenir l’arrêt définitif des essais nucléaires.&lt;br /&gt;C’était un pas de plus vers la réintégration définitive de la France dans l’Otan.&lt;br /&gt;Le nouveau Président a, quant à lui, et dès 1981, un peu avant l’arrivée de Charles à l’agence, « vendu » sa taupe nationale en URSS : un trésor de renseignements qui a permis le démantèlement de plusieurs filières d’espionnage par le FBI, mais tout autant à travers les pays adhérents à l’Organisation Atlantique-Nord. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chefs d’Almont n’ont guère confiance dans le chef des gaullistes rassemblés autour du RPR. La première cohabitation leur en donne la preuve avec le retour des « historiques », aux idées courtes, aux convictions indéboulonnables et aux « magouilles » pas très dignes d’une grande démocratie.&lt;br /&gt;Charles, au fil de son ascension, a le temps de faire plusieurs séjours à Paris, de jauger les gens, de juger les jeunes pousses, de préparer à rythme lent, trop lent peut-être, la « normalisation » définitive de ce pays.&lt;br /&gt;Il s’agit d’être discret, intimiste presque, savoir donner du temps au temps et être économe du denier du contribuable américain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’élection de 1988 est ressentie comme un échec. On s’est trompé de tactique et en même temps on n’a pas su utiliser, motiver les bons chevaux. Il faut dire qu’aux USA, l’administration est mobilisée toute entière pour l’élection de Bush. Le premier…&lt;br /&gt;La même erreur, un peu aidé par les circonstances, n’est pas commise en 1993 : on peut imaginer désormais faire avec…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On compte alors, très secrètement, beaucoup sur le premier ministre de la deuxième cohabitation pour « déverrouiller » les errements du Président de l’époque. Un type pas mal, pour avoir l’esprit d’un pragmatique. Et on aime ça, le pragmatisme, outre-Atlantique. &lt;br /&gt;Il faut aussi reconnaître que, vu de l’intérieur, l’administration Clinton reste un peu « vaseuse » en pariant sur ce premier ministre français-là, ce qui, contre toute attente de l’attente des français a finalement jeté « un froid » sur les relations du successeur du président socialiste, dès son premier mandat et ce, durant des années.&lt;br /&gt;La « dissolution surprise » n’a guère arrangée les choses : le premier ministre suivant est quant à lui très au fait des manipulations en tout genre, presque hermétique pour être lui-même un pur produit de la politique crypto-underground… mais pas du bon bord !&lt;br /&gt;Il aura fallu les attentats du 11 septembre pour que les choses bougent en France, que le président d’alors s’engage à changer d’attitude, soit plus conciliant à l’égard des « poulains » de l’agence et de la seconde administration Bush, celle de Junior.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps passe, et contrairement aux espérances, il y a eu l’horrible affaire « Pindevil », appuyé depuis l’Élysée par le Président « Rackchi », narguant les alliés jusque sous la coupole de l’Assemblée Générale de l’Onu à New-York et enfin l’élection « du bon cheval » en 2007, pour lequel l’agence n’a pas ménagé son soutien, appuyé en cela par la « Maison Blanche ». À lui de faire le ménage et de revenir dans le rang.&lt;br /&gt;Il aura fallu plus de quarante ans d’efforts et presque deux générations d’agents pour laver l’affront du déménagement honteux de la porte Dauphine vers la banlieue de Bruxelles !&lt;br /&gt;Plus que pour abattre le mur de Berlin, finalement.&lt;br /&gt;Et c’est lui, le sous-directeur Almont, qui en est le fer de lance final. Il se donne un an pour finaliser le problème, juste avant les élections de novembre 2008 : peu importe leur résultat, il ne peut que passer directeur « Europe » avec l’administration du successeur de Bush, à l’occasion du jeu de chaises musicales qui en découlera automatiquement : le « spoil-system ».&lt;br /&gt;Une belle fin de carrière en perspective, finalement : on ne peut guère espérer mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le nouvel élu des français « Krasosky », les choses sont en effet simples et claires. Il faut de toute façon et discrètement finaliser les accords passés en 2002 comme d’une forme d’allégeance, discrète mais bien réelle.&lt;br /&gt;Il fait savoir à qui de droit, sitôt arrivé à la magistrature suprême, qu’il souhaite faire une « visite privée », dans le courant de l’été, au Président Bush, qui lui impose la côte-est au lieu de la résidence d’été espérée de Camp-David.&lt;br /&gt;En remerciement, mais sans rien dire de ses véritables ambitions, naturellement, sauf ce qui est connu autour de l’Union Pour la Méditerranée…&lt;br /&gt;Qui n’est pas vraiment un projet d’hostilité, au contraire, si il venait en renfort et au service d’une Europe des anglo-saxons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’été 2007, démarré sur les chapeaux de roue pour le nouveau président français, après la controverse relative à la présence du dictateur libyen sur le sol de la « patrie des droits de l’Homme », vire par ailleurs au cauchemar sur le plan personnel depuis quelques temps. Même s’il en a vu d’autres, finalement. &lt;br /&gt;Le soir même de son élection, il réunit quelques amis dans un restaurant-café-brasserie célèbre de la plus célèbre des avenues du monde : ça fait bondir la presse et l’opinion publique qui oublient déjà que la campagne électorale vient de se clore définitivement et que la suivante ne concerne que les élections législatives.&lt;br /&gt;Son voyage au large de la Sicile fait tout autant scandale : il lui faut faire taire la presse de caniveau au plus vite. Pour lui, c’est l’occasion de plaider le retour définitif de son épouse au foyer conjugal et surtout dans son lit.&lt;br /&gt;Un président ouvertement cocu, ça la fiche mal.&lt;br /&gt;Rien n’y fait. Cette garce, qui a été « l’amour de sa vie », lui a donné, à chacun d’eux, leur unique troisième enfant commun, n’en pince définitivement que pour celui qui fait porter les cornes au président.&lt;br /&gt;Inadmissible pour une première dame : la risée de toute la planète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’accord, il n’est pas non plus « blanc-bleu », dans le fond : une vieille habitude prise chacun au moment de leurs double-vies réciproques ! Il fallait bien assumer et donner le change à leur conjoint respectif. Une fois le pli pris, pas facile de s’en défaire, ni pour elle, ni pour lui faut-il reconnaître.&lt;br /&gt;Pourtant, il éprouve à ce moment-là toujours de l’attirance pour cette femme-là. À en subir l’affront, que dire, l’humiliation perpétuellement renouvelée de la « porte close », même sur un espace clos comme celui d’un yacht, errant au large de loin de tout.&lt;br /&gt;Invraisemblable de la part de celle qu’il a fait reine du pays !&lt;br /&gt;Aussi pour son voyage « privé » aux États-Unis, il prend la précaution de partir en imposant la présence de « sa poupée à galipettes » fétiche, celle qu’il vient de faire princesse en la plaçant dans un ministère pas très loin du Palais de la République.&lt;br /&gt;Au moins, elle n’est pas farouche et a la reconnaissance du ventre bien chevillée au corps, elle… Corps qu’elle a de feu quand elle s’en donne la peine : les journées n’en sont que moins pénibles à passer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le nouveau président français et de son point de vue, ce voyage sur la côte-est est très important : c’est évidemment l’occasion d’aller remercier le patron de ce grand pays qui a si bien favorisé et son ascension au parti, devenue irrésistible à force de « coups-bas », et son accession dans le fauteuil du « Calife », muselant adroitement celui qui part, mis sur la touche en décembre 2006, dès que ce dernier comprend qu’il n’y arrivera pas.&lt;br /&gt;Et de le rassurer pour la suite.&lt;br /&gt;Le président français se fait renseigner par les services entre-temps, afin de contrôler ce qu’il faut savoir et ce qu’on sait ou non de leurs rôles respectifs.&lt;br /&gt;Il a même poussé le « vice » jusqu’à aller faire un détour discret au mois de juin dernier (2007), quai Voltaire à Paris, pour faire le point de ce que son prédécesseur sait ou non, et de ce qu’il veut bien dire, confortant ainsi sa propre synthèse des choses avant cette rencontre « privée » aux USA.&lt;br /&gt;Le « deal » a été noué douze ans auparavant, quand l’ex-ami de trente ans, a été poussé sur les devants de la scène, mais pour louper son « coming-back » définitif, avec confirmation un peu plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeté comme un malpropre, « l’ami » et son équipe – dont l’actuel Président est – pour cause de scrutin impopulaire en 1995, il leur a fallu presque 7 ans pour revenir dans les couloirs du pouvoir. La pression exercée par l’allié américain ayant dû être très forte tout en restant très discrète, pour y parvenir. D’autant que l’administration Clinton ne s’est pas immédiatement ralliée à cette idée : l’objectif affiché étant de faire revenir le pays dans le commandement intégré de l’Otan, uniquement, même si les histoires d’argent restent toujours importantes.&lt;br /&gt;Les alliés ont vraiment trop souffert de ne pas avoir de port en eaux profondes durant la dernière guerre mondiale. Et, malgré la « guerre des étoiles » lancée par Reagan qui a fait éclater le pacte de Varsovie « sans tirer un coup de feu », Brest, Nantes et Bordeaux, avec en appui en profondeur le dense réseau routier et ferroviaire de la France, doivent permettre à tout moment de débarquer du matériel lourd jusqu’en Oural, à l’est. Sans passer par le goulet de la Manche ou de la mer du nord, ou jusqu’au Moyen-Orient et au Maghreb en passant par Marseille et en évitant le passage plus qu’incertain de Gibraltar…&lt;br /&gt;Chacun n’en doute pas une seule seconde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour y parvenir, il faut éliminer toute la « clique gaulliste » en France, les uns après les autres. Il en reste encore dans « les couloirs » et aux aguets : D’abord lors de la première cohabitation française qui ne fait que les ramener dans les ministères en 1986.&lt;br /&gt;1988 ayant permis de les mettre un peu sur la touche et de renvoyer l’ascenseur au président d’alors, qui, s’il a été obligé de faire entrer des communistes dans son gouvernement après la « trahison » des gaullistes à l’égard de « l’homme de Ford » sept ans plus tôt, a quand même su faire faire le ménage grâce à sa taupe inattendue en URSS.&lt;br /&gt;Entre la peste et le choléra, parfois les choix sont difficiles…&lt;br /&gt;Le président des français jusqu’en 1995 étant plutôt un atlantiste, les travaux d’approche de la réintégration de la France et de ses ports atlantiques, clé d’ogive du dispositif militaire de l’Otan face à un déferlement des soviétiques, a suivi un calendrier lent, parsemé d’embûches, mais précis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notamment et par malchance, en 1991, lui et son gouvernement n’ont pas « joué le jeu » en toute transparence, lors de la première guerre en Irak. De plus, non seulement son ministre de la guerre s’est publiquement opposé à l’opération « tempête du désert », mais des fonds en quantité ont été détournés, alors qu’ils devaient alimenter la caisse de garantie du commandement intégré de l’Otan. Pire, il a fallu mobiliser la dite caisse de garantie pour éviter un scandale international avec les pays du Golfe : c’est une des conditions à l’adhésion complète, celle-là avec l’arrêt des essais nucléaires qui ont, de leur côté, été suspendus en 1992 contre mauvaise fortune bon cœur.&lt;br /&gt;L’équipe de la CIA et du Département d’État, ne sont jamais arrivés à leur fin jusque-là. Les français leur opposent systématiquement le motif que le pays n’est pas encore inclus dans le commandement intégré pour tenir parole et payer leur obole, malgré l’accord « pétrole contre nourriture » convenu et mis en place par l’Onu pour faciliter les choses, accord dont les banques françaises nationalisées auront fait leurs choux gras pour se gaver plus que de mesure.&lt;br /&gt;Idem pour les indemnités du Koweït pour l’extinction des puits en feu…&lt;br /&gt;Des sommes colossales versées pour rien ont disparu ! Il en a fallu même le prix d’un effort financier au moins aussi énorme, passant par l’ONU, pour dédommager le Koweït après que la démarche du ministre du pétrole de ce pays auprès du premier ministre français d’alors, mais plus tard, soit restée vaine.&lt;br /&gt;Tout le monde sait ça à la CIA et Clinton sera convaincu de poursuivre l’effort consenti pour faire revenir le « vilain petit canard » dans le rang.&lt;br /&gt;D’où la montée en puissance de « l’ami de trente ans » et de son équipe lors de la deuxième cohabitation se terminant par le véritable hold-up populaire des « enfants gaullistes » en 1995.&lt;br /&gt;Inacceptable !&lt;br /&gt;Facile a alors été de se convaincre de prendre la décision d’œuvrer à une alternance rapide en jouant la carte de l’opposition au président nouvellement élu d’alors, d’autant mieux que le parti d’opposition français est noyauté depuis des années par les services. Au nouveau pouvoir de faire le ménage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu’il n’a pas fait. Au contraire. Si le premier ministre d’alternance donne des signes encourageants en annonçant un « devoir d’inventaire » au début de la troisième cohabitation, les deux têtes l’exécutif se neutralisent avec constance durant toute cette période, et la seconde condition pour une normalisation totale n’est toujours pas remplie à la fin du dernier septennat français.&lt;br /&gt;Et puis, le monde change le 11 septembre 2001. Il faut passer à la vitesse supérieure et réagir sur tous les fronts à la fois.&lt;br /&gt;Les manœuvres de la compagnie sont alors tournées vers la lutte contre Al-Qaïda et les nations terroristes. Laissant peut-être un peu trop dans le flou la poursuite de ses activités en France.&lt;br /&gt;Le résultat que tout le monde croit acquis est en fait une catastrophe, rendant difficile la « normalisation » de la politique française : les élections de 2002 consolident le contraire des vœux de l’administration Bush, repoussant d’au moins 5 ans l’intégration de la France dans l’Otan !&lt;br /&gt;Un comble…&lt;br /&gt;La cellule spécialisée de la compagnie est renforcée dès avant le discours du ministre des affaires étrangères français de l’époque. Cet homme-là, le cornac, le coach même, du président finissant, qui fait l’effort de faire revenir les « punis » de son premier septennat, pourrait au moins rester dans une neutralité prudente : il fait l’inverse et s’oppose violemment à Colin Pauwels à New-York, refusant d’entrer dans le second conflit d’Irak.&lt;br /&gt;Mais curieusement, la France, et ce couple infernal, accepte de participer aux opérations en Afghanistan, dans la lutte anti-terroriste mondiale.&lt;br /&gt;Il faut dire que l’aventure espagnole à la veille de la réélection loupée d’Aznar renforce la conviction de chacun que tout peut basculer d’un moment à un autre.&lt;br /&gt;Le président français d’alors lui-même, fait l’expérience de l’aventure du groupe AZF et comprend, peut-être dès ce moment-là – mais surtout après l’opération de minage des voies ferrées du pays – que son éventuelle réélection n’est même pas envisageable : il lui faut bien passer le flambeau. Il est averti de ne pas répéter l’aventure de 1981, au cours de laquelle son parti n’a pas assumé ses responsabilités pour des questions de querelles d’homme.&lt;br /&gt;On le lui a assez reproché durant 14 ans pour qu’il s’en souvienne.&lt;br /&gt;Tout cela, le nouveau président français le sait avant de partir en vacances américaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour revenir à ce jour-là, Cécilia s’est une nouvelle fois faite portée pâle. Et ce n’est pas seulement « junior », qui le reçoit dans le bureau ovale pour une photo devenue célèbre quelques mois plus tôt, mais aussi son père assis à la barre du petit bateau qui quitte le môle pour le large, loin des photographes que le président rencontre : pas question que quiconque puisse lire sur les lèvres d’autres choses que des amabilités de circonstance.&lt;br /&gt;Au large attend une corvette des gardes-côtes, équipée pour l’occasion de lourds moyens de contre-mesure électronique.&lt;br /&gt;Il y a là, dans la cage faraday du bord, les trois présidents, une interprète, plutôt mignonne dans son uniforme de la marine, pense pour lui-même le Président français, et une cinquième personne en civil qui se révèle être un officier supérieur du renseignement : le patron d’Almont, Ivan Niwe.&lt;br /&gt;Passé les présentations et le petit laïus du Président remerciant son hôte et pair, l’entretien débouche assez vite sur l’objet de cette rencontre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Nic ! Tu sais ce qu’on attend de toi maintenant !&lt;/i&gt; », commence junior en anglais, sitôt retraduit par l’interprète au joli visage à mot doux, en français. Le Président comprend l’anglais, mais il en profite pour passer très rapidement au français et répondre en un langage plus riche que son anglais, malgré ses quelques séjours prolongés sur ce continent, dans sa jeunesse.&lt;br /&gt;Bien sûr qu’il sait : 1 – Retour dans le commandement intégré de l’Otan. 2 – La tête de tous les barons du gaullisme au bout d’un « croc de boucher ». 3 – Le soutien de la politique proche et moyen-Oriental des USA.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Otan, c’est facile, insiste-t-il : son prédécesseur a fait le nécessaire ! L’arrêt des essais nucléaires, c’est réglé, et le rapprochement des commandements opérationnels des unités sont en cours.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah non, pas tout !&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah bon ? Contrariant.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Consternant, même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (II)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième chapitre : Bastard of froggies !&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Les français, c’est comme ça : il faut qu’au dernier moment, ils n’en fassent qu’à leur tête !&lt;br /&gt;Et les présidents « père &amp; fils » bataillent ferme un long moment avant de mettre fin à l’entretien avec le nouvel élu qui en ressort manifestement contrarié ! &lt;br /&gt;Il y a des journées, comme ça, où il vaut mieux ne pas se lever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Venir jusque-là pour se faire mettre « un savon » comme un petit garçon pris la main dans le pot de confiture, par deux générations de présidents américains, ça a un côté surréaliste !&lt;br /&gt;Lui veut un poste clé dans l’Otan pour un officier général français et eux veulent du pognon.&lt;br /&gt;Mais lequel grand Dieu ?&lt;br /&gt;La France est ruinée plus qu’au-delà du raisonnable et il faudrait récupérer des fonds secrets dont personne n’a aucune idée de l’endroit où ils sont planqués, ni même s’ils existent vraiment ?&lt;br /&gt;Bush Père lui rappelle l’opération « tempête du désert » et les trois milliards et demie détournés sur les indemnités payées rubis sur l’ongle par le Koweït au titre des remboursements de frais des opérations de libération de son territoire.&lt;br /&gt;Il lui balance le demi-milliard de dollars des commissions sur « l’opération bravo », la vente des frégates furtives à la chine nationaliste pour un prix total de deux milliards huit cents millions de dollars, sans parler de l’équivalent, au taux de 8 % rien que pour les commissions, sur la vente des sous-marins de type Agosta 90B au Pakistan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, le président français sait.&lt;br /&gt;Pour les frégates, il n’était pas au pouvoir, mais seulement à l’occasion de l’alternance qui a suivi. Et il s’est fait « mettre au parfum » sur ces commissions, qui avaient été pour l’essentiel redistribuées aux partis politiques de tout le pays que, ministre du budget de son mentor de premier ministre, il avait été remis le même schéma pour les sous-marins.&lt;br /&gt;Sauf que là, l’élu de l’Élysée de 95, a mis le holà et fait interdire tous versements après coup, que ça n’a pas plu à tout le monde. &lt;br /&gt;Exit l’affaire « Bravo » ! Les commissions ont été payées à tout le petit personnel de tous les partis.&lt;br /&gt;Quant aux 100 millions de commission des sous-marins, il en a été remis 7 aux pakistanais, une partie a servie au financement de la campagne de son mentor en 1995, parfois en billet de 500 francs , un petit bout à son prédécesseur pour l’entre-deux tours, le reste à quelques agitateurs.&lt;br /&gt;Exit l’affaire Agosta ! Car tout le reste et l’essentiel au final, a été bloqué par son propre prédécesseur. Ce qui n’a pas plu à tout le monde, tout le monde sait ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que nenni insiste Bush-fils : Les frégates ont été rachetées plus tard et l’amende de 599 millions de dollars, soit un demi-milliard d’euros, versés à Taipei .&lt;br /&gt;Si le ministre d’alors, « Char-As », a bien signé une autorisation de paiement des commissions, comme il l’a affirmé en 2004, le président français de l’époque a bien vu passer cet argent.&lt;br /&gt;« Non ! Pas le prix du rachat des frégates… ces sommes ont été versées par l’intermédiaire d’un fonds souverains des Émirats-Arabes-Unis pour faire plaisir à ton boss de l’époque. Mais d’où vient cet argent à ton avis ? »&lt;br /&gt;Le président français ne peut pas feindre son ignorance. Tout ce qu’il sait à ce moment-là, c’est qu’un des princes a été vu dans la capitale et à la tribune officielle du défilé du 14 juillet de cette année-là !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Des fameux fonds secrets !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ça ne fait pas le compte, rétorque le président français.&lt;br /&gt;C’est parce qu’il y a eu d’autres affaires du temps du président de la gauche-unie en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’accord « nourriture-pétrole » a fait ramasser beaucoup d’argent à divers intermédiaires. &lt;br /&gt;Sur la gestion de 64 milliards de dollars durant 10 ans, la succursale New-yorkaise de la BNP a non seulement facturé ses propres commissions, mais au moins 700 millions de dollars d’honoraires divers à des intermédiaires autorisés. Dont beaucoup de français. &lt;br /&gt;La fraude est évaluée à 1,8 milliard de dollars sur des fonds qui auraient dû revenir au Koweït, entre la surfacturation des produits alimentaires des entreprises autorisées et la sous-facturation de cinquante centimes sous le cours du baril déjà décoté.&lt;br /&gt;Sans compter le « sur-lifting » frauduleux des pétroliers ! &lt;br /&gt;Et l’extinction des 1.000 puits de pétrole en feu du Koweït en 1991 a été l’occasion d’un détournement de plus de vingt quatre milliards de dollars. &lt;br /&gt;Quinze ont été remboursés sur fond de garanti de l’Otan, via l’Onu, et c’est justement cette somme-là qui doit être restituée avant de rentrer totalement dans l’alliance, et sept sont arrivés via un trust anglais !&lt;br /&gt;« Les intérêts, on tire un trait dessus comme d’un cadeau de bienvenue. »&lt;br /&gt;Car, il faut aussi compter avec les 790 millions de dollars de la vente d’armes en Angola, en 1994, les commissions de l’affaire Luchaire – la vente de 450.000 obus à quelques dollars l’unité en production, le double à la vente, livrés franco de port à l’Iran en guerre contre l’Irak, de 1982 à 1987 – l’affaire Pechiney-Triangle, l’affaire Vivendi, plus l’affaire des frégates de Taïwan, des mirages et missiles de Taipeh, la vente des sous-marins à Karachi, qui vient d’être évoquée. Etc. etc.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il y a en gros 20 milliards d’euros qui appartiennent à ton pays et qui se promènent n’importe où sans que tu en aies la maîtrise, « good-guy » ! Il serait temps que tu les retrouves et que tu payes les dettes de ton pays à l’Alliance, soit 15 milliards de dollars.&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Et le père du « chef », d’opiner… du chef…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais comment ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ton administration est pourrie ! Une vraie république bananière, « old chap ». Tu te souviens d’AZF ? Pas ton usine d’engrais, mais le groupe terroriste !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Oui bien sûr ! Le président était « aux affaires », alors.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Eh bien, contrairement à ce que tu crois, la rançon a été payée par ton gouvernement – et je peux t’en parler en toute connaissance de cause – mais sans que personne ne le sache ! Retrouve la trace de ce fric et tu trouveras la source !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Payée, payée, ce n’est pas ce qui a été affirmé au plus haut de la tête de l’État, au sein même du gouvernement, à cette époque-là. Et comment peut-il savoir tout ça, lui, avec tant d’assurance ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et tu fais vite. Parce que je t’annonce aussi autre chose ! &lt;br /&gt;Le groupe Bilderberg en a été averti cette année pendant le dernier week-end de mai à Istanbul. Tu peux vérifier auprès de ton collègue des affaires étrangères, il y était. &lt;br /&gt;Et nous ferons circuler discrètement l’information au prochain congrès de Davos.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bush fils est interrompu par son père et un raclement de gorge. Le fils fait tourner son chewing-gum entre ses mâchoires, le regarde et reprend son discours : &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il y a beaucoup trop de dollars flottant qui circulent de par le monde. &lt;br /&gt;L’amorce de la crise qu’on veut majeure, doit en faire perdre de la valeur et provoquer la contraction des volumes. C’est déjà en marche depuis un an et nous ne lèverons pas le petit doigt pour l’arrêter. Avec un peu de chance, ça tombera après nos élections de l’année prochaine. &lt;br /&gt;Alors tes avoirs en dollars, place-les rapidement en euros ou autre chose.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Junior parle évidement de la crise des subprimes. Ce qui fait hausser des épaules le président des français et lui fait lâcher un marmonnement prophétique du genre : « &lt;i&gt;De toute façon, quand il faudra agir, que les gens attendront des plans d’urgence, on les mettra en place avant que tout ne s’écroule et on en profitera pour moraliser la profession !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le président français de revenir très vite sur le sujet du moment : « &lt;i&gt;Ok ! Je ferai le nécessaire, mais laissez-moi un peu de temps. Disons… après votre crise annoncée ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un an après, pas plus. Fin 2009 au plus tard.&lt;br /&gt;Et le couple présidentiel américain accepte en échange de maintenir le calendrier et les engagements pris auparavant : ils ne risquent pas grand-chose, puisque de toute façon le mandat du fils aura pris fin avant cette date butoir.&lt;br /&gt;L’entretien finit en apothéose pour le président français, sur le bateau de retour, avec une cynique leçon de morale.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Méfie-toi aussi de ton épouse, man ! Tu sais, Al Gore aurait pu être élu à ma place si mon prédécesseur avait tenu sa queue dans son pantalon. &lt;br /&gt;Les femmes, ce n’est pas bon pour la politique… Jette celle que tu as et prends en une autre !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il y a des journées, comme ça, où on ferait mieux de ne pas se lever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq années de travail pour un résultat nul dès les premiers pas d’une nouvelle amitié américano-française naissante grâce à un président « complice ».&lt;br /&gt;Charles Almont est furieux en apprenant le contenu des entretiens… C’est le moins que l’on puisse dire ! &lt;br /&gt;Et ce, avant même d’avoir rencontré son supérieur hiérarchique, lui-même particulièrement remonté après son entrevue d’avec les responsables du département d’État !&lt;br /&gt;C’est dire après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut absolument remettre la machine en marche, refaire ce qui a été fait avec le précédent locataire de l’Élysée, tout faire pour remettre ces « fucking-boys » de mangeurs de grenouilles sur le droit chemin ! &lt;br /&gt;Autrement dit, faire monter la pression.&lt;br /&gt;Le service devient rapidement un chaudron bouillonnant. Les nouvelles instructions arrivent et il faut faire face en plein mois d’août, faire tourner la boîte à idées.&lt;br /&gt;Des idées. Des idées et vite !&lt;br /&gt;Le président français a besoin d’aide. Discrète mais comment la lui apporter sans relai ?&lt;br /&gt;Car avec l’arrivée de la nouvelle équipe au pouvoir, on a perdu « Maeva », l’indispensable « oreille de Moscou » qui avait permis durant dix ans de suivre les évolutions du « château » élyséen.&lt;br /&gt;Cette fois-ci, « Maeva » retourne en province, loin des allées du pouvoir alors qu’on avait eu tant de mal à la placer là où il fallait en toute discrétion !&lt;br /&gt;Comment se rendre utile à ses « mangeurs de grenouilles » qui ne savent même pas ce qui se passe dans leurs propres services ?&lt;br /&gt;Ils en sont jusqu’à perdre la trace des milliards de fonds secrets : une gageure à une époque où tout est traçable, surtout en matière d’argent !&lt;br /&gt;Le service a même fourni les clés de la banque de compensation luxembourgeoise, Clearstream, d’abord à un journaliste, puis ensuite à un « petit-malin » d’informaticien de passage à Londres, placé en taupe chez le concurrent des avionneurs américains.&lt;br /&gt;Ça l’avait fait mousser, côtoyer de vrais experts du renseignement et avait dégénéré en règlement de comptes entre les deux ministres français importants de l’époque.&lt;br /&gt;Pas plus mal : Tout ce qui peut alors démolir « Pindevil » est bon à prendre. Et à la veille des élections françaises, ça cadre assez bien que celui-là ne puisse pas faire de l’ombre au « petit-protégé ».&lt;br /&gt;« Petit », il en fait une maladie jusqu’à se prêter à un photomontage où il toise le président Bush qui lui rend bien deux têtes et en a bien rigolé, sur le coup, de ce côté « prêt à tout » pour servir les desseins du pays. &lt;br /&gt;C’est dire l’extraordinaire complexe du bonhomme…&lt;br /&gt;Voyant que ça ne produit pas les effets souhaités, l’agence fournit même un listing papier de plusieurs kilos à la DNEF , par l’intermédiaire d’un cabinet d’avocats fiscalistes implanté dans une des tours de La Défense. Les types font leur boulot moyennant une remise gracieuse des redressements dont est victime leur client, une compagnie américaine, mais ce con de ministre du budget à l’époque, début 2007 , a refusé de les utiliser : Et ils sont passés à la broyeuse sans même avoir été examinés en profondeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le toujours sous-directeur Almont rend donc sa copie à sa hiérarchie dans le courant du dernier trimestre 2007 : Un plan alambiqué dont il suffirait d’actionner les leviers au fil des opportunités.&lt;br /&gt;La première des choses est de replacer un « contact » utile à l’agence auprès du nouveau président français.&lt;br /&gt;La seconde est de refiler, par un nouveau canal, les traces des circulations de fonds suspects.&lt;br /&gt;La troisième est de faire rouvrir une enquête de fond par un service qui n’est pas « mouillé ».&lt;br /&gt;Ni les flics locaux, ni les services du pôle financier, ni ceux des services fiscaux ou des douanes, capables de laisser passer n’importe quoi au fil des « fuites ».&lt;br /&gt;Leur justice, directement ?&lt;br /&gt;Et d’en contrôler le déroulement afin qu’avant l’échéance de fin 2009, l’Otan retrouve ses fonds, que les milliards divagant soient de nouveau sous contrôle des autorités légitimes françaises !&lt;br /&gt;Bien sûr, le tout discrètement, sans qu’on ne puisse jamais remonter à l’agence et encore moins au service.&lt;br /&gt;Le quatrième, mettre la pression de façon anonyme.&lt;br /&gt;Après, c’est l’affaire des « attachés d’ambassade » de faire passer des messages subliminaux aux autorités françaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un an de galère.&lt;br /&gt;Dès novembre 2007, le nouveau « canal habituel » est dans la place. Ah ! Les bienfaits des « idiots utiles » de Lénine : s’ils n’existaient pas, il aurait fallu les inventer !&lt;br /&gt;Ça fonctionne discrètement et par relais. Avec parcimonie au début, mais correctement dès le second trimestre 2008 : une chaîne opaque, insoupçonnable même, qui fait remonter les « états d’âme » du président, ses sujets de préoccupation du moment, via une agence de communication française à capitaux américains.&lt;br /&gt;À ne pas trop bousculer et surtout à n’utiliser que dans un sens : pas question de se dévoiler en le faisant agir ! Ou alors exceptionnellement…&lt;br /&gt;Et ça reste encore du domaine réservé de l’état-major de l’Agence…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le second est plus compliqué à mettre en place et n’a pas le résultat escompté. Mais c’est désormais une affaire publiée dans la presse, confirmée par leur ministre du budget en 2009, le procureur de la république de Nice, le « juge en solex » de la riviera azuréenne et la justice helvétique : la chasse aux comptes frauduleux mérite d’être racontée.&lt;br /&gt;Il a suffit pour ça de quelques « brèves de comptoirs » dans le salon d’un hôtel de Genève.&lt;br /&gt;L’honorable correspondant local de l’agence « travaille » depuis quelques mois un informaticien franco-italien, Hervé F. qui peut devenir un informateur, décrit comme « vivant dans son monde » à part à lui, fait de bits et d’octets, d’algorithmes et de fonctions booléennes.&lt;br /&gt;Le type est soucieux de ne pas commettre d’illégalité dans son travail pour une des grandes banques mondiales sino-britannique. Il s’épanche et s’ouvre à « son ami » de l’existence d’écritures qui ressemblent fort à du blanchiment d’argent.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je redoute que les procédés utilisés par ma banque aient pu contribuer à la crise financière&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Rappelons que la « crise des subprimes » débute au deuxième semestre 2006 avec le krach des prêts immobiliers (hypothécaires) à risque aux États-Unis (les subprimes), que les emprunteurs, souvent de conditions modestes, ne sont plus capables de rembourser. &lt;br /&gt;Révélée en février 2007 par l'annonce d'importantes provisions passées par l’employeur d’Hervé F., elle s'est transformée en crise ouverte lorsque les adjudications périodiques n'ont pas trouvé preneurs en juillet 2007, justement.&lt;br /&gt;Compte tenu des règles comptables en cours, il est alors devenu impossible de donner une valeur à ces titres qui ont dû être provisionnés à une valeur proche de zéro. &lt;br /&gt;En même temps, les détenteurs ne peuvent plus liquider leur créance. La défiance s'installe envers les créances titrisées (ABS, RMBS, CMBS, CDO) qui comprennent une part plus ou moins grande de crédits subprimes, puis envers les fonds d'investissement, les OPCVM (dont les SICAV monétaires ) et tout le système bancaire, susceptible de détenir ces dérivés de crédit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette crise de confiance générale dans le système financier cause une première chute des marchés boursiers à l'été 2007 provoquée par un arrêt temporaire de la spéculation. &lt;br /&gt;Le trouble est désormais localisé dans le marché interbancaire qui permet le refinancement au jour le jour des banques. &lt;br /&gt;La méfiance dans la liquidité des « collatéraux » et l'incertitude sur la localisation des titres contaminés bloquent progressivement les relations interbancaires et commencent à mettre en difficulté nombre de banques à travers le monde : c’est le « plan bush » qu’il évoquait sur le bâtiment de la « Coast-Guard » en début du second semestre 2007. &lt;br /&gt;Les autorités font d'abord mine de ne pas vouloir croire à une crise de liquidité bancaire et les banques centrales ne cessent d'injecter massivement des liquidités dans le marché interbancaire. &lt;br /&gt;Le feu va ainsi couver jusqu'à ce que les premières faillites apparaissent, puis gagnent les premiers rôles de la finance internationale en septembre 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hervé F. est alors mûr pour « &lt;i&gt;considérer avoir un rôle à jouer&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Il ne faut pas beaucoup le pousser pour qu’il détourne 127.000 noms, comptes, adresses, pour plusieurs millions de lignes d’écritures et passe en France avec ses DVD qu’il remet, non pas aux autorités fiscales du pays, mais au Procureur Général de Nice, sur les conseils avisé de son « ami de Genève » : c’est qu’il s’agit aussi de toucher une prime d’aviseur sur l’argent éventuellement récupéré sur les fraudeurs du fisc. &lt;br /&gt;Il ira même proposer ses informations au fisc italien, le tout avec l’appui plus ou moins clair de sa maîtresse.&lt;br /&gt;Le juge peut lui assurer une protection judiciaire s’il est convaincant, pas les services fiscaux de ce pays qui avaient benné les précédents listings.&lt;br /&gt;Et celui-là, n’y connaissant pas grand-chose en matière financière, saisit le SNDJ  à qui il transmet les DVD accompagnés d’une commission rogatoire d’ouverture d’enquête.&lt;br /&gt;À Langley, on croit un temps que cette fois-ci, c’est bon. &lt;br /&gt;Et, contrairement aux attentes, voilà ces « bastars of froggies » de garder l’ensemble pour eux, tout en essayant d’extraire à peine trois à quatre mille noms de résidents français que le ministre du budget exhorte à se dénoncer avant le 31 décembre 2009.&lt;br /&gt;Un coup pour rien : Jamais le listing n’aurait dû être utilisé à ça et encore moins à « moraliser » l’activité bancaire.&lt;br /&gt;En décembre 2008, le franco-italien est poursuivi par son ex-employeur pour vol de données informatiques. Convoqué à Genève, il est relâché l’après-midi même en possession d’un sauf-conduit.&lt;br /&gt;En fait, c’est deux millions de comptes et des milliers de milliards d’opérations qu’il faut éplucher à travers le monde pour retrouver les fonds secrets des français. Le NSA s’en est fait une de ses spécialités au fil du temps avec son programme « Promis », mais sans vraiment aboutir clairement.&lt;br /&gt;Un travail titanesque pour l’éventuel enquêteur des français ! Quasiment impossible pour un homme seul, pas soutenu, et même, peut-être, pour un service complet en plusieurs mois… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le troisième point de l’opération quant à lui n’avance pas très vite, pendant ce temps-là. L’affaire « Clearstream » qui est un des points clés d’entrée dans le dispositif, est détourné de son objectif initial, jusqu’à accuser le président français sortant d’avoir des comptes nippons. La piste est bonne, mais il n’y a pas de comptes japonais : un flop.&lt;br /&gt;À ce moment-là, on est déjà fin 2008, et en parallèle, Almont et l’agence comptent plutôt sur le quatrième point qui doit faire bouger les choses.&lt;br /&gt;C’est « l’épisode des balles » de 9 mm. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (III)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisième chapitre : Panique à l’Élysée !&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;D’accord, c’est une idée stupide, mais comme les choses ne bougent pas depuis plus d’un an, on se décide, à l’agence, à refaire le coup du « groupe AZF ».&lt;br /&gt;Avec une autorisation de la « Maison Blanche », sous forme de carte blanche. Le président Bush ne gère plus que les affaires courantes, se fait tirer l’oreille pour sauver l’économie mondiale après l’avoir soigneusement laisser courir à sa perte sans lever le petit doigt, au moment des faillites bancaires.&lt;br /&gt;Côté français, comme tout le monde, on attend l’arrivée du Président Obama avant de prendre une décision sur quoique ce soit, malgré les relances répétées des « ambassadeurs », notamment le jour des vœux de 2008 à l’Élysée et par la voie militaire hiérarchique autorisée du commandement unifié de Bruxelles. On conçoit alors à l’agence un « plan soft » qui consiste, d’une part, à réactiver la connaissance du réseau AZF et, d’autre part, de faire croire à des menaces bien réelles sur la sûreté des personnes VIP.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il convient de rappeler que le groupe AZF est le nom d'un groupe armé qui a menacé d'attentats le réseau ferroviaire de la SNCF début 2004 (avec une demande de rançon de 4 millions d'euros et de 1 million de dollars US). &lt;br /&gt;La police tchèque, a également tenté de faire face, en mars 2003, au même type de chantage dans la région d'Olomouc, d’où l’idée de reprendre le nom de ce groupuscule non-identifié, en France.&lt;br /&gt;À l’époque, plus de 10.000 cheminots sont mobilisés pour examiner les 32.000 km de voies que compte le réseau ferré français. &lt;br /&gt;Une première bombe est retrouvée sur la ligne Paris-Toulouse dans la commune de Folles au Nord de Limoges, sur les indications du groupe terroriste. Elle contient un mélange de 2,5 kg de fioul et de nitrate d'ammonium de même nature que dans l’usine explosée en 2001 du groupe chimique homonyme dans la banlieue de Toulouse, la ville rose. &lt;br /&gt;Elle est retrouvée juste à côté d'un embranchement d'un petit bout de voie ferrée de 5 km vers le secteur du stockage de l'uranium de la COGEMA à Bessines. &lt;br /&gt;Pas par hasard…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La police, au courant de l'existence de ce mystérieux groupe terroriste, le contacte par petites annonces codées publiées dans certains grands journaux comme Libération. &lt;br /&gt;C'est un journal du Sud-ouest, la Dépêche du Midi, qui révèle l'information en février 2004, juste au moment des élections régionales.&lt;br /&gt;Une deuxième bombe est alors retrouvée près de Troyes, à Montiéramey en pleine campagne près du bois du Grand Orient, peu avant que le groupe annonce une trêve unilatérale (le 24 mars 2004). &lt;br /&gt;Le communiqué d'AZF annonce que : « &lt;i&gt;conscient de ses faiblesses technologiques, logistiques et autres, AZF suspend son action durant le temps nécessaire pour y remédier… Sans rancune et à bientôt !&lt;/i&gt; », après avoir expliqué que ses équipes étaient « mises à l’abri » et qu’une première tentative de remise de rançon ait échoué.&lt;br /&gt;En octobre 2004, un groupe AZF, sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agit du même, menace plusieurs sociétés agroalimentaires, parmi lesquelles le limonadier Coca-Cola, d'empoisonner leurs produits si une rançon ne lui est pas remise. Des « idiots utiles »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 24 mars 2005, il est fait état de nouvelles menaces du groupe AZF pour mai 2005 en vue d'une extorsion de fonds. &lt;br /&gt;Le groupe terroriste change la forme de son logo et envoie ses menaces avec un détonateur à la présidence de la République et au ministère de l'Intérieur. Encore des « idiots utiles ».&lt;br /&gt;Et le 18 avril 2006, un engin artisanal qui pourrait avoir quelques points communs avec le deuxième type de bombes décrit par le premier groupe AZF dans une de ses lettres, est retrouvé sur la ligne TGV à St-Sylvain d'Anjou.&lt;br /&gt;Une belle opération, comme de remettre la piqûre de temps à autres aux dirigeants français amnésiques de l’époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est décidé de procéder en plus personnel et plus ciblé. Il serait risqué pour les équipes du service des opérations de refaire la même opération à l’identique.&lt;br /&gt;En février 2009 des balles 9 mm sont mis sous enveloppes et adressées à des personnalités politiques diverses. L’ex-premier ministre, Maire de Bordeaux en a reçu une accompagnée d’un courrier proférant des menaces de mort à son encontre. &lt;br /&gt;Le président lui-même aussi, mais tout autant Christine Al-Banel, Michèle Elliot-Morie et Rachadi Tati, Frédéric Lorfèvre, Christian Van-Neste, Jean-Paul Al-Duy, D’Jacques Noir, toujours avec le même message : « Ministres, députés, sénateurs pourvoyeurs de lois liberticides, et fascistes... Vous n'êtes que des morts en sursis ».&lt;br /&gt;Même Raymond Coude-air, qui n’est pas visé par l’agence en reçoit une : La police finit par arrêter un informaticien dénoncé par sa femme jalouse et pour le moins mentalement déséquilibrée, qui sera mise hors de cause par la suite.&lt;br /&gt;Comment, pourquoi ? Mystère pour l’agence. De toute façon, il n’a rien à voir avec cet épisode.&lt;br /&gt;Notons que pour brouiller les pistes, et là encore en usant des « divines opportunités », des petits malins en font autant à l’automne 2009 auprès de leurs élus locaux et nationaux.&lt;br /&gt;Ils se font arrêtés très rapidement et mis au secret avant jugement pour leur remettre un peu de plomb dans le crâne.&lt;br /&gt;Une seule balle a été interceptée venant de Lille, émanant des services, un peu pour disculper tous ces « idiots utiles » qui se réveillent un beau matin avec une idée stupide à copier qu’ils mettent à exécution en amateur, beaucoup pour « reprendre la main ».&lt;br /&gt;Il faut être définitivement « pro » pour ce genre de choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C‘est qu’en début d’été puis en août 2009, enfin, le président français convoque ses chefs de la police pour leur passer un savon : « Ces menaces sont intolérables ! Il faut y mettre fin ! »&lt;br /&gt;Et la « petite voie » de l’étranger, un peu auparavant au moment de la garden-party élyséenne du 14 juillet, de façon très brève, réussit un peu par miracle à se faire entendre : « &lt;i&gt;Souvenez-vous, Monsieur le Président, de ce qu’il vous a été dit, il y a deux ans de ça ! Votre administration est gangrénée jusqu’à l’os !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Surpris, le président répond : « &lt;i&gt;De quoi parlez-vous, votre excellence ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;De vos engagements vis-à-vis de mon pays. Les hommes passent mais les nécessités demeurent. Croyez-moi, votre police n’arrivera à rien, il vous faut des hommes neufs !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le court échange est interrompu par l’arrivée d’un nouvel invité. Mais il ébranle le président qui en touche un mot, un peu paniqué, à son entourage dès le lendemain.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ces américains son têtus. Ils nous annoncent des dizaines de milliards comme s’il en pleuvait, on cherche depuis deux ans sans rien trouver ! Claude, s’il s’agit de rembourser la dette supposée envers l’Otan, et on n’a même plus six mois pour en finir avec cette galère-là !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il faut dire qu’entre-temps, les services de renseignement intérieur sont réformés et unifiés, les bases de données synthétisées, mutualisées et dirigées par des hommes de toute confiance, le tout orienté vers la recherche de la « cagnotte oubliée » et l’ensemble chapeauté par un « Maître » des réseaux placé à l’observatoire de la délinquance.&lt;br /&gt;Pas de trace de fonds secrets : même le « grand couillon » ne sait pas comment ont été débloqués les fonds pour la libération de Claustre, des pilotes abattus en Yougoslavie, des faux époux Turange, des journalistes enlevés au Liban, des ONG divers se faisant kidnapper en brousse, etc. &lt;br /&gt;Il affirme que, quand il est à la présidence, il n’y avait pas de cagnotte et que les fonds spéciaux sont tirés sur des comptes du Trésor ouverts à la Banque de France, même en ce qui concerne l’épopée AZF. Alors des dizaines de milliards, n’en parlons même pas… Même si les grandes-gueules de l’état-major ont fait état depuis 1995 de fonds détournés des opérations de la première guerre du Golfe. « On a enquêté, discrètement bien sûr, d’autant mieux qu’ils ont dû se servir d’un vrai casse-couille pour dénoncer en 98 ces soi-disant détournements. Mais souviens-toi, j’étais un peu aveugle et sourd à cette époque, bataillant avec le premier ministre d’alors qui semble avoir fait la sourde oreille lui aussi… »&lt;br /&gt;Ils en parlent pourtant longtemps ensemble. Et il est convainquant, le bonhomme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, du temps où il n’était que premier ministre, sous Cisgard, il affirme qu’il y avait des fonds secrets, alimentés on ne savait pas trop comment. Pour partie par des prélèvements sur le budget de l’armée, et pour une autre partie sur celui de l’intérieur, vraisemblablement.&lt;br /&gt;Quand il avait été premier ministre lors de la première cohabitation, ce n’était pas de son ressort. Mais tout le monde se souvient du débat télévisé d’entre-deux tours avec le président sortant, à propos de la libération des otages du Liban : « &lt;i&gt;Vous êtes un menteur… Monsieur le premier ministre !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les deux hommes savaient de quoi ils parlaient et l’exclu de la compétition présidentielle savait qu’il ne pouvait pas lancer « sa bombe » sur l’affaire des fonds secrets : c’aurait été de toute façon trop tard et ça aurait pu nuire, en plus, à ses ambitions avec des retombées à trop court délai pour les maîtriser. « &lt;i&gt;On était en 88. L’affaire des fonds éventuellement détournés, c’est dix ans plus tard !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;D’autre part, comme il ignorait l’origine desdits fonds, il ne pouvait alors émettre seulement que des supputations invérifiables : un mauvais plan contre son adversaire politique du moment qui l’aurait balayé d’un revers de manche dans les oubliettes de l’Histoire !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Un désastre en perspective s’il avait été plus loin dans ce sens…&lt;/i&gt; », confie-t-il à son discret visiteur de quelques soirs.&lt;br /&gt;Il devait se taire sur ce coup-là !&lt;br /&gt;Et quand, sept ans plus tard, il est devenu Président à son tour, il ne s’en est même pas préoccupé : « &lt;i&gt;L’intendance, tu sais, ça m’emmerde !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Son second premier ministre, d’alternance et dans la foulée de la dissolution ratée, a normalement mis fin à l’existence de ces fonds secrets.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;De toute façon, il n’y avait que quelques millions de francs, plus, sans doute au PS, les restes des Urba et compagnie, pas des milliards de dollars !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Alors quid ?&lt;br /&gt;Voilà une affaire qui a tout pour tourner à la panique, au début de l’été 2009. Il faut absolument faire quelque chose de positif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est là, qu’on suggère à « canal habituel » de… suggérer, au moment opportun et sans avoir l’air d’y toucher, une enquête de l’armée, puisqu’elle semble au courant, pas de la police ou des services de sécurité, ni du fisc.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bonne idée ! Au moins je ne serai plus emmerdé par tous ces moins que rien de petits cons !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;D’une pierre deux coups : on fait savoir aux américains qu’on met un autre service sur cette affaire, « des honnêtes » loin du marigot parisien, de préférence piloté par le meilleur parmi les meilleurs et ils pourraient ainsi vérifier la bonne foi du président.&lt;br /&gt;Lui a d’autres urgences, ses réformes, le grand emprunt, la relance.&lt;br /&gt;Le surlendemain, le chef d’état-major de l’Élysée prend ses ordres auprès du secrétaire général.&lt;br /&gt;Surprise du bonhomme : Il doit aller chapeauter une mission de renseignement sur quelque chose qui n’existe pas, à en créer une cellule spécifique au nez et à la barbe d’un ministre qu’il ne faut pas mettre au courant non plus, trop chatouilleux quant à son domaine de compétence !&lt;br /&gt;C’est dire l’état mental du patron…&lt;br /&gt;Et avec des hommes neufs, en plus !&lt;br /&gt;Le pauvre secrétaire général, s’il avait su que depuis la dissolution des groupes spéciaux, la fermeture d’Aspreto suite au couac de Greenpeace dans l’hémisphère sud, il n’y a plus que le GIGN, parmi les militaires, capables de mener une enquête digne de ce nom sur le territoire, alors même que ce n’est pas leur mission essentielle…&lt;br /&gt;Et encore, ceux-ci relèvent du ministère de l’intérieur après la fusion définitive programmée à d’ici quelques mois !&lt;br /&gt;Ministre qui passe justement à la Justice après avoir été le ministre des armées et de l’intérieur au passage…&lt;br /&gt;Un bel imbroglio politique en perspective et avec que des egos surdimensionnés en plus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son collègue du ministère de la défense est un peu surpris sur le moment quand on il lui raconte cette histoire-là. Réunir une équipe d’enquêteurs pour retrouver de l’argent détournés 20 ans plus tôt ? Et par qui ? Et comment ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Le problème n’est pas tant l’enquête ni ses résultats, me semble-t-il. Ce serait plutôt de sélectionner un agent compétent qu’on va placer en première ligne sur un siège éjectable. Mais je t’avoue qu’il s’agit peut-être d’une opportunité…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et son ami, pour en plaisanter, tout à la rigolade de cette idée stupide et légère du moment de ce monde « des politiques » qu’ils sont censés servir tous les deux, de répliquer : « &lt;i&gt;Un pilote de chasse alors !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Tout deux en rient de bon cœur.&lt;br /&gt;Qui va-t-on envoyer à l’abattoir qui paraisse suffisamment sérieux et compétent pour plaire aux alliés américains à qui l’on devait bien ça, qui ne soit pas une grosse perte pour la « grande muette » en cas d’échec plus que probable ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;D’autant mon ami, que si par hasard ces fonds existent encore, car on peut en douter puisqu’aucun service de police n’en a retrouvé trace, c’est que, soit, ils sont bien cachés et je ne vois pas comment notre homme parviendra à les débusquer, soit, ils sont protégés par un dispositif très efficace.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et son collègue étoilé de rajouter : « &lt;i&gt;Et comme Icare s’approchant trop près du soleil de toutes les vérités lumineuses, il s’y brûlera forcément les ailes, ton pilote de chasse.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est tout à fait ça !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ton dossier sent vraiment le soufre et je ne sais pas si je veux en savoir plus, sur ton cadeau&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Ils conviennent, après avoir devisé, que l’état-major chercherait un nom à proposer au ministre dans la semaine, parce qu’effectivement, dans les rangs des officiers supérieurs, de toute la hiérarchie militaire même, jusqu’à l’union des sous-officiers, tout le monde est plus ou moins au courant de l’histoire de ses fameux fonds dérobés et introuvables depuis deux décennies !&lt;br /&gt;Et chacun, pour mieux refiler la patate chaude à leur propre secrétariat.&lt;br /&gt;Huit jours d’été passent et toujours rien.&lt;br /&gt;Justement, ça s’énerve sévère au « château », au moment ou se rajoute l’épisode des balles reçues par la poste !&lt;br /&gt;Un coup de téléphone plus tard, les deux hommes se retrouvent place Saint-Augustin au cercle interarmées. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça s’impatiente au sommet de « l’Etna&lt;/i&gt; » (terme désignant le « château »). &lt;i&gt;Qu’as-tu à proposer, même d’un peu sous-dimensionné ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pêche est maigre. Les officiers pressentis n’aiment pas se mêler des affaires des civils et encore moins de celles de « basse-police ».&lt;br /&gt;« J’ai une ribambelle de sous-officiers sous le coude, un peu désœuvrés, que ça ne gênerait pas du tout de faire la nique à la poulaille du pays, mais ils n’auront pas assez d’imagination pour être efficace. Pas crédible ! &lt;br /&gt;Et comme j’imagine que ton chef n’appréciera pas qu’on se moque de lui, je ne te les présente même pas. J’ai aussi quelques officiers subalternes d’active, mais franchement, ils ont tous un empêchement. »&lt;br /&gt;Et le général d’ouvrir son porte-document.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Celui-là est dans le collimateur soupçonné de tremper dans de la resquille de matériels. Je ne te le conseille pas.&lt;br /&gt;Cet autre me semble être assez débrouillard et honnête, mais son chef de corps ne veut pas s’en séparer dans ses montagnes afghanes. C’est vrai que ça demanderait de rapatrier toute son unité alors qu’ils y font du bon boulot.&lt;br /&gt;Celui-ci est un marin qui est obnubilé par sa femme qu’il suppose lui être infidèle. Il faut dire qu’on peut la comprendre, il lui tape dessus !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;La crème…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Franchement je ne vois pas ! Après on tombe dans les psychorigides ! Là encore, je ne me vois pas te refiler un gars comme ça, lancé sur la piste d’argent détourné sans que ça ne nous revienne pas en boomerang un beau matin ou un autre : affaire trop sensible.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et celui-là ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il est à l’hôpital. &lt;br /&gt;J’ai bien des officiers de réserve, mais, soit ils sont physiquement inaptes ou indécrottablement rangés dans le civil à gérer des affaires de congrégations, fondations ou autres, soit ils sont soupçonnés de travailler aussi pour des puissances étrangères !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Comment ça ? « &lt;i&gt;On a de la « crème de traître » dans nos rangs ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ce n’est pas ce qu’il veut dire : « &lt;i&gt;Tu prends celui-là. Il est patron d’une usine de munitions dans l’Ardèche. Un bon élément. X-Sup-Aéro, anciennement pilote de chasse dans l’aéronavale, il gère une de nos fondations arrières dans le grand sud, et deux ou trois autres bricoles personnelles, dont un business d’enquête et de sécurité des personnes, mais on pense qu’il vole pour les américains !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il vole quoi ? Des secrets-défenses ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas du tout : « &lt;i&gt;Il vole pour des missions spéciales pour les américains, en avion ! Voler, pas voler&lt;/i&gt; » fait-il en écartant les bras puis en singeant un pique-Pocket. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Non, c’est un grand patriote de confiance, à n’en pas douter, mais je ne te l’enverrai pas : il a eu des problèmes qui lui ont valu une interdiction de vol sous nos couleurs, en même temps qu’une citation à la flotte. Plus la médaille du Congrès américains ! Un cas à part !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir réfléchit une seconde, le chef d’état-major élyséen rebondit avant que son collègue du ministère passe au dossier suivant : &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Peut-être qu’au contraire c’est notre chance. Bien vu des ricains, un « X », un militaire, médaille de leur Congrès… Il est presque parfait ton bonhomme !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Justement, je t’interromps ! On n’a plus beaucoup de polytechnicien sous l’uniforme. Et celui-là aurait pu finir amiral s’il ne nous avait pas collé sa démission juste après avoir été promu capitaine de corvette. Faut dire qu’il avait été affecté à la DRM  en surveillance du site de Mururoa. De quoi te filer le bourdon durablement et de repartir dans le civil au galop. &lt;br /&gt;On ne va pas non plus le sacrifier, même si ce n’est pas un bon numéro ! Un « X » qui conduit une usine de munitions et de missiles sous licence EADS et Safran, on en a besoin, mon ami !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et celui-ci tourne sa langue dans sa bouche et répond :&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Moi, je veux bien, mais réfléchis une seconde : les informations que notre police ne trouve pas, elles pourraient venir des américains qui ont des prétentions sur le sujet plus que solides. Eux semblent savoir des choses qu’on ignore ici-même alors que ça nous concernerait ! Moi, je veux bien » répète-t-il, « mais ce serait peut-être une façon de savoir ce qu’ils ont dans leur froc, ces emmerdeurs-là !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Effectivement, bien raisonné.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Encore faut-il qu’il accepte, ce type. Il aura peut-être des exigences si on veut s’assurer de son concours. Tu n’imagines quand même pas qu’un « X » va se lancer comme ça dans une enquête à siège éjectable !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;D’un autre côté, il a appris à s’en servir, des sièges éjectables…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et puis, il faudrait que les américains le sachent sur le coup, sans ça, on va prendre du retard à l’allumage.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils examinent ensuite d’autres fiches, mais c’est sans résultat. Le seul qui sort du lot, ça reste cet aviateur-marin sans aile. Un cas à part, en effet.&lt;br /&gt;Les deux hommes conviennent de préparer un dossier complet sur ce type-là avant d’avertir leur homme.&lt;br /&gt;Il faut quand même que la hiérarchie de l’Élysée en accepte l’idée au préalable. &lt;br /&gt;Délai, deux trois jours, pas plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (IV)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatrième chapitre : Le retour de Charlotte !&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et comment s’appelle-t-il, ce super-agent secret ?&lt;/i&gt; » demande le secrétaire général au chef de la place forte.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Charlotte. C’est son surnom !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Une femme ?&lt;/i&gt; » s’exclame l’autre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je ne peux pas vous dire ce détail. Il ne s’agit que d’un nom de code…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Voilà qui va plaire au président, que ce soit une femme. Très bien ! Vous organisez ça en vitesse et en toute discrétion. Le président a un dîner en ville ce soir où sera présent l’attaché culturel. Il faut faire savoir sa décision à qui de droit rapidement, qu’on puisse passer à autre chose.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est que… !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais l’autre coupe court à toute objection en se levant pour lui serrer la main.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Excellent travail général ! Excellent !&lt;/i&gt; » répète-t-il en le poussant vers la porte. « &lt;i&gt;Je savais qu’on pouvait compter sur vous ! Merci, vous pouvez disposer.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est que… ça ne peut pas se faire aussi vite : l’homme n’est même pas au courant et est loin d’avoir accepté. Ou alors à des conditions dirimantes !&lt;br /&gt;Dément, le mode de fonctionnement de « l’Etna ».&lt;br /&gt;Maintenant, là, coincé derrière la porte qui se referme, il n’y a plus qu’une chose à faire : refiler très vite la patate chaude au collègue du boulevard Saint-germain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain même, Almont exulte, y croyant à peine ! « &lt;i&gt;Charlotte ?&lt;/i&gt; » Pas possible !&lt;br /&gt;La chance, cette petite part de baraka indispensable à toute affaire rondement menée à la réussite se mettrait-elle enfin de la partie ?&lt;br /&gt;Ce n’est pas possible après cette série de guignes, de scoumounes, de contretemps, enfilée depuis des années, voire des décennies.&lt;br /&gt;Bien sûr qu’on connaissait « Charlotte » dans le service. Un des rares « frenchies » accepté avec les honneurs sur le sol américain, médaille du Congrès au revers du veston ! Quelle veine.&lt;br /&gt;Celui-là, il fallait l’aider à fond.&lt;br /&gt;Et il commande immédiatement son dossier papier : pas question de laisser de traces sur les terminaux d’ordinateurs.&lt;br /&gt;Le temps que la secrétaire remonte, il se remémore ce qu’il sait sur « Charlotte ». &lt;br /&gt;Le nom de code de sa dernière mission au-dessus du sol afghan.&lt;br /&gt;Ce jour-là, en 2002 ou 2003, il ne sait plus très bien sur le moment, une mission de pilonnage dans les montagnes tenues par les talibans, au nord près de la frontière pakistanaise, est effectuée par une patrouille de trois avions A 10, les camions à bombes américains basés à Kandahar.&lt;br /&gt;Ils doivent stopper un convoi de munitions et de médicaments de rebelles partis du Pakistan.&lt;br /&gt;La couverture aérienne est assurée par des mirages 2000 français, une patrouille de F 15 et le guidage est assuré par les superbes caméras qui équipent les super-étendards du Charles de Gaulle, faisant des ronds au large.&lt;br /&gt;Après ravitaillement en vol de toute la flottille pour un minutage parfait, il s’agit de repérer la colonne motorisée qui chemine à travers les cols, et de l’attaquer en rase-mottes couvert par le relief pour bénéficier de l’effet de surprise : pas question de faire deux passages, ce qui implique une attaque directe et donc l’emploi à distance des caméras de l’aéronavale française.&lt;br /&gt;Le tout couvert par un awacs et quelques drones en appui rapproché pour éventuellement finir le travail.&lt;br /&gt;Les français repèrent et identifient rapidement le convoi en altitude. Le premier A 10 passe déboulant du versant opposé de la vallée et place ses munitions sur la tête de colonne.&lt;br /&gt;Le second poursuit le travail sur la queue de colonne et le troisième, à moins d’une minute, déverse sa cargaison sur le reste des insurgés pris en tenaille par les deux incendies.&lt;br /&gt;Par mal chance, les talibans tirent sur le deuxième avion à l’arme légère, réagissent vite et le troisième se prend deux Sam 7 dans le sillage.&lt;br /&gt;Il évite l’un, mais pas l’autre qui n’abat pas son appareil, mais le met à mal avec un moteur en rideau. Pas possible de reprendre de l’altitude et de ne pas prendre le risque, sur le chemin du retour à vitesse réduite, de rencontrer d’autres tireurs dans les montagnes.&lt;br /&gt;La patrouille des français en altitude moyenne, hors de portée des Sam, et tous les autres appareils sont évacués vers leurs bases respectives, laissant se débrouiller seul l’oiseau blessé : un ordre, c’est un ordre.&lt;br /&gt;Pas pour le lieutenant de vaisseau de Bréveuil qui va en amont reconnaître le terrain et guide le A 10 via l’Awacs.&lt;br /&gt;Le vol se poursuit vers un aéroport de dégagement mis en alerte, jusqu’à ce que le A 10 fasse un atterrissage forcé à quelques 15 miles du site, faute de kérosène : ça consomme beaucoup plus à basse altitude et les plans de vol ne permettent qu’un retour à 20.000 pieds minimum.&lt;br /&gt;Le super-étendard n’a plus qu’à rentrer sur Kaboul en mode économique, après avoir fait un point GPS à la verticale du pilote. Qui lui fait signe que tout va bien après s’être extrait de son cockpit.&lt;br /&gt;C’est là que les choses tournent grave et sans le pilote français, il y aurait eu un otage de plus à aller libérer aux forceps ou un body-bag à ramener à sa famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul De Bréveuil refait un tour en prenant de l’altitude, et grâce à ses capteurs et caméras embarquées, repère un groupe de rebelles à portée de fusil qui s’avancent à vie allure sur leurs trois jeeps vers l’appareil au sol. L’alerte est donnée au pilote abattu qui répond qu’effectivement, on lui tire dessus.&lt;br /&gt;« Charlotte » vire et refait un passage à basse altitude « pour faire peur ». À son tour, on lui tire dessus à l’arme légère, alors qu’il demande l’autorisation d’ouvrir le feu. Autorisation qui ne vient pas. Il riposte au canon, ce qui stoppe le groupe des jeeps, plus par l’effet de la peur que par la précision de son tir : Est considéré comme « tireur d’élite », un pilote qui met au moins un obus dans un carré de 5 mètres de côté au sol lors d’un tir en rafale…&lt;br /&gt;Entre-temps, les F 15 de couverture sont sur zone et protègent le pilote à terre. Cinq minutes plus tard, l’artillerie du camp d’aviation dégage la zone à coup de salves guidées par les F 15 et des hélicos récupèrent le pilote une dizaine de minutes plus tard puis « finissent » les rebelles à la rocket et à la mitrailleuse : on l’avait échappé belle, sur ce coup-là.&lt;br /&gt;« Charlotte » est rapatrié à son bord en avion de liaison depuis Kaboul, est mis aux arrêts de rigueur pour avoir ouvert le feu sans autorisation et avoir désobéi à un ordre formel, en temps de guerre, l’ordre du retour de la formation, émanant de son leader et du PC volant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus drôle aurait été l’appréciation de l’amiral du bord qui l’a interdit de vol. &lt;br /&gt;Mais ce n’est pas vérifié. « &lt;i&gt;Je ne peux pas garder sous mon commandement des olibrius qui se croient tout permis avec les avions que la marine leur confie… Mais, de vous à moi, j’aurai été à votre place, capitaine, j’aurai fait exactement la même ânerie ! Et mon chef en aurait été fier.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et de citer à l’ordre de l’escadre le lieutenant de vaisseau Paul de Bréveuil, entré dans l’histoire des forces aériennes et aéronavales des alliés et de la coalition, sous le nom de « Charlotte », le nom de code de sa patrouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le dossier remonte, Almont sait déjà que cet « olibrius-là » est son homme. &lt;br /&gt;Le bon cheval qu’il allait falloir pouponner pour qu’il arrive à ses fins.&lt;br /&gt;Mais, compliqué le gaillard : Après sa démission de la marine, il est mêlé à l’affaire des vols de bijoux monstrueux de la guilde internationale des joailliers , fonde une société d’investigation et de télé-sécurité ayant son siège à Paris, « CAP investigation », avec, curieusement, deux associées, dont une est dénommée Charlotte et l’autre Aurélie !&lt;br /&gt;Très drôle, ça : deux Charlotte pour le prix d’une…&lt;br /&gt;Il est embauché et opère un temps chez EADS en qualité d’ingénieur, puis prend la tête d’une de ses filiales à capitaux familiaux  comme la France sait encore en préserver.&lt;br /&gt;Il gérerait également un restaurant installé sur une péniche en aval de Rouen, et un centre de repos dans le haut-var, géré, lui, sous la forme d’une fondation archéologique subventionnée, que l’agence suppose être un lieu de repli pour les militaires français traumatisés par les combats.&lt;br /&gt;Un type qui n’affiche pas sa fortune personnelle qui le met pourtant à l’abri des tentations d’argent, très important ça quand il s’agit de milliards de dollars, après une opération immobilière faite au moment de sa sortie d’adolescence, semble-t-il.&lt;br /&gt;Un pilote émérite aussi, volant depuis l’âge de 14 ans sur planeur, ayant eu son premier brevet amateur à 16 ans. &lt;br /&gt;Il est de temps en temps appelé, tant par le NSA que par la CIA, pour exfiltrer « d’honorables correspondants » en zones « difficiles », selon un accord d’avec les ministères de la défense français et américains. La dernière en date étant celle d’un cubain et de sa famille que le régime castriste menaçait de « mesures coercitives ».&lt;br /&gt;Il faut dire qu’il semble s’y entendre à se poser n’importe où avec son hydravion : le plus petit point d’eau lui suffirait.&lt;br /&gt;C’était même vers la fin de l’année dernière, décembre 2008 et Almont avait vu l’avion sur le terrain attenant de Langley, sans savoir de quoi il retournait ni de qui il s’agissait. &lt;br /&gt;En fait, il avait fait un vol depuis la France en passant par l’Islande pour repartir vers le sud.&lt;br /&gt;Arrivé au niveau de Cuba, il a simulé une panne à l’occasion d’une dépression locale au large de l’île, pour se poser en urgence à Guantanamo AB. &lt;br /&gt;Huit jours plus tard, il faisait un vol de nuit sous la couverture radar des castristes jusqu’à un lac central au nord-ouest de la base aérienne, le point de rendez-vous soigneusement choisi, et repartait par le nord-est jusqu’à Saint-Barth avec ses colis. &lt;br /&gt;Même pas une embrouille !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là où l’agent spécial Almont se met à jubiler, c’est quand il apprend, à la lecture du dossier, que ce type-là avait fait un stage, obligatoire dans l’aéronavale de son pays, à Nellis Air-Force Base.&lt;br /&gt;Où il avait piloté et s’était qualifié sur plusieurs types d’avions.&lt;br /&gt;Normalement le stage est de 16 mois. Mais lui, l’avait fait en deux séjours de 8 mois. Et le NSA n’avait rien trouvé de mieux que de lui refiler entre les pattes une chanteuse de country locale, qui œuvrait dans les casinos de Vegas, pas vraiment ni une star ni même une vedette, et avec laquelle il s’était marié.&lt;br /&gt;Oh pas longtemps ! Cette conne avait dû se révéler assez stupide pour le décider à demander le divorce au bout d’un mois, chose assez facile à obtenir à Las Vegas, sans doute après qu’il eut découvert son véritable employeur.&lt;br /&gt;Ça remontait à l’année 1998. Pas remarié depuis : elle avait vraiment dû le décevoir grandement de la gente féminine, celle-là, sans ça, on aurait pu avoir une épouse modèle d’un ingénieur aéronautique qui aurait été et allait être utile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà le contact idéal qu’il faut à l’agence en qualité d’agent de liaison et rapidement en plus : il faut qu’Emily Lison renoue avec « Charlotte ».&lt;br /&gt;Ce premier point acquis, il faut aussi forcer « Charlotte » à suivre les pistes que l’agence fera passer par l’agent Lison. Il pense tout de suite à un petit stratagème qui impose de réactiver une équipe de « pro » sur le territoire français.&lt;br /&gt;Ça devrait marcher assez bien.&lt;br /&gt;Reste justement à donner les dites pistes sans se dévoiler. Nom de code de l’opération ?&lt;br /&gt;Deux lettres s’imposent, évidemment, le « J » et le « S ».&lt;br /&gt;SJ ? JS ?&lt;br /&gt;Juliet-Sierra ? Un pilote doit savoir décoder ça. On dira « Juliette-Siéra » pour franciser le sujet et brouiller un peu les pistes des éventuels pandores français du contre-espionnage.&lt;br /&gt;Là-dessus, l’agent spécial Almont fait le nécessaire, par agents interposés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son collègue du NSA ne fait pas de difficulté : L’agent Lison est en stand-by depuis des années.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Méfiez-vous, ce n’est pas une lumière !&lt;/i&gt; » et d’expliquer le flop de son mariage, sans doute l’unique opération d’un peu d’envergure qui lui avait été confiée durant toutes ces années.&lt;br /&gt;Et de lui raconter qu’elle n’avait travaillé pour l’agence que parce qu’elle avait levé un micheton élève-officier français en permission de stage sur le territoire. Ça, on sait déjà.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Un bon élément, ce gars-là, apprécié des instructeurs à Nellis AB.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Suit une appréciation générale qu’Almont a déjà lue dans le profil inclus dans le dossier de « Charlotte », avant qu’il ne reparte aux archives.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et comme il a volé sur des prototypes secrets, nous avons été conduits à faire une petite contre-enquête de vos services, à l’époque. C’est là que nous avons demandé quelques services à cette chanteuse.&lt;br /&gt;Cette imbécile, non seulement elle l’épouse, mais en plus ne le garde pas pour le tromper incommensurablement. C’est qu’elle a le feu au cul, la petite chanteuse.&lt;br /&gt;Bien sûr le service du contre-espionnage français, la SDECE, n’a pas manqué de le lui apprendre rapidement. Les services de son ambassade l’avaient à l’œil, sans doute ?&lt;br /&gt;Vous savez quoi, agent spécial Almont, pour se dédouaner, elle s’est déballonnée auprès du pilote français en implorant sa clémence pour rester son épouse.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr, ça a eu l’effet inverse : un officier français se mariant à une espionne d’une puissance étrangère, c’était dire adieu à sa carrière !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je vous la confie, mais méfiez-vous, c’est une véritable andouille !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pour ce que j’ai à lui faire faire, ça sera parfait, cher ami.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Nom de code de l’opération, s’il vous plait ? Pour les budgets !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Opération Juliet-Sierra, bien sûr !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, l’agent Lison commence par faire des difficultés dès le premier contact. Partir en Europe, ça ne cadre pas avec ses engagements de chanteuse qui croyait encore pouvoir devenir une star : Elle a son troisième disque à enregistrer à Los Angeles !&lt;br /&gt;Deux coups de téléphone plus tard, le studio décale sa prise de son au début 2010…&lt;br /&gt;Et puis, avec tout le pognon reçu en 11 ans au tarif de base du stand-by, plus le « cachet » qu’elle allait recevoir pour Noël 2009 si elle fait ce qu’on lui demande, elle pourra mettre en sourdine ses jérémiades.&lt;br /&gt;Le surlendemain, elle est à New-York sur le vol d’Air-France en partance pour Paris avec ses instructions reçues à l’aéroport : Elle a huit heures pour les apprendre par cœur et les détruire. &lt;br /&gt;Et par précaution, un agent d’ambassade doit l’accueillir à Roissy, la conduire à son hôtel et lui donner les dernières indications sur les adresses de « Charlotte ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps-là, au ministère de la défense nationale, on s’active. Il est envisagé que le chef de l’opération de « Isidore » sera le Général Jean Wimereux, qui ne comprend pas très bien de quoi il retourne et le contact de « Charlotte » le colonel Pierre Gabeaux qui n’en comprend pas plus. &lt;br /&gt;Personne d’autre n’est dans la confidence du fond de l’affaire, même pas le ministre, que Paul De Bréveuil doit toutefois rencontrer entre deux portes pour légitimer « l’opération Isidore ».&lt;br /&gt;Le ministre y tient, mis au parfum par l’Élysée.&lt;br /&gt;Un nom, comme ça, qui voulait aussi dire « I comme Icare » pour avertir éventuellement le capitaine de corvette réserviste, au moment opportun, qu’il ne doit pas trop s’approcher du soleil du pouvoir !&lt;br /&gt;Sait-on jamais ?&lt;br /&gt;Une idée du secrétariat du « château »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul reçoit sa convocation au siège social attenant à son domicile. Par motard.&lt;br /&gt;Branle-bas-le-combat !&lt;br /&gt;Le ministère répond enfin à ses demandes d’entrevue afin de fournir des fonds nécessaires aux recherches sur les céramiques !&lt;br /&gt;Des mois d’efforts ainsi récompensés.&lt;br /&gt;Il n’y a que ça pour justifier de cette convocation.&lt;br /&gt;Après avoir averti Isabelle, sa principale associée dans la Manufacture Ardéchoise de Poudres, d’Explosifs et d’Armes, pour partager sa joie du moment, il réunit rapidement le dossier de l’avion en céramique sur lequel travaille le bureau d’études de l’usine d’Aubenas.&lt;br /&gt;Il lui faut aussi une « escorte-girl » un peu affriolante pour faire mousser le projet. Sa secrétaire parisienne aurait pu faire l’affaire si elle n’avait pas eu son visage déformée et rouge vif habituel, résultat d’une réaction à un produit de beauté d’antan.&lt;br /&gt;Isabelle ne pouvant être présente dans le court délai imparti, ils optent pour la fille aînée de la famille Nivelle qui justement est sur Paris, en stage au siège.&lt;br /&gt;À condition qu’elle se mette sur son 31 et sur des talons hauts, tenue courte et décolleté profond mais discret, qu’elle fasse moins « pute » que d’habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel ne fut pas le quiproquo !&lt;br /&gt;Pendant que Paul et Sophie pénètrent dans la cour du ministère, boulevard Saint-germain, le ministre les espionne depuis la fenêtre de son bureau.&lt;br /&gt;Ils sont conduits à travers un dédale de couloirs jusqu’à l’antichambre du Général Wimereux et le ministre sort de son bureau à l’improviste, déboule les escaliers et se précipite vers le bureau du général pour faire mine de passer en saluant Sophie avec un large sourire rayonnant.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Charlotte, je présume ! Ravi de vous rencontrer&lt;/i&gt; », fait-il en lui faisant un baisemain style vielle-France, sans même un regard pour Paul, qu’il prend pour son garde du corps, tellement il est physiquement impressionnant.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est que…&lt;/i&gt; ». Sophie et Paul sont debout et le ministre entre dans le bureau du général, sans même saluer Paul.&lt;br /&gt;« Chut ! Je ne veux rien savoir », termine-t-il en refermant la porte.&lt;br /&gt;Elle est forte celle-là, pense Paul en faisant signe à Sophie de se taire !&lt;br /&gt;« Charlotte », voilà bien qui n’était pas prévu, ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ministre fait un tour en saluant les deux officiers supérieurs qui se sont levés d’un bon en voyant entrer leur ministre. Il leur dit qu’il les laisse à leurs affaires, mais qu’il a salué « Charlotte » comme convenu pour signifier que « l’opération Isidore » est légitimée par l’autorité politique.&lt;br /&gt;Et il file par la porte de côté, passer un coup de fil au président.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Alors ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Jeune et mignonne la fille. Peut-être un peu trop jeune pour toi, trop grande aussi, mais très trrrrès mignonne. Pas pour toi à mon avis : tu n’aimes pas trop les blondes, je crois me souvenir !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah ! Une blonde, encore ?&lt;/i&gt; » répond son correspondant avec un peu de déception dans la voix. « &lt;i&gt;Très bien. Tu les laisses travailler et tu me tiens au courant. Merci à toi, et à plus !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (V)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinquième chapitre : Haute tension&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Il y a des moments magiques, comme ça, où le quiproquo fait bizarrement monter la tension.&lt;br /&gt;Après le passage en coup de vent du ministre, les deux convoqués s’assoient, de nouveau, l’une se demandant pourquoi on l’appelle Charlotte, une méprise sans doute, l’autre se demandant dans quel traquenard il vient de tomber.&lt;br /&gt;Un planton arrive du fond du couloir. « &lt;i&gt;Si Monsieur veut bien se donner la peine.&lt;/i&gt; » Ils se lèvent.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Non, pas vous Mademoiselle ! Vous pouvez attendre ici.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Dur à avaler pour Sophie. C’est bien la peine qu’elle loupe son cours de rattrapage de comptabilité matinal pour si peu et se « déguise » de façon aussi sophistiquée ! &lt;br /&gt;Un affront presque. Une injure. Et Paul de perdre un atout : ça ne se passe pas comme prévu et il n’aime pas ça du tout.&lt;br /&gt;Paul pénètre dans le vaste bureau sur cour.&lt;br /&gt;Les deux officiers supérieurs, dont l’un, le colon, est en uniforme, l’invitent à s’asseoir dans l’un des fauteuils, tout en se demandant, tous les deux chacun pour eux-mêmes, comment un type aussi grand et « costaud » que lui, bâti comme un trois-quarts ailes, qui leur rend au moins une tête à chacun et quelques dizaines de kilos de muscle en plus, peut faire pour rentrer dans des cockpits d’avion de chasse et rester un prétendu as !&lt;br /&gt;Poser un chasseur à 150 nœuds sur le timbre-poste que représente la taille du pont d’un porte-avion perdu dans l’immensité de l’océan, non seulement il faut être adroit et avoir un minimum de sang-froid, mais tout autant sinon plus, être très à l’aise dans ses manœuvres !&lt;br /&gt;Peu importe : il faut attaquer le sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun se présente, excuse l’absence du ministre dont ils savent qu’il a salué le visiteur juste avant l’entretien et Paul ne laisse pas le temps aux deux autres de commencer la partie pour présenter son projet de céramique qui appuie ses demandes de subventions.&lt;br /&gt;Le général le fait taire par un « Cher Monsieur, ce n’est pas le sujet » et redonne la parole au colonel.&lt;br /&gt;Qui lui fait l’exposé de la mission dans ses grandes lignes.&lt;br /&gt;Au bout de quelques temps, et après l’exposé du colonel, Paul prend la parole : « &lt;i&gt;Si je comprends bien, mon général, mon colonel, vous me demandez de rechercher de l’argent qui n’existe pas, dont on ne sait rien depuis des années, ni d’où il sort, ni où il est, ni à quoi il sert, et sans même me dire ce que je dois en faire.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est à peu près ça.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En faire, en faire, on vous le dira après, quand on saura où il est et comment on peut le rapatrier en toute discrétion&lt;/i&gt; » intervient le colonel.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Messieurs, attendez ! N’avez-vous pas quelques sbires pour faire ce boulot-là ? Je ne suis pas particulièrement compétent pour ce genre de recherche. Exfiltrer un agent en territoire hostile, ça je sais faire et je le fais même de temps en temps sous l’égide du gouvernement pour à peu près qui vous le voulez bien.&lt;br /&gt;Gérer une usine perdue au fin fond de l’Ardèche, passe encore.&lt;br /&gt;Administrer l’un de vos lieux de repos de nos guerriers de retour des théâtres d’opération, admettons.&lt;br /&gt;Prendre en main un bureau d’études ou n’importe quelle administration un peu imposante, je sais faire : j’ai été formé pour ça.&lt;br /&gt;Mais faire le guignol au lieu et place de la flicaille du pays, là, ça, je ne sais pas faire !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il fallait s’y attendre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais si, vous savez faire : vous cogérez bien une agence privée de renseignement. Vous avez même coopéré avec la justice du pays en parallèle de la police judiciaire !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Évidemment, mais ça n’a rien à voir.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça n’a rien à voir ! J’ai rendu service. Et par ailleurs, on n’y gère que des systèmes d’alarme et fait des filatures pour adultère. De temps en temps, on fait un peu de garde-du-corps rapprochée. Rarement des enquêtes ! On n’est même pas équipé pour ça.&lt;br /&gt;Là, il va falloir d’immenses moyens informatiques, un régiment de spécialistes, des hommes prêts à tout pour vous ramener vos milliards.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;La réponse claque : « &lt;i&gt;On compte sur vous pour organiser tout ça !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bé voyons !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et pourquoi vous ne le faites pas vous-même, mon général. Vous êtes au cœur desdits moyens ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;L’objection est repoussée : « &lt;i&gt;Parce que ce sont les ordres. Et nous sommes soldats, nous obéissons aux ordres !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Sauf votre respect, mon général, si les ordres viennent du pantin que j’ai croisé tout à l’heure devant votre bureau, où vous n’avez pas de couille pour lui dire merde, ou vous avez fumé la moquette enroulée dans les rideaux du salon d’à côté !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le tout est dit sans méchanceté, presqu’avec désarroi, que s’en est drôle.&lt;br /&gt;Ils en rient d’ailleurs tous les deux, les officiers, au lieu de s’offusquer.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Les ordres viennent de plus haut.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et alors ? Un ordre con, ça reste un ordre con.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;De beaucoup plus haut. Une personne à qui on ne dit non qu’accompagné de sa lettre de démission.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et Paul de se rappeler que : « &lt;i&gt;Mais je vous l’ai déjà donnée, moi, ma démission, mon général !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le Colonel Gabeaux rétorque : « &lt;i&gt;Raison de plus ! Si vous l’avez déjà donnée, alors vous ne pouvez même plus dire non, Capitaine, et… devrais-je préciser… de frégate !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La frégate, c’est le cran d’au-dessus de la corvette.&lt;br /&gt;Paul, en qualité de « X » est rentré directement dans l’aéronavale avec le plus haut grade des officiers subalternes, lieutenant de vaisseau. C’est un droit.&lt;br /&gt;Au bout de 4 ans, c’est automatique, il passe « 4 sardines », avec le plus bas des grades des officiers supérieurs, même s’il n’est plus d’active, au rang de capitaine de corvette.&lt;br /&gt;La carrière d’un « X », même fâché à mort avec l’uniforme, grimpe automatiquement avec le temps qui passe pour passer à « 5 sardines », or et argent, capitaine de frégate en milieu de carrière, et finir avec 5 en or au grade de capitaine de vaisseau le jour de la retraite, sans même avoir tiré un seul coup de feu.&lt;br /&gt;Petits privilèges des élites de la Nation…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mon colonel, votre sollicitude me touche, naturellement, mais si j’ai démissionné, c’est justement pour ne plus avoir à accepter des ordres stupides qui vous ruinent la vie d’un homme. L’armée, la marine, je lui dois d’avoir volé sur des avions exceptionnels. J’y ai pris vraiment beaucoup de plaisir, au-delà de toute espérance. Mais j’ai aussi reçu une formation d’élite et me dois de servir mon pays au mieux et selon mes compétences avérées. Or, là, je suis incompétent !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;La réponse est quasiment sans appel :&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il n’empêche, commandant, les choses sont claires. Vous ne pouvez pas refuser où il faudra fermer votre usine d’Aubenas qui ne vit que par les commandes publiques ou les autorisations d’exporter que nous délivrons dans ce ministère, ici même.&lt;br /&gt;Combien de temps tiendrez-vous sans licencier ?&lt;br /&gt;Vous venez quémander des subventions de recherche. C’est ici que se décide une partie des programmes de recherche sélectionnés par le comité « Grand emprunt&lt;/i&gt; ». &lt;br /&gt;Le ton est subitement plus ferme…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et puis soyons clairs, nous aussi : si on vous confie cette mission, c’est parce qu’il est hors de question de mener les investigations nécessaires avec nos propres services. &lt;br /&gt;Vous l’avez sans doute déjà pressenti : nous ne sommes pas des supplétifs de basse-police ou des barbouzards des services d’espionnage, vous pensez bien. Or, eux ont échoué et il n’y a plus que vous pour être qualifié.&lt;br /&gt;Un, parce qu’on vous sait honnête, vous pouvez garder la tête froide face à d’éventuelles montagnes de milliards de dollars ; deux, personne ne peut vous soupçonner d’être en service commandé et c’est un atout indéniable ; trois, vous êtes assez intelligent pour pouvoir vous débrouiller sans tout l’arsenal des moyens techniques trop visibles si on les mobilise d’un bloc !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le colonel se garde bien d’énoncer le « quatre » : parce que les américains peuvent lui donner un coup de main, le chef d’état-major l’avait assuré.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ces moyens, vous en disposerez à votre guise par mon intermédiaire, mais ce sera avec parcimonie et discrétion. Ce que je ne peux pas faire autrement sans vous déléguer la mission. Et là, je compte tout spécialement sur un officier de votre rang, capable de faire la part des choses pour ne mettre en difficulté ni le pays, ni son appareil d’État !&lt;br /&gt;Me suis-je bien fait comprendre ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas tout à fait, mais admettons. &lt;br /&gt;Paul se rend compte que ces galonnés-là mettent en balance la Manufacture et les petits avantages que ça représente, avec la notion d’intérêt général en se foutant pas mal de ses états d’âme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pour vous aider, cet après-midi je vous fais porter tous les résultats de toutes les enquêtes de tous les services du pays, sur ces fonds et depuis l’origine. Attention, vous en prenez connaissance dans vos locaux, mais aucune copie ne devra être faite car il s’agit de documents couverts par le « secret-défense ». &lt;br /&gt;Vous comprendrez mieux pourquoi même les juges n’y ont pas accès et vous mesurez la confiance qu’on investit en vous.&lt;br /&gt;Nous vous savons avoir une excellente mémoire visuelle. Une demi-journée vous sera nécessaire et on réexpédie l’ensemble dans leurs emplacements respectifs en archive. &lt;br /&gt;Avec un peu d’intelligence, dont nous savons que vous n’êtes pas totalement dénué, vous nous direz demain de quoi vous aurez besoin d’autre et nous vous le fournirons sans délai.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien reçu. &lt;br /&gt;Ça lui laisse le temps d’exiger l’impossible, façon élégante de dire non.&lt;br /&gt;De toute façon il n’a pas trop le choix, sur le moment.&lt;br /&gt;L’entretien se termine par des salutations respectueuses. Et les trois hommes se séparent.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je crois qu’on vient de lui donner une petite leçon de commandement à ce polytechnicien qui aurait dû faire Saint-Cyr », remarque le général.&lt;br /&gt;« Je ne crois pas, mon général. Il vient de trouver la porte de sortie pour ne pas exécuter la mission.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ah bon ! « &lt;i&gt;Alors là, on n’aura pas avancé d’un centimètre !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais si, mon général. La seule façon qu’il entre dans la mission, c’est justement qu’il accepte d’y mettre un doigt. Il l’a fait. Après, sa curiosité naturelle fera le reste.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous croyez ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est une évidence : « &lt;i&gt;Il a mille raisons pour refuser. Mais vous verrez que demain, il acceptera et nous demandera l’impossible… Que nous lui fournirons, bien sûr, mon général !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Sûr de lui, pense le général de son vis-à-vis. Il faut qu’il ait raison. On verra donc demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à Paul, il rentre en taxi, seul, Sophie partant de son côté à essayer de rattraper son cours perdu.&lt;br /&gt;Mauvais pour la tension nerveuse, ce genre de convocation, finalement. Il ne faut décidément ne jamais rien demander à qui que ce soit qui émarge à l’effectif de la Nation, et surtout si ça porte un uniforme.&lt;br /&gt;Sitôt le portable de nouveau en réseau, il informe Isabelle que ça n’a rien à voir avec la demande de subvention. « &lt;i&gt;J’ai tout juste pu obtenir qu’elle soit examinée dans le cadre du Grand emprunt de l’autre farfelu.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais alors quoi ? Ils veulent quoi ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Une affaire de sécurité nationale. Je ne peux pas t’en parler. Ça ne concerne que moi. Mais je ne sais pas si j’y peux grand-chose… Complètement à la masse, le ministre. Il a même salué ta fille en se trompant de prénom. Elle te racontera ça ce soir, j’imagine !&lt;/i&gt; » rajoute-t-il pour désamorcer les commentaires à venir.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ton passé militaire ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Oui, si on veut. « &lt;i&gt;Mais rien de grave. Ils veulent des précisions sur ce que j’avais pu voir et comprendre, dans le temps.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le mensonge passe. Elle aura oublié d’ici qu’il retourne à Aubenas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme les emmerdements n’arrivent jamais seuls, histoire de ne pas faire retomber la tension du moment, sitôt de retour, la secrétaire, un peu plus carmin que d’habitude, annonce à son arrivée : « &lt;i&gt;Monsieur le directeur général, une personne vous attend !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ah oui ? Qui ? Il avait fait décommander tous ses rendez-vous dans l’urgence. Encore une contrariété.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Votre épouse ! Je ne savais pas que vous étiez marié, Monsieur le directeur général…&lt;/i&gt; » dit-elle sur un ton quasiment de reproche.&lt;br /&gt;Il ne manque décidément plus qu’elle pour saboter définitivement la journée.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mon ex-épouse ! » corrige Paul. « Une erreur de jeunesse. Vous l’avez mise où ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Dans l’appartement de l’étage du dessus, naturellement. « &lt;i&gt;Vous auriez pu me le dire que vous aviez été marié, il n’y a pas de honte à ça. Et dans le mot secrétaire, il y a aussi le mot secret…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Une formule qu’il lui a apprise lui-même en arrivant à la tête de la boutique, il y a trois ans.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’en ai tellement, que vous ne sauriez pas où les ranger tous !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il ne manque plus que cette nymphomane-là pour compléter la journée, façon… désastre.&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’elle vient faire à Paris, à débarquer à l’improviste dans ce merdier ?&lt;br /&gt;Il grimpe à l’étage et entre dans son petit deux-pièces-vaste-terrasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « miss » a gardé son physique filiforme et sa voie un peu rauque. Ses grands yeux bleus délavés qui l’ont fait « craquer » 11 ans plus tôt, ses cuisses peut-être un peu plus charnues, ses larges petits seins qui flottent sous sa robe légère, son visage pâle, quelques kilos de plus là où il faut.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Qu’est-ce que tu viens faire ici ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah ! Tu m’as fait peur. Bonjour chéri !&lt;/i&gt; » dit-elle en sursautant. Elle contemplait Paris, lézardant au soleil.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Dis-moi que tu es juste de passage et que tu repars dans la minute pour une tournée triomphale ! Là, juste pour me faire plaisir, s’il te plaît !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Non ! Il ne faut pas rêver avec une fille pareille.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Dis donc, tu es bien conservé pour ton âge, toi. Ah tiens ! Une cicatrice que je ne connais pas. Un mari jaloux ou une tigresse déchaînée comme tu as su me faire rugir ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Décidément, pense Paul, toujours égale à elle-même la poulette espionne : il se retient de lui renvoyer la pareille avec ses nouvelles ridelles autour de la commissure des yeux, ses seins qui flottent juste un peu plus bas qu’il y a onze ans. Si elle est là, ce n’est évidemment pas le fruit du hasard !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Toujours d’active à ce que je vois. Ça marche pour toi la chansonnette subventionnée par le contribuable américain ? Tu sais, je n’ai pas vraiment suivi ta carrière. Tu t’es remariée avec un milliardaire texan, au moins ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et pour toute réponse, il reçoit une amabilité du genre : « &lt;i&gt;Et toi ? Tu n’es plus dans l’armée ou tu as fait un héritage. C’est chicos, chez toi, en tout cas. Pas non plus un mariage d’argent : tu n’as toujours pas de bague au doigt ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il a failli répondre « toujours plus » mais le fait savoir autrement ses « engagements » : Une femme dans chaque port et de nombreuses escales depuis leur séparation.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Que des malheureuses ! Toutes à te pleurer, je suppose&lt;/i&gt; », lui rétorque-t-elle avec son accent d’américaine du sud.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bien, tu restes à déjeuner. J’imagine que tu ne viens pas par hasard et comme il fait beau et chaud, on peut donc manger sur la terrasse.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Comme elle répond « volontiers », il fait commander un repas pour deux. Chez lui, il n’y jamais rien à manger que des plateaux repas concoctés par le chef du bistrot du rez-de-chaussée, et il n’a pas envie de l’emmener au restaurant : elle ne trouvera pas l’endroit assez discret pour lui dire ce qu’elle a à lui faire savoir, ce qui prolongera d’autant leur tête à tête. &lt;br /&gt;En revanche, la cave de salon à température dirigée est bien fournie et le réfrigérateur n’est là que pour sa machine à glaçons intégrée dans la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En grignotant les amuse-gueules Emily se décide à dire ce qu’elle a à dire, après avoir un peu raconté sa vie.&lt;br /&gt;Elle a dû annuler son tour de chant « triomphal » sur la côte-ouest prévu pour l’été, justement pour passer par Paris le temps qu’il faudra. En mission pour le NSA. En fait, elle ne sait pas trop pour qui.&lt;br /&gt;Ni pour quoi.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’ai juste à te faire passer quelques messages de mes employeurs.&lt;br /&gt;Premièrement, ta vie est en danger. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais tu es sur un coup qui va t’attirer des ennuis et qui va mettre en danger ta vie, d’après mes employeurs. Or, il apparaît qu’ils ont encore besoin de toi pour je ne sais quel service que tu sais leur rendre.&lt;br /&gt;Deuxièmement, il y aura une équipe de soutien pour t’aider, ici, sous peu, en cas de besoin. On m’a refilé un téléphone où tu peux me joindre jour et nuit. La nuit surtout, j’espère, chéri.&lt;br /&gt;Ah oui. Troisièmement, il faudrait que tu m’avertisses de tes déplacements, pour ta sécurité, m’a-t-on affirmé&lt;/i&gt;. »&lt;br /&gt;Compte là-dessus, « chérie » se dit Paul à lui-même : pour qu’elle puisse mieux le poursuivre de ses assiduités !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et puis quatrièmement, il faut que tu joignes un dénommé « Capitaine Haddock »&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Celui d’Hergé ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah, ça, chéri, on ne m’a pas dit ! Et puis cinquièmement, mais on ne m’a pas dit de te le dire, je suis consignée ici jusqu’à Noël. Mes concerts reprennent seulement début janvier. Je crois que tu dois le savoir.&lt;br /&gt;Ça va être long, chéri, tu sais. Mais j’ai un peu d’argent de poche pour faire quelques emplettes entre-temps.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et les capotes sont fournies par l’ambassade américaine, peut-être ?&lt;br /&gt;C’est qu’il connaît son oiseau, Paul, pour en avoir usé et abusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (aparté n° 1) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le déjeuner est heureusement rapidement écourté : la secrétaire de l’étage du dessous, n’osant pas monter, appelle sur le portable. « &lt;i&gt;Il y a là deux messieurs qui viennent chacun avec un carton d’archive pour vous. Je les mets où Monsieur le directeur général ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les &lt;i&gt;cartons ou les messieurs ? Dans son bureau.&lt;br /&gt;« Désolé de ne pas pouvoir prolonger l’après-midi avec toi. Mais le devoir m’appelle. Tu es descendue à quel hôtel au juste ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas très loin, au Montherlant.&lt;br /&gt;Ils redescendent tous les deux par l’escalier privé, Paul raccompagnant Emily jusqu’à l’ascenseur, elle ne peut pas s’empêcher de lancer une œillade à la secrétaire en passant, qui du coup en plonge le nez sur son clavier, encore plus rouge de confusion que tout à l’heure. Puis Paul va jusqu’à son bureau.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Monsieur le directeur général, il y en a un qui est resté avec les cartons. Il dit qu’il ne doit pas les quitter des yeux !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Prudent le colonel…&lt;br /&gt;En voyant le bonhomme, assis sur une chaise devant les cartons posés sur la table de conférence, dans la grande pièce du coin de l’immeuble, il ne peut pas s’empêcher de commander par l’interphone « &lt;i&gt;une bombonne de café et quelques sandwichs !&lt;/i&gt; » : Les cartons sont volumineux.&lt;br /&gt;Et bien plein.&lt;br /&gt;En fin d’après-midi, le gars se fait relayer. Le suivant aussi, le soir venu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au milieu de la nuit, Paul commence à comprendre de quoi il retourne. Il lit, lit, enfin photographie mentalement tous ces dossiers.&lt;br /&gt;Il y a la synthèse de tas d’enquête, de pratiquement tous les services de l’État, police, services spéciaux, armée, douane, relations extérieures, DST, justice et d’autres dont il ne savait même pas qu’ils existent. Le « Capitaine Haddock » est bien mentionné dans un dossier, à l’occasion de courriers répétés de dénonciation sur des détournements de fonds. Paul devine que s’il accepte, il va devoir fouiller bien au-delà de ce qu’on lui fournit, notamment tous ces listings de comptes qui met à rude épreuve sa mémoire, d’autant plus, qu’avec la lumière tombante de la nuit, la lecture devient difficile.&lt;br /&gt;Il croit même, à un moment, avoir la berlue. Un point rouge se déplace sur la table, venant de nulle part depuis l’extérieur.&lt;br /&gt;Il se lève brutalement et se retourne vers Paris illuminé. &lt;br /&gt;La vitre claque sans se briser, pour être blindée. &lt;br /&gt;On lui tire dessus !&lt;br /&gt;Sale journée !…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (VI)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sixième chapitre : Les duperies&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Paul se jette à terre en gueulant au planton d’en faire autant quand le deuxième coup claque contre la vitre blindée.&lt;br /&gt;Celui-là sort de sa torpeur et se jette sous la table de conférence.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Non pas là, contre les radiateurs ! Sur les côtés !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul rampe sur le coté pour éteindre la lumière dans la pièce. Et revient vers les fenêtres pour tirer les rideaux vénitiens et dérouler les volets.&lt;br /&gt;En danger de mort, qu’elle disait la torride Emily, en fin de matinée ?&lt;br /&gt;Franchement, « &lt;i&gt;On me prend pour un con ou quoi, dans cette histoire ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pardon, Monsieur ?&lt;/i&gt; » interroge le gardien des dossiers.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous ! Appelez vos chefs qu’on ramène immédiatement tous ces cartons à l’abri dans la minute.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ces chefs, mais ils dorment à cette heure-ci.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;L’officier de permanence alors ! Vite. Vous êtes armés ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr qu’il l’est.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Alors tirez sur tout ce qui bouge venant du balcon. Idem à travers la porte qui ne ce soit pas identifié. Moi, je file et vous laisse les secrets de la République sur les bras ! Vous claquerez la porte d’entrée derrière vous en partant.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un attentat ! Il fallait déguerpir et se mettre à l’abri fissa.&lt;br /&gt;Paul prend une arme de poing rangée sagement dans un tiroir, son casque et son blouson de cuir, des papiers et un chéquier, et descend jusqu’au parking par l’ascenseur en introduisant une balle dans le canon du 11,43.&lt;br /&gt;Le danger peut venir du parking et ensuite, dans la rue de sortie, par derrière.&lt;br /&gt;Si on a à faire à des « pros », ils doivent savoir que les vitres étaient blindées, triple-feuillage et double-vitrage, le tout résistant en principe à du calibre de guerre, hors le 12,7, les coups de feu ne sont là que pour le faire sortir. Autant être le plus rapide possible pour bénéficier de l’effet de surprise. Après, il sera trop tard, même entouré de toute la flicaille du pays.&lt;br /&gt;C’est donc en trombe qu’il sort, passe le coin de la rue, sans le moindre problème et file à vive allure sur sa moto vers la porte d’Orléans et l’autoroute du sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au creux de la nuit, il refait le plein en Bourgogne, passe un coup de fil au sergent-chef Rémarde : il opte pour le haut-var. C’est plus loin, plus long, plus fatigant que le fortin de l’usine d’Aubenas, mais il y sera plus en sécurité.&lt;br /&gt;810 kilomètres, il est parti vers deux heures moins le quart du matin, il devrait arriver vers sept heures et demie pour le café en comptant une autre pose-essence du côté de Grenoble.&lt;br /&gt;Et puis sur la route, il repense à cette absence manifeste d’une deuxième équipe attendue dans le parking ou au coin de la rue.&lt;br /&gt;Pas des « pros » ou alors c’est encore un « coup à trois bandes » : on ne voulait pas vraiment le tuer.&lt;br /&gt;Ce qui contredit l’avertissement d’Emily. Mais alors, ça devient incohérent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quoi ?&lt;/i&gt; » C’est le colonel Gabeaux qui hurle dans son combiné téléphonique ! « &lt;i&gt;Et c’est maintenant que vous me prévenez ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il faut dire qu’il ne s’est passé que quelques heures. Les « archives » sont de retour au ministère et sous bonne garde : une équipe est passée dans la nuit pour ramasser tous les papiers, mais entre-temps, on a perdu toute trace de « Charlotte ». &lt;br /&gt;On a paré au plus pressé sans penser à avertir le colonel, responsable de « l’opération Isidore », des événements de la nuit.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Retrouvez-le moi le plus vite possible et mettez-moi en liaison radio-cryptée avec lui. Je file au ministère. Envoyez-moi la voiture.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et le voilà qui se rase sommairement et enfile une tenue civile pour monter en trombe dans le véhicule stationné en double file qui vient à peine d’arriver.&lt;br /&gt;Le coup de l’attentat, aussi rapidement, là, personne ne s’y attendait, faut-il reconnaître.&lt;br /&gt;Il y a des fuites, ce n’est pas possible autrement. Et comme ça ne peut pas venir du ministère, puisqu’à part deux officiers généraux et lui-même, personne n’est au courant, c’est que ça vient « d’au-dessus ».&lt;br /&gt;C’est la seule chose qui puisse expliquer la rapidité de la réaction.&lt;br /&gt;Mais pourquoi un attentat ? C’est l’étape ultime, pas celle par laquelle on démarre.&lt;br /&gt;Ou alors le colonel s’est fait duper lourdement et on ne veut pas, en haut-lieu, avancer sur les ordres reçus, comme d’un avertissement avant « beaucoup plus fort » en termes de sabotage de mission.&lt;br /&gt;Quand même totalement schizophrène comme attitude !&lt;br /&gt;Donner des ordres dont on ne veut pas qu’ils soient exécutés ?&lt;br /&gt;Dément.&lt;br /&gt;Arrivé rapidement au ministère tout proche dans la circulation fluide des petits matins d’été parisien, toujours pas de nouvelle de « Charlotte ».&lt;br /&gt;Pierre Gabeaux téléphone au général Wimereux pour le tenir au courant de l’évolution de la situation.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ce n’est pas croyable ce que vous me racontez, Colonel. Non seulement on nous enjoint des ordres stupides, mais en plus on voudrait nous empêcher de les exécuter ? Ça n’a aucun sens ! Et en risquant la vie d’un civil ? C’est vraiment n’importe quoi !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le général doute qu’il en sache plus par sa hiérarchie. Il faut donc prendre les mesures d’urgence et chacun ses responsabilités.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Un point positif, mon général. « Charlotte » étant désormais personnellement impliqué, comme je vous l’avais prédit, on risque de ne plus pouvoir l’arrêter !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ne me dites pas que c’est un de vos coups tordus pour lui forcer la main ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr que non. C’est un coup tordu qui ne relève pas du service. Mais peut-être bien d’un autre, à moins que ce soit une bévue destinée à duper tout le monde en sabotant l’opération.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En attendant, prenez les mesures de protection qui s’imposent pour protéger notre homme. On ne va pas sacrifier un officier de l’aéronavale pour des nèfles en restant les bras-croisés. Voyez avec les services de sécurité de l’armée. Pas la police ni la gendarmerie : cette affaire a été confiée à l’armée, l’armée l’assumera jusqu’au bout !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Quel service au juste. À part la police militaire des casernements, Gabeaux ne voit pas trop, sur le moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Nous avons l’agent « Charlotte » sur la ligne cryptée qui demande à vous parler, mon Colonel&lt;/i&gt; » annonce, tout de suite après cette conversation, l’interphone de service.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Essayez de localiser l’appel&lt;/i&gt; », répond-il avant de le prendre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mon colonel ?&lt;/i&gt; » C’est la voix de Paul De Bréveuil. « &lt;i&gt;Vous avez reçu le paquet des archives ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Oui, bien sûr.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Où êtes-vous ?&lt;/i&gt; » Caché, naturellement et à l’abri. Mais où, le colonel ne le saura pas.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Que comptez-vous faire ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Raclement de gorge. « &lt;i&gt;Mon colonel, je ne sais pas encore. Parce que plus j’y réfléchis, plus je pense que c’est un coup monté : il aurait fallu un bazooka pour passer à travers le blindage de la pièce. Et encore. Mais pas avec un fusil longue portée, sauf le M 95 ou équivalent. Si on avait vraiment voulu me tuer, on s’y serait pris autrement.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et Paul de continuer son raisonnement : Il ne s’agit que d’un avertissement ou d’une magouille organisée par le service. S’il l’apprend, il se promet de tuer après mille tortures tous les participants, leurs descendants, leurs collatéraux et même leurs ascendants encore vivants.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça prendra le temps qu’il faudra, mais je le ferai !&lt;/i&gt; » fait-il d’un ton menaçant.&lt;br /&gt;Dénégations du colonel, un brin affolé par la portée de la menace proférée : « &lt;i&gt;Je vous assure que je ne suis pas au courant. Si tel est le cas, je vous promets d’enquêter et de vous livrer le responsable ! »&lt;br /&gt;« Admettons, mais j’enquêterai aussi de mon côté. Pour le moment, je ne vous fais plus confiance.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Vous abandonnez la mission ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Non, au contraire, mon colonel. Mais vous n’aurez plus de mes nouvelles avant qu’on n’en termine. Je ne tiens pas à risquer ma peau pour du pognon qui n’existe peut-être même pas et qui n’est pas à moi, en plus !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ah bé si : il lui faut assurer sa sécurité, le général l’a exigé, et un ordre reste un ordre, insiste Gabeaux. Faut qu’il comprenne ça, « Charlotte ».&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Alors avec un autre service que celui du ministère ! Qui ne dépende pas de lui directement. Pas question que je remette ma vie dans les mains de personnes qui ne savent pas tenir leur langue, parce que forcément, il y a eu une fuite, mon colonel. C’est impossible autrement. Et vous me prenez des gars qui savent y faire. De préférence des marins.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Entendu. Il ne sait pas comment il va organiser tout ça, mais il se débrouillera.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bon, le reste, je vais avoir aussi besoin d’un crack en informatique, capable de pirater les meilleures sécurités sans se faire remarquer. Et là encore, pas un type de l’armée, sauf éventuellement, de la marine. Mais un type costaud et de totale confiance.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est tout ?&lt;br /&gt;Juste des fonds en avance sur budget. Une ligne de 100.000 euros ouverte sur le compte de la fondation.&lt;br /&gt;Et Paul raccroche. &lt;br /&gt;Moins d’une minute : pas de localisation confirmée. Dans le sud-est de la France.&lt;br /&gt;La base de la Fondation Archéologique Icard ?&lt;br /&gt;Le colonel consulte le dossier du capitaine De Bréveuil, trouve et forme le numéro.&lt;br /&gt;Ça sonne. Le sergent-chef Rémarde décroche. « &lt;i&gt;Passez-moi le commandant De Bréveuil !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Qui le demande ?&lt;/i&gt; » Le colonel hésite. Puis se présente.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;À vos ordre mon colonel, mais, désolé, le commandant n’a pas été vu ici depuis plusieurs semaines. Je peux vous rendre un service, lui passer une commission quand il reviendra. Je suis à vos ordre, mon colonel&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Bien joué, pense Paul en clignant d’un œil à l’adresse de son voisin. Il vaut mieux passer par les portables : on dispose de plusieurs cartes Sim, sur le site.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il appelle par tranche de moins de deux minutes, le siège parisien pour rassurer. C’est branle-bas-de-combat. La police judiciaire est sur les lieux. Il y a trois impacts de balle. Du 9 mm. Pas deux.&lt;br /&gt;Une de trop se dit Paul et décidément pas le bon calibre. On a bien à faire avec un faux attentat. Il n’a jamais été question de descendre « Charlotte », tout juste de lui faire peur, conclut-il pour lui-même.&lt;br /&gt;Un tueur professionnel ne se sert que de deux étuis. Un pour immobiliser, un autre pour achever.&lt;br /&gt;Dès le premier tir, il aurait dû se rendre compte qu’il ne se passait rien et laisser tomber.&lt;br /&gt;Même en admettant qu’il tire à nouveau pour confirmer que ses projectiles ne passent pas, il n’aurait pas dû tirer une troisième fois.&lt;br /&gt;C’est le premier tir qui n’a pas été entendu par Paul. Il aura fallu qu’il voie le pointeur laser pour qu’il se rende compte de ce qu’il se passait. Sans ça, l’autre aurait pu tirer tout son chargeur, personne n’aurait rien remarqué avant le passage de la femme de ménage le lendemain, tellement Paul était absorbé par sa lecture du moment.&lt;br /&gt;Logique.&lt;br /&gt;Mais alors qui ?&lt;br /&gt;Effectivement, pas le colonel. Il se dit qu’il y ait allé un peu fort avec lui. Et que ce n’est pas plus mal, finalement.&lt;br /&gt;Le détenteur réel des fonds ?&lt;br /&gt;Ça implique que ces derniers existent bien et que l’homme ou les hommes qui les protègent, sont terriblement au courant, formidablement renseignés. Très au-dessus du ministère.&lt;br /&gt;Pas la présidence, tout de même ?&lt;br /&gt;Il n’aurait jamais commandé cette enquête autrement, préférant l’assourdissant silence des maladies honteuses, au lieu de prendre le risque de remuer la boue.&lt;br /&gt;Et puis ça tout ça n’explique pas le dire d’Emily sur ces menaces…&lt;br /&gt;À Aubenas, on avait un autre point de vue. C’est le prototype de l’avion en céramique qui est visé.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est stupide, Isabelle !&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Paul n’est pas le seul sur cette affaire-là. À la limite, il ne connaît même pas de tous les détails techniques. Le projet peut avancer sans lui : chacun sait ce qu’il a à faire.&lt;br /&gt;Mais elle a quand même pris la décision de renforcer le niveau de sécurité de l’usine. &lt;br /&gt;Pas plus mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup de téléphone au restaurant. Mylène est dans ses casseroles, c’est sa fille Éva qui répond. À la masse, comme d’habitude. Sur son nuage à elle. &lt;br /&gt;Mais elle passera la consigne de prudence.&lt;br /&gt;Puis Charlotte, la vraie. Paul lui fait un petit résumé.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je peux t’aider en quoi ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Sympa la fille. Dommage qu’elle soit grosse, avec son petit nez qui bouge quand elle parle et amoureuse transie de leur associée commune, Aurélie, la géante.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Tu n’as pas encore changé les clés de ton appart, avec toutes tes histoires de cul compliquées avec Aurélie ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Non ! Quelle question. C’est la période « amour fou », entre-elles. &lt;br /&gt;Tant mieux.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bon voilà&lt;/i&gt; », reprend Paul. « &lt;i&gt;Je suis un peu comme un fugitif. Donc je vais prendre des mesures de prudence et me promener de domicile en domicile. Il se peut que je passe un soir chez toi pour dormir, si je suis dans la merde. Sans prévenir. Point d’ancrage, les portables. J’éteins le mien, mais tu laisses des messages courts ou des Sms. Il faut que tu me trouves un certain « capitaine Haddock ». Tu peux m’organiser une rencontre avec ce type-là ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Haddock ? Ou ad hoc ? Ou encore hadock ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Un pseudo, j’imagine ! Tu te débrouilles avec tes moyens.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et il raccroche. Les deux minutes pas atteintes, les deux minutes nécessaires pour remonter un appel sur un portable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui boit du petit-lait en lisant les rapports, mais le surlendemain seulement, c’est le sous-directeur Almont quand il apprend les exploits de son « équipe bis ».&lt;br /&gt;Elle a dupé tout le monde, même les pandores locaux qui cherchent un tueur fou, un « isolé du neurone bancal ». Les militaires y voient un complot et ne savent pas comment l’éventer ou le parer, et même leur sécurité militaire, qui ne comprend rien à rien et cherche à mettre la main sur « Charlotte », soi-disant pour le protéger de lui-même…&lt;br /&gt;L’agent spécial Almont fait rapatrier l’équipe bis, pas la peine de lui faire prendre des risques et renvoie deux équipes sur place. L’une en Ardèche, qu’elle se tienne près à remettre la piqûre, au cas où ce serait nécessaire.&lt;br /&gt;L’autre à Malaga, en Espagne, là où le « Capitaine Haddock » doit faire une conférence sur les Ummos dans le cadre d’un congrès astronautique qui doit décider du lancement d’un projet international de satellite pour la recherche de la vie extraterrestre. &lt;br /&gt;Il faut vérifier si « Charlotte » sort de son bois pour rencontrer le contact indiqué par l’agent de l’équipe first, et s’active ou non sur l’enquête qui lui ait confiée.&lt;br /&gt;Pas question de le lâcher le « bon cheval » sur ce coup-là.&lt;br /&gt;Reste aussi à repérer le loup au fond de sa tanière. Il faudrait, tout autant que l’agent Lison, toute dans sa « cruchitude » de nymphette, soit disponible à proximité pour lui passer les messages dont il aura besoin au moment où il faut, afin de gagner du temps.&lt;br /&gt;Pour le coup, il fait préparer une synthèse du dossier du procédé « Joseph Ferrayé ».&lt;br /&gt;Normalement, ça doit conduire « Charlotte » à Genève ou chez maître Lardco, à Paris.&lt;br /&gt;Ou les deux.&lt;br /&gt;Après, il sera temps de lui fournir les listings des comptes de banque.&lt;br /&gt;Si avec ça, « Charlotte » passe lui aussi à côté, là franchement, c’est à désespérer des français !&lt;br /&gt;De tous les français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quelques jours plus tard, alors qu’on se bat encore dans les montagnes entre Kaboul et Kandahar, se présente une opportunité invraisemblable.&lt;br /&gt;Almont, qui n’est pourtant pas un homme de terrain, se décide à aller jusque là-bas.&lt;br /&gt;À condition que le major-général ne fasse pas trop de difficulté sur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (VII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Septième chapitre : Contacts-Sms&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;À Fox, Paul s’équipe et repart en hydravion vers le sémaphore de Saint-Florent qu’il loue à la commune pour le compte de la marine, via la fondation. Histoire de passer la nuit et d’équiper le logement en cas de besoin et de repli général.&lt;br /&gt;Il n’ouvre son portable que de retour au matin sur Rouen, pendant la phase de montée en altitude en pilote automatique.&lt;br /&gt;Les Sms pleuvent. L’usine, qui va fermer pour la période estivale se demande où cacher les plans.&lt;br /&gt;Dans le coffre, non ?&lt;br /&gt;Fox qui fait savoir que lieutenant-colonel Solre est chargé de coordonner les liaisons avec le ministère, l’appui logistique et la protection de Paul.&lt;br /&gt;Un autre arrive indiquant que c’est le capitaine de corvette Gijou, des commandos de marine, un marin donc et à son grade putatif à lui, qui est chargé de sa sécurité, aux ordres de Solre, suppose Paul.&lt;br /&gt;Toujours par l’intermédiaire du sergent-chef Rémarde, il apprend à l’approche de l’aéroport de Rouen/Normandie, qu’on envoie un crack en informatique à Fox, demain ou après demain.&lt;br /&gt;Pourquoi Fox et pas Paris, ou Aubenas, là où on dispose des outils informatiques ?&lt;br /&gt;Enfin, Charlotte lui apprend que le « capitaine Haddock » sera à Malaga dimanche à une conférence dont elle joint les coordonnées.&lt;br /&gt;Rapide, ça se met en place tout ça, jubile Paul en éteignant son portable et en changeant de carte Sim avant qu’il n’entame l’amerrissage de son hydravion en vol plané dans une des boucles de la Seine, en aval de Rouen.&lt;br /&gt;Il gare son avion sur la berge, coupe la turbine et marche vers Mylène qui vient à sa rencontre et l’accueille avec un « &lt;i&gt;Tu as pensé à mes salades, au moins !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Tu parles : c’est vraiment le moment des salades…&lt;br /&gt;C’est que dans son restaurant gourmet sur péniche, pour ne pas avoir à dire « gastronomique », elle s’est faite une jolie petite réputation de cuisine bio.&lt;br /&gt;Les produits sont frais et bio, c’est vrai. Et il se trouve que Paul a eu l’idée d’occuper un peu de terrain à l’adresse des désœuvrés de Fox en y faisant de la culture maraichère et fruitière de produits bios. &lt;br /&gt;Ça fait un peu de « recettes de poche » sur le marché local et économise sur les budgets tambouilles et autres rations militaires qui ne font qu’améliorer l’ordinaire grâce aux talents de cantinière de Lydia, la femme de Rémarde.&lt;br /&gt;Furax, Mylène. &lt;br /&gt;Elle en retourne à ses fourneaux pour les réservations du midi.&lt;br /&gt;Du coup, sa fille Éva en sort pour se lover contre Paul… ce qui ne fait qu’augmenter la colère de Mylène.&lt;br /&gt;Dire qu’il comptait se reposer un peu et faire le point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 2) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’urgence, pour le moment, c’est de donner rendez-vous à Gijou. Si c’est le bon élément, autant le mettre en selle le plus tôt possible. Il faut aussi rencontrer le crack informaticien. C’est donc du sud d’où il vient, qu’il faut repartir. Un peu stupide, mais dans les airs, Paul est à peu près à l’abri d’un tireur isolé. Sauf s’il tente de l’abattre avec un missile.&lt;br /&gt;Par ailleurs, l’inconvénient, c’est que tout ce qui vole, est immanquablement repéré par tous les radars et satellites de la planète ou du pays. Ses allers-et-venues seront donc retracés avec quelques heures de décalage, s’il ne dépose pas de plan de vol et vole en VFR.&lt;br /&gt;Et, plus il en fera, plus ça posera d’immanquables problèmes à tous les étoilés qui chapeautent « l’opération Isidore ».&lt;br /&gt;D’un autre côté, quand il vole, à part lire des dossiers, il est un peu comme d’un paralytique.&lt;br /&gt;Et puis de toute façon, il doit être à Malaga dimanche, il vaut mieux partir du Var en passant éventuellement la nuit aux Baléares après avoir vérifié que les comptes de la Fondation sont bien crédités de l’acompte sur frais demandé.&lt;br /&gt;Cent milles euros d’un coup, il n’y croit pas trop, mais ça démontrera l’intensité de l’intérêt que ses supérieurs auront déployé auprès du Trésor Public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coup de fil à Rémarde pour avoir le téléphone de Gijou.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Capitaine Gijou ?&lt;/i&gt; » Commandant, répond-elle, car il se pourrait que ce soit une voix de femme.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Où êtes-vous ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Cette manie…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En lieu sûr. Vous connaissez votre mission ?&lt;/i&gt; » Évidemment !&lt;br /&gt;Pour l’heure, elle dispose de son commando de marine, détaché de la défense de la base de l’île-longue. « &lt;i&gt;Si on ne déploie pas trop de monde, je peux aller jusqu’à une trentaine de personnes en quelques heures…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Deux ou trois équipes de deux suffiront.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je vous propose qu’on se rencontre sur l’aéroport de Cannes/Mandelieu en début de soirée. 19 heures, ça vous va ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est que là, elle prend sur ses vacances et qu’elle est sur Paris.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Filez à Orly attrapez la navette et prenez un taxi !&lt;/i&gt; » Et il raccroche, éteint le portable, change de carte Sim : il va finir par s’embrouiller dans les codes Pin ! &lt;br /&gt;Ils ont beau être inscrits au dos des cartes, la fatigue et la tension nerveuse aidant, il a failli en gâcher une avant de répéter la manœuvre…&lt;br /&gt;Peut-être que la nuit prochaine, il faut qu’il la passe à Girolata, en Corse, chez son ami Dumé. L’île est remplie de gens curieux mais qui savent se faire discrets, et c’est la haute saison. Le caboulot-paillote de plage de Dumé doit être ouvert, et l’endroit est sûr : aucun chemin carrossable par la terre. Un seul accès : la mer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dominique Gijou rend compte au colonel Solre et donne ses ordres à sa petite équipe restée à Brest. Une veille de deux fois deux aux trois endroits connus où le Capitaine de corvette Paul de Bréveuil peut éventuellement passer, plus deux hommes avec elle sur Nice.&lt;br /&gt;En fait, il se trouve que ces derniers vont profiter d’un vol de liaison sur Toulon. Et qu’elle-même, sur les conseils du colonel, se fait inscrire sur un vol sur la base d’Orange depuis Villacoublay.&lt;br /&gt;Pas une bonne idée : Orange/Mandelieu, c’est presque quatre heures de route dans les embouteillages des grands départs vers la côte d’azur. Et avec un véhicule militaire et une escale sur Navy base, pour récupérer ses deux porte-flingues, l’horaire est un peu juste.&lt;br /&gt;Et dire qu’elle devait partir pour le grand nord norvégien, voir le soleil de minuit par latitude 70° nord !&lt;br /&gt;Ils ont juste le temps d’investir le petit hall et de voir atterrir un drôle d’engin peint en noir avec des immatriculations en gris, équipé de flotteurs.&lt;br /&gt;Paul débarque.&lt;br /&gt;Ils se présentent puis s’isolent tous les quatre à la cafétéria, dans un coin, les deux hommes en couverture.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On ne m’avait pas dit que vous étiez une femme !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Non, ça ne le dérange pas, d’autant mieux si elle est compétente.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Qu’elle est ma mission. On m’a parlé de votre protection rapprochée. Pour combien de temps ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Aucune idée. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous avez fait quoi pour mériter ce sort ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle ne saura pas.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bien, je vous emmène dans la ville de votre choix. J’ai trois équipes qui doivent prendre position à l’un des trois choix que je vous propose et après on allègera le dispositif…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul ne la laisse pas poursuivre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ecoutez, je ne suis pas à mettre dans un frigidaire à être pouponné bien au chaud par vos gorilles. On m’avait dit que vous étiez compétente, il va donc falloir vous adapter au mieux.&lt;br /&gt;Je suis également en mission, « Isidore » pour votre plaisir, bien involontairement veuillez me croire, moi qui comptais faire un tour à Papeete cet été retrouver quelques vieux souvenirs du côté de Bora-Bora.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bref, une équipe que de punis alors ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pas des punis, des gens recrutés dans l’urgence. Je vais me promener. Pour être clair, on me tire dessus alors que je n’ai pas encore commencé de dire « oui » à cette mission. Donc tant qu’elle ne sera pas terminée, j’avance là où me conduiront les pistes.&lt;br /&gt;Dimanche, je suis à Malaga, mais entre-temps, je vais bouger. Vous citez trois points de chute, il y en a bien plus et vous n’allez pas pouvoir me suivre partout. Ou alors c’est carrément un régiment qu’il va vous falloir mobiliser !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ennuyeux, ça. C’est pourtant un bon plan que d’enfermer le capitaine de corvette de Bréveuil chez lui à Paris. Au moins, on peut monter un traquenard imposant pour assurer sa sécurité. Ou à son usine, ou encore dans le haut-var.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et pourquoi ce ne sont pas les flics qui font ça ? Ce n’est pas dans les missions habituelles des commandos de marine ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Si ! La protection des ambassades et des personnalités, les commandos ont l’habitude. « &lt;i&gt;Je ne fais pas confiance aux flics. Ils ont échoué ainsi que nos services d’espionnage et tant d’autres à aller au bout de cette mission. Et comme c’est à notre ministère à nous qu’on a confié de la terminer, je crois que nos chefs souhaitent que l’on reconnaisse un peu les mérites de la grande muette !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous êtes affecté à quelle unité ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle a un joli sourire, la Dominique, avec ses yeux d’un bleu si clair et sa poitrine « massive ». Dommage qu’elle ait embrassé la carrière militaire, ça lui donnait un aspect un peu hommasse, pour cause de séances de musculation pas très féminines. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je suis officier de réserve de l’aéronavale. Un civil. Empêtré de force dans cette histoire qui est devenue la mienne. Je n’y peux rien et vous non plus.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un vieux beau, pense-t-elle immédiatement, qui pantoufle au lieu de surveiller les océans.&lt;br /&gt;Un planqué en somme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Par conséquent, nous reprenons immédiatement mon avion, je vous emmène où vous voulez pour organiser tout ça comme vous l’entendez, vous et vos hommes et ce soir je dors dans un endroit que vous ne connaissez pas. Moi non plus d’ailleurs, je n’ai pas encore décidé. Mais en tout cas, jamais au même endroit deux fois de suite. C’est entendu ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle a compris que… ça ne va pas être facile, avec ce gaillard-là !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Moi je veux bien, mais il va falloir que je vous accompagne alors. On ne peut pas courir partout à votre poursuite tout le temps.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Surtout si lui vole alors qu’elle se trimballe avec son artillerie dans les véhicules de l’armée de l’air… Discret comme tout, une plaque d’immatriculation de l’air sur un modèle moyen de gamme un peu étriqué !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pas si je vous dis, mais à vous seule et uniquement à vous, où je me trouve et où je vais. Et pour ça, je dois pouvoir vous joindre n’importe quand et n’importe où. Les Sms sont idéaux pour ce genre de chose. Attention, moi j’en change après chaque appel. Donc c’est moi qui émets et vous répondez dans les trois minutes par le même canal. Après ce délai, je passe à autre chose.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Gai comme procédé pour les contacts humains, tiens !&lt;br /&gt;Elle précise alors que son chef hiérarchique est à la DCRI . Que peut-être ce serait une pas si mauvaise idée que d’utiliser leurs propres moyens de communication.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Surtout pas malheureuse ! Qui a encore eu cette idée là de mettre la DCRI dans le coup ? C’est bourré de poulagas de toutes les espèces là-dedans !&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Des anciens des RG, des gars de la DST, des types de la préfectorale, des pandores de la PJ, des timbrés de l’antigang… Mais bon, on est au mois d’août, les effectifs de curieux sont allégés…&lt;br /&gt;Alors là, elle n’en a aucune idée. En fait, il s’agit d’un lieutenant-colonel de la DGA .&lt;br /&gt;Paul De Bréveuil est contrarié, pour le coup.&lt;br /&gt;Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire tordue ? Pourquoi mettre le contre-espionnage ou les Renseignements Généraux entre lui et le ministère ?&lt;br /&gt;Que je te renvoie la « patate chaude » depuis qu’il a dit qu’il ne voulait plus de contact avec Gabeaux ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça change un peu les choses. On va se séparer là et je réapparais demain ou après demain à Fox. J’y attends un colis important. J’y serai deux ou trois heures après son arrivée. Et après je file vers l’Espagne. Pouvez-vous vous organiser autour de ces éléments-là ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr, mais reste à savoir où il passera la prochaine nuit.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous voulez vraiment m’accompagner ? C’est votre mari qui va être jaloux !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Son mari… N’en parlons-même pas !&lt;br /&gt;Elle est bonne pour rentrer en avion-taxi avec son équipe sur Paris : effectivement, il va falloir s’organiser au carré, avec ce bonhomme-là. Un « client » peu commode se confirme-t-elle à elle-même.&lt;br /&gt;Elle peut tout juste noter que son hydravion tout noir part en direction de l’Italie. Mais ça peut ne rien vouloir dire, avec ce diable d’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps-là, on s’active à Kandahar. On annonce l’arrivée d’un sous-directeur de la CIA, de Washington. Sans doute pour enquêter sur un possible sabotage du F 16 qui s’était crashé une poignée d’heures auparavant dans les montagnes au nord de la méga-base aérienne alliée.&lt;br /&gt;Or, le problème pour l’état-major, n’est pas tant le crash lui-même.&lt;br /&gt;Le pilote a indiqué avant de s’éjecter qu’il n’avait plus de commande hydraulique. Une panne de pompe ou une fuite dans les circuits. D’où l’avantage des commandes électriques… Quoiqu’en temps de guerre, l’un comme l’autre ont leurs inconvénients.&lt;br /&gt;L’Awacs de service l’a guidé sur une zone encore contrôlée par les alliés, mais le pilote a dû s’extraire rapidement, commandes bloquées.&lt;br /&gt;On envoie aussitôt un hélico de l’Air-Rescue, avec un toubib à bord, guidé par le signal de la balise du siège qui est clair, pour un hélitreuillage classique.&lt;br /&gt;Et c’est là que la récupération tourne au cauchemar. L’hélico est accueilli par un tir croisé de talibans aux aguets et se met en rotation libre pour un atterrissage forcé.&lt;br /&gt;Dans le choc, c’est le médecin du bord qui se casse la jambe.&lt;br /&gt;Les communications fonctionnent, mais on a quatre hommes dans la nature, exposés, et qui n’ont pas fait leur jonction.&lt;br /&gt;Le général commandant la place, envoie des drones en reconnaissance sur les lieux. Pas question de risquer un second équipage avec une nouvelle machine. Deux appareils perdus le même jour, bonjour les dégâts.&lt;br /&gt;Le temps passe et les appareils de détection des drones ne trouvent aucune présence hostile, même aux infrarouges. On a manifestement à faire à un traquenard inattendu, qui suppose l’existence d’un groupe disséminé, bien équipé pour échapper aux détecteurs, un groupe d’hommes décidés à faire jouer le rôle de la chèvre à leur proie coincée pour attraper le loup.&lt;br /&gt;L’affaire, présentée et analysée comme ça, remonte au Pentagone par le QG des opérations.&lt;br /&gt;Et c’est là qu’intervient la CIA qui propose une solution sous 48 heures.&lt;br /&gt;Pas la peine, pense le général depuis Kandahar. Il a l’idée de préparer une opération de grande envergure pour nettoyer le terrain avec ses commandos, appuyés par l’aviation. &lt;br /&gt;Quelques passages des B 52 venus de Diego-Garcia là-dessus, on devrait écraser cette vermine qui se terre et récupérer les deux équipages sous 24 heures sans trop de problèmes. &lt;br /&gt;36 au grand maximum en comptant avec la nuit.&lt;br /&gt;Au pilote de F 16 de rejoindre l’équipage de l’hélicoptère distant de deux ou trois heures de marche. Un hélitreuillage là-dessus, et le tour sera joué : il suffira de bien minuter l’opération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’agent spécial Almont arrive entre-temps par avion, un vol spécial affrété rien que pour lui. &lt;br /&gt;Le général est le commandant de la flotte d’aviation et est bien décidé à passer outre l’avis de la CIA.&lt;br /&gt;C’est là que tout s’emmêle un peu.&lt;br /&gt;L’opération projetée est un échec. Les avions d’appui ne se perdent pas dans la montagne et font leur boulot en essuyant quelques Sam 7 qui déclenchent la contre-offensive des drones, mais les hélicoptères des commandos sont harcelés par des tirs sur leur parcours. L’un d’entre eux a même une turbine qui prend feu. Un autre évite un Sam 7 de justesse avant que l’officier responsable de la mission ordonne le repli, alors qu’ils sont pourtant arrivés à moins de 5 minutes de vol du lieu du crash de la machine de l’Air-Rescue, par un cheminement détourné.&lt;br /&gt;Et les B 52 de devoir retourner dans l’océan indien, mission reportée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quel est le plan de l’agence ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;On envoie un commando léger de para en soutien et en saut libre depuis la haute altitude, avec des vivres, des médicaments et de l’eau sur le groupe, qui aura fait sa jonction depuis.&lt;br /&gt;Tout le monde se déplace vers le lac à proximité.&lt;br /&gt;Dans la nuit suivante, on récupère tout ce personnel avec un hydravion arrivé spécialement pour ça, appuyé par un bombardement à l’aveugle des rives du lac, sauf sur la petite poche ouest, où se trouveront les soldats américains. &lt;br /&gt;L’hydravion décolle au moment de la deuxième vague de bombardement après avoir récupéré les hommes et les drones d’attaque tirent sur tout ce qu’ils détectent.&lt;br /&gt;« Et quel est le pilote assez cinglé pour décoller au milieu des bombes ? »&lt;br /&gt;Lui, ne décollent pas « au milieu des bombes », puisque les B 52 sont assez précis pour n’arroser que les berges et les alentours, pas le lac qui lui sert de piste de décollage et qui reste large.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et vous croyez qu’entre deux vagues de bombardement, il ne peut pas se faire descendre ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas s’il opère en vol plané, tous feux éteints, dans la nuit, à l’arrivée : il sera silencieux.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et vous connaissez un type capable de ça, vous ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr, sans ça il ne serait pas là.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et vous le connaissez aussi, Général. Il s’agit de « Charlotte » !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« Charlotte » ? Le pilote français qui s’est fait sacqué pour avoir donner un coup de main à un de nos gars, il y a quelques deux ou trois ans ?&lt;br /&gt;Il est toujours d’active, celui-là ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’était il y a 6 ans et il est d’active, mais pour nous, maintenant !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Superbe ! « &lt;i&gt;Ça me fera vraiment très plaisir de le saluer !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (VIII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huitième chapitre : Retour en Afghanistan&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Au matin, avec le café-sur-plage, nouvelle pluie de Sms, sur le portable qui reçoit les messages. Rémarde annonce l’arrivée d’un contrôleur fiscal à Fox !&lt;br /&gt;Pardon ?&lt;br /&gt;C’est le moment, ça, tiens !&lt;br /&gt;Charlotte, la vraie, a reçu un appel pressant dès l’ouverture des bureaux, en provenance de Matignon. Paul doit se présenter avant 16 heures GMT à Kandahar, en Afghanistan. En urgence.&lt;br /&gt;Voilà que décidément les ministres, Bercy, Matignon et la défense se marchent sur les pieds, maintenant ?&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’il doit aller faire en zone de combats au moment d’un contrôle fiscal inopiné alors qu’il est la cible de tueurs pour une enquête en France ? Sûrement une exfiltration pour les alliés, comme d’habitude, quand ça vient des services du chef du gouvernement.&lt;br /&gt;Curieux comme idée : il est en pleine mission pour le ministère de la défense et Matignon semble n’en rien savoir…&lt;br /&gt;Un bref calcul mental plus tard, Paul considère qu’il a le temps de partir pour être sur place à l’heure dite. Tranquillement. &lt;br /&gt;Puis de revenir pour être après-demain à Malaga. C’est jouable.&lt;br /&gt;Et s’il refuse la mission, ça pourrait mettre la puce à l’oreille de tous ces messieurs qui ont perdu le fric du contribuable, le désignant de facto comme la cheville ouvrière du dispositif vraisemblablement imaginé par l’Élysée. Prendre le risque de se dévoiler un peu plus avec des tueurs aux fesses ?&lt;br /&gt;Est-ce aussi une opportunité pour tester le réseau d’information de Gijou ?&lt;br /&gt;Il serait étonnant que son dispositif de sécurité le suive jusque là-bas. Et c’est une chose à vérifier. &lt;br /&gt;Il fait savoir qu’il accepte, avec une autre carte Sim et qu’il passe par Fox pour voir la tête de l’inspecteur des impôts dans les deux à trois heures de battements : de toute façon, il faut que l’équipe de Rémarde aménage l’hydravion pour un vol de 4.000 milles et refasse les pleins en conséquence.&lt;br /&gt;Dès le décollage et la montée en altitude, Paul appelle Fox.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est quoi cette histoire d’inspecteur des impôts ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Contrôle inopiné des comptes de la fondation. En plein début de mois d’août !&lt;br /&gt;Mais enfin, comment a-t-il pu le laisser entrer sur le domaine, qui est en principe militaire, sans accréditation ? Et que fait-il ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Elle… vous attend après s’être fait remettre les livres de compte. Moi, je l’ai mise dans votre bureau comme elle l’exigeait !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Encore une fille, pense Paul : ça doit « ramoner » sévère de la cheminée, dans les ministères en ce moment. Il faut absolument qu’elle dégage de son bureau. De toute façon il arrive.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est qu’elle n’est pas commode. Et puis je sens que ça ne ca pas être votre genre, commandant &lt;/i&gt;! »&lt;br /&gt;Il rappelle sur un autre téléphone portable avant de perdre définitivement le réseau.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quoi, pas mon genre ?&lt;/i&gt; » Rémarde fait-il encore une crise de jalousie à l’égard de sa femme qu’il accuse de lui faire porter si bien les cornes ?&lt;br /&gt;Pour se dédouaner définitivement, il lui avait un jour expliqué que lui, c’était les grandes blondes aux cheveux courts, pas les boudins brunes aux cheveux longs, comme son épouse : pas son genre du tout. « &lt;i&gt;Mais à chacun ses goûts, Chef&lt;/i&gt; », avait-il conclu.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bé… C’est pas le genre bimbo-grande-blonde. Vous verrez si vous passez refaire les niveaux&lt;/i&gt;. »&lt;br /&gt;Ouais… En attendant, qu’il l’empêche de foutre son nez un peu partout dans son bureau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul débarque quasiment en trombe dans ses locaux, à Fox.&lt;br /&gt;Joëlle Lidoire est effectivement une « petite-brune », un peu boulotte et ras-du-bitume, mais avec un joli visage encadré de cheveux longs tenus en chignon sage, et si elle n’avait pas d’affreuses lunettes de presbyte en demi-lune qui la force à regarder les gens par au dessus en baissant la tête, comme si elle regardait par-dessous, un tic désagréable, elle aurait pu être attrayante.&lt;br /&gt;Paul ne comprend pas sa venue. Ce n’est pas prévu et elle attaque fort avec le train de vie soi-disant somptuaire du domaine, dépensant l’argent des subventions de l’État en frais grotesques, sans compter, et notamment, les avions « de prestige »…&lt;br /&gt;Le tout dans la même phrase juste après s’être présentée.&lt;br /&gt;C’est qu’elle compte vite, ou elle a vraiment préparé son dossier pour un contrôle fiscal inopiné ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;De prestige ? Vous voulez que je vous montre à quoi ils servent, ces avions ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle sera curieuse de savoir pourquoi une fondation archéologique, installée sur le plateau du haut-var loin de la mer a effectivement besoin d’un hydravion, par exemple. « &lt;i&gt;Parce qu’à l’ère secondaire, ici c’était un lac où venaient boire les grands sauriens préhistoriques ! Alors on ne sait jamais : il faut pouvoir y amerrir. Et vous, vous venez faire quoi ici ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les contrôler, bien sûr.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et ça vous prend souvent de venir emmerder le peuple de cette façon, en plein été et sans même un courrier préalable ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle non, mais dans les services des finances, c’est la coutume.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et pourquoi pas vous ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Parce qu’elle n’est pas un contrôleur des impôts, mais une conseillère référendaire de la Cour régionale des comptes plus particulièrement affectée aux fondations. « &lt;i&gt;Ma première mission, que je compte bien mener comme je l’entends et dès avant cette minute. Alors, je veux, notamment tous les justificatifs, rapports et comptes relatives à la fondation et ses activités…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul la coupe. « &lt;i&gt;Vous aurez tout ça, mais la semaine prochaine. Je vous envoie même l’expert-comptable, le commissaire aux comptes et le juriste qui s’occupent de ça si vous le souhaitez. Moi, je suis attendu pour une mission gouvernementale urgente. Alors, soit vous avez des questions qui n’attendent pas et je vous emmène avec moi pour y répondre, comme ça vous en profiterez pour comprendre à quoi sert l’argent du contribuable et comment il est utilisé avec cet avion « somptuaire » &lt;/i&gt;(ça n’est pas passé…)&lt;i&gt;, là-bas, notamment » reprend-il, « soit vous déguerpissez d’ici et en cas de refus, je vous renvoie manu-militari dans vos bureaux de ronds de cuir !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;La discussion s’envenime, le ton monte : « &lt;i&gt;C’est bien la première fois que je suis reçue comme ça par un maître-gougnafier de votre espèce ! J’en référerai en haut-lieu et croyez-moi, il vous en cuira si vous touchez à un seul de mes cheveux.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul se tait : toute conseillère de la Cour des comptes, même régionale, elle n’allait pas le retarder comme ça indéfiniment.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Madame, soit vous venez avec moi et on cause tranquillement. Vous reprendrez votre contrôle demain matin à notre retour, soit vous sortez d’ici immédiatement et je fais rendre la vie impossible à votre chef qu’il en regrettera d’être né. C’est vous qui choisissez !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;La deuxième proposition est assez sympathique : elle ne supporte pas son chef, même si ça dépend du quel.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bon, allons discuter de ça dans votre avion&lt;/i&gt; ». &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Prévenez qu’on ne vous revoit que demain matin sur le territoire&lt;/i&gt; », fait Paul en l’invitant à sortir.&lt;br /&gt;Pourquoi, il l’emmène où ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Secret défense et je ne pense pas que vous soyez accréditée ou habilitée défense ! Sans ça vous ne seriez jamais arrivée jusque dans mon bureau par effraction. Mais au moins, vous reviendrez plus savante qu’en arrivant ici et vous saurez à quoi sert pour de vrai cette fondation ! On y va ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le décollage est toujours un peu chaotique sur le terrain aménagé sommairement pour être parfois piétiné par les chevaux du club hippique de la fondation.&lt;br /&gt;Pareil pour les atterrissages. C’est un travers du Havilland. À l’aise dans les airs, un avion sûr, mais pataud sur l’eau et sur terre. &lt;br /&gt;Cap sur l’Adriatique, la Grèce, la mer noire, la Turquie, le Caucase, l’Iran et enfin l’Afghanistan, il y en a pour au moins 6 heures avec remplissage des réservoirs en vol à mi-parcours, avec le contenu des fûts mis à disposition entre les sièges à cet effet et à la place de la moto de Paul, par l’équipe de Rémarde, au-dessus de la Turquie.&lt;br /&gt;Joëlle Lidoire ne se montre pas désagréable et parle d’elle-même et de sa vie assez facilement dans une première partie du parcours. Femme mariée à un inspecteur des finances, comme elle, mère de deux enfants en bas-âge, brillante mathématicienne, elle a été recrutée par la Cour des comptes pour démêler les imbroglios financiers retords.&lt;br /&gt;Bien sûr, quand elle a reçu l’ordre de se rendre à Fox hier après-midi, elle a fait le nécessaire pour être à la première heure du matin à poste, après avoir parcouru le dossier de la fondation réuni à la hâte en fin d’après-midi, hier.&lt;br /&gt;« M&lt;i&gt;ais au juste, qui vous a donné cet ordre ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Son patron, bien évidemment : elle n’a pas compris la question.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah ! J’imagine que c’est un ordre de Paris. La rue Cambon, mais il est vrai que ce n’est très pas coutumier de faire une descente chez les contribuables sans raison préalable et de façon aussi soudaine. D’autant mieux que je ne suis pas une spécialiste des contrôles sur place.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais alors, que fait-elle, pour la Cour des comptes…&lt;br /&gt;Elle n’en dit pas beaucoup, mais Paul pose finalement la question qui lui brûle les lèvres pour lui paraître logique.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En fait, vous êtes une spécialiste informatique ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pour sûr. Et de se vanter modestement de pouvoir percer n’importe quel système sécurisé à travers le monde en racontant sa demi-douzaine de « frasques-informatiques ».&lt;br /&gt;Au-dessus de la Grèce, Paul l’interrompt de nouveau. « &lt;i&gt;Ne cherchez pas, Madame. Moi j’ai compris pourquoi vous êtes détachée à la fondation !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est manifestement « le » spécialiste qu’il a réclamé l’autre jour au ministère.&lt;br /&gt;Il dispose bien de « DD », dit disque-dur de chez sa boutique de sécurité, mais si « DD » est très douée pour faire un dossier sur des informations « ouvertes », elle est complètement nulle pour le piratage. Et Paul ne veut pas mêler « CAP Investigations » dans cette affaire d’État.&lt;br /&gt;Ils auraient pu prévenir, quand même ! Du grand n’importe quoi, finalement.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous vous sentez capable de forcer les comptes archivés des meilleures banques, partout dans le monde et de me remonter des écritures si je vous donne des intervalles de dates ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Réponse dubitativement affirmative.&lt;br /&gt;Alors il lui explique la trame de sa mission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit avance et l’hydravion avance vers la nuit quand il en termine : elle pourrait déjà avoir un « plan de bataille » en tête.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quel rapport avec notre arrivée en Afghanistan ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Aucun !&lt;br /&gt;Et c’est là que c’est particulièrement curieux. Paul ne sait même pas pour quelle raison il y va, ni quelle mission on va lui confier.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Probablement que même mes chefs au ministère de la défense ne sont pas au courant. On ne va pas tarder à arriver. Nous en saurons plus tout à l’heure. Peut-être n’ont-ils besoin que de l’avion. Je ne sais pas, mais ça m’étonnerait.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement, une demi-heure plus tard, Paul est en tenue de combat et en salle d’opérations.&lt;br /&gt;Le colonel de l’USAF explique la situation et la solution proposée par la CIA qui a l’agrément du général.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On est en train de monter un blindage de protection sur votre machine. Et je vous fais équiper de lunettes de vision nocturne. Si la mission échoue, on recommence demain dans la matinée avec plusieurs pilotes venus des states. Acceptez-vous ces conditions ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul hésite. C’est un peu suicidaire de plonger en plein nuit sur un lac d’altitude, sans moteur, avec des lunettes de vision nocturne alors que c’est censé être le moment où les B 52 lâchent leurs bombes.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça me paraît jouable, messieurs. Est-il encore possible que vos bombardiers glissent quelques bombes fumigènes dans leurs soutes ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Oui c’est possible, mais personne, et même pas lui, n’y verra quoique ce soit dans la nuit, par des conditions météos déjà pas très favorables, alors avec des fumigènes en plus…&lt;br /&gt;C’est vrai, mais si les talibans sont équipés eux aussi en lunettes de vision nocturne, eux seront aveuglés alors que Paul pourra se guider sur la réverbération des explosions sur l’écran des fumigènes.&lt;br /&gt;«&lt;i&gt; Et s’ils n’ont pas de matériel de vision nocturne, de toute façon, il n’y aura plus que le bruit qui pourra les guider sur moi. Or, le moment crucial où ils nous repèreront au bruit, ce n’est qu’au décollage. Même si les explosions des bombes viendront couvrir le bruit de ma turbine. Décollage qui va être difficile de toute façon avec un avion surchargé !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et on passe au minutage, à la navigation et aux codes radios.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous êtes Juliet-Sierra,&lt;/i&gt; » intervient le type de la CIA resté silencieux jusque-là dans son coin.&lt;br /&gt;Silence des officiers qui se retournent vers lui.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Retenez bien ce nom de code, commandant De Bréveuil.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et vous êtes qui, vous ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;L’agent spécial Almont, celui qui l’a fait venir jusqu’ici. « &lt;i&gt;Vous ne me connaissez pas, mais moi j’ai pu vous apprécier.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Dire qu’Almont s’est tamponné le décalage horaire uniquement pour lui passer ce message-là !&lt;br /&gt;Voir « Charlotte » aussi, jauger le personnage, se demander comment un type aussi grand et athlétique que lui peut bien entrer dans des cockpits de chasseurs et apprécier s’il pourra ou non mener à bien sa mission, que lui téléguide depuis Langley sans qu’il ne le sache encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le groupe se sépare et Paul retrouve Joëlle au mess des officiers. Une petite collation avant le départ comblera le creux laissé par les sandwichs au cours du vol.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Alors ?&lt;/i&gt; », demande-t-elle.&lt;br /&gt;Secret défense. Il devrait être de retour vers une heure du matin, heure locale. « &lt;i&gt;Si je ne rentre pas, faites-vous ramener à Kaboul par un avion de liaison et reprenez un vol, le premier, pour Paris ou l’Europe. Vous confirmerez de mon décès à vos supérieurs. Mais vous êtes priée de ne pas souffler mot à quiconque, y compris vos proches, de ce dont nous avons parlé en route.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pour ce qu’elle en a entendu, de toute façon, il s’agit juste de faire du piratage informatique, sur des comptes bancaires encore indéterminés, à des dates non précisées. Le reste, mystère.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous ne pensez pas que je vais rester seule ici entourée par tous ces militaires agités qui me lorgne de façon bizarre quand j’entre dans leur champ de vision. Même les filles, figurez-vous ! Je viens avec vous !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas question une seule seconde. C’est extrêmement dangereux. Elle peut être blessée, tuée, peut-être même blessée-tuée-violée dans un ordre aléatoire. « &lt;i&gt;Pas question de fournir un otage de plus à ces gens-là qui ne nous veulent de toute façon pas que du bien !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais elle n’en démord pas : « &lt;i&gt;Si vous voulez que je collabore à vos pirateries, il faudra me faire confiance et réciproquement, donc m’emmener avec vous où je ne vous attends même pas pour rentrer et dirai à mes chefs que vous m’avez sexuellement harcelée !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas crédible une seule seconde, elle n’est pas son genre et tout le monde le sait…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et puis c’est une question de poids. Vous faites au moins dans les 60 kilos. Et au moment du décollage, c’est une ou deux secondes de trop !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mufle ! Vous faites bien le double, vous !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas tout-à-fait, mais lui, il pilote, pas elle. Et pour la manœuvre prévue, si tout le monde l’apprend dans les écoles aériennes sérieuses du monde entier, rares sont ceux qu’ils la font par temps couvert, de nuit, sur un lac posé à 1.500 mètres d’altitude, et sans reconnaissance préalable ! Ils sont une vingtaine à pouvoir ne pas se planter en touchant l’eau. Et il n’est même pas sûr de se compter dans le lot !&lt;br /&gt;Ça ne fait rien et elle insiste tellement que Paul finit par lâcher : « &lt;i&gt;Allez mettre une tenue pendant que je finis votre dessert. C’est pas bon pour votre masse corporelle ! Mais à une seule condition : Vous n’ouvrez plus la bouche avant notre retour, même pour protester que je vous pique votre dessert !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;À ses risques et périls, après tout. Si ça se passe mal, personne ne pourra plus lui reprocher quoique ce soit, de toute façon.&lt;br /&gt;Si ça se passe bien, elle n’aura pas de rapport à faire sur les « dépenses somptuaires » !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et au « top départ », le De Havilland décolle de l’unique piste de Kandahar. Paul passe en pilotage-automatique : les programmeurs s’y entendent pour faire faire de la navigation « millimétrée » à la machine. Paul n’a qu’à ajuster la puissance de la turbine pour respecter l’horaire prévu.&lt;br /&gt;Un Awacs en haute altitude supervise les vols. Les B 52 arriveront sur zone à l’heure prévue, feront deux passages aller et retour en deux vagues, laissant un battement de 10 minutes entre leurs tirs est/ouest, et ouest/est après un virage serré sur bâbord à 36.000 pieds. Les drones d’attaques tourneront à 20.000 pieds et Paul est attendu à 30.000 pieds.&lt;br /&gt;La manœuvre consiste à couper la turbine à 5 nautiques de la zone d’amerrissage, en venant de l’est, en amont des B 52. Paul attend que la vitesse de son avion tombe, met les volets en position basse et pique vers le lac, ajustant sa vitesse avec les aérofreins.&lt;br /&gt;En, principe il n’est plus qu’à 2.000 pieds et 140 nœuds quand il aborde la rive-est du lac.&lt;br /&gt;Et ça se passe comme prévu. Il est devancé par la première vague de bombes qui noient les berges nord et sud sous un déluge de feu et une fumée envahissante. S’il n’y avait pas eu de la brume naturelle, Paul aurait eu une visibilité parfaite en cette nuit de lune rayonnante.&lt;br /&gt;Le feu des bombardiers roule plus vite que lui, le dépasse et la seconde vague entame sa traversée du lac, sur le même axe et la même célérité pour le rattraper à peu près au moment où il réduit les volets pour perdre de l’altitude et maintenir sa vitesse : c’est qu’il faut qu’il arrive sur la pointe ouest du lac, jusque-là épargnée par les bombes de la première vague sans démarrer la turbine qui aurait alerté les tireurs.&lt;br /&gt;Il touche l’eau trop tôt, de telle sorte que l’hydravion ne parvient finalement pas à monter sur la berge dans son élan. Faut ramer et pousser l’engin sur une dizaine de mètres où heureusement on a pied, même si c’est un peu « glauque » sous les semelles.&lt;br /&gt;Une partie de soldatesque à évacuer se présente sans prévenir, aidée par son matériel de vision nocturne et vient l’aider à remettre le zinc face à l’est pour le décollage. Un phare s’allume côté sud, qui fouille l’obscurité dans le silence revenu et une autre direction que vers eux.&lt;br /&gt;2 minutes et on entend le sifflement d’un engin lâché par un drone qui vient encadrer le porteur du phare. Encore 2 minutes et le blessé est hissé à bord. Un autre phare s’allume, côté nord, pas très loin de l’endroit où l’équipe des huit rescapés finit d’embarquer le matériel. &lt;br /&gt;On attend le retour des B 52 pour lancer la turbine.&lt;br /&gt;Finalement, le faisceau lumineux balaye l’hydravion masqué par la brume et les fumigènes, revient dessus, puis s‘y fixe. Nouveau sifflement avant l’explosion des projectiles lâchés par un drone qu’on entend au loin. Les rebelles ont le temps d’ouvrir le feu à l’aveuglette en direction de l’hydravion, ce qui décide Paul à anticiper le lancement de la turbine.&lt;br /&gt;Joëlle hurle alors que les commandos ripostent en larges rafales depuis les portes latérales restée ou vertes.&lt;br /&gt;Il est temps de déguerpir. &lt;br /&gt;L’hydravion lourdement chargé a du mal à prendre son accélération. Derrière, le roulement des bombes du B 52 revient. Un Sam 7 est tiré d’en face.&lt;br /&gt;On voit nettement la lumière de ces gaz d’échappement venir rapidement en direction de l’hydravion. &lt;br /&gt;Paul tire une chandelle sur tribord, moteur à fond, pour l’éviter et présenter son ventre blindé au petit missile. Le détonateur fait exploser la charge derrière l’appareil qui est secoué un grand maximum, pour être mis en décrochage, la perte de sustentation, pour le coup. &lt;br /&gt;Ils plongent tous sur la surface du lac, déportés vers le sud. L’hydravion percute l’eau, mais le flotteur résiste bien et renvoie l’appareil sur bâbord. Bon pour un second décollage.&lt;br /&gt;Paul rabat sa machine sur la rive nord pour éviter d’avoir à être sous la trajectoire des bombes lâchées de nettement plus haut et qu’on ne peut plus arrêter.&lt;br /&gt;Quelques impacts de balle sur le blindage. Personne n’est blessé à bord et la machine tient le coup. &lt;br /&gt;À 2.000 pieds, Paul pique de nouveau vers l’ouest sur la surface du lac, quand la seconde et dernière vague de bombes touchent le sol dans cette direction. Cette fois-ci, il s’agit de redonner de la vitesse de pointe à l’hydravion, pour rentrer les volets et pouvoir se dégager.&lt;br /&gt;De préférence côté non-bombardé, ce n’est pas plus mal.&lt;br /&gt;Et l’avion obéit alors que la conseillère référendaire de la Cour régionale des comptes se vide les poumons à hurler depuis tout à l’heure, les yeux écarquillés de terreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, elle se tait une fois que l’avion est stabilisé en montée rectiligne, cap sur Kandahar. En anglais : « &lt;i&gt;Elle est toujours comme ça ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« Je ne la connais pas » répond Paul à la voix qui pose la question, derrière lui. « &lt;i&gt;Elle n’est pas à vous ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un doute plane dans l’habitacle : grand moment de solitude partagée dans le ciel Afghan.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Talibane, alors ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Donc, ce serait une prisonnière ? « &lt;i&gt;Splendid, men !... Felicitations !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (IX)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Neuvième chapitre : Escale à Malaga&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Sitôt confirmation que l’opération est un succès, l’agent spécial Almont salue ses hôtes et s’envole pour Ryad où l’attend le vol vers Washington via Brussels en espérant qu’il se remettra des effets du double « jet-lag ».&lt;br /&gt;Pendant ce temps-là, la rumeur court sur la base de Kandahar que les pilotes et l’équipe de secours rentre avec une prisonnière.&lt;br /&gt;Pas croyables ces français ! Le commando n’a affaire qu’avec des barbus invisibles qui leur tiraient dessus depuis vingt-quatre heures et lui, en à peine cinq minutes, il trouve le moyen de dégotter une pouliche, de la faire prisonnière et de la ramener comme d’un trophée de guerre !&lt;br /&gt;Invraisemblable !&lt;br /&gt;C’est un accueil « festif » auquel ont droit les « miraculés » en se posant sur le tarmac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salle de débriefing pour les uns, alors que Joëlle Lidoire reste prostrée sur le siège de copilote, sans mot dire, fiesta des retrouvailles pour les autres, salle d’opération chirurgicale pour le toubib blessé et lui remettre sa double fracture de la jambe en place.&lt;br /&gt;Les équipes techniques n’osent pas déranger « la talibane » aux allures un peu berbères habillée en treillis, pendant qu’ils remettent les sièges, enlèvent les plaques de blindage, bouchent les trous dans le flotteur endommagé, les ailerons et la gouverne et ramènent les affaires du « frenchy ». Et qu’un cordon maintient à distance les curieux encore débout à cette heure tardive, venus vérifier les folles rumeurs sur la « prise de guerre » du « frenchy »…&lt;br /&gt;Le Sam 7 aurait pu envoyer le zinc au tapis, ou trouer de part en part ses occupants si Paul De Bréveuil n’avait pas présenté le ventre de l’appareil avec sa manœuvre d’évitement du missile sur tribord.&lt;br /&gt;On y refait les pleins, les bidons supplémentaires et quelques heures de repos sommaire après, homme et matériel sont près pour repartir vers l’Europe.&lt;br /&gt;Paul ne se fait pas prier : demain, heure locale, il doit être à Malaga. Il piquera un roupillon pendant que Pedro, le pilote automatique, les ramènera à Fox en une seule traite avec ravitaillement en vol depuis les bidons réinstallés dans l’habitacle. &lt;br /&gt;Ça sent un peu l’essence, mais pas assez pour être irrespirable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 3) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et surprise, arrivés avec l’aube dans le dos au-dessus de l’Adriatique, une patrouille de F 16 italiens vient les encadrer.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Les nouvelles vont vite dans les armées de l’air occidentales &lt;/i&gt;» commente Paul à sa co-équipière à peine remise de ses émotions passées.&lt;br /&gt;Plus loin, ils sont relayés par des F 14 de la Navy américaine, venus d’un porte-avion croisant vraisemblablement au large de la Sardaigne. La sixième flotte à la manœuvre. &lt;br /&gt;Ils saluent à leur tour par un tonneau de dégagement au niveau des alpes pour être relayés par une patrouille de Mirages 2000 de la base de Salon-de-Provence qui les accompagnent jusqu’au dessus de Fox : la façon des « soldats de l’air » de marquer leur solidarité envers un seul d’entre eux !&lt;br /&gt;C’est que c’est compliqué d’obtenir, pour les uns et les autres, les autorisations de sortie…&lt;br /&gt;Et à chaque fois, en apercevant la passagère dans le cockpit de Paul, c’est la même réaction à la radio. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bien le navigateur ! &lt;/i&gt;» &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;A good shot ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Devinez, les aviateurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois au sol, l’équipe de Rémarde fait à son tour des commentaires, mais là, sur les réparations des mécanos américains de Kandahar. Beau boulot, mais les tons de la peinture ne sont pas les mêmes : Logique, dans la nuit, les projecteurs du hangar écrasent un peu les nuances. Il y a noir, et… noir !&lt;br /&gt;Paul donne ses instructions à la conseillère de la Cour régionale des comptes, détachée pour « l’opération Isidore ».&lt;br /&gt;Normalement, ils se retrouvent à Paris, demain dans l’après-midi, au siège de la MAPEA où tout le matériel informatique dont elle a besoin est disponible. Et si ce n’est pas le cas, elle le fait rentrer.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En plus, les locaux sont sécurisés&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Et elle aura eu le temps de se faire fournir les accréditations auprès de son administration et du responsable de l’opération au ministère de la défense.&lt;br /&gt;À onze heures locales, Paul est sur le tarmac de l’aéroport de Malaga, sur la Costa-Del-Sol, en Espagne.&lt;br /&gt;Midi, il est dans la salle de conférence qui accueille ce jour-là les spécialistes des Ummos et autres chercheurs de la vie d’ailleurs : les « exo-sciences » !&lt;br /&gt;Le « capitaine Haddock » est attendu en ouverture de conférence de la séance de l’après-midi.&lt;br /&gt;D’après les renseignements communiqués par la vraie Charlotte, rassemblés par « Disque-Dur », il s’agit d’un ex-commandant de bord, à la retraite de chez Air-France, qui aurait vu un Ovni il y a quelques années.&lt;br /&gt;Un type original qui se passionne pour les grands-voiliers et clippers d’antan et croit dur comme fer, avec d’autres illuminés, que des civilisations extra-terrestres s’apprêtent à intervenir sur Terre pour aider les humains à sauver leur propre espèce.&lt;br /&gt;Et leur planète, du coup : C’est bien de rêver, ça permet de rester jeune !&lt;br /&gt;C’est d’ailleurs le thème de cette partie-là de la conférence. Le reste étant consacré aux moyens à mettre en œuvre dans le cadre de la recherche d’une hypothétique vie « ailleurs », même pas forcément intelligente, d’ailleurs. &lt;br /&gt;Les Ummos et les OVNI sont pris pour des canulars par certains, très bien monté mais qui ne résiste pas à l’analyse des dires rapportés, pas très au sérieux pour l’ensemble des populations, même « averties », et ignorés totalement par les responsables gouvernementaux.&lt;br /&gt;D’après la plaquette, le « Capitaine Haddock » prétend qu’au contraire, les autorités françaises et en tout cas la gendarmerie enquêtent très sérieusement sur les phénomènes d’Ovni.&lt;br /&gt;Un peu farfelu, mais c’est la piste laissée par Emily, et pour le moment, c’est à peu près la seule en six jours d’enquête.&lt;br /&gt;Faut dire que Paul, entre-temps, il lui est arrivé plein de choses inattendues : pas eu trop le temps pour des choses sérieuses…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il repère le bonhomme quand celui-ci monte à la tribune du vaste auditorium du centre de  presse de conférence de la ville, pour s’exprimer dans un anglais parfait pour un « continental » durant quelques minutes, témoignant de ce qu’il a vu sur le sujet, une maquette oblongue à la main, pour illustrer son propos. &lt;br /&gt;Paul note tout juste et de loin, que c’est le profil parfait pour un engin évoluant en atmosphère, taux d’élongation d’environ un douzième.&lt;br /&gt;Il laisse passer l’intervenant suivant et tente de l’approcher à la coupure avant la clôture de la conférence, pour lier conversation.&lt;br /&gt;Ils se présentent mutuellement, un verre à la main, Haddock un peu surpris de la corpulence athlétique de Paul, quand il lui énonce qu’il est un ex-officier pilote dans l’aéronavale.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Cher Monsieur, je vais vous étonner &lt;/i&gt;», commence Paul. « &lt;i&gt;J’arrive de Kandahar pour un tout autre sujet que celui de cette conférence, particulièrement intéressante.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et l’autre recommence son discours de l’heure passée en insistant : « &lt;i&gt;Vous avez tort ; il y a 1.500 observations d’OVNI faites par les pilotes civils et militaires en 50 ans, et le niveau de secret défense de ce dossier est supérieur au niveau du secret nucléaire militaire… &lt;/i&gt;»&lt;br /&gt;Paul en a déjà entendu parler dans ses jeunes années…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je vous arrête, commandant ! Il n’est pas question d’Ummo. En fait, je suis envoyé par mon ministère, sur indication d’un agent étranger, pour vous parler d’argent détourné en France.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le type se fige. Il a le regard perçant et le timbre posé.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On se retrouve pendant le cocktail de clôture. Vous avez à peine quatre-vingt-dix minutes à attendre, si ça ne vous dérange pas trop.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bé non, il vient d’Afghanistan rien que pour ça. Il peut patienter encore un peu, même s’il n’a pas beaucoup dormi depuis ces trente dernières heures… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’heure et demie passée, tous les deux se retrouvent un peu à l’écart dans le hall du centre de conférence, transformé en vaste « cocktail-party ».&lt;br /&gt;Le Capitaine Haddock n’y va pas par quatre chemins et la question est sans détour. « &lt;i&gt;Vous étiez à Kandahar !… Vous auriez-vous pu y être il y a quelque temps avec mon ami le docteur Xavier Maniguet, spécialiste de la survie en milieu difficile ?...&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Maniguet, qui n’en a pas entendu parler dans les milieux aéronautiques militaires, qui reste un tout petit-monde. C’est lui qui avait loué « l’Ouvéa » pour aller couler le « Rainbow Warrior » en escale en Nouvelle-Zélande ! Mais Paul était alors encore en culotte courte à cette époque. Et il n’a pas croisé Maniguet sur la grande base de l’USAF d’où il revient. &lt;br /&gt;«&lt;i&gt; Maniguet est un ami de longue date&lt;/i&gt; » poursuit le bonhomme, « &lt;i&gt;puisque nous étions ensemble au Lycée Jehan Ango à Dieppe et que nous étions inscrit à l’aéro-club de Dieppe au début des années 70…&lt;/i&gt; » Encore des mordus, nés avec des ailes attachées dans le dos !&lt;br /&gt;Paul explique en quelques mots l’objet de sa mission : retrouver de l’argent détourné il y a 20 ans…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je suis très content de vous voir sur l’affaire des indemnités de la guerre du Golfe dérobées par « l’Arsouille ». D’ailleurs j’avais proposé à Xavier de venir avec moi à la BCR du Havre pour transmettre les informations au ministère des Finances… &lt;/i&gt;» &lt;br /&gt;De quoi parle-t-il ? Maniguet connait cette affaire ? &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Tout le renseignement connait ce détournement de fonds et je peux vous assurer d’une chose, c’est que depuis l’affaire du « Rainbow Warrior » il y a un bon nombre d’officiers qui ne rêvent que d’une chose : faire payer l’addition à la classe politique, en particulier aux « Thierimentiens » qui ont décidé de cet attentat stupide, puis qui ont jeté en pâture au public Maniguet. Alors que la règle première, dans n’importe quel service de renseignement du monde, c’est de couvrir l’identité d’un agent des services spéciaux, quelles que soient les circonstances. À n’importe quel prix... &lt;/i&gt;»&lt;br /&gt;Comment sait-il tout ça, l’ex-pilote d’Air-France ? Un agent des services spéciaux ? Un « ex » ?&lt;br /&gt;Et puis n’est-ce pas une ânerie ? Cornu, le ministre de la défense de l’époque avait-il vraiment décidé d’une opération contre les « « écologistes de Green Peace », dont tout le monde savait qu’ils étaient financés par la CIA sous couvert de diverses fondations caritatives !&lt;br /&gt;La France pouvait bien faire les essais nucléaires qu’elle voulait dans ses îlots perdus du pacifique-sud à ce moment-là, sans avoir à en découdre avec les doux rêveurs d’un monde meilleur et désarmés face à l’armée rouge ou les « boys » de l’Oncle Sam. Décidément, Paul n’est pas un stratège, mais il parierait bien que c’est plutôt le service « action », les plongeurs de combats des commandos de marine d’Aspreto qui veulent en découdre…&lt;br /&gt;Alors, un « renvoi de cacahouète » sur une affaire qui a mal tourné, dont les « politiques » qui s’y sont laissés embarquer à la va-vite, mais ont quand même sortis les faux « époux Turange » des geôles de Nouvelle-Zélande, pour des « nouveaux venus » aux responsabilités, ils ne s’étaient pas trop mal débrouillés, finalement, dans ce grand cafouillage ! &lt;br /&gt;Mais ce n’est pas ce qui importe à Paul sur le moment : Ce « capitaine Haddock » a peut-être un rôle plus important que sa bonhommie naturelle de « gentil débonnaire » ne le laisse supposer au premier abord. Après tout, ce n’est sans doute pas pour rien que les patrons d’Emily l’ont mis sur sa piste : « &lt;i&gt;Que savez-vous exactement sur cette histoire de fonds détournés ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et « Haddock », au nœud papillon impeccable, un verre de champagne à la main, qui commence à déballer son histoire. « &lt;i&gt;Eh bien, je sais deux trois choses, que je ne peux pas divulguer, même à vous&lt;/i&gt; »…&lt;br /&gt;Bon ! Ambiance… « Je me casse, alors », pense Paul pour lui-même ! Mais haddock poursuit.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Sachez que j’ai appris le détournement des indemnités de la guerre du Golfe à la fin 1997 et que j’ai pu confirmer cette information immédiatement auprès des hauts-gradés de la défense avec qui j’ai créé une association, en 1993. Des amiraux et autres officiers supérieurs de la marine en vue de faire revivre la marine à voile d’antan : La Fondation « Les Clippers de France ».&lt;br /&gt;Son objectif était de définir un programme national de formation humaine des jeunes par la navigation en équipage à bord de grands voiliers. &lt;br /&gt;Mais j’étais aussi en contact avec l’état-major de l’armée de l’Air, car j’avais observé en janvier 1994 un gigantesque OVNI qui s’était positionné au-dessus de Paris et qu’il avait été identifié par le radar de Taverny. Raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui d’ailleurs. Bref, ce n’est pas le propos… Début 98 ? Le démarrage de l’Opération Haddock ! &lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Qu’est ce que c’est encore que cette opération éponyme là ? La vaste fumisterie d’un ego surdimensionné ? Pourquoi les services américains l’ont donc envoyé jusqu’ici ?&lt;br /&gt;Et le « capitaine Haddock » de poursuivre sans se rendre compte que Paul commence à s’impatienter…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Oui, « l’Opération Haddock » a été définie à la fin 1997 et au début de 1998. Elle avait pour but de faire payer l’addition aux politiques sur l’affaire du « Rainbow Warrior » en la dénonçant pour ensuite récupérer les indemnités de la guerre du Golfe détournées par Thieriment, mais aussi afin de créer une structure qui permette qu’un tel crime contre la défense nationale ne puisse jamais se reproduire !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;S’en prendre au Président de l’alternance du moment, du grand n’importe quoi ! Encore un grand rêveur…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ainsi la défense aurait déjà lancée une opération, il y a plus de douze ans, pour récupérer ces fonds ?...&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pourquoi alors, on lui demande de venir faire le pitre à s’en gâcher ses vacances, se faire tirer dessus, lui qui n’émarge plus au budget de la défense depuis si longtemps, si pendant 12 ans la « grande muette » s’en esquinte le moral tous les jours sur le sujet, comme il a pu s’en rendre compte dans l’examen des dossiers remis le jour même de son premier attentat ?&lt;br /&gt;Ça ne tient pas debout, ces fariboles, d’autant que ça n’a rien donné !&lt;br /&gt;Et puis, Paul n’a vu que deux galonnés jusque-là, et la « Dominiquette » et son escouade de protection, absentes pour le coup, plus leur ministre mais en coup de vent. Aucune trace d’une vaste opération de déstabilisation politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’autre continu entre deux gorgées. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;La première action, celle que j’ai proposée a été immédiatement retenue par les services. Elle a consisté à dénoncer le détournement des indemnités de la guerre du Golfe au ministère des finances. Je l’ai fait fin janvier 1998 à la BCR du Havre. Il y avait quatre inspecteurs et contrôleurs et j’étais venu avec le naïf monsieur X qui amenait des biscuits sur un autre détournement de fonds au détriment de la compagnie aérienne « Air-Transe ».&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Encore quelques barbouzeries sonnantes et trébuchantes d’argent qui se promène dans les airs du pays vers quelques paradis fiscaux, peut-être ? Et alors, il n’a jamais transporté de fonds, des bijoux ou des lingots d’or dans ses cales, celui-là, ou quoi, se demande Paul qui commence à s’impatienter sérieusement, la faute au manque de sommeil.&lt;br /&gt;D’un autre côté, faut reconnaître que c’est assez malin de monter les Services les uns contre les autres. L’armée qui verrait passer du pognon qui n’existe pas, envoie un quidam de civil dénoncer l’affaire à des inspecteurs du fisc qui ne peuvent qu’en référer à la DNEF , qui n’est pas spécialement composé de tire-au-flanc, au contraire : une réputation de sabreur, et qui ne peut que se saisir du dossier et ouvrir une enquête. Ils sont là pour ça : exploiter toutes les dénonciations !&lt;br /&gt;Une véritable petite bombe, directe posée sous le paillasson du ministère des finances, tout en dédouanant les personnels du ministère de la défense de toute cette affaire. Intéressante, cette petite-guéguerre d’un temps dépassé…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Comment s’est donc déroulée cette entrevue ?...&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un « porteur de bidons » passe à ce moment-là à proximité et le « Capitaine Haddock » qui échange à la volée une coupe vide contre une autre pleine.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En fait, il était impossible de présenter une telle dénonciation comme une déclaration quelconque sans bien définir ce qui se passait. J’ai ainsi bien souligné que j’avais eu la confirmation de ce détournement par mes contacts dans les états-majors de la Marine et de l’armée de l’Air tout en précisant que « si les crapules qui étaient en face me faisait la peau cela flinguerai immédiatement ; vous transmettrez bien ces précisions à votre hiérarchie »&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Prudent, le pilote d’aérobus et autre camions aériens…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais dites-moi, aviez-vous les virements bancaires correspondants aux indemnités de la guerre du Golfe ?...&lt;/i&gt; » Réponse embarrassée : « &lt;i&gt;Eh bien non ! Nous avions un certain nombre d’informations indiscutables qui prouvaient que ce détournement était bien une réalité – par exemple le retour de « Thieriment » de Doha avec des caisses de billets dans l’avion et une escale à Zurich – mais il nous manquait l’essentiel à savoir la multitude de bénéficiaires de ce gigantesque vol.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Accusations faciles, ça… Des caisses de billets ! N’importe quoi, oui ! Pourquoi pas des lingots d’or qui dégoulinent des poches du veston, tant qu’on y est ?&lt;br /&gt;Un million de dollars, c’est 100 liasses de 50 billets de 200 dollars : ça tient dans un seul « pilot-case ».&lt;br /&gt;Encore un type qui ne sait pas qu’on n’a pas besoin « de valises » ou de « caisses » volumineuses pour passer de l’argent d’un endroit à un autre… Quelques octets suffisent. Un chèque, déjà, ça tient entre seulement deux doigts !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Admettons. Mais c’est quoi, « l’opération haddock » ? Parce que s’il s’agit juste de passer un dossier sans rien dedans que faisant état du petit personnel de piste qui voit passer des valises, c’est un peu mince pour envoyer Cornu, qui est mort entre-temps, aux oubliettes de l’Histoire, histoire de laver l’affront de l’Ouvéa, non ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Marre à la fin d’avaler des âneries depuis le début de cet entretien…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ce que vous ne savez pas, c’est que l’opération « Haddock », inconnue du public, est suivie très attentivement par l’état-major des armées et qu’elle ne se limite pas à la recherche de fonds disparus…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et tout à l’heure, il va affirmer que finalement tout part de lui et que Paul se retrouve de facto à ses ordres ?&lt;br /&gt;« Qu’est-ce que vous entendez par, « &lt;i&gt;ne se limite pas à la recherche de fonds disparus »… &lt;/i&gt;».&lt;br /&gt;Le capitaine Haddock, sentant à la fois la curiosité de son interlocuteur et son agacement poindre, se doit d’en dire plus. Or, pour des raisons de sécurité, il ne doit pas non plus, de son côté dépasser la limite du possible &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;En fait l’opération Haddock regroupe un bon nombre de retraités des armées, avec plein d’étoiles - j’aime bien les étoiles - et qui désirent rester au service de leur pays jusqu’au bout. Il y a aussi des membres d’autres ministères. Nous avions parmi nous, dans le « groupe Jean Renaudin » – maintenant décédé - l’un des cinq directeurs à compétence nationale des douanes, qui fut responsable de la zone Nord-Ouest de la France. Il nous a d’ailleurs donné des indications d’une extrême importance pour définir la stratégie la plus adaptée…&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Les douanes, maintenant ! Manquaient plus qu’eux…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;L’Opération Haddock est une opération sur le long terme et j’ai fais une demande de prime d’aviseur, uniquement parce qu’elle permet de lever la prescription des dix ans sur le détournement en question…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Une prime d’aviseur ? D’aviseur de quoi, puisque pour le moment, il n’y a pas un élément sérieux qui présumerait d’un quelconque détournement d’un Président disparu, de son administration, de quelques complices ? Rien que du vent présomptueux.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’ai demandé 1 % des fonds détournés, ce qui est tout à fait suffisant pour l’acheter un Pilatus PC 12 et partir en week-end avec les copains… Il y a aussi la possibilité de création de fondations, car 1 % d’un montant aussi astronomique – plus de trois milliards de dollars - c’est beaucoup trop pour mes besoins.&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Trois milliards ? D’un coup ? Et ils sortent de quel chapeau ? &lt;br /&gt;Mais Paul, continue de laisser parler le « Capitaine Haddock ». &lt;br /&gt;Trois milliards et un « groupe Jean Renaudin »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (X)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dixième chapitre : L’opération Haddock&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il est urgent de créer une fondation – la fondation Division Daguet – pour nos soldats blessés ou tués en opération, car vous savez que nos militaires sont peu indemnisés. D’autre part, la marine a besoin de grands voiliers-écoles et la révélation au public de ce scandale permettra d’assurer la communication sur le « projet Euroclippers » que je développe avec des amiraux. Car le but ultime de « l’opération Haddock », ce n’est pas que ça. Mais bien plus de contrôler nos dirigeants, parce que la Vème république est devenue d’un tel totalitarisme mafieux, sans autre équivalent sur la planète – avec tous les partis politiques impliqués dans ces affaires…&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Paul coupe court : « &lt;i&gt;Commandant ! Je vous somme de vous taire : je ne veux pas en entendre un mot de plus ! Vous m’offenseriez !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Passe encore des rumeurs, des ragots, des présupposés, des on-dit, même les plus absurdes, même un jugement quant à la qualité des institutions, ou quand à celle des hommes.&lt;br /&gt;Mais pas d’un contrôle des institutions et des dirigeants politiques, même au prétexte qu’ils sont tous mouillés, pourris jusqu’à la gorge !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ce serait une tentative de putsch ! Une entreprise anticonstitutionnelle, Commandant !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;User d’éventuels « dérèglements comportementaux » de quelques-uns, même de tous si nécessaire, et transformer une affaire pour des conséquences politiques incalculables…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je ne m’en ferai pas le complice, même involontaire ! De près comme de loin, Commandant !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le « capitaine Haddock », étonné par la soudaine reculade de son cadet, s’arrête, incertain, un léger sourire en coin. Il avale une gorgée de champagne et continue en se disant que ce gars-là, il n’est pas facile à convaincre : un pur produit de la technostructure ambiante et obéissante jusqu’à l’aveuglement, ou simplement un loyalisme ancré au plus profond de l’inconscient ?&lt;br /&gt;Peut-être est-il allé trop loin. Mais son instinct lui commande d’aller plus loin…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Lorsque le détournement des indemnités de la guerre du Golfe sera révélé au public, le scandale provoquera une crise politique qui entraînera inéluctablement la fin de la Vème république avec la rédaction d’une nouvelle constitution et de très importants aménagements pour que les citoyens puissent contrôler beaucoup plus efficacement leurs dirigeants…&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Arrêtez ! Si c’est une tentative de coup d’État que vous me racontez-là, je vous répète que je serai obligé de faire prendre des mesures par nos services de sécurité !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais non !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Lorsque le dossier sera rendu public, les choses seront tellement simples que je n’aurai pas d’autre choix que d’être ministre de la défense, et je vous assure que cela ne m’amuse pas car je suis en retraite !...&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul se demande s’il a bien entendu ! Un plaisantin !&lt;br /&gt;Mondain peut-être, mais un plaisantin : il a failli s’y laisser prendre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Oui bien sûr, je m’y prépare depuis une dizaine d’années car la tension sera beaucoup trop forte au sein des armées pour qu’un des hommes politiques des trois dernières décennies puisse être ministre de la défense car ils sont tous corrompus, ou pire, sont lâches. Je vous suggère de prendre connaissance de mon blog « Alerte Éthique  » sur lequel vous trouverez mes courriers aux différents ministres des finances depuis 1998, mais aussi à « Bling-Bling », à « Rackchi », etc.…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bon d’accord ! Paul éclate de rire… Tout ça pour aller faire de l’audience sur un blog inconnu au nom accrocheur, franchement, il apprécie le « Capitaine Haddock » finalement, même s’ils n’ont pas le même sens de l’humour.&lt;br /&gt;Drôle de bonhomme !&lt;br /&gt;Et de se demander si l’un ou l’autre n’a pas abusé du champagne ou d’autres molécules hallucinogènes prohibées. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Cher Ami, vous ne connaissez rien ni à la défense, ni à la gestion de la chose publique, comment pourriez-vous être ministre ?...&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Là, le rire de son vis-à-vis plus le ton railleur de la dernière question, « Haddock » commence à être franchement agacé.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et les autres, ceux qui nous gouvernent depuis trois décennies, pensez-vous qu’ils y comprennent grand chose ?... Je prendrai tout simplement trois co-ministres, des anciens chefs d’état-major – il y en de très haute valeur - qui feront le travail et j’aurai ainsi une autorité indiscutable et indiscutée. Dans un deuxième temps une sélection psychologique sera faites chez les anciens militaires de façon à avoir des co-ministres civils&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;N’importe quoi ! Des psy-militaires qui se cooptent entre eux pour gouverner : on nage en plein délire ! Ce sont les peuples du monde entier qui vont rigoler un grand moment de la « patrie des droits de l’homme »…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous avez raison ! On fera comme ça et on internera tout le monde au passage. Cela marchera même si ce n’est pas prévu comme ça dans nos textes et constitutions ! Staline et Hitler, faisaient exactement de la sorte et ça leur à si bien réussi... Quand même mieux que Pol-pot, Pinochet, ou Mao, hein ! Eux se passaient des psys, les andouilles.&lt;/i&gt;  »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le « capitaine Haddock » devient franchement de mauvaise humeur. C’est presqu’agressif qu’il invective Paul de Bréveuil. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ces connards de politiques n’auront que ce qu’ils méritent. Ils n’auront qu’à fermer leurs gueules. D’ailleurs ils ont un groupe terroriste sur le dos, le groupe AZF, qui a mis des bombes sous les voies ferrées au début 2004 et qui, s’il réapparaît, bloquera les voies ferrées et mettra sous tutelle la bande de crapules ou de lâche qui nous gouvernent !... Mille millions de mille sabords !...&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul comprend pourquoi l’ancien commandant de bord d’Air-France est surnommé le « capitaine Haddock » : sous le vernis de civilité et de bonhommie, il y a un caractère trempé et inflexible, jusqu’à l’absurde. &lt;br /&gt;Serait capable n’importe quoi pour faire face aux coups durs, y compris de prendre les mesures radicales, seules capables à ses yeux de régler les problèmes cruciaux, tel que le niveau de corruption desdits supposés « connards »…&lt;br /&gt;Dangereux le bonhomme ou simple hurluberlu, se demande Paul laissant l’autre s’énerver tout seul à la recherche d’un nouveau verre plein.&lt;br /&gt;« Haddock » finit par le trouver et se calmer. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous voudrez bien m’excusez, capitaine… Je m’emporte, je m’emporte alors que je viens d’apercevoir la grande Valérie qui arrive et s’intéresse aux OVNI ; c’est l’ancienne secrétaire de « Cri-cri-d’Amour », l’ancien président d’Air-Transe, et je dois vous avouer que cette très belle brune-là, d’une très grande sensibilité, m’intéresse beaucoup plus que toutes ces affaires de détournement de fonds et de soucoupes volantes !…&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;Ouf, le calvaire va-t-il se clore ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Capitaine&lt;/i&gt; », fait-il en se retournant vers son interlocuteur, « &lt;i&gt;pour finir, je vous conseille aussi d’aller à Genève rencontrer Ferrayé. Ou son avocat à Paris, maître Lardco. Eux en savent presqu’autant que moi. Mais sur un autre aspect de ces détournements. Normalement, tout ça devrait vous mener sur la banque cantonale privée d’investissement de Luzerne, sur la trace de Sir-Veine : la presse locale suisse s’en est même fait l’écho, un temps. Et si par hasard vous y trouvez ce que vous cherchez, je vous souhaite bien du plaisir pour mettre la main dessus.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et de tourner le dos à Paul, une première fois, puis se ravisant, de le lancer :&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah ! Capitaine, si par hasard vous arrivez à voler les voleurs sans faire de scandale, prévenez-moi et pensez à mes petits Clippers, s’il vous plaît !&lt;/i&gt; » fait-il avant de partir discuter avec « la grand Valérie » qui, effectivement, le captive bien plus que toutes ces affaires.&lt;br /&gt;Non, le « capitaine Haddock » n’a pas picolé plus que de raison. Mais de tout ce qu’il a pu dire, Paul le stock dans sa mémoire en pensant que dans d’autres circonstances, ce doit être un personnage fabuleux.&lt;br /&gt;Encore qu’il faille se demander s’il s’agit d’un affabulateur, mythomane doublé d’un mégalomaniaque. Mais dans ce cas, pourquoi l’aurait-on envoyé jusqu’à le rencontrer ?&lt;br /&gt;Bref, le détour par Malaga vaut finalement bien la peine : deux noms, plus celui d’une banque, sur la trace de l’homme de l’ombre d’un groupe pétrolier aujourd’hui absorbé. C’est maigre, mais c’est déjà ça.&lt;br /&gt;Et s’il n’y avait pas eu le « numéro burlesque » politico-machin-chose, c’aurait pu être tristounet, finalement. Tout en se disant que vraiment, dans l’aviation commerciale, ils resteront à jamais incompétents à distinguer les grades de la marine nationale.&lt;br /&gt;Après l’hommage aérien rendu ce matin par le triple ballet des ailes de l’Otan, ce n’est vraiment pas la peine d’espérer des civils, dont il est redevenu, hormis ses parenthèses d’exception.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se fait tard et Paul n’est pas bien avancé. AZF, pas l’explosion, Lardco, le célèbre ténor du barreau, Ferrayé, un inconnu, une banque Suisse, c’est toujours ça de pris.&lt;br /&gt;Mince récolte en fait.&lt;br /&gt;Il se décide à repartir pour l’aéroport alors que la nuit tombe. &lt;br /&gt;Palma de Majorque ?&lt;br /&gt;Pourquoi pas : il trouvera sûrement gîte et bon accueil en cette saison touristique. Il a sa dose, pour ce soir.&lt;br /&gt;Et comme il n’a pas vu les acolytes de Gijou, la « Dominiquette », ce n’est pas la peine de l’avertir non plus de ce détour impromptu avant de rejoindre Paris et la « Miss Joëlle », pense-t-il pour lui-même.&lt;br /&gt;L’hôtel qui l’accueille à proximité de l’aéroport, un peu loin de la station balnéaire, est équipé d’accès internet à haut débit. C’est l’occasion de faire des recherches sur ces fameux clippers, l’affaire Ferrayé et Cie. &lt;br /&gt;Il prend le risque de passer un courriel à « DD » et Charlotte, la vraie, sous un de ses nombreux pseudos improbables : sont plus douées que lui à ce jeu-là.&lt;br /&gt;Et se décide à aller prendre un verre avant d’aller dîner dans le restaurant de l’hôtel, pour pouvoir dormir le ventre plein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 4) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant midi, le lendemain, il est de retour au siège social. Les dégâts de la fusillade ont disparu. Les deux acolytes de « Dominiquette » sont à poste.&lt;br /&gt;La secrétaire est présente et annonce l’arrivée de la Présidente en titre de la boutique. Elle a passé le week-end avenue Foch dans le loft familial qui sert de refuge à ses allers-et-venues quand elle est parisienne.&lt;br /&gt;La conseillère de la Cour régionale des comptes, loin de ses bases est rue Cambon et est descendue dans un grand hôtel parisien.&lt;br /&gt;Elle devrait être de retour avant la fin de l’après-midi.&lt;br /&gt;L’équipe est au complet.&lt;br /&gt;Effectivement, Isabelle Nivelle arrive et convoque son directeur général dans son bureau. Tout sourire la patronne.&lt;br /&gt;Il lui doit bien une explication.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je suis en service commandé. Nos projets industriels ne sont pas en danger, simplement, je suis bien obligé de fournir ce que le ministère demande, si on veut un jour se faire bien voir par ceux-là, tu comprends ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;De quoi s’agit-il ? Elle ne le saura pas, naturellement : « &lt;i&gt;secret défense !&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’organise tout ça à partir d’ici. Je ne veux pas mettre mes acolytes d’enquêtrices au courant, compte tenu des enjeux qui ne les regardent pas.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah ? Pas confiance dans ton panier de gouines ?&lt;/i&gt; », fait-elle par pure perfidie féminine totalement hétérosexuelle…&lt;br /&gt;Si elle veut.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je serai bien obligé de disparaître de temps à autre, mais vous, toi et ta famille, vous vous mettez à l’abri, on ne sait jamais.&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Ramatuelle, pour l’été qui reste clément, ça sera suffisant ?&lt;br /&gt;Pourquoi pas ? « &lt;i&gt;J’y passerai peut-être quelques jours à l’improviste.&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;La porte est bien évidemment ouverte. D’autant que tous ces mystères méritent bien quelques compensations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le capitaine de corvette met fin à ce duo-là en arrivant à son tour. Paul présente les deux femmes et demande s’il est possible d’organiser une surveillance et une protection autour de la villa de Ramatuelle.&lt;br /&gt;Une corvée de plus qui mobilisera les gendarmes de Saint-Tropez durant une partie de l’été.&lt;br /&gt;Arrive et entre alors la conseillère de la Cour des comptes marseillaise.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mesdames, j’ai du travail. Je vous laisse papoter chiffon !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Minute. « &lt;i&gt;Vous étiez où, là, durant les dernières 48 heures ?&lt;/i&gt; » questionne la militaire.&lt;br /&gt;Isabelle tend l’oreille.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’ai des comptes à vous rendre, commandant ? Vous êtes seulement chargée d’assurer la protection des biens et des personnes de mon entourage, dois-je vous rappeler. Mais si vous voulez savoir où je dîne ce soir, je vous laisse le choix de la table, et je vous invite. Ce sera l’occasion de mettre au point deux ou trois petites choses pour être plus efficace. Parce qu’il est vrai que je ne vous ai pas vraiment vu, ni vos hommes, ces derniers temps !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Présenté comme ça, elle ne sait pas si c’est du lard ou du cochon.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Au bar du Crillon. Vingt heures. D’ici-là, mes hommes ne vous lâchent pas !&lt;/i&gt; », répond-elle.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Isabelle, tu peux prendre la voiture et le chauffeur, ces messieurs me piloteront.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul sort du bureau d’Isabelle en entrainant Joëlle par le bras : «&lt;i&gt; À nous deux maintenant, je vais vous montrer pourquoi vous êtes là !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les deux femmes croisent leur regard, quasi-incrédule. « &lt;i&gt;Il est comme ça : insatiable !&lt;/i&gt; » fait Isabelle à Dominiquette, fripée de l’uniforme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul et Joëlle s’enferment en faisant tourner le verrou, de la double-porte capitonnée verrouillée. Personne ne peut les déranger pendant toute leur entrevue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 5) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sitôt cet épisode passé, ils se décident à ouvrir leurs machines. C’est qu’il s’agit d’être efficace et la conseillère d’expliquer comment elle entreprend d’entrer par effraction dans des systèmes informatiques sans laisser de traces, à coups de schémas sur son écran.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Attends, Madame la conseillère ! Je croyais qu’on disposait du fameux programme « Promis » qui nous aurait facilité les choses !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bé non, mais elle connaît : « Promis » pour « Prosecutor's Management Information System » qui est un système de gestion de l'information, bâti comme d’un système de base de données et est développé par Inslaw Inc. &lt;br /&gt;Le progiciel a tout d'abord été conçu par Inslaw dans les années 1970 en vertu de contrats et subventions pour l’aide à l'administration aide à l'exécution (LEAA) du ministère de la justice américain. &lt;br /&gt;Mais, le gouvernement américain a d’abord disposé de licences exclusives avec interdiction de modifier le programme ou de créer des programmes dérivés, et de distribuer « Promis » en dehors du gouvernement fédéral. &lt;br /&gt;Ce programme a considérablement évolué depuis 1982 et est référencé par pas mal de fournisseurs commerciaux .&lt;br /&gt;Conçu comme un système de gestion de données, « Promis » peut traiter jusqu’à un échelonnement de 570.000 lignes de sous-codes informatiques et intégrer des bases de données innombrables, sans nécessiter une seule reprogrammation. Il peut aussi transformer les données en informations aveugles. Il a la capacité de combiner des bases de données disparates, et de suivre les gens dans n’importe quel système d’information. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Imagine que tu es en charge de la branche juridique du gouvernement le plus puissant sur la surface du globe, mais que ton système d'information interne est embourbé dans la technologie désuète des années 1960. Il y a des milliers de bases de données, mais aucune d'entre-elles ne peut partager ses informations. « Promis » peut le faire ! &lt;br /&gt;Soit à partir d'énormes systèmes informatiques centraux ou des petits réseaux alimentés par les ancêtres des ordinateurs d'aujourd'hui, « Promis », peut, juste à partir de son « lecteur de premier test », être en mesure de lire simultanément et d'intégrer un grand nombre de différents programmes informatiques. &lt;br /&gt;Ou des milliers de bases de données simultanément, quelle que soit le langage dans laquelle les programmes originaux avaient été écrits ou le système d'exploitation ou de plates-formes sur lesquelles cette base de données a ensuite été installée.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un vaste fichier « edwige » ou « stik », mais à l’échelle planétaire en somme…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais nous n’en disposons pas en France !&lt;/i&gt; » rajoute-t-elle.&lt;br /&gt;Faudra faire sans…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XI)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Onzième chapitre : Dîner au Crillon&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas le sujet : là, il s’agit de traquer des écritures de compte à compte dans des archives électroniques bancaires.&lt;br /&gt;Suit un long exposé où elle indique que tout système central reçoit des informations de postes externes, chacun identifié par son IP, éventuellement par un ID associé, des codes-maison et un code utilisateur. « &lt;i&gt;Mais il les mouline à la recherche d’un virus ou d’un cheval de Troie. Un cheval de Troie est un mini-programme qui en se mettant en marche, ouvre une porte à un computer extérieur pré-adressé avec son propre IP ou un autre piraté, à un moment donné. Bien sûr, les meilleurs systèmes de sécurité les détectent. Et ils détectent aussi le programme dès qu’il se met en route : les sorties de données et de fichiers sont naturellement contrôlées, interdites en général, sauf exception.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les exceptions sont préprogrammées à des adresses IP elles-mêmes sécurisées et seulement pour des données et fichiers autorisés, à des plages horaires elles-mêmes prédéfinies et sécurisées.&lt;br /&gt;Quant aux opérations de compensation inter-banques, elles sont naturellement du lot, quand il s’agit de systèmes bancaires.&lt;br /&gt;Les dites compensations sont de deux types : entre comptes dans la banque elle-même, d’une agence à l’autre et entre comptes d’une banque à une autre via les chambres de compensation nationales, puis éventuellement, indirectement ou directement via les chambres de compensations internationales.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Celle qui est devenue célèbre, c’est Clearstream pour l’Europe l’ouest continentale.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais il y en plusieurs de part le monde. Et le tout est chapeauté aux USA à la BRI , la banque mondiale de compensation.&lt;br /&gt;Chaque étape, consiste à émettre les coordonnées des comptes à créditer vers la salle de compensation et d’autres banques, qui contiennent naturellement l’identifiant, le numéro du compte, le montant, le libellé de l’opération et le numéro de compte débité. En principe, la date est celle du jour de l’opération.&lt;br /&gt;La Banque de compensation re-mouline et envoie à son tour ces informations à d’autres banques de compensation ou directement aux banques destinataires. &lt;br /&gt;Chaque établissement a donc un compte qui est crédité et un compte qui est débité. « &lt;i&gt;En fait, l’argent, qui est virtuel à ce moment-là, n’est viré pour de vrai que pour les soldes.&lt;br /&gt;Ce sont ces virements qui ont été bloqués fin 2008, le fluctuant, faute de confiance entre banques, qui a provoqué la crise majeure qu’on a connu récemment : on ne savait plus si les flux monétaires n’allaient pas être annulés par retour des chambres de compensation faute de provision.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;À chaque récipiendaire d’exploiter ses informations reçues et de créditer les comptes des utilisateurs, à la date de valeur propre à chaque institut bancaire.&lt;br /&gt;Et ainsi de suite. « &lt;i&gt;Ce sont les places asiatiques qui commencent la danse les premiers dans une journée calendaire. Et le décalage horaire permet de laisser le temps aux machines pour faire le tri et de préparer les envois.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Mais comment fait-on pour entrer dans les mémoires ?&lt;br /&gt;Les grosses places sont très verrouillées. On n’entre pas facilement dans les banques centrales, propres à chaque pays, ni les grosses banques locales.&lt;br /&gt;Par ailleurs, il est des banques transnationales qui compensent en leur sein et on ne voit pas passer l’argent sur les plateformes de compensation internationales.&lt;br /&gt;Sont donc exclues toutes les écritures de celles-ci, sauf à entrer dans leur serveur principal.&lt;br /&gt;«&lt;i&gt; Et comment fait-on ? Pour une banque cantonale Suisse, par exemple…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah, les Suisses et leur fameux secret bancaire issu d’une loi des années trente en son article 47 !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Eux se protègent en plus assez simplement. Il n’y a pas d’accès direct à leur mémoire centrale. Ils n’utilisent que des serveurs spécifiques qui sont ouverts sur l’extérieur. Et trimbalent les données sur CD-Rom d’un terminal à un autre avec un bonhomme derrière chaque disque.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pour parvenir à ses fins, un hacker utilise donc un stratagème indécelable. Il ouvre un compte fictif dans une banque locale d’un paradis fiscal, pas trop sécurisée. « &lt;i&gt;J’en ai plusieurs aux îles Largo, quelques-uns à Haïti et puis d’autres ailleurs.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Avec cet identifiant virtuel, elle provoque des « erreurs » vers la banque cible pour pouvoir décoder ses formats informatiques bancaires. &lt;br /&gt;Et on fait une série de virements fictifs vers des comptes qui n’existent pas dans la banque cible. « &lt;i&gt;Pas trop. Il y a toujours des erreurs dans les informations interbancaires, des refus, des noms mal libellés, des numéros également erronés mais dont les clés RIB sont bonnes telles qu’elles sont passées par le détecteur de faux-vrai ou des annulations-rejets faute de provision.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Environ un pour mille. « &lt;i&gt;Parfois deux. Quand il y a épidémie qui dépasse ces seuils, ça déclenche des alertes et les informaticiens chargés de la sécurité des opérations recherchent la source. Si elles se répètent trop souvent, venant de la même banque-source, ils s’en inquiètent et en général les dirigeants échangent des coups de fils avant d’alerter les autorités financières de leur pays réciproques. C’est pourquoi il faut opérer à partir de plusieurs comptes de banques différents.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;D’où aussi l’intérêt des banques off-shore : il n’y a pas d’autorité monétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre « détail » au passage : La machine ne s’arrête jamais. « &lt;i&gt;Les serveurs sont branchés en permanence et tous les week-ends, notamment comme l’assomption cette année, ce qui permet de différer la mise en place des procédures d’alertes de 48 heures. C’est à ces moments-là qu’il faut attaquer. Mais parfois, ils coupent leurs serveurs. Surtout s’ils ont été « testés » par un hacker dans les jours qui précèdent.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Une fois le « format informatique » local de la banque cible décodé par la série des erreurs préalables, elle se débrouillera pour s’infiltrer dans la banque cible. « &lt;i&gt;Pour ça, je m’invite le soir local comme si j’étais le directeur d’une agence en piratant son IP et son ID. Avec un peu d’astuce, on trouve assez facilement son code personnel et on ouvre un compte bidon.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il s’agit ensuite de faire le mort pendant quelques jours et on se met à faire quelques opérations depuis ses comptes « off-shore ». Des allers et des retours d’argent fictif. Juste pour tester la procédure de sécurité et avoir le topo des défenses du système bancaire sur place.&lt;br /&gt;Puis on refait le mort et pendant un week-end, à partir du compte, on remonte le cheminement des écritures jusqu’au serveur central. « C’est parfois assez long et c’est pour ça qu’on a besoin de temps, parce qu’il y a forcément une série de codes et de mots de passe à craquer. »&lt;br /&gt;En principe, un des procédés gagnants consiste à « inventer » un nouveau terminal fictif à partir d’une autre agence dont on aura cassé le code l’ID et l’IP du directeur au préalable.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais c’est dangereux : il faut utiliser les codes d’une tierce banque qui peut s’en alerter. Et l’attaque sera effectuée par ce terminal. Une fois en place, il suffit de télécharger toute la mémoire des écritures, ce qui peut demander des heures. C’est pour ça que j’ai besoin soit de l’identifiant du compte cible, soit de son numéro et si possible de quelques intervalles de date. Bien sûr c’est plus compliqué quand les agences pré-formatent des CD-Rom ou des DVD. &lt;br /&gt;Pour contourner l’obstacle, on se débrouille pour verrouiller un compte bancaire qui est lui-même un cheval de Troie qui va faire le travail. Après, il n’y a plus qu’à télécharger les fichiers qu’il aura compacté en vue de les graver, pendant les « creux d’activité » et se le faire virer avec un deuxième cheval de Troie monté de la même façon dès qu’on estimera que le travail a été fait, mais en évitant le gravage des données sur place.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Alternatif, le choix des comptes ? Ou cumulatif ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est mieux si on a tout, ça ne demande alors que quelques minutes. Parce qu’après, il faut effacer la trace de son passage, « tuer » le terminal fictif et les comptes trafiqués en cheval de Troie et effacer toutes les mémoires de référence du fichier temporaire qui a été téléchargé avant que les services de sécurité informatique de la banque ne se réveillent. Sans ça, à l’ouverture, l’informaticien de service se fait engueuler pour avoir pondu un système qui a encore laissé passer un intrus !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et ça peut aller loin, le vol d’un fichier. « &lt;i&gt;Surtout en Suisse où ils ne plaisantent pas avec leur secret bancaire ! Au Luxembourg, c’est plus simple, si c’était possible…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Non, ce n’est pas possible : C’est apparemment la Suisse. Et à Luzerne en plus, pas ailleurs.&lt;br /&gt;Joëlle ne met pas trop longtemps à jeter son dévolu sur un établissement d’investissement international qui semble la cible parfaite décrite par le « Capitaine Haddock », pour n’avoir qu’une seule agence dans le pays mais une grosse activité putative avec l’étranger, à la vue de son bilan et du rapport de gestion téléchargeable sur internet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bon. On peut poser un terminal fantôme depuis ailleurs, genre Londres ou Moscou, ou Luxembourg ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Oui bien sûr, en posant des terminaux fictifs depuis encore ailleurs…&lt;br /&gt;Plus on complique, plus on brouille les pistes, c’est vrai. Mais plus on peut se faire prendre à un endroit quelconque de la chaîne.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Eh bien Madame la conseillère, c’est ce qu’il faut faire. On essaye avec celle-là. Des terminaux fictifs dormants depuis un peu partout. Même la Chine si c’est possible. Moi, je vais essayer de trouver les bonnes dates, pour commencer et on verra après.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais s’il s’agit de retrouver que des mouvements, on peut aussi le faire à l’envers !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Comment ça ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Si on connaît les comptes d’arrivée, les dates et les sommes, la Cour à compte-ouvert en Banque de France et à partir de là, on peut non seulement faire la recherche précise, mais on peut aussi remonter le fil des sous jusqu’au compte originel !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et c’est maintenant qu’elle dit ça, elle ?&lt;br /&gt;Comment ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On part du compte d’arrivée. On retrouve la compensation en Banque de France, on remonte à la chambre de compensation continentale. À partir de là, on interroge très officiellement le Clearstream concerné, qui renvoie sous huitaine l’écriture d’origine et on a les coordonnées du compte de départ. Simple et légal en plus !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Effectivement. « &lt;i&gt;Et s’il s’agit d’un compte numéroté ?&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Là, c’est une question de collaboration. « &lt;i&gt;Si c’est un compte Suisse, anglais, luxembourgeois, du Delaware ou d’un paradis fiscal, il faudra faire comme j’ai dit avant pour avoir l’identité du détenteur… Ou être persuasif par d’autres voies !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et si on tombe sur une société écran ? Même cause, même effet : être persuasif !&lt;br /&gt;Pas très avancé, au final !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bien, Madame la conseillère détachée officiellement de sa Cour des comptes. C’est la Suisse. Il faut que j’aille à mon dîner avec le garde de mon corps. Je propose qu’on remette la suite à demain pendant que je réfléchis à la façon d’avoir les renseignements dont on a besoin. Car j’ai ma petite idée sur où est arrivé l’argent. On peut se faire une recherche sur des écritures rondes libellées à plus de 100.000 dollars arrivant sur les comptes du Trésor public français depuis le début des années 90, et venant de l’étranger, pour commencer ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Là, ça va demander quelques jours.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Alors on fait les deux : la recherche en aval et en remontant et la mise en place du dispositif en amont qui pourrait être cette banque suisse d’investissement international ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;La fille écarquille les yeux… Une bonne semaine de travail en perspective. Elle qui pensait encore pouvoir passer le reste du mois d’août en famille !&lt;br /&gt;« Il faut préparer ça rapidement ». Après, elle pourra rentrer à Marseille et passer ses trois semaines avec son mari et ses gosses, pour éventuellement une « attaque » plus précise en septembre. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Si besoin, il faut mettre la pression sur les chefs pour finir avant de partir, au cas où il y ait des autorisations à demander pour inspecter les mouvements avec le Trésor. Il s’agit de « l’opération Isidore » télécommandée par le ministère de la Défense. Le ministre soi-même et le général Wimereux. Je mets au parfum ce dernier de nos démarches de mon côté dès demain. Ok ? Moi, il faut que je file. Bonne soirée !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Voilà qui ne va pas être simple, cette affaire de comptes suisses. &lt;br /&gt;Il faut absolument cerner le problème du compte de départ laissé par le « Capitaine Haddock », si ses informations sont à prendre au sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dominique Gijou a mis une robe de soirée qui la rend resplendissante. Il n’y aurait pas son mini-sac à main en simili-croco un peu trop enflé de la forme d’un pistolet de petit calibre, avec ses cheveux tirés en chignon savamment négligé, laissant virevolter quelques mèches blondes au gré des courants d’air, ce pourrait être tout-à-fait charmant.&lt;br /&gt;D’ailleurs, accoudée au comptoir du bar, elle est déjà « entreprise » par un duo de gigolos en nœud papillon et costume de soirée.&lt;br /&gt;« Messieurs, je suis au regret de vous ôter toute perspective encourageante pour votre fin de soirée. Madame est attachée exclusivement à la garde de mon corps personnel », fait Paul en arrivant, tout sourire narquois le long des lèvres.&lt;br /&gt;Le Crillon fait scintiller ses marbres vernis avec les lumières de la place de la Concorde. Le décor est somptueux et le plaisir des pupilles passe avant celui des papilles, tout dans la classe des grandes cuisines « à la française » classiques.&lt;br /&gt;Ils s’échangent du « commandant » avant que Paul ne dise qu’il n’a jamais exercé de fonction à ce grade.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je le dois au plan de carrière des polytechniciens qui intègrent l’aéronavale au grade de lieutenant de vaisseau, autrement dit de capitaine, avant de passer capitaine de corvette, autrement dit commandant. C’est juste l’ancienneté qui veut ça ! Mais faut être quand même physiquement apte.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle se montre étonnée : un polytechnicien pilote dans l’aéronavale, ce n’est pas courant.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Une vocation ruinée entre-temps. Vous vouliez savoir ce que j’ai fait ces dernières 48 heures ? Eh bien, crevons l’abcès tout de suite. J’étais en mission en Afghanistan pour le compte de l’Otan. Je suis passé ensuite à Malaga-airport, histoire d’honorer quelques chatoyantes hispaniques en manque de mes charmes de marin et je suis rentré ce matin. En pleine forme, comme vous le voyez… &lt;/i&gt;» dit-il avec un large sourire, toujours aussi narquois.&lt;br /&gt;Et de rajouter : « &lt;i&gt;Il fallait me détendre un peu après ces épuisants vols à l’autre bout du monde où nos soldats combattent le grand Satan taliban !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ah évidemment, elle en est restée à leur dernière entrevue à Mandelieu, même s’il l’avait mise au parfum pour son déplacement ibérique.&lt;br /&gt;Pour quelle mission ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça, ça ne vous regarde pas, très chère Dominique. Vous n’avez qu’à savoir qu’on m’a tiré dessus pour me forcer un peu la main, non pas pour aller faire le guignol chez les talibans, mais pour autre chose. Ma mission de réserviste de l’aéronavale… Mon contrat n’est en fait que suspendu le plus large de mon temps&lt;/i&gt; ». Il se penche en avant et sur le ton de la confidence, continue : « &lt;i&gt;Pour tout vous dire, notre Président cherche quelques perles rares qui pourraient faire le sosie de son épouse légitime ! Et dans la plus grande des confidences, je dois lui en ramener une ou deux pour jouer le rôle ! Mais vous ne savez rien et je ne vous ai rien dit ! &lt;/i&gt;»&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous vous foutez de moi ? Et on vous tirerait dessus pour cette raison-là ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ou il se fout d’elle. « &lt;i&gt;Si on me tire dessus, c’est que c’est de la plus haute importance. Mais je ne sais pas ce que je vais trouver pour autant, donc… Pas la peine d’en savoir plus que ce que je vous ai annoncé l’autre fois. Je suis contraint de me déplacer, à l’improviste le plus souvent, et de ne plus dormir deux fois de suite au même endroit jusqu’à ce que j’en ai terminé avec cette histoire-là.&lt;br /&gt;Vous, vous êtes contrainte de vérifier qu’on ne me tire pas dans le dos. Devant, je m’en charge.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le maître d’hôtel passe prendre la commande.&lt;br /&gt;Puis le caviste, œnologue et maître-chais, recommande un petit cru-bourgeois qui accompagnera avec délice les mets au menu : au diable l’avarice, n’est-ce pas, quand on est avec une jolie femme se commente Paul pour lui-même, d’autant que c’est avec l’avance sur frais qu’il régale : la contribuable doit en avoir pour son argent, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Dominique, nous allons donc nous croiser dans les semaines à venir. Je voudrais savoir comment vous abordez cette mission et comment vous allez vous y prendre ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Comme d’une corvée qui lui gâche ses vacances.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Un mari et une ribambelle d’enfants à s’occuper, peut-être ? Je suis vraiment désolé, mais ce n’est pas moi qui vous ai choisie !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un mari, certes, diplomate en poste au Brésil. Loin. Et pas d’enfant. De toute façon, il préfère les garçons. &lt;br /&gt;Ambiance… Un ange passe !&lt;br /&gt;Et comme dans son milieu, on est forcément marié et qu’on ne divorce jamais, elle est donc recasée systématiquement aux tâches qui emmerdent tout le monde pendant les périodes estivales, notamment.&lt;br /&gt;La garde de personnalités, elle ne voyait pas son métier de commando-marine comme ça. En s’engageant, elle pensait participer activement à la défense des valeurs françaises que lui avaient inculquées ses parents. Eux-mêmes marins. Lui fusilier, elle infirmière.&lt;br /&gt;Elle a deux frères aînés, l’un stationné à Djibouti, l’autre en Guyane.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Eux, au moins, voient du pays. Moi, je ne reste pas très loin de la maison familiale depuis que mon père est dans son fauteuil roulant, la faute à avoir été fauché par une rafale au Gabon, il y a longtemps. »&lt;br /&gt;Des ambitions ?&lt;br /&gt;À part faire des trekkings dans des endroits impossibles, pas vraiment. « Peut-être que plus tard je m’installerai dans le civil comme monitrice de classes d’aventure. Mais il faudrait que je passe les diplômes avant. &lt;/i&gt;»&lt;br /&gt;Oui, utile dans ce métier-là.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je reviens sur votre mariage, veuillez m’en excusez. Apparemment, ce n’est pas source de grand bonheur ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et qu’en sait-il, son vis-à-vis ? Il débarque dans sa vie, là comme ça, et profite qu’elle soit une femme pour lui balancer des vacheries sous prétexte que la table est chère !&lt;br /&gt;C’est un type au contraire exceptionnel. « &lt;i&gt;Un homme très bien. Je ne manque de rien, il y pourvoie grassement, il pense à mon anniversaire, ma fête, celui de notre mariage, tous les ans, lui, Monsieur.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bon d’accord, elle ne le voit pas très souvent, mais il fait l’effort quand ils se croisent et elle y prend vraiment grand plaisir.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je n’ai rien dit, excusez-moi !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et vous, marié ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Une fois. Il faut justement que je vous en parle. Il s’agit d’une fille rencontrée à Las Vegas pendant mes stages d’habilitation. À mon premier passage, à l’occasion des stages obligatoires de l’APAN, je l’avais bien remarquée, lors d’une permission vagabonde. Elle est chanteuse et nous nous sommes mariés sur un coup de foudre lors de mon deuxième stage, quand j’ai été habilité à piloter sur des prototypes.&lt;br /&gt;Or, il se trouve que la SDECE m’a convaincu qu’il s’agissait d’une taupe du NSA ou de la CIA. Et qu’en plus, elle n’était pas très fidèle. Donc divorce, séparation et la vie reprend chacun de son côté.&lt;br /&gt;J’ai intégré la flottille du CDG sur Étendard ensuite, et y ai fait mes armes.&lt;br /&gt;Depuis cette expérience assez cuisante, sachez que je n’envisage pas de recommencer.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Même avec cette femme qui est son patron en Ardèche et qu’elle a aperçu cet après-midi ? Une riche héritière, c’est bon pour la carrière d’un polytechnicien.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pas trop mon genre. Très exigeante à en être sûrement invivable dans l’intimité. Et puis elle n’est l’héritière que d’un tout petit quart. Je l’ai gardée pour faire potiche que je ressors quand j’en ai besoin pour la boîte. Elle-même est veuve. Une affaire d’espionnage de son mari qui vendait les petits secrets de fabrique de l’usine de beau-papa aux puissances de l’ex-pacte de Varsovie . Ça eu pas vraiment plu en haut lieu, et quand je l’ai démasqué, il a eu bêtement un accident de la route. Quand même idiot, juste au moment où il devait être arrêté pour être jugé, vous ne trouvez pas ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Donc pas une femme en odeur de sainteté en haut-lieu. « &lt;i&gt;Et on dit qu’une veuve, ça attire le malheur, paraît-il…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et l’autre, avec laquelle il s’est enfermé toute l’après-midi ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ça, c’est une « hackeuse » gouvernementale. Un haut-fonctionnaire qu’il convient de protéger, elle et sa famille.&lt;br /&gt;On me l’a collée dans les pattes avant-hier, parce que ma mission comporte une phase de recherche de renseignements qu’on ne peut trouver qu’en cambriolant des données informatiques.&lt;br /&gt;Non, personnellement, je vous parlais d’Emily Lison, mon ex, tout à l’heure, Madame la curieuse. &lt;br /&gt;Figurez-vous qu’elle a refait son apparition comme par miracle pas plus tard que le jour de mon attentat.&lt;br /&gt;Et, plus étrange, figurez-vous que c’était pour me porter trois messages de sa centrale, ce qui confirme bien que c’est un agent de la CIA. Dont l’un, figurez-vous une dernière fois, était de me prévenir qu’on attenterait à ma vie. &lt;br /&gt;Pan, dites donc, le soir même, je servais de cible à des malotrus d’incapables !&lt;br /&gt;D’où votre mobilisation, dès le lendemain !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Vous croyez que c’est elle, prise d’un accès de jalousie, peut-être ? Tardif, certes, mais ne dit-on pas que la vengeance est un plat qui se mange froid ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;La vengeance d’une blonde, je n’y crois pas trop depuis qu’on en a fait un film qui tourne en eau de boudin. En revanche, vues les circonstances, je me persuade, peut-être pour me rassurer, qu’il s’agit d’un avertissement sans frais. Ce que j’aimerai bien savoir, par votre voie hiérarchique, c’est d’où ça peut bien venir. Parce que là, je patauge grave dans le potage du mobile.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le vin est du vrai velours en bouche. Et des arômes qu’il y développe, d’une rare délicatesse.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;À propos, je vous avais indiqué que je passais par Malaga. Et je n’ai pas vu vos sbires ! Comme quoi, on pouvait m’abattre, ni vu ni connu, et vous vous seriez fait encore engueulée. Pas par moi, rassurez-vous, un, je n’aurais pas pu, pour avoir décédé précocement ; deux, parce que vous êtes si charmante que je n’oserai pas provoquer la moindre trace de contrariété sur votre beau sourire !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ça vous fait toujours cet effet-là, les crus-bourgeois, rétorque-t-elle du tac-au-tac ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous ne les avez pas vus parce que ce sont des pros. Même s’il n’est pas facile de passer les frontières avec l’attirail opérationnel habituel pour ce genre de mission. Et ce qu’eux ont vu mais manifestement pas vous, c’est que vous étiez filoché par un autre service. On enquête actuellement pour l’identifier.&lt;br /&gt;Je peux vous dire que j’ai pris sur moi de vous laisser repartir de votre côté, pour en savoir un peu plus sur ces citoyens-là qui sont rentrés à Madrid. C’est tout ce que je sais ce soir.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas mal la fille, doit reconnaître Paul dans son for intérieur.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais comme on ne vous a pas revu avant la fin de matinée, et je commençais sérieusement à m’inquiéter d’avoir fait ou non le bon choix !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il faut dire que suivre un avion, ce n’est pas évident sans le radar qu’il faut.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Donc, d’autres que vous et jusqu’en Espagne, s’intéressent à moi. Vous êtes sûre qu’il ne s’agit pas plutôt de mon contact sur place ? »&lt;br /&gt;Non, il est rentré en France du côté de Mont-de-Marsan et eux sont restés en Espagne.&lt;br /&gt;« De qui s’agissait-il d’ailleurs ? &lt;/i&gt;»&lt;br /&gt;Décidément bien trop curieuse, la « Dominiquette »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 6) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Douzième chapitre : Ferrayé et AZF&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant la fin de la semaine, Joëlle fait le point avec Paul au siège social parisien de la MAPEA.&lt;br /&gt;Paul s’est « planqué » durant les derniers jours entre le Val de Seine, l’Ardèche, Paris, le haut-var, puis Paris, pendant que l’autre a campé dans les bureaux désertés en ce début du mois d’Août, au grand dam de la femme de ménage.&lt;br /&gt;« Je ne sais vraiment pas si c’est la bonne banque, mais c’est déjà impressionnant. Plus de 30.000 comptes, la plupart de non-résidents, environ 100.000 écritures/mois. Sur 19 ans depuis 1990 ça fait 20 millions de mouvements/comptes. J’ai fait 40 DVD en format DBD, lisibles sous Access ! »&lt;br /&gt;Un vrai tour de force que de « pomper » toutes ces données en quelques jours : Elle est vraiment un « crack » la petite boulotte quand elle s’y met ! &lt;br /&gt;Un choix plus que judicieux…&lt;br /&gt;Par ailleurs, les demandes d’extraction des comptes du Trésor ont été obtenues. Mais les écritures éventuellement concernées sont des millions de fois plus nombreuses.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Sans vouloir être pessimiste, j’ai renoncé. En revanche, on m’a autorisé à inspecter les archives électroniques via le serveur de la Banque de France, avec un code et un identifiant. Et ce que je propose, c’est que je fasse des recherches ciblées, parce que là, mes bouts-de-choux m’attendent au dernier TGV. On part demain en croisière en Grèce sur le voilier de nos amis.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Comment refuser la demande de lever le pied implicite ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je propose de me les confier. Je ferai les recherches nécessaires au fil de l’examen des DVD qui me sont réservés. On va dire qu’on suspend la mission pour le reste du mois. C’est bien mérité !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Soulagement visible de la dame…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et je fais comment de mon côté ? Il me faut une connexion internet haut-débit, c’est ça ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est un peu l’idée. À moins de s’enfermer dans une agence de la Banque de France accueillante.&lt;br /&gt;Voilà qui ne va pas être simple. Paul ne connaît personne qui acceptera de le laisser s’enfermer dans son agence, même avec un mot du Président de la République lui-même.&lt;br /&gt;Par ailleurs, il ne dispose de connexions internet qu’à l’usine, qu’il n’est pas question d’ouvrir rien que pour lui, ou à Paris chez Charlotte et ici, ou à Fox.&lt;br /&gt;Ce sera donc Fox l’arrière-pays de la côte archibondée en cette saison. Mais au moins il sera à l’abri, protégé par la petite troupe du coin.&lt;br /&gt;A-t-il avancé, depuis leur dernière entrevue ?&lt;br /&gt;Oui, mais ça ne la regarde pas. « &lt;i&gt;Je commence à comprendre ce que je suis censé trouver. Je crois même avoir à peu près toutes les dates. Et j’ai même une idée des montants que je dois trouver dans les DVD pour confirmation. Sauf si on s’est trompé de banque. Dans cette hypothèse, il faudra remettre ça au tout début septembre. Est-ce possible ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Si on lui demande gentiment, tout est possible, répond-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 7) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois la miss ayant pris congés, Paul se remémore ce qu’il sait, notamment de l’affaire Ferrayé.&lt;br /&gt;Un type qu’il faudra peut-être rencontrer pour confirmation, tellement tout cela est extravagant jusqu’à toucher au rocambolesque de niveau olympique.&lt;br /&gt;Il faut remonter à la fin de la première guerre du Golf, en 1992. Le Koweït flambe de ses onze cents soixante quatre torchères dans son désert.&lt;br /&gt;Autant de puits de pétrole incendiés par les troupes du dictateur irakien avant leur repli au nord sous la pression des alliés. Or, il n’y a que deux entreprises capables de les éteindre, et encore sur un mode destructeur.&lt;br /&gt;C’est la technique de « Red Adair », le pompier texan qui s’est fait une spécialité de souffler la flamme de puits en feu à coup de dynamite.&lt;br /&gt;L’inconvénient de la méthode, c’est que la tête de puits ainsi privée de ses vannes d’arrêt continue de faire fuir le geyser de brut souterrain sous la pression naturelle du gisement.&lt;br /&gt;Il faut, soit remonter une tête de puits, dit « arbre de Noël », dans le cambouis en veillant à ne faire aucune soudure pour éviter d’y remettre le feu, soit bétonner suffisamment et arrêter le puits, soit, plus classiquement, forer à proximité et dériver le puits principal vers la nouvelle tête de puits pour poser en toute sécurité une vanne d’arrêt, et bétonner l’ancien puits.&lt;br /&gt;Bref, plusieurs semaines de travail pour chaque puits.&lt;br /&gt;Premier devis de temps pour les puits du Koweït : 4 à 5 ans !&lt;br /&gt;Vertige de pollution et d’assèchement des exportations d’or noir qui risque de faire flamber les cours du baril…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que le procédé de Joseph Ferrayé , qui a manifestement été utilisé pour éteindre les puits de pétrole incendiés par Saddam Hussein (il y a des vidéos qui le confirment sur internet ), consiste à poser une sorte de grand éteignoir de bougie sur le puits en feu avec un appareil de levage sur chenille. On mouille le tout avec de l’eau et du gaz d’azote liquide pour ne pas que ça fonde sous la chaleur dégagée et le feu s’étouffe de lui-même en quelques minutes sous un flot du gaz inerte, le privant d’oxygène.&lt;br /&gt;Après, il suffit de fermer les vannes dès que la température baisse et le tour est joué en moins d’une heure. Le puits peut-être remis en service dans la journée et produire sa liqueur visqueuse.&lt;br /&gt;Estimation de temps : 6 mois !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dix-sept ans de cauchemar pour l’inventeur libanais du procédé, qui maintient toujours être le descendant d'un fabricant de cotonnades de Beyrouth émigré dans le sud de la France et qui se bat pour obtenir gain de cause. &lt;br /&gt;L'entreprise familiale vient de fermer ses portes quand éclate la guerre du Golfe. Saddam est battu mais le Koweït brûle. Il faut trouver une solution, et vite. &lt;br /&gt;Les plus grandes équipes de spécialistes sont dépêchées sur la place mais se tiennent le menton en signe de perplexité. &lt;br /&gt;Le « pompier volant » Red Adair y perd son latin. &lt;br /&gt;Au même moment, comme Archimède dans sa baignoire, Ferrayé qui n'a aucun mandat mais qu'importe, dans un coin de sa demeure, met au point son procédé permettant d'éteindre les puits sans utiliser d'explosifs. Le tout en un temps record : dix minutes ! &lt;br /&gt;L'idée est simple comme bonjour mais il fallait y penser : on recouvre le puits en feu d'un haut fourneau sans utiliser de dynamite. On introduit un gaz inerte qui chasse l'oxygène, l'incendie s'étouffe naturellement et on mouille le tout pour que ça ne fonde pas sous la chaleur. &lt;br /&gt;À ce système d'extinction s'ajoute un système de blocage de la tête de puits. &lt;br /&gt;L'inventeur dépose ses brevets chez qui de droit, notamment à l'Office mondial de la propriété intellectuelle à Genève, puis fort de cette caution juridique, s'en va trouver l'ambassadeur du Koweït en France. &lt;br /&gt;Parallèlement, il s'associe à plusieurs personnes censées disposer d'un bon carnet d'adresses et fonde avec elles une société en France, la CONIRA, dans le but de commercialiser sa trouvaille. &lt;br /&gt;Il n'entend plus parler de ses interlocuteurs jusqu'au jour où l'émir Jaber-al-Ahmad al-Sabah appuie enfin sur le bouton symbolisant la fin du drame. Les puits ne brûlent plus. &lt;br /&gt;Tout le monde s'extasie devant la rapidité de l'opération. &lt;br /&gt;Ferrayé n'a de son côté pas de doute. Le miracle tient à son invention : les images d’archive le prouvent. &lt;br /&gt;Reste à récupérer ce qui lui revient de droit. Son système a permis au Koweït d'économiser des centaines de milliards de dollars et autorise en plus la remise en exploitation de l’essentiel de ses revenus. Aux utilisateurs de payer maintenant !&lt;br /&gt;Vœu pieu. Dix-sept années passent et Ferrayé n'a toujours pas touché un centime. &lt;br /&gt;Pire, il a l'impression d'assister impuissant à la commercialisation en sourdine de son invention. Une technique qui n'a jamais été contestée, même par ses adversaires. Des experts tels que l'ingénieur basque Géraud de Vitrac n'hésitent pas à y voir l'invention du siècle. Un notaire interrogé par la Sûreté genevoise affirme de son côté que le brevet de Ferrayé a été utilisé abusivement au Koweït. &lt;br /&gt;L'inventeur dépose même plainte contre X des chefs d'escroquerie et tentative d'escroquerie. Et l'instruction est confiée à la juge genevoise Christine Junod dont l'enquête piétine toujours depuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1997, le « Journal de Genève » et la « Gazette de Lausanne » sont les premiers à porter l'affaire à la connaissance du grand public. Pendant ce temps, Joseph Ferrayé se cache, il se sent le laissé-pour-compte d'une formidable nébuleuse d'intérêts dans laquelle gravitent des émirs, des politiciens, des avocats, des banquiers, des notaires, et dont Genève est la plaque tournante. &lt;br /&gt;24 milliards de dollars : c'est la somme que le Koweït aurait déposée au nom de plusieurs associés de Ferrayé, s'il faut en croire un document authentifié par le notaire de Beyrouth en 1997. &lt;br /&gt;La vie de Joseph Ferrayé bascule alors dans le cauchemar mais l'inventeur à la voix douce ne renonce pas. Aujourd'hui moins que jamais, alors qu'une ordonnance datée du 6 mars 2001 est là pour raviver ses espoirs les plus fous. &lt;br /&gt;Telle qu'elle est parvenue à « La Liberté », elle émane du Tribunal de grande instance de Paris et ordonne le dépôt par l'État du Koweït de l'ensemble des contrats et de toutes les conventions ayant trait à l'extinction des puits de pétrole. &lt;br /&gt;Ce n’est pas tout : À l’époque, son avocat, maître Gilbert Lardco, sur le plateau de l'émission (préenregistrée) de « Sans Aucun Doute » du 12 mai 2000 qui a été censurée, parle de « la plus grande escroquerie du siècle, escroquerie incroyable, enjeu colossal ; on ne joue plus avec des rigolos, on joue avec de vrais tueurs, des hommes prêts à tout sous prétexte qu'un État a des intérêts qui sont reliés par d'autres États » . L’animateur-présentateur, déclare : « Cette affaire pourrait remonter très, très-très haut... ».   &lt;br /&gt;L'émission en question est censurée par RF1, sur la double intervention du Directeur de la compagnie pétrolière, disparue depuis, avalée par son concurrent national, et du Ministre français de l’industrie de la précédente mandature présidentielle, de l’époque de la première guerre du Koweït, en charge notamment du pétrole et aussi de Propriété Industrielle, actuellement en poste à Washington pour le compte d’une agence internationale de la Haute-finance, mari d’une productrice d’émission télévision politique à l’époque. Dans le « petit milieu » des médias... ça commence à sentir le soufre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’inventeur réfugié en Suisse et son avocat se sont tus. Et le ministre du pétrole koweïtien s’est fendu d’une visite en France pour rencontrer le premier ministre d’alors, dit de « gauche plurielle ».&lt;br /&gt;Depuis, plus rien. L’argent des puits s’est évaporé en diverses commissions d’intermédiaires et le juge a classé l’affaire sur un rapport d’expertise psychiatrique bidon – le toubib n’a même pas rencontré son sujet d’expertise – faisant passer l’inventeur pour un fou, débile qui pourrait être dangereux pour lui-même et ses proches…&lt;br /&gt;Étonnant, 24 milliards de dollars évanouis dans la nature ! Mais c’est comme ça que Paul découvre l’affaire : Il lui faut rencontrer cet homme ou au moins son avocat. Ce sera compliqué, car l’homme n’a aucune raison de parler tenu par le secret de son code de déontologie et qu’il n’a aucune raison d’investir sa confiance dans un inconnu qui passe neuf ans plus tard pour en savoir plus.&lt;br /&gt;D’autant mieux, que s’il s’agit sans doute de fonds détournés, le Trésor français n’en est pas la victime directe, ou alors, simplement faute de n’avoir pas vraiment touché l’impôt éventuellement dû sur ces sommes.&lt;br /&gt;Quant à savoir comment les américains ont obtenu la licence du brevet, ce n’est pas très compliqué à comprendre : ils ont un bureau fédéral payé par le contribuable américain rien que pour ça !&lt;br /&gt;Tous les brevets déposés partout dans le monde sont, au moment de leur dépôt, « ouverts » : il suffit de se servir au fil des besoins au nom de la défense nationale, comme l’autorise leur constitution.&lt;br /&gt;C’est exactement comme ça, en plus de l’échange de cellule-souche aux fins de confirmations habituelles, que la découverte du rétrovirus du Sida, faite par l’Institut Pasteur, s’est retrouvée brevetée par des américains…&lt;br /&gt;Paul tente le coup auprès du secrétariat du cabinet de l’avocat. &lt;br /&gt;Pour avoir finalement un rdv début septembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais s’il n’y avait que ça, c’est que Paul en fouillant dans les sites du « Capitaine Haddock » et de quelques autres sur internet, liens pour l’essentiel envoyés par « DD », le fait remonter sur les pistes indiquées à Malaga.&lt;br /&gt;L’affaire AZF d’abord : L'usine chimique AZF (AZote Fertilisants), aujourd'hui rasée, appartenait jusqu'en 2005 à la société Grande Paroisse. &lt;br /&gt;Cette société était une filiale d'Atofina qui regroupait, depuis la fusion de Total et d'Elf-Aquitaine, une partie des activités chimiques du groupe Total. &lt;br /&gt;Située à 5 km du centre de Toulouse, au sud, entre la Rocade, l'autoroute menant vers Tarbes, et la Garonne, elle avait été initialement construite à l'écart de la ville en 1921, puis a été progressivement englobée par l'agglomération. &lt;br /&gt;Elle employait un peu moins de 500 personnes sur un terrain de 70 hectares et produisait en grande partie des ammonitrates agricoles et, en plus petite quantité, des nitrates d'ammonium industriels, mais aussi de la mélamine, des résines et des produits chlorés tel que l'ATCC et le DCCNA. La fabrication de l'ensemble des produits était issue de la production d'ammoniaque, la synthèse d'ammoniaque réalisée à partir du gaz naturel provenant de Lacq.&lt;br /&gt;Tout le monde se souvient du 21 septembre 2001, dix jours après les attentats de New-York sur les « Twin » et sur le pentagone à Washington, à 10 h 18, qu’un stock d'environ 300 - 400 tonnes de nitrate d'ammonium déclassé destiné à la production d'engrais a explosé creusant un cratère de forme ovale de 70 mètres de long, de 40 mètres de largeur, et de 5 à 6 mètres de profondeur. &lt;br /&gt;D'après certains témoignages et enregistrements sonores, cette explosion aurait été précédée de quelques secondes par une autre explosion de plus faible intensité, une sorte de claquement, et des phénomènes électromagnétiques restés inexpliqués. &lt;br /&gt;La détonation a été entendue jusqu’à 80 km de Toulouse et a généré un séisme de magnitude 3,4.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois jours après la catastrophe le procureur de la République, M. Bréard déclare qu'il s'agissait « à plus de 90 % » d'un accident. Le 28 septembre 2001, il ouvre une information judiciaire contre X pour homicides, blessures et destruction des biens involontaires. Le juge d'instruction Thierry Perriquet a repris en novembre 2003 l'instruction commencée par deux autres magistrats.&lt;br /&gt;L’hypothèse de l'accident reste privilégiée par les autorités. En effet cette thèse postule que la catastrophe a été provoquée par une erreur de manipulation qui aurait conduit un employé d'une entreprise sous-traitante d'AZF à déverser, un quart d'heure avant l'explosion, 500 kg de produit chloré pour piscines (du DCCNa ou Dichloroisocyanurate de sodium), produit dans une autre partie de l'usine sur le tas d'ammonitrates stocké en vrac. &lt;br /&gt;Et pourtant, la reconstitution réalisée sur place en octobre 2002 a mis en évidence l'impossibilité de confondre les deux produits, du fait de la très puissante odeur de chlore dégagée par le DCCNa. Pour sortir de cette impasse techniques, les experts ont imaginé par la suite un scénario, dans lequel les quantités de DCCNa mises en jeu sont ramenées de 500 kg à seulement « un ou plusieurs kilos » négligemment balayés par l'employé incriminé, lequel a bénéficié d'un non-lieu peu de temps après. &lt;br /&gt;Après analyses d'échantillons de sol prélevés par le SRPJ de Toulouse en novembre 2001 dans le hangar où le manutentionnaire est censé avoir collecté les fameuses balayures, montrent qu'il n'y avait pas de DCCNa à la surface de ce local. &lt;br /&gt;En outre, si les tests d'explosivité des produits incriminés ont confirmé leur extrême réactivité, celle-ci ne se manifeste que sous certaines conditions qui sont très éloignées de celles qui prévalaient dans le hangar 221 un quart d'heure avant l'explosion : milieu confiné, mélange intime des produits broyés en poudre, forte humidité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la petite histoire, Paul se remémore ses cours de chimie de prépa et se souvient.&lt;br /&gt;Les explosions ayant impliqué du nitrate d'ammonium ne sont pas très nombreuses. La première date du 4 octobre 1918, à Morgan dans le New Jersey aux États-Unis. À la suite de l'incendie d'un atelier de chargement d'explosif qui dure une journée, des obus lancés en l'air retombèrent dans un magasin de 4.000 tonnes de nitrate d'ammonium et y explosèrent. L'un d'eux provoqua une forte détonation. Cependant, malgré d'autres détonations d'obus similaires, une grande partie du stock de nitrate en barils ne fut pourtant pas détruite.&lt;br /&gt;C’est dire s’il s’agit d’un produit « stable ».&lt;br /&gt;Le 26 juillet 1921 à Krieweld en Silésie, la Pologne actuelle, pour désagréger 30 tonnes de nitrate d'ammonium pris en masse dans deux wagons, on y a fait exploser une cartouche d'explosif minier. Les wagons explosèrent. Dix-neuf personnes furent tuées.&lt;br /&gt;Le 21 septembre 1921, à Oppau en Rhénanie, Allemagne, à la suite d'un tir de mine, un hangar contenant 4.500 tonnes de mischsaltz, un mélange moitié de sulfate d'ammonium et moitié de nitrate d'ammonium, provoque la mort de 450 personnes et la destruction de 700 logements.&lt;br /&gt;L'usine avait l'habitude de désagréger les tas à l'explosif et avait, à la date de la catastrophe, fait plus de 20.000 tirs sans le moindre incident. On suppose que la mine a explosé dans une région du tas où la concentration en nitrate d'ammonium était plus élevée que la moyenne. &lt;br /&gt;La sensibilité du mischsaltz à l'entraînement explosif augmente très vite avec la concentration en nitrate d'ammonium, ce qui explique qu'une partie seulement (450 tonnes, 10 %) du tas ait explosé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 1er mars 1924 à Nixon dans New Jersey aux États-Unis, un incendie, suivie d'explosions, fait rage dans un magasin de nitrate d'ammonium pollué de composés nitrés. &lt;br /&gt;Ce nitrate était fabriqué avec de l'acide nitrique provenant d'acide nitrique résiduel de la fabrication de trinitrotoluène.&lt;br /&gt;Le 5 juin 1940 à Rouen en France, au cours d'un bombardement aérien, une bombe explose dans un important stockage de nitrate d'ammonium en fûts métalliques (six mètres d'épaisseur). L'engrais se répand aux alentours du cratère de la bombe, mais sans exploser !&lt;br /&gt;Plus tard, le 5 août 1940 à Miramas en France, c’est un tas de 240 tonnes de nitrate d'ammonium pur, et en sacs, qui explose après un incendie provoquant l'émission de fumées rousses. &lt;br /&gt;L'enquête conclut que l'explosion avait été déclenchée par celle d'un obus projeté par une autre explosion, en l'occurrence d'un wagon de munitions voisin.&lt;br /&gt;Le 29 avril 1942 à Tessenderlo en Belgique, le tir d'une cartouche dans un tas de 150 tonnes de nitrate d'ammonium provoque son explosion. Bilan : plusieurs centaines de personnes tuées.&lt;br /&gt;Les 16 et 17 avril 1947, à Texas City, au… Texas, États-Unis, le cargo français « Grandcamp », de type « Liberty-ship », en cours de chargement, contenant 2.600 tonnes de nitrate d'ammonium en sacs (32,5 % d'azote, 4 % de charges minérales, 1 % de bitume) prend feu. &lt;br /&gt;Pour étouffer l'incendie, le capitaine fait fermer les panneaux de cale et envoyer de la vapeur sous pression. &lt;br /&gt;Malheureusement, cette cargaison n'a pas besoin d'oxygène pour continuer à brûler puisqu’elle est anaérobique. Une fois le feu pris, la chaleur de la vapeur accéléra la réaction. La pression augmente et, après une heure, la cargaison explose. Elle provoque la mort de plusieurs centaines de personnes et l'incendie du cargo « High Flyer », amarré à 250 m de là, qui contenait 1.050 tonnes de soufre et 960 tonnes de nitrate d'ammonium lui aussi. &lt;br /&gt;Le « High Flyer » explose à son tour le lendemain 17 avril, après avoir brûlé près de 16 heures.&lt;br /&gt;Un stock de 500 tonnes du même nitrate d'ammonium qui se trouvait sur le quai, prit feu également, mais brûla sans exploser. &lt;br /&gt;Les experts expliquent cette différence de comportement par le confinement plus important dans la cale des bateaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’oublions pas que le 28 juillet 1947 à Brest en France, le cargo « Ocean Liberty » chargé de 3.300 tonnes de nitrate d'ammonium et de marchandises inflammables (combustibles, lubrifiants, solvants, polystyrène, pneumatiques) prend feu vers 12h30. Le capitaine fait fermer les cales et envoyer de la vapeur sous pression. La situation s'aggravant, le bateau est remorqué en rade vers 14h00, mais s'échoue sur le banc de Saint Marc à quelques centaines de mètres de la plage la plus populaire de Brest. De la fumée noire et rousse s'en échappe et l'incendie devint très violent. Le cargo explose à 17h00 causant 29 morts et d'importants dégâts dans la ville de Brest pourtant abritée par les hautes falaises qui dominent la rade. &lt;br /&gt;Le bruit de la déflagration est entendu jusqu'à Morlaix, à 60 km de là. &lt;br /&gt;Un raz de marée de quelques décimètres se fait sentir jusque dans le chenal du Four, à plus de 30 km.&lt;br /&gt;Dans les deux cas, il s'agit de l'explosion, dans des conditions fortement confinées, du mélange de nitrate d'ammonium et de combustibles liquides.&lt;br /&gt;Le 23 janvier 1954, en Mer Rouge, le cargo « Tirrenia », chargé de 4.000 tonnes de nitrate d'ammonium prend feu. Le capitaine a recours à la vapeur pour tenter d'arrêter l'incendie. L'échec de cette tentative le conduit à abandonner son navire qui explose dans la nuit.&lt;br /&gt;Le 21 septembre 2001, on impute l’explosion de l'usine AZF de Toulouse en France au nitrate d’ammonium, mais sans pour autant comprendre comment, car sans incendie préalable ni confinement …&lt;br /&gt;Le 2 octobre 2003 à Saint-Romain-en-Jarez, dans le département de la Loire en France, un incendie se déclare dans un hangar agricole contenant de gros ballots de paille (démarrage de l'incendie), une chambre froide pour la conservation des fruits, des cagettes en plastique de fruits, vides, et quatre tonnes de nitrate d'ammonium en sac (engrais). &lt;br /&gt;L'incendie se propage de la paille aux parois de la chambre froide, puis aux cagettes en plastique, qui brûlent et fondent, faisant ainsi un mélange détonant avec le nitrate agricole.&lt;br /&gt;Il s'est écoulé environ 1 heure et 15 minutes entre l'appel aux pompiers pour éteindre le feu de paille et l'explosion du nitrate.&lt;br /&gt;Dix-huit personnes ont été blessées, principalement des pompiers, dont deux grièvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 9 mars 2004, en Espagne, un camion chargé de 25 tonnes de nitrate d'ammonium 33 % pour engrais, en vrac, explose à Barracas (communauté autonome de Valence-Valencia) sur la route nationale 234 Burgos–Sagonte, à la suite d'une collision, faisant deux morts et trois blessés. L'explosion est entendue à 10 km à la ronde et s'est produite une demi-heure après la collision ! &lt;br /&gt;Elle s'explique par le fait que l'accident a entraîné la mise en contact du nitrate (comburant) avec le gazole du réservoir (carburant) et par l'incendie qui s'est produit. &lt;br /&gt;Elle a créé un cratère important de 5 m de diamètre et de profondeur.&lt;br /&gt;Le 24 mai 2004, à Mihailesti en Roumanie, un accident routier impliquant un camion transportant 20 tonnes de nitrate d'ammonium, en sacs de 50 kg, qui s’est renversé vers 4h55 et a pris feu. &lt;br /&gt;Au bout d'une heure, une violente explosion provoque la mort de 18 personnes et en blesse grièvement une dizaine. L'explosion a creusé un cratère d'environ 15 mètres de diamètre et 10 mètres de profondeur.&lt;br /&gt;Enfin, le 22 avril 2004 en Corée du Nord, un train chargé entre autres d'essence et de nitrate d'ammonium, dans la gare de Ryongchon (ville de 130.000 habitants située à 20 km de la frontière chinoise) explose, provoquant la mort de 161 personnes et fait plus de 1.300 blessés. &lt;br /&gt;La gare a été rasée, ainsi que tous les bâtiments dans un rayon de 500 m, près de 8.000 logements sont détruits ou endommagés. &lt;br /&gt;Deux énormes cratères de huit à dix mètres de profondeur ont été vus sur le lieu de l'accident, dont les circonstances précises ne sont pas connues. &lt;br /&gt;Les autorités évoquent une erreur humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, AZF un accident, ce n’est pas une hypothèse très crédible. &lt;br /&gt;Mais celle de l’attentat, c’est encore plus compliqué à accepter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XIII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Treizième chapitre : De AZF au Koweït&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Le 9 juillet 2007, peu avant sa nomination à la Cour d'Appel de Monaco, le magistrat instructeur Thierry Perriquet, ordonnait le renvoi devant le tribunal correctionnel de la société Grande Paroisse et du directeur de l'usine Serge Biechlin pour « homicides et blessures involontaires », car les infractions de « mise en danger de la vie d'autrui » et d'« entraves à l'enquête » ne sont pas retenues. &lt;br /&gt;Plusieurs fois reporté, le procès de l’usine AZF s'ouvre lundi 23 février 2009 et dure 4 mois . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’une part, la thèse d'un attentat ne tient pas la route, même si la catastrophe s'est produite dix jours seulement après les attentats du 11 septembre 2001. &lt;br /&gt;Cette piste n'a été suivie que quelques jours, les recherches menées par une équipe de la police judiciaire de Toulouse et par les Renseignements généraux (RG) ayant été interrompues sur ordre de leur hiérarchie dix jours après les faits. &lt;br /&gt;La perquisition effectuée au domicile du principal suspect – un ouvrier intérimaire retrouvé mort près du cratère de l'explosion dans une tenue qui évoque certains kamikazes islamistes – n’est menée qu'après que son logement eût été vidé de tous ses effets personnels.&lt;br /&gt;Les policiers n'obtiennent l'autorisation d'auditionner le médecin légiste qui avait attiré leur attention sur la tenue extravagante de cet homme (cinq slips et caleçons superposés) et sur l'étrange propreté de son corps. « Cet homme s'était préparé à avoir une relation avec Dieu » confie un enquêteur de la PJ.&lt;br /&gt;Même si des revendications, au nom du « Djihad Islamique » (« Jihad islamique » est le nom de nombreux groupes terroristes, mais aucun d'entre eux n'est connu pour opérer en France) et de « Alpha Bravo » (groupe inconnu), ont été envoyées à la gendarmerie, à la police ainsi qu'à la presse et à la télévision locale, ces revendications sont considérées comme trop peu sérieuses pour que les autorités judiciaires modifient leur attitude. Qui est de considérer l'absence de revendication crédible comme un argument majeur pour écarter la thèse de l'attentat.&lt;br /&gt;Dans leur ordonnance de renvoi du 9 juillet 2007, les juges d'instruction ont repris l'explication donnée par les proches du défunt, à savoir qu'il s'habillait ainsi pour masquer sa maigreur dont il faisait un complexe. Or, le rapport d'autopsie a établi qu'au moment de son décès, le suspect avait une corpulence normale. &lt;br /&gt;Par ailleurs, dans leur « note blanche » du 3 octobre 2001, les RG ont précisé qu'il avait été recruté quelques mois auparavant par un groupe islamiste toulousain. &lt;br /&gt;Enfin, les photos prises, lorsqu'il est extrait de sa housse mortuaire, juste avant l'examen de corps, montrent qu'il était vêtu d'un tee-shirt et d'un pantalon quasiment intacts, alors qu'au-dessous, son thorax et son abdomen étaient profondément brûlés. Ce qui conduit à penser que ses vêtements ont été changés après son décès. &lt;br /&gt;Une hypothèse plus vraisemblable est que les vêtements n'ont pas été changés, mais que les profondes brûlures seraient dues à une électrocution, le courant ayant circulé dans les chairs et non dans les vêtements de la victime. Ces brûlures seraient concomitantes des dommages subis par le réseau électrique AZF lors de l'explosion précédant celle du hangar 221 et excluraient par conséquent toute participation de la victime à une action kamikaze.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et d’autre part, effectivement, l'analyse des ondes produites par la catastrophe a donné lieu à la publication de deux articles scientifiques. &lt;br /&gt;Dans le premier article, une équipe de sismologues toulousains présente les sismogrammes enregistrés par les stations pyrénéennes du réseau « ReNass » ainsi que le sismogramme fourni par un sismomètre au rebut posé dans un bureau au rez-de-chaussée de l'Observatoire Midi-Pyrénées (A. Souriau et al. C.R.A.S., 2002). &lt;br /&gt;Sur ce dernier enregistrement, on distingue les diverses composantes de l'onde sismique engendrée par l'explosion (onde P directe et convertie, onde dite de Rayleigh) ainsi que l'onde de choc (aérienne) venant d'AZF. &lt;br /&gt;Les auteurs reprennent, sans prendre parti, l'hypothèse d'un double bang produit par une explosion unique. Cette hypothèse sera réfutée dans le second article (A. Joets, C.R.A.S., 2009).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, si l’hypothèse de l’attentat ne tient pas la route et si l’accident n’est pas d’origine endogène aux conditions de stockages du nitrate d’ammonium, Jean-Marie Arnaudies, professeur réputé de mathématiques en classes préparatoires du Lycée Pierre de Fermat de Toulouse, remet au juge d'instruction Perriquet un mémoire intitulé « Certitudes sur la catastrophe de Toulouse ». Il y recueille plusieurs dizaines de témoignages qui sont consignés sur des attestations judiciaires et qui font état de deux explosions. &lt;br /&gt;À partir de ces témoignages et de sa réflexion de scientifique, il parvient à la conclusion que l'on ne peut pas interpréter une explosion comme un simple écho de la seconde. &lt;br /&gt;Par ailleurs, il pense que « si l'épicentre de l'explosion 2, celle qui a ravagé Toulouse, se trouve bien dans le hangar 221 d'AZF, il paraît mathématiquement impossible que l'épicentre de l'explosion 1 soit situé au même endroit.&lt;br /&gt;L'ensemble des points susceptibles d'avoir été l'épicentre de cette explosion 1 forme une branche d'hyperbole qui ne s'approche jamais à moins de 500 mètres de l'usine AZF mais la traverse de part en part, à environ 800 mètres à l'est, la SNPE : une société d'État aux activités civiles et militaires stratégiques couvertes par le « secret-défense », et qui fabriquait notamment les carburants de la fusée Ariane V et du futur missile balistique M51 ! &lt;br /&gt;Corollaire : l'explosion 1, perçue à des kilomètres à la ronde comme très brève, très sèche et très courte (plusieurs témoins parlent d'un « pneu géant qui éclate » et ont ressenti une secousse, sans dégâts matériels apparents) a été très probablement souterraine ». &lt;br /&gt;Il établit même la chronologie suivante : &lt;br /&gt;10h 17min 47 sec : au moins un éclair rectiligne ; 10h 17min 56,5 sec : éclairs, explosion 1, formation nuageuse, etc.… ; 10h 18min 01 sec : formation d'une immense colonne gazeuse bleue ; 10h 18min 05 sec : explosion du hangar 221 d'AZF. &lt;br /&gt;Pour le magazine Valeurs Actuelles, qui a publié plusieurs articles sur cette enquête, quatre enregistrements réalisés le 21 septembre montrent qu'il y a eu en réalité deux explosions, et qu'elles n'ont pas pu se produire au même endroit, parce que le délai entre les deux sons (qui dépend de la distance aux points d'explosion) varie suivant l'emplacement des enregistrements. &lt;br /&gt;Pour l'hebdomadaire, si la seconde explosion est identifiée à celle d'AZF, une première explosion s'est produite sur le site de la SNPE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui ne satisfait pas Paul non plus. Comment la première explosion, par la seule onde de choc peut déclencher la seconde en milieu ouvert et à température ambiante à 800 mètres de là ?&lt;br /&gt;Plus vraisemblable, en juillet 2006, on évoque alors une nouvelle piste en partie soutenue par un ancien ingénieur d'EDF, celle de l’hypothèse d'une explosion de nappes de vapeurs dérivées de l'hydrazine.&lt;br /&gt;De telles substances, comme le MMH (monométhylhydrazine), l'UDMH (diméthylhydrazine asymétrique, dont on se sert dans les booster de la navette américaine) ou le FDMH (formaldéhyde diméthylhydrazone) sont fabriquées à la SNPE jouxtant l'usine AZF.&lt;br /&gt;La MAPAE de Paul en manipule pour la fabrication des chambres de combustion de missiles de l’armée sous licence. Même mélangé à du perchlorate d’ammonium en poudre fine avec un adjuvant à base d’alumine pour donner un peu d’élasticité aux blocs fabriqués (les « brisures » et « fêlures » lors des manipulations, lors du transport ou sur le champ de bataille, modifie sensiblement le comportement du missile et de sa poussée, pas toujours corrigée par la tête du guidage qui oriente la tuyère d’éjection des gaz) l’ensemble fournit 2.500 m/s de vitesse d’éjection. Il faut un gros détonateur pour allumer la charge qui brûle à raison d’un kilo seconde et fournit une poussée de 2,5 tonnes. Avec 30 kilos de propergol/ergol auto-inflammable, un engin de 50 kg, charge explosive incluse, fournit une vitesse finale de 1.000 m/s en une demie-minute, soit mach 4 en haute altitude, auquel aucun avion ne peut échapper !&lt;br /&gt;Pour les missiles surface/surface, ou air/surface, on se contente de tailler le mélange solide en cône hyperbolique, de façon à avoir une poussée relativement constante. Il met plus de temps, jusqu’à 2 minutes pour les missiles courte portée, à parcourir les 15 milles nautiques qu’on lui demande jusqu’à la cible…&lt;br /&gt;Ces substances sont également indispensables à la production de carburants pour fusées et missiles, des propergols. &lt;br /&gt;En ce qui concerne l'UDMH, le site de fabrication de ce produit était en arrêt pour maintenance le jour de l'explosion mais environ 17 tonnes d'UDMH étaient stockées sur place.&lt;br /&gt;Ces produits ont une forte odeur d'ammoniac et de poisson pourri, une odeur caractéristique, inhabituelle et particulièrement forte qui a incommodé de nombreux témoins situés sous le vent de la SNPE le matin de la catastrophe. &lt;br /&gt;Mêlées à l'air, ces vapeurs forment un mélange asphyxiant, et explosif quand il est saturé d'oxygène ou mis au contact de métaux oxydés. Aucun obstacle n'aurait pu entraver la progression des vapeurs, poussées en ligne droite par le vent d'Autan qui soufflait ce jour-là à 30 km/h environ de la SNPE vers AZF. &lt;br /&gt;Sur son chemin, se trouvait la tour verte de prilling des nitrates et le hangar 221 de l'usine AZF. Au niveau de la tour de prilling, le mélange gazeux aurait pu être aspiré et remonter dans la tour. Normalement cette circulation d’air sert à refroidir le nitrate fondu pour en faire des granulés. De là, l’air chaud est évacué à l’extérieur via deux gros ventilateurs. &lt;br /&gt;Le mélange air chaud-UDMH évacué ce 21 septembre 2001, en s’enflammant, a très bien pu prendre l’aspect d’un éclair frappant la tour, tandis que l’explosion de ce mélange à l’intérieur aurait suffi pour faire décoller la partie supérieure du bâtiment et amorcer la seconde explosion qui a ravagé les environ de Toulouse.&lt;br /&gt;Logique, pense Paul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste une énième hypothèse : Les deux explosions ont coïncidé avec des perturbations électriques, qui ont été enregistrées par EDF.&lt;br /&gt;L'hypothèse de l'impulsion électromagnétique a été initiée à la suite de témoignages sur des « faisceaux lumineux géants » aperçus quelques secondes avant l'explosion du hangar 221 ainsi que sur des phénomènes locaux comme des coups de foudre, des tétanisations pendant plusieurs secondes et autres perturbations électromagnétiques inhabituelles.&lt;br /&gt;En juin 2002, les sociétés Géoid et Fugro sont chargées par la justice de réaliser les relevés électromagnétiques et magnétiques. Cette expertise fut réduite au simple site d'AZF et à la SEMVAT (bus), parce que le survol de la SNPE avait été interdit par le préfet. &lt;br /&gt;L'association AZF Mémoire et Solidarité, partie civile dans le dossier, qui regroupe plusieurs centaines d'anciens salariés de l'usine sinistrée, a insisté auprès de la justice pour que les phénomènes précurseurs d'origine électromagnétique et magnétique mentionnés soient étudiés et pris en compte. Ces témoignages sont restés définitivement inexpliqués depuis la fermeture du dossier avant procès. Jean-Pierre Petit (le physicien) évoque rapidement sur son site internet les liens qu'il établit entre l'explosion et l'effet qu'il attribue à une impulsion électromagnétique, plus connue sous l'acronyme anglais EMP. Jean-Paul Serbera, dans son premier ouvrage « AZF Toulouse : un mensonge d'État » affirme que l'explosion a produit de nombreuses EMP. Mais dans son second ouvrage « Attentat à la SNPE ? La face cachée de l'affaire AZF » il avance qu'une bombe EMP utilisée sur Toulouse aurait pu provoquer la catastrophe. En 2006, dans son livre « AZF-Toulouse : Quelle vérité ? », Daniel Dissy prétend qu'il existe des bombes EMP américaines et franco-allemandes et propose qu'une telle bombe aurait été utilisée ou testée à Toulouse en milieu aérien ou souterrain. Cette hypothèse est confortée par les témoignages des personnels AZF décrivant des électrocutions alors qu'ils n'étaient au contact que de matériels reliés à la terre. Les témoignages des phénomènes lumineux auraient quant à eux, deux origines : l'amorçage d'un poste électrique de distribution du site pour les observations de faisceaux lumineux, l'émission de boules de plasma pour les observations de foudre en boule. &lt;br /&gt;La première explosion aurait été la cause ou la conséquence des premières perturbations électriques relevées par EDF et ce serait le courant de retour créé par ce premier défaut électrique qui aurait (peut-être suite à la formation d'un arc électrique) provoqué la seconde explosion, celle d'AZF, huit secondes plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors quid d’AZF, « pas l’usine, le groupe terroriste » avait dit le « Capitaine Haddock » à Malaga. Et là, il s’agit bien de menaces d’attentat contre les voies ferrées du réseau de la SNCF.&lt;br /&gt;Un « truc » hallucinant qui commence le 11 décembre 2003 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Présidence de la République&lt;br /&gt;Ministère de l’Intérieur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mesdames, Messieurs,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Afin d’éviter toute surprise et une dangereuse incrédulité de la part des services concernés lors du début effectif de notre campagne, par la présente nous vous informons de la prochaines entrée en scène du groupe d’action AZF, sommairement présenté ci-dessous.&lt;br /&gt;Nous vous conseillons vivement de vous convaincre du caractère particulièrement sérieux des injonctions qui vous seront bientôt faîtes sous le nom d’AZF et de prendre dès aujourd’hui toutes les mesures nécessaires pour que nos courriers soient transmis sans délai à des responsables que vous voudrez bien désigner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui sommes-nous ?&lt;br /&gt;AZF est un groupe de pression à caractère terroriste secrètement créé au sein d’une confrérie laïque à spécificité éthique et politique, cela par les membres les plus déterminés, les plus compétents et les plus audacieux de celle-ci – bien évidemment à l’insu des militants ordinaires.&lt;br /&gt;L’existence même de notre groupe n’est donc connu que de ses seuls membres et celui-ci est appelé à être dissous sitôt satisfaites les exigences financières circonstanciées que nous formulerons en temps utile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que voulons-nous dans l’immédiat ?&lt;br /&gt;Nous sommes déterminés à augmenter fortement les moyens et l’efficacité de la petite confrérie à laquelle nous appartenons, nous désirons aussi soutenir le travail de personnalités militantes extérieures qui le mérite et, incidemment, récupérer des sommes importantes avancées par plusieurs d’entre nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A quel but final voulons-nous contribuer ? &lt;br /&gt;Quelles que soient les contraintes et les motivations des responsables gouvernementaux, souvent compréhensibles pour le court terme, les citoyens conscients se désespèrent de la manière catastrophique dont est géré le monde et notre propre pays, plus que tout autre état moderne gouverné par de simples réflexes primaires et privé d’authentiques dirigeants. Nous, membres d’AZF, sommes déterminés à combattre sans merci :&lt;br /&gt;- Un système économique dévoyé, voué à son propre service plutôt qu’à celui de l’homme.&lt;br /&gt;- Des politiciens plus occupés à parvenir aux commandes et à s’y maintenir qu’à accomplir leurs tâches véritables.&lt;br /&gt;- Des états hypocrites et fortement totalitaires qui dissimulent et combattent des progrès majeurs potentiels (énergies libres, médecines nouvelles) et par ailleurs protègent des techniques archaïques et destructrices afin de prolonger l’existence des pouvoirs en place.&lt;br /&gt;- La collusion de fait entre organismes médico-sociaux, agro-alimentaires, et culturels destinés à baisser la santé physique, intellectuelle et spirituelle de la population.&lt;br /&gt;- Un enseignement réducteur destiné à former des êtres soumis plutôt que créatif.&lt;br /&gt;- Un appareil médiatique complice conçu pour abaisser plutôt que développer la conscience individuelle et collective.&lt;br /&gt;- Etc.…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En résumé, nous voulons plus que jamais accomplir ou soutenir toutes actions susceptibles de remettre les systèmes socio-économiques au service de l’individu responsable et souverain, cela afin de relancer le progrès et permettre la survie même de la planète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quels sont nos moyens ?&lt;br /&gt;Ce sont ceux des minorités agissantes : l’action pacifique ordinaire qui préfère la bonne parole quand celle-ci porte et, pour cette fois, une détermination totale et sans interdit qui retourne à son propre service les tactiques ennemies les mieux rodées. Aujourd’hui, face à l’urgence, le chantage le plus machiavélique et le plus implacable qui dégagera les moyens matériels de la démarche pacifique, sinon, en compensation, le rejet de nos demandes nous fera indirectement bénéficier d’une terreur et d’une déstabilisation sociale sans commune mesure avec les diverses formes de diversions et autre profits que, par l’intermédiaire de ses membres les plus pervers, un gouvernement pourrait lui-même obtenir en feignant une fermeté impuissante. Tout cela sans compter l’imitation et l’émulation qui ne manqueront pas s’ensuivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi nous attaquons-nous directement à l’état ? &lt;br /&gt;Parce que, par exemple, le rançonnement d’une famille ou d’une société fortunée serait combattu par les mêmes services de police et quasiment avec les mêmes moyens que ceux qui seront effectivement mis en œuvre contre nous ; par contre, et à notre bénéfice, la méthode terroriste nouvelle que nous avons mise au point, selon le cas inoffensive ou terriblement meurtrière, fera des responsables gouvernementaux de véritables coupables et d’authentiques criminels aux yeux de tous en cas d’hécatombe. Juste retour de bâton…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne craignons-nous pas de mettre la vie d’innocents en danger ?&lt;br /&gt;Pour notre confort moral primaire, nous préférerions évidemment qu’il y ait peu ou pas du tout de victimes, c’est pourquoi notre tactique vous délègue entièrement la responsabilité du choix ; cependant, que représentent les quelques centaines de vies menacée par rapports aux millions de morts, infirmes, malades et idiots causés annuellement par les comportements politiques, économiques, médicaux et culturels de notre époque ?&lt;br /&gt;Que dira t’on de Mr Ben Laden ( ?) dans quelques décennies&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A très bientôt.&lt;br /&gt;le porte parole d’AZF, avec l’assentiment de chacun. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le logo choisi par ce groupe inconnu rappelle indéniablement le carreau d’une arbalète.&lt;br /&gt;La méthode quasi-militaire de l’exécution de la menace qui se précise un peu plus tard évoque une organisation hautement entraînée aux méthodes d’espionnage et de contre-espionnage.&lt;br /&gt;Ce qui fait conclure au « Capitaine Haddock » que le « Groupe AZF » est « patriote » et que la cause de son action est à rechercher ailleurs que dans la simple extorsion de fonds.&lt;br /&gt;Il s’agirait tout simplement de faire restituer l’argent détourné de la « Division Daguet », le prix du sang et de la mort, le contingent français engagé dans la première guerre du Golf, au Koweït.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel rapport entre le groupe qui se choisit un pseudonyme identique à celui de l’usine de la catastrophe de Toulouse datant alors d’un peu plus de 2 ans ?&lt;br /&gt;Le nitrate d’ammonium peut-être, dont sont faites leurs bombes sophistiquées que l’on découvrira plus tard, car il y a 8 courriers au total, des 24 et 29 janvier 2004, 17, 21 et 27 février de la même année, et les 11 et 17 mars qui réclament une dernière fois « le montant de votre contribution à 8 Meuros environ, soit 1 ME + 5 M$ en coupures usagées de 100, plus 2 ME en coupures de 500 E »,  et enfin un courrier du 24 mars indiquant la fin des opérations.&lt;br /&gt;Paul ne voit pas le rapport immédiatement, mais suit dans le courant du mois d’août, cette piste en notant les dates et les montants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après que la deuxième bombe soit retrouvée près de Troyes, le groupe annonce sa « trêve unilatérale » (24 mars 2004). Paul note la date. Et le « Capitaine Haddock » annoncera plus tard sur son site, le retour du groupe en décembre 2009 .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un homme-clé, le bonhomme rencontré à Malaga ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XIV)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatorzième chapitre : L’argent de la « division Daguet »&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Homme-clé, Paul ne sait pas : En fait, il suit depuis sa retraite dans le haut-var, les deux pistes laissées par Emily Lison, le faux-nez de la CIA qu’on lui a mis entre les pattes avant son attentat. &lt;br /&gt;Et curieusement, ces pistes se recoupent.&lt;br /&gt;Par le haut et par le bas en plus. &lt;br /&gt;Il y a bien de l’argent sale qui entre quelque part, les « commissions cachées » sur les frégates de Taiwan, les sous-marins pakistanais, l’Angolagate, l’affaire Luchaire, peut-être même les mirage 2000 en Chine nationaliste, les missile air-air Matra vendus en même temps, toujours couvert par le « secret-défense », de l’argent qui traine et circule mais qui ressort comment ?&lt;br /&gt;En valises de billet remises par des Méry de passage comme le rapporte « Haddock » ?&lt;br /&gt;Pas seulement, il ne s’agit que de quelques dizaines de millions de francs du type des affaires Urba et compagnie, de la gnognotte qui finançaient en douce les campagnes électorales locales d’avant la loi d’amnistie générale. &lt;br /&gt;Là, on n’est manifestement plus dans le même registre quand il s’agit de dizaine de millions de dollars, voire de milliards comme dans l’affaire Ferrayé ou de celle de la « division Daguet ».&lt;br /&gt;C’est une autre dimension, une autre planète, un facteur 1 pour 1.000 entre les deux genres !&lt;br /&gt;Et si ça sort d’un côté, c’est que c’est rentré par un autre.&lt;br /&gt;Et vice-versa.&lt;br /&gt;À ce jeu-là, le « Capitaine Haddock » est plutôt un homme-têtu qu’un homme-clé. &lt;br /&gt;Un jouet de la CIA, lui aussi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il y va fort, le bonhomme.&lt;br /&gt;Il écrit une première fois à la BCR du Havre, le 22 février 1998. Puis le 02 juin 1998, à Monsieur Jean-Pascal Beauffret, Directeur Général des Impôts, en pleine grève des pilotes de ligne d’Air-France dont il est un des proches des syndiqués du SNPL. &lt;br /&gt;Le 08 juin 1998, il écrit au ministre de l'Économie des Finances et de l'Industrie. &lt;br /&gt;« Ce courrier a été envoyé lors de la première journée de la deuxième semaine de la grève des pilotes, par télécopie au ministre, à XXX, et à une grande partie de la Presse…&lt;br /&gt;Il avait été entendu, auparavant, avec Jean-Charles Corbet, présidant le Bureau Air-France du SNPL, que si la Direction de la compagnie Air-France déclenchait une forte offensive au moyen de la Presse et des Médias, le SNPL allait lâcher sur les ondes, en Mondovision, l'information du vol des indemnités de la Guerre du Golfe, par l'Arsouille… » &lt;br /&gt;L'effet était garanti. &lt;br /&gt;La grève s'est arrêtée le soir même, dans la nuit du 8 au 9 juin…&lt;br /&gt;« Nous avons été tous très surpris de la rapidité de la capitulation en rase campagne du Gouvernement… Le dossier était vraiment très chaud… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là-dessus, on lui fait répondre par courrier du 6 juillet 1998, « de Monsieur B. P., du bureau CF 1 de la sous-direction du Contrôle Fiscal à la Direction Générale des Impôts », qui l'informe « que la règle légale du secret fiscal ne me permet pas d'être informé des suites des faits dont a été avisé les services fiscaux du Havre… »&lt;br /&gt;Le 29 août 1998, il réécrit au ministre de l'Économie et des Finances de l’époque, courrier resté sans réponse. Le 23 novembre 1998, de nouveau au ministre à qui il réitère sa demande sur l'enquête en cours en précisant que Monsieur P. P., de la sous-direction du Contrôle Fiscal, responsable du dossier, confirme qu’il n’y avait pas droit à l’accès aux résultats de cette enquête. Le 27 décembre 1999, au nouveau ministre de l'Économie et des Finances auquel il demande simplement que le ministère communique la somme reçue par la France au titre des indemnités de la Guerre du Golfe. Lettre restée sans réponse.&lt;br /&gt;Il remet ça le 21 février 2000, au même ministre, sous forme d'une lettre ouverte envoyée à la Presse. Toujours sans réponse… Le 3 avril 2000, nouvelle lettre ouverte laissée sans réponse au nouveau ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Le 20 juillet 2000, un rappel au dit Ministre toujours sans réaction.&lt;br /&gt;« Je commençais à être las, lorsque j'ai envoyé un courrier à Monsieur J. P. C., rédacteur en chef de la revue …, avec copie à la Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense (DICOD). &lt;br /&gt;J'espérais qu'avec une lettre officielle à la Défense Nationale, le ministère des Finances allait enfin se manifester », écrit-il le 20 avril 2006 au ministre des Finances de l’époque .&lt;br /&gt;« C'est ce qui s'est passé, puisque le 29 janvier 2001, en présence d'un représentant de la DGI, et sur sa demande, un officier de la Défense Nationale est venu à mon domicile pour m'apprendre que, suite à mes courriers, une enquête avait été ouverte, et qu'une vérification de la comptabilité de la Défense avait été entreprise. &lt;br /&gt;Celle-ci a confirmé qu'aucune somme n'a été versée au titre des indemnités de la Guerre du golfe… »&lt;br /&gt;Dont acte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas du tout, pour lui, l'affaire commence lorsqu’il apprend, en novembre 1997, d'un informateur anonyme, alors qu’il était commandant de bord à la compagnie Air-France et ce rendait très souvent en B-747 Cargo à Dubaï, Abu-Dhabi ou Doha, que les indemnités de la Guerre du Golfe auraient été dérobées par président de la République d’alors.&lt;br /&gt;« Je rappelle qu'au titre de l'indemnisation des dépenses militaires de l'opération « Tempête du Désert » les USA ont reçu du Koweït 13,5 milliards de $. &lt;br /&gt;Le Royaume Uni 1,4 Md$. &lt;br /&gt;La Turquie 1,4 Md$. &lt;br /&gt;L'Égypte 970 millions de $. &lt;br /&gt;Le Zaïre 20 millions de $.&lt;br /&gt;Que 6,89 milliards de $ ont été attribués en « dépenses extraordinaires et d'urgence », et que la Presse s'est fait l'écho d'un versement [supplémentaire] à la France de plus de un milliard de $, par les Émirats Arabes (Courrier International du 28 novembre au 2 décembre 1998). »&lt;br /&gt;Son incrédulité passée, en décembre 1997 il se fait confirmer cette information ahurissante au plus haut niveau de l'état-major des Armées. &lt;br /&gt;« J'avais, en effet, de part mes activités professionnelles et associatives, la possibilité d'être en contact avec de très hauts gradés de l'État-major de la Marine nationale, et de l'État-major de l'Armée de l'Air… »&lt;br /&gt;Confirmation obtenue début janvier 1998, par le parti politique auquel il adhérait.&lt;br /&gt;« Les officiers et les élus qui l'ont découvert étaient scandalisés par ce détournement de fonds, car si la somme dérobée est colossale, le crime contre la morale n’est pas tolérable… » &lt;br /&gt;Tout « ceci est contenu dans le procès verbal d’audition rédigé par M. P.A. et B.B., inspecteur et contrôleur à la Brigade d'intervention interrégionale de Lille, dépendante de la Direction nationale d'enquêtes fiscales, et M. P.C. et M.M., contrôleurs divisionnaires à la BCR du Havre. » écrit-il le 20 juin 2008 à la ministre de l’économie, des finances et de l’industrie du moment .&lt;br /&gt;Et en juin 1991, le dollar valait 6,07 FF.&lt;br /&gt;Soit, après un rapide calcul, 7,301 milliards d’euros…&lt;br /&gt;Avec des commissions de l’ordre de 10 % à 20 % sur le dossier de Ferrayé, serait-on donc entre 10 et 15 milliards d’euros qui se promèneraient ailleurs que dans les caisses du Trésor français ?&lt;br /&gt;Ahurissant pense Paul sous le soleil varois !&lt;br /&gt;Au taux de change du dollar au mois de juillet 2009, ça fait entre 14 et 22,5 milliards de dollars…&lt;br /&gt;Et Haddock de réclamer à chaque fois sa prime d’aviseur, se contentant même que d’1 % de ces montants pour sa fondation pour les grands clippers, prime estimée par lui à 50 millions d’euros…&lt;br /&gt;Exactement la même litanie qu’à Malaga en début de mois !&lt;br /&gt;Sûr que, pour ce prix-là, il peut se payer un grand-voilier… Un beau même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul cherche la trace de ces montants dans les DVD fabriqués en début de mois par Joëlle. Il y a une vingtaine de comptes où se baladent des montants à plus de sept chiffres devant la virgule. Ça arrive en dollars américains, c’est transformé et francs suisses et ça repart en dollars ou en livres britanniques.&lt;br /&gt;Grâce aux renseignements attachés à ces mouvements, il retrouve facilement les pays des comptes d’origine et ceux de destination. Par contre, comme il s’agit, en tout cas pour les comptes suisses, de comptes numérotés, il va falloir apprendre à les décoder, si par hasard ils ne sont pas le fruit du… hasard.&lt;br /&gt;Paul se monte une petite requête sur Access : Il y a des montants très importants qui circulent effectivement du Koweït, de Doha, du Liban, et d’ailleurs même, qui vont en Angleterre, en Belgique, à Washington, voir même à Jersey ou dans des paradis fiscaux tropicaux.&lt;br /&gt;La pêche de la conseillère de la Cour régionale des comptes de Paca démontre qu’elle a bien travaillé, grâce à l’information clé du « Capitaine Haddock » : le nom de la banque et les périodes.&lt;br /&gt;Information dont l’origine reste provenir de son « ex », Emily Lison, revenue en Europe en service commandé…&lt;br /&gt;Mais tout cela n’est pas suffisant, il lui faut d’autres éléments.&lt;br /&gt;C’est ce qu’il le décide à former le numéro qu’elle lui avait laissé il y a quelques semaines.&lt;br /&gt;Rendez-vous est fixé le soir de l’assomption sur le port de Calvi, au milieu du feu d’artifice qui rassemble une grande partie de la Balagne et marque le début de la fin de la saison touristique en Corse.&lt;br /&gt;Lui s’y rend avec son voilier . En mer, ils pourront peut-être discuter.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Si c’est possible, rencarde-toi auprès de tes chefs sur la suite des opérations. Tu leur dis avant que je suis sur la piste d’AZF, de Ferrayé et de la division Daguet, après avoir rencontré le contact que tu m’avais filé &lt;/i&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Almont, sitôt averti sur son lieu de villégiature pas très éloigné, cette fois-ci, de son bureau à Langley, essaye de reconstituer l’état des lieux.&lt;br /&gt;« Juliet-Sierra » est au travail et il progresse. Il le sait depuis que son équipe espagnole lui a rapporté l’entrevue à Malaga. C’est plutôt encourageant. Mais il ne faudrait pas qu’il aille trop loin sur AZF, le groupe armé. Bien sûr que de l’argent a été versé, puisque l’agence l’a encaissé pour le compte du Trésor américain, subrogé pour l’occasion à l’Otan, et au titre d’une avance sur intérêts échus en 2004.&lt;br /&gt;Mais lui sait qu’il n’a pas pour origine l’argent perdu par le prédécesseur du président de l’époque. C’est même ce qui a commencé à faire réfléchir ses services sur un possible trafic d’influences, confirmé par la suite quand il a fallu racheter les frégates de Taïwan en 2004 et rétrocéder l’essentiel des commissions au ministre du pétrole koweïtien générée lors du contrat de l’extinction des puits.&lt;br /&gt;Son pays avait fait l’avance, dont il est justement question qu’elle soit remboursée à l’Otan pour éviter un drame international et renouer des relations diplomatiques normales avec la France, une des exigences justifiées de l’équipe de Bush.&lt;br /&gt;D’ailleurs, le Président Obama et la secrétaire d’État, mis au courant par leur ministère ou ses chefs à lui, à chaque sommet, que ce soit Pittsburg ou Londres et peut-être encore le prochain programmé pour Copenhague, avaient parfaitement snobé le président français…&lt;br /&gt;Pour l’un, c’est presque naturel dans sa façon bien à lui de poser le regard sur autrui, le menton légèrement en avant, le regard condescendant, surtout sur « le nain », compte tenu de sa haute stature et sa grande taille.&lt;br /&gt;Et puis lors de son passage à Strasbourg, il s’est rendu compte que le département d’État n’avait pas tout-à-fait tort quant aux « réserves » dont on l’a averti.&lt;br /&gt;Pour l’épouse de « l’ex », bien plus accrocheuse, elle n’a pas fait de difficulté jusque-là. Les initiatives politiques de la France, entraînant Merkel dans son sillage, qui fâchent et la City et les places financières américaines, ne sont pas vraiment faites pour un réchauffement généralisé des relations de « cordialités diplomatiques ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De quoi avait donc besoin « Charlotte » pour progresser ?&lt;br /&gt;L’emmener sur la piste des frégates. Oui, certes. Mais il n’y trouvera que la conviction que sa présidence de leur république avait perdu les clés de ses fonds secrets depuis le décès du président de « l’union de leur gauche ».&lt;br /&gt;Justement, les clés qu’il lui faut retrouver.&lt;br /&gt;L’emmener sur le « gardien des chasses présidentielles » ?&lt;br /&gt;Ou directement sur le Président de la « fondation du souvenir » de leur prédécesseur ?&lt;br /&gt;À moins qu’il ne lui fasse porter tout le dossier, mais alors sans l’épisode d’AZF, ni celui des balles de 9 mm.&lt;br /&gt;Après tout, « Charlotte » est resté un officier supérieur de sa marine nationale et Almont a pu voir et se rendre compte à Kandahar que c’est avant tout un homme loyal.&lt;br /&gt;Qui n’a pas froid aux yeux non plus et sait prendre des risques calculés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Emily reçoit l’autorisation de rencontrer à nouveau « l’amour de sa vie » pour avoir été son premier et unique mari, elle biche. &lt;br /&gt;Un agent de l’ambassade lui remet le DVD et ses instructions, et elle prend l’avion pour Calvi, charmante petite station balnéaire du nord-ouest de la Corse. &lt;br /&gt;Paul De Bréveuil a prévenu Gijou de façon à ce qu’elle poste une équipe en couverture : il se méfie de la messagère des mauvaises nouvelles. La dernière fois, il aurait dû prendre deux balles dans le dos si la vitre n’avait pas été blindée, après sa visite.&lt;br /&gt;Dans la foule du soir, ils parviennent à se retrouver autour de la gare pour aller mirer le feu d’artifice programmé pour 22 h 30, mais depuis une paillote sur la plage. Paul a eu la délicatesse d’y retenir une table et « Dominiquette » d’y placer ses hommes aux alentours.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Tu vas bien ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr. Elle aussi d’ailleurs. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quelles sont tes consignes ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle lui remet le DVD.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On m’a dit de te dire qu’il s’agit du vrai. Du vrai quoi, je ne sais pas, alors ne me demande pas. On m’a aussi dit de te dire que quand on pirate un système, quel qu’il soit, on prend la précaution de masquer son IP en en créant un qui n’existe pas. Pas un qui existe déjà, bien entendu.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Aïe, pense Paul pour lui-même : Joëlle a fait une bourde et s’est fait repérer…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et mes menaces de mort, qui planent dans mon dos ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Toujours en danger, répond-elle. Peut-être plus encore.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Paul, mon chéri, dans quoi tu t’es mis pour être ainsi en danger ? Répond-moi, j’ai peur pour toi !&lt;/i&gt; » termine-t-elle, l’accent américain du sud presque convaincant.&lt;br /&gt;Un peu plus, et on aurait pu croire à sa franchise…&lt;br /&gt;Elle n’est décidément pas au courant de ses crypto-activités, pense Paul. Juste un agent de liaison avec Washington qui semble décidément l’avoir mis sous surveillance.&lt;br /&gt;À quelles fins ? Dans quel dessein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;../ (Aparté n° 8) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XV)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quinzième chapitre : De « Clearstream à Clearstream »&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Paul laisse son voilier à sa bouée d’amarrage dans le golfe de Calvi et rentre à Fox en hydravion. Comme il était venu.&lt;br /&gt;Le DVD contient des fichiers que Paul de Bréveuil ouvre une fois rentré. Des listings de comptes sous format PDF, ceux qui ressemblent si fort à ce qu’il a pu voir dans l’affaire Clearstream dans la presse par le passé. &lt;br /&gt;Beaucoup de comptes, des numéros, des noms, des adresses enfin.&lt;br /&gt;Et puis des dates avec des montants.&lt;br /&gt;Il n’a plus qu’à « croiser » avec les fichiers constitués par Joëlle, ce qui demande bien une bonne semaine de concentration assidue, à se promener entre divers points de chute, ordinateur sous le bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clearstream, une affaire « impossible » !&lt;br /&gt;En France, cette affaire prend place dans les conflits brutaux qui agitent l’industrie française de l’armement depuis la création d’EADS et les luttes d’influence des géants de l’électronique militaire Thales (Ex-Thomson-CSF) et Alcatel-Lucent avant leur possible fusion. &lt;br /&gt;Ainsi, au sein du groupe EADS, se déchireraient deux clans issus de l’ancien groupe Matra de feu Lagardère : d’une part celui d’EADS proprement dit, animé par Philippe Camus et Jean-Louis Gergorin ; d’autre part, celui d’Airbus, dirigé par Noël Forgeard et Philippe Delmas.&lt;br /&gt;En seconde toile de fond, c’est la rivalité politique entre le futur Président et le dernier premier ministre de son prédécesseur. &lt;br /&gt;Dès les débuts de l'affaire, le premier y aura vu une tentative grave de déstabilisation à quelques mois de l'élection présidentielle de 2007 .&lt;br /&gt;C’est en juin 2001, le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur l’affaire des frégates de Taïwan.&lt;br /&gt;Paul note qu’il faudra qu’il fasse quelques recherches sur le sujet. Peut-être attendre le retour de vacances de « DD » de chez « CAP Investigations ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au printemps 2004, il reçoit plusieurs lettres anonymes et CD-ROMs prétendant révéler l'existence d'un réseau international d’influences et de malversations, ainsi que celle de 895 comptes bancaires occultes qui, ouverts par de nombreuses personnalités du monde des affaires (dont Alain Mezgo, Pierre Tarminez, le même Philippe Delmas) ou de la politique (dont Krasosky, Strauß-Ghân, Bafius, Dalemin, Chêne-vément et d’autres), auraient fait transiter l'argent des frégates.&lt;br /&gt;Paul se rend compte que c’est faux. D’abord il n’y a pas que 895 noms dans le document remis par Emily, mais des centaines de fois plus.&lt;br /&gt;Ensuite, la plupart de ces noms sont souvent des acronymes, des initiales suivis de chiffres, des noms de banques, de brokers et aucun particulier.&lt;br /&gt;Il est rapidement apparu qu’il s’agissait d’une tentative de manipulation visant le juge Van Ruymbeke, et dont le scénario s’inspirait des thèmes développés dans le livre « Révélation$ » de Denis Robert. &lt;br /&gt;En particulier, les listes de comptes occultes envoyés par le corbeau auraient été trafiquées afin d’impliquer des personnalités étrangères à l’affaire des frégates de Taïwan. &lt;br /&gt;Une enquête sur la réalisation de ces faux est alors confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.&lt;br /&gt;Par ailleurs, dès juin 2001, les juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé enquêtent sur l’affaire des frégates de Taiwan. Parallèlement, en 2001 et 2002, le journaliste Denis Robert publie ses deux livres sur Clearstream, accusant cette société luxembourgeoise de dissimuler des opérations financières illégales, et lançant ainsi l’affaire « Clearstream 1 ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 3 mai 2004, Renaud Van Ruymbeke reçoit une première lettre anonyme, suivie, le 14 par plusieurs autres et un CD-ROM, contenant cette fois-ci 16.121 comptes bancaires ouverts chez Clearstream, datant du premier trimestre 2000. &lt;br /&gt;Encore insuffisant.&lt;br /&gt;Le délateur, surnommé « le corbeau » peu après, livre un scénario de cinéma très inspiré par le conspirationnisme ambiant. La lettre commence par ces mots :&lt;br /&gt;« Je vous écris pour vous informer de l’existence d’un groupe mafieux comprenant au moins deux personnes auxquelles vous vous intéressez et qui commencent à étendre en France des méthodes de corruption et de prédation qui ont fait tant de mal à la Russie dans les années 1990. »&lt;br /&gt;Selon le corbeau, un « comité » international composé de Français, d’oligarques russes et de narcotrafiquants serait à l’œuvre pour contrôler de grandes entreprises et blanchir des quantités considérables d’argent sale par le biais des comptes occultes de Clearstream. &lt;br /&gt;Le corbeau cite pêle-mêle l’oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, patron du géant pétrolier Ioukos et de la banque Menatep (aujourd’hui emprisonné en Sibérie) et le milliardaire Marc Rich. Il affirme qu’il existe des liens financiers entre des familles colombiennes, des parrains russes, est-allemands et ouzbeks, tout cela au sein d’une vaste confrérie internationale du crime et du blanchiment d'argent !&lt;br /&gt;Rien de moins…&lt;br /&gt;Ce comité serait responsable de la mort de Jean-Luc Lagardère, l’ancien patron de Matra, aujourd’hui fusionné dans EADS . Il faut dire que la mort « naturelle » de Jean-Luc Lagardère, le 14 mars 2003 est considérée comme la suite malheureuse d'une opération chirurgicale du 27 février 2003, de la hanche à la clinique du Sport à Paris qui n’a pas non plus une excellente réputation pour être traînée par une flopée de victimes de maladies nosocomiales. &lt;br /&gt;Huit jours après, le 7 mars 2003, Jean-Luc Lagardère, bien que légèrement fatigué, dîne en famille avec sa femme Bethy, le couturier Emanuel Ungaro et l'épouse du ministre des Affaires étrangères de l’époque. &lt;br /&gt;Le 8 mars 2003, à 75 ans, le patron de Matra est retrouvé dans le coma sur le sol de sa chambre à coucher par sa femme. Après quelques jours en réanimation, il meurt à l'hôpital Lariboisière à Paris, le 14 mars à 22 h 59. &lt;br /&gt;Le diagnostic annoncé par le chef de service, le Pr. Didier Payen, est une « encéphalomyélite aiguë auto-immune ». Selon le journaliste Denis Robert, cette maladie fulgurante peut s'inoculer à des souris de laboratoire au moyen d'un aérosol, rendant possible son utilisation comme arme par des services spéciaux. Décidément, se dit Paul, il faudra des informations sur ce citoyen-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corbeau prétend ainsi dénoncer des comptes occultes établis chez Clearstream pour plusieurs personnalités du monde des affaires ou de la politique, dont Philippe Delmas, vice-président du géant européen de l’aéronautique EADS, et le ministre de l’Économie d’alors. &lt;br /&gt;Mais aussi Alain Gomez, ancien président de Thomson-CSF (devenu Thales), Pierre Martinez, ancien responsable de la sécurité de Thomson-CSF, Andrew Wang, l’intermédiaire sino-américain impliqué dans le scandale des frégates de Taïwan, ainsi que Chêne-vément, ex-ministre de la guerre, Strauß-Ghân ex-ministre de l’Économie devenu banquier international à Washington, Bafius, ex-ministre des finances avant de devenir chef du gouvernement de l’union de la gauche, etc. etc. Un vrai bottin mondain !&lt;br /&gt;C’est ainsi que le corbeau a fait croire qu’Alain Gomez possédait le compte 83656 à la Cititrust (Bogota), alors que le véritable titulaire se dénommait en réalité Hugo Caceres Gomez. &lt;br /&gt;De même, le compte E 3521, ouvert à la Reserved Mailbox Account, censé appartenir à Pierre Martinez, a comme titulaire une société madrilène dénommée Martinez Gil y Asociados.&lt;br /&gt;Les lettres s’inspirent beaucoup des accusations portées sur la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, et témoignent d’une connaissance certaine du dossier Clearstream et de l’affaire des frégates de Taiwan. &lt;br /&gt;« Certains numéros de comptes comme ceux de la BNP sont authentiques » écrira Libération, ce que Paul peut aisément vérifier avec les DVD d’Emily. &lt;br /&gt;Dès lors, des commissions rogatoires internationales sont adressées en Suisse, au Luxembourg et en Italie.&lt;br /&gt;Fin 2004, le juge Van Ruymbeke comprend qu’il s’agit d’une manipulation : « Les noms de personnalités ont été rajoutés aux listes de Clearstream. Parfois grossièrement. L’enquête préliminaire ouverte sur les autres comptes est classée sans suite en mai 2005. » &lt;br /&gt;Une enquête sur la réalisation de ces faux est donc confiée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.&lt;br /&gt;Le parquet de Paris demande une enquête préliminaire sur la chambre de compensation Clearstream et envoie un substitut à Luxembourg. &lt;br /&gt;Le ministre de l'Intérieur de l’époque, futur dernier premier ministre du prédécesseur du Président élu en 2007, demande une enquête au directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, dont un des adjoints, Jean-Jacques Martini, est cité dans la liste du corbeau.&lt;br /&gt;En janvier, l’enquête concernant le compte du futur Président, accusé de détenir des comptes à la Banca popolare di Sondrio, un bourg italien situé au centre des Alpes, sous le nom de « Stéphane Bocsa » et « Paul de Nagy », est fermée. &lt;br /&gt;La Banca popolare di Sondrio a en effet répondu à la commission rogatoire du juge Van Ruymbeke réclamant l’identité du titulaire du compte. L’établissement italien a indiqué que le numéro correspondait à un compte de banque ouvert par la société Clearstream, et était utilisé par de très nombreux clients, sans doute à des fins de compensation interne comme l’avait expliqué à Paul Joëlle Lidoire en début de mois. &lt;br /&gt;La Banca popolare réclamait au magistrat français une nouvelle demande désignant la personne visée, mais puisque l’enquête prouvait par ailleurs que les listes avaient été trafiquées, le juge Van Ruymbeke a refermé le dossier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’attention des magistrats se porte sur un informaticien d’EADS, Imad Lahoud. Il aurait été recruté chez EADS par Jean-Louis Gergorin, sur recommandation du général Philippe Rondot, vétéran des services de renseignements français. Début 2003, Imad Lahoud a collaboré avec la DGSE pour identifier les réseaux financiers d’Al-Qaïda. À cette occasion, il s’est informé sur le fonctionnement des comptes de Clearstream et a rencontré Denis Robert.&lt;br /&gt;Les juges Pons et d’Huy cherchent, pendant ce temps-là à étendre leurs investigations à l’affaire des frégates de Taïwan. En mai 2006, les magistrats ont obtenu communication de l’intégralité de la procédure judiciaire sur les frégates de Taïwan, instruite depuis 2001 par les juges Renaud Van Ruymbeke et Dominique de Talancé et représentant 35 tomes du dossier. &lt;br /&gt;Un grand quotidien du matin conclut donc que « les quelques 35 tomes du dossier, portant sur d’éventuelles rétro-commissions sur le marché des frégates de Taïwan, sont donc officiellement rattachés à l’affaire Clearstream. » Plusieurs sources judiciaires confient à ce quotidien « ne pas comprendre cette démarche », tandis que le quotidien constate que « les deux juges ont désormais une matière aussi considérable qu’inattendue pour nourrir leurs investigations. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons qu’en avril 2006, l’ensemble de l’équipe dirigeante du groupe EADS s’est retrouvé brutalement au centre de l’affaire « Clearstream 2 » (ou affaire du corbeau des frégates de Taiwan). Les bureaux de Noël Forgeard, co-président d’EADS (co-CEO), Gustav Humbert, président d’Airbus et Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, sont perquisitionnés. &lt;br /&gt;Le 8 mai 2006, l'ancien ministre Chêne-vément, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen, a affirmé que l’origine de l’affaire « Clearstream 2 » pourrait être à rechercher au sein des instances dirigeantes du groupe EADS. &lt;br /&gt;Le 16 mai 2006, Noël Forgeard s'exprime en ces termes au salon aéronautique de Berlin (ILA) : « Ce n’est absolument pas quelque chose qui concerne la société [...] c’est quelque chose qui concerne deux personnes. ».&lt;br /&gt;« Cela n’a absolument rien à voir avec EADS, même si certains le disent. » ajoute-t-il. &lt;br /&gt;Notamment parce que Jean-Louis Gergorin, directeur d'une branche d’EADS chargé de la stratégie, indique dans la presse des 28 et 29 avril 2006 être l’auteur des deux premières lettres anonymes envoyées au juge Renaud Van Ruymbeke en mai et juin 2004. &lt;br /&gt;Convaincu que le groupe Lagardère est menacé par un réseau international affairiste, il explique alors qu’il bénéficiait des informations d’une source sur des comptes occultes de « Clearstream ». Il tente de déclencher une enquête des services spéciaux français en contactant Philippe Rondot en novembre 2003, puis le ministre en janvier 2004. &lt;br /&gt;En avril 2004, constatant l’inefficacité des investigations, il rencontre en secret Renaud Van Ruymbeke. Refusant de déposer officiellement, il envoie les informations issues de sa source sous forme de plis anonymes au juge Van Ruymbeke. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à Imad Lahoud, il est directeur scientifique au centre de recherche d’EADS. Son frère est Marwan Lahoud, nouveau directeur général d’EADS Défense et sécurité (DS), chargé du marketing, de l'international et de la stratégie, nommé en juin 2007, est l’ancien président de MBDA, leader européen des missiles. Bien que désigné par le général Philippe Rondot et Jean-Louis Gergorin comme la source des informations sur « Clearstream », il nie toute implication dans cette affaire. &lt;br /&gt;Par ailleurs, en présence de Jean-Louis Gergorin, le ministre de l’intérieur devenu celui des affaires étrangères demande le 9 janvier 2004 une première enquête au général Philippe Rondot, proche conseiller de la ministre de la Défense de l’époque (aujourd’hui garde-des sceaux après avoir fait un séjour au ministère de l’intérieur.… Le jeu des « chaises musicales » de Madame La Garde des Sceaux dont l’époux était aussi désigné par les faux fichiers « Clearstream » : chacun aura pu donc vérifier et croiser ses données !), pour vérifier l’existence des comptes bancaires attribués à des personnalités. &lt;br /&gt;La compétence du ministre à demander une enquête à un officier supérieur est discutée. Fin juin 2004, il informe son Premier ministre à qui il succédera que l’hebdomadaire Le Point va publier des informations mettant en cause un ministre important du gouvernement. &lt;br /&gt;Il lui est demandé de mener des investigations et il demande une deuxième enquête à Pierre de Bousquet de Florian, directeur de la DST, sans l’informer de l’enquête préliminaire de Philippe Rondot et surtout, des forts doutes de ce dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En juin 2006, devenu premier ministre à son tour, le même personnage dépose plainte contre plusieurs ouvrages documentant son instrumentalisation de l’affaire : Denis Robert pour « Clearstream, l'enquête » (Les Arènes), Jean-Marie Pontaut et Gilles Gaetner pour « Règlements de compte pour l'Élysée », (Ohéditions) et Airy Routier pour « Le complot des paranos » (Albin Michel). En octobre 2006, le procureur de la République de Paris ne requiert pas la mise en examen du Premier ministre ou son audition comme témoin assisté, mais son audition comme simple témoin.&lt;br /&gt;Les 4, 5 et 6 juillet 2007, il est alors définitivement exclu pour un temps de la vie politique du pays et est mis en cause par Philippe Rondot et Imad Lahoud. En particulier, des notes retrouvées sur l'ordinateur du général Rondot indiqueraient qu'il aurait donné instruction à Jean-Louis Gergorin « de « balancer » Nicolas Krasosky ». Son domicile et ses bureaux sont perquisitionnés. &lt;br /&gt;Au cours d'auditions ayant lieu en juillet 2007, et à la suite de la reconstitution de ces notes ayant transité sur l'ordinateur du général Rondot, J-L Gergorin dévoile n'avoir agi que sur ordre de l’ex-premier ministre, se réclamant lui-même d'instructions du Président de la République de l’époque. Il en résulte alors un recentrage de l'enquête autour de l'ex-premier ministre, passé depuis peu du statut de membre du gouvernement à celui de simple citoyen avec la formation d'un nouveau gouvernement consécutif à l'élection à la Présidence de la République de mai 2007, qui s'est constitué partie civile dans ce dossier, et aboutissant dans des délais extrêmement rapides à la mise en examen de l'ancien premier ministre sous pas moins de quatre chefs d'accusation différents le 27 juillet 2007.&lt;br /&gt;On lui reproche sa complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux. Il lui est depuis cette mise en examen interdit de rencontrer les principaux protagonistes de l'affaire. Comprenant entre autres l'ancien président. &lt;br /&gt;Mi-novembre 2008, il est renvoyé en correctionnelle. Le jugement est mis en délibéré au 28 janvier 2010 .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car l'actuel président de la République est le plus fréquemment présenté en victime de l’affaire, mais parfois aussi comme ayant, à l'époque, favorisé sa propre victimisation. &lt;br /&gt;Selon Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement du ministre de la Défense, Stéphane Denis, du « grand quotidien » du matin, et Éric Decouty, de « Marianne », auraient été informés de l’enquête en cours dès l’été 2004, par le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de l’époque. Le contrôle de la DST aurait d'ailleurs été une de ses motivations pour son retour au Ministère de l’Intérieur, qu'il avait quitté en mars 2004. &lt;br /&gt;Aussi, quand il y revint effectivement en juin 2005, une de ses premières demandes fut de réclamer le rapport de la DST sur cette affaire.&lt;br /&gt;Quant à la Ministre de la Défense des gouvernements des deux gouvernements du prédécesseur du Président, elle aurait été informée dès la fin de l’année 2003, par son CROS, le général Philippe Rondot, de l’existence d’un listing comprenant des hauts responsables et des hommes politiques, dont son collègue, futur Président, ayant des comptes occultes chez « Clearstream ». &lt;br /&gt;De fait, elle demande au général Rondot d’enquêter et devant les juges, en mars 2004 et en juillet 2007, le général Rondot affirme que, dès mai 2004, il avait la conviction que ce listing était trafiqué et aurait fait part de sa conviction à la ministre de la défense. &lt;br /&gt;À cette période, toutefois, il doute que la ministre ait prévenu son collègue, le futur Président. Selon cette dernière, elle n’aurait été informée qu’au début de l’été 2004.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors Président de la République, l’élu de 2002 a donné des « instructions » dans cette affaire. Elles sembleraient ne pas porter uniquement sur « la protection des marchés internationaux et la lutte contre les réseaux mafieux », ainsi que l’affirmait l’Élysée le 28 avril 2006. Il demande à Philippe Rondot de lui rendre compte directement ainsi qu’à son premier ministre, au grand dam de la ministre de la défense.&lt;br /&gt;Le 22 juin 2007, le bureau de l'ancien chef de l'État fait savoir dans un communiqué, en invoquant la Constitution, que ce dernier ne peut répondre favorablement à la démarche des juges d'Huy et Pons qui ont souhaité l'entendre comme témoin dans le cadre de l'instruction. Il rappelle en outre le communiqué diffusé du 28 avril 2006 par l'Élysée, dans lequel le président démentait « catégoriquement avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques dont le nom avait pu être mentionné ».&lt;br /&gt;Le 4 juillet 2007, l’expertise judiciaire retrouva des notes du général Rondot sur l'ordinateur de ce dernier. Celles-ci indiqueraient que « Jean-Louis Gergorin aurait, fin avril 2004, reçu instruction du (futur « relaxé »), elle-même formulée par le président de la République (d’alors), de « balancer » (le nom du futur Président) ». &lt;br /&gt;Ces nouveaux documents accréditeraient l'idée que le futur président était la cible d’une manipulation dans laquelle les deux hommes auraient tenu un rôle. Lors d'interrogatoires ayant eu lieu en juillet 2007, J-L Gergorin aurait confirmé cette version des faits, tout en soulignant que lui-même et le premier ministre tenaient alors les listings pour vrais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette affaire, ce n’est pas tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XVI)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seizième chapitre : Les morts de « Clearstream »&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Paul, après une bonne nuit de sommeil, note au cours de sa prise de connaissance du dossier, le rôle d’Yves Bertrand, directeur central des Renseignements généraux de 1992 à 2004.&lt;br /&gt;Début 2006, il a été suspecté d'avoir fourni de faux listings dans l'affaire « Clearstream 2 », ce dont il se défend. Le 16 janvier 2008, son domicile et son bureau sont perquisitionnés. Cependant, rien en relation avec cette affaire n'a été découvert par les juges d'Huy et Pons chargés de l'enquête.&lt;br /&gt;Quant à Imad Lahoud, le « professeur de mathématique », génie d’informatique putatif, dans Le Point du 26 novembre 2008, il affirme que : « La dernière fois que j'ai vu Bertrand, c'était dans son bureau, pour ajouter le nom de Krasosky sur les faux listings. C'est le seul nom que j'ai ajouté. C'était en présence d'une troisième personne, dont je préfère pour l'instant taire l'identité ». M. Bertrand affirme lui qu'il n'a « jamais vu ni entendu M. Lahoud, ni dans (son) bureau ni ailleurs »… Le 20 mai 2009, Yves Bertrand a décidé de se désister de la plainte pour diffamation qu'il avait déposée contre l'hebdomadaire Le Point et contre l'informaticien Imad Lahoud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Général de division Rondot, à la retraite depuis décembre 2005, lui, après avoir reçu un listing « Clearstream » des mains de Jean-Louis Gergorin, a enquêté sur ordre du ministère de la défense, tout en rendant compte à au Premier ministre d’alors. Selon Le Monde du 29 avril 2006, il a déclaré aux juges qu’il lui aurait confié le listing mentionnant le nom du futur Président dès la fin 2003 et lui aurait demandé d’enquêter sur lui et ses prétendus comptes occultes chez « Clearstream ». Selon le général Rondot, son rapport ferait état d’une liste de bénéficiaires de comptes chez « Clearstream » qui serait « bidon ».&lt;br /&gt;Par ailleurs, des notes compromettantes pour le ministre accusé de recel ont été retrouvées sur le disque dur du général après avoir été effacées. Le général Rondot a confirmé l'existence de ces notes et affirmé qu'elles avaient été effacées à la demande du ministre. Stéphanie Queroy, qui est à la fois la nièce et l'assistante du général Rondot, a confirmé le 4 juillet 2007 devant les enquêteurs le contenu de ces notes qu'elle a tapée et qu’effectivement, ces notes avaient été effacées à la demande du ministre.&lt;br /&gt;De son côté, Pierre de Bousquet de Florian est directeur de la DST depuis septembre 2002 et il aurait reçu la demande du ministre de l’Intérieur d’alors, d’enquêter sur l’affaire « Clearstream 2 » le 5 juillet 2004. Le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud est chargé de superviser une cellule d’enquête aujourd’hui dispersée. Le ministre lui aurait dissimulé à lui aussi l’existence des investigations du général Rondot et des doutes de ce dernier. &lt;br /&gt;Devenu premier ministre et remplacé par le futur président au ministère de l’Intérieur, ce dernier lui reprocherait seulement d’avoir enquêté sur ses prétendus comptes occultes et d’avoir conclu à une manipulation sans jamais l’en informer. &lt;br /&gt;Selon le directeur de la DST, il s’agissait d’un simple « recueil de renseignements ». Pierre de Bousquet a appris à l’automne 2004 par Philippe Rondot que ce dernier avait entrepris des vérifications sur des hauts fonctionnaires de la défense cités dans les listings « Clearstream », mais il ignorait tout le reste.&lt;br /&gt;Dans ses notes saisies par les juges, M. Rondot avait écrit, à la date du 27 juillet 2004, avoir lui-même suggéré de « travailler avec P. de Bousquet ». Il ajoutait : « Pour D de P, qui est d’accord, il manque d’imagination ». La proposition n’aurait donc été suivie d’effet qu’avec plusieurs mois de retard, et très partiellement. À la DST, on assure n’avoir mesuré l’ampleur des investigations du général qu’à la lecture de la presse en avril-mai 2006. &lt;br /&gt;Le 10 juillet 2004, la DST obtient pourtant le document publié par le Point. Très vite, la falsification apparaît. Peu après, M. de Bousquet prévient le directeur du cabinet du ministre de l’intérieur, de la présence du nom du ministre dans le listing.&lt;br /&gt;Quant au juge Renaud Van Ruymbeke, il s'est laissé entraîner dès avril 2004 par Jean-Louis Gergorin dans un arrangement non prévu par le code de procédure pénale : un rendez-vous secret non-acté avec le vice-président d’EADS, Jean-Louis Gergorin, chez son avocat Thibault de Montbrial. Le « corbeau » est donc connu depuis toujours du magistrat qui a voulu protéger la vie de son témoin dans un dossier qui a connu une épidémie de morts subites relatives à l’Affaire des frégates de Taiwan. &lt;br /&gt;Le garde des Sceaux Pascal Clément avait demandé une enquête administrative. Plus tard, Renaud Van Ruymbeke postulait pour une fonction de président de chambre à la Cour d'appel de Paris. Le CSM, présidé par l’ancien Président impliqué dans l’affaire, a suspendu sa décision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut également signalé que France Info met en ligne le 16 mai 2006 sur son site une partie de la note dactylographiée intitulée « Opération Reflux » du général Philippe Rondot écrite le 17 mars 2004 et détruite en juillet 2004. Dans l'article de France Info, on voit sur la reproduction de la note qu'il y a un tampon daté du 17 mars 2004 et le journaliste de France Info précise que cette note est signée. Le journaliste suppose qu’en mai 2006 cette note devait être destinée à la ministre de la défense. À l'exception du journaliste de France Info et celui du journal « Le Monde », aucun protagoniste ne parlera de cette note avant que le fichier informatique qui a servi à son élaboration ne soit reconstituée en juin 2007 après l'analyse de l'ordinateur du général Philippe Rondot. &lt;br /&gt;Ainsi, à partir de juillet 2007, la justice découvre les 4 notes « Opération Reflux ». &lt;br /&gt;Dès lors, Rondot parlera aussi pour la première fois de ces 4 notes tapées à l'époque par sa secrétaire Stéphanie Queroy. &lt;br /&gt;À droite, à la place de l'adresse du destinataire, apparaît les mentions : « Opération Réservée PR - Exemplaire unique ». Une tradition des opérations spéciales…&lt;br /&gt;C'est une note interne avec une mention diffusion interdite. Selon le général Philippe Rondot, ces notes étaient des notes personnelles et n'avaient aucun destinataire. Pourtant sa note « Opération Reflux » a bien été communiqué par quelqu'un à France Info le 16 mai 2006 et plusieurs éléments laissent penser (le tampon, sa signature, son en-tête, l'intitulé du destinataire, la mention diffusion interdite reprise dans d'autres notes officielles, la mention du carnet Rondot le 19 juillet 2004 liant la destruction des 4 notes rapporte le propos du ministre :&lt;br /&gt;« Si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons ' --&gt; 'notes et disquette détruites' »). &lt;br /&gt;Prémonitoire ou seulement fort probable ?&lt;br /&gt;Début mai 2006, Le Monde apparaît comme le détonateur de cette affaire d’État en publiant la déposition du général Philippe Rondot auprès des magistrats Henri Pons et Jean-Marie d'Huy. &lt;br /&gt;La déposition au format « .pdf » sera massivement diffusée sur les sites Web, les forums et les courriels d’Internet. Le 11 mai 2006, il publie des extraits des notes privées du général Rondot saisies à ses domiciles montrant à nouveau son accès au dossier d’instruction. Ce même jour, suite à la demande du général Rondot, le garde des Sceaux demande au parquet de Paris d’ouvrir une information judiciaire pour « violation du secret de l’instruction ».&lt;br /&gt;Quant à l’hebdomadaire « Le Point », dirigé par Franz-Olivier Giesbert, quand il rend l’affaire publique en juillet 2004 en faisant de l’affaire son titre de couverture, il parle de ministres et d’anciens ministres sans citer de nom. « Le Point a eu accès à des lettres anonymes envoyées au juge Renaud Van Ruymbeke dénonçant un système de blanchiment d’argent par « la banque des banques », Clearstream. Parmi les personnes « dénoncées », notamment de nombreuses personnalités politiques. »&lt;br /&gt;Le 24 septembre 2004, « Libération » indiquait, par la prose de Karl Laske, faire part de ses doutes dans l'article « Les comptes rêvés des frégates de Taiwan » : « La justice retiendra peut-être que, sans être vraie, c’est sûrement l’une des plus belles histoires qu’on lui ait racontées ».&lt;br /&gt;Mais c’est l'hebdomadaire « Le Canard enchaîné », qui le 26 mars 2008, publie une note d'Yves Bertrand (ancien patron des RG) indiquant qu'il aurait eu une réunion avec le Président en exercice et son secrétaire général à l'automne 2004, le 28 février 2005. Dans cette note, Bertrand indique que le ministre « m'avait en terme très vif, reproché d'avoir été l'un des investigateurs, avec Philippe Massoni, de l'affaire Clearstream ». &lt;br /&gt;Rappelons que Massoni, après avoir été directeur des RG puis Préfet de Police est alors le patron de la sécurité à l’Élysée.&lt;br /&gt;Le ministre « avait élargi ses accusations à certains membres de l'entourage du Président de la république, qu'il soupçonne de complot contre lui ». Interrogé par « Le Canard enchaîné » avant la publication de l'article, le secrétaire général avait non seulement confirmé les propos, mais aussi ajouté « Je n'ai pas changé d'avis. ».&lt;br /&gt;Le procès s'ouvrira dans quelques jours, quand Paul finit de digérer ses informations sans vraiment voir le lien avec ce qui l’occupe pour le compte du ministre de la Défense, le 21 septembre 2009 . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas tout. On oublie assez vite que l’affaire « Clearstream 2 » n’est qu’un avatar de « Clearstream 1 » qui est directement lié à l’affaire des « Frégates de Taïwan ». Clearstream est d’ailleurs née de la fusion de « Cedel International » avec « Deutsche Börse Clearing ». &lt;br /&gt;Paul note qu’en 2004, la France tentait de négocier le rachat des frégates vendues en août 1991 à Taïwan. Une délégation taïwanaise était ainsi présente au salon du Bourget, ouverte à tout type d'accord. &lt;br /&gt;L'armée française n'a pas besoin de ces frégates et le budget de la France ne peut rembourser 2,5 milliards plus les intérêts. L'idée serait de trouver un pays tiers qui rachèterait les frégates maudites. Le Qatar a été un temps évoqué. De même, les 60 mirages 2000 fournis à Taïwan en 1992 pourraient avoir échoué à Singapour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis il y a eu des morts !&lt;br /&gt;Trois protagonistes se seraient suicidés par défenestration ou seraient tombés par accident, et l'un a subi une mort violente.&lt;br /&gt;Yin Chin-Feun (ou Yin Chen-Feng). Le capitaine de la marine de guerre taïwanaise gérait la direction des achats de la marine taïwanaise. En septembre 1993, il est envoyé en mission à Lorient, en France, où sont construites les frégates Lafayette. En décembre 1993, il est retrouvé noyé dans la baie de Taipeh, portant de violents coups à la nuque. Sa veuve Lee Mei-Kuei a été auditionnée le 14 mai 2002 par Renaud Van Ruymbeke, introduite dans son cabinet par Maître Thibault de Montbrial, l’avocat du vice-président d’EADS Jean-Louis Gergorin. &lt;br /&gt;Jacques Morisson. Capitaine de vaisseau de la marine française, il était négociateur du volet technique de la vente des frégates à Taïwan. En mai 2001, il s'écrase en bas de son immeuble à Neuilly, dans la banlieue de Paris. Habitant au deuxième étage, il serait monté au cinquième par l'escalier de service, aurait ouvert une fenêtre pour se jeter dans le vide. La justice française a conclu au suicide. &lt;br /&gt;Thierry Imbot, le fils du général Imbot, ancien de la DGSE reconverti dans les affaires, a participé à la vente des frégates. Il fut retrouvé défenestré en bas de son immeuble. La justice française a conclu que M. Imbot réparait un volet de son appartement à 23 h 30 et aurait chuté. &lt;br /&gt;Son père a contesté cette version lors de son audition par le Juge Van Ruymbeke. &lt;br /&gt;James Kuo, « Loan Officer » sous les ordres de Joël Bucher de la Société générale de Taïwan. &lt;br /&gt;Il suivait le compte de « China Shipbuilding » mais pas le montage élaboré par la Direction SG/Sofrantem dans « l'opération Bravo ». &lt;br /&gt;Défenestration en novembre 1992 pour une raison probablement indépendante à ce montage mis au point par J. Bucher &amp; Steve Ho de « Europasia », mais en secret.&lt;br /&gt;Plus des morts « naturelles »…&lt;br /&gt;Jean-Claude Albessard : Aucun doute. Cet ancien directeur de Thomson pour l'Asie, représentant de la société Thomson CSF à Taïwan, est mort d'un cancer au Japon en mars 2001. &lt;br /&gt;Yves de Galzin, ex-représentant des missiles Matra à Taïwan. Victime d’un accident thérapeutique en 2001… Comme son grand patron Jean-Luc Lagardère, plus tard.&lt;br /&gt;Le chef d'escadron Michel Rouaret également. Cet ancien commandant de la brigade financière de la Gendarmerie à Paris avait découvert le schéma des rétro-commissions chez M. Lambert, ex-financier de Thomson. Son dossier est ignoré par les juges dont bien curieusement E. Joly. Décédé d'une crise cardiaque quelques mois après son départ à la retraite dans le cabinet d'un médecin… &lt;br /&gt;Pierre Aigrain. Le véritable responsable du choix des frégates par Taïwan qui le respectait en tant que conseiller militaire pour Thomson et membre du gouvernement français. &lt;br /&gt;Il est décédé sans avoir jamais parlé aux juges pourtant au courant de son action décisive ! &lt;br /&gt;Il faut aussi compter avec Thierry Jean-Pierre, ex-Juge, avocat. Mort des suites d'un cancer à la veille de ses 50 ans et peu après la parution de son livre sur les frégates de Taïwan. « Taiwan connection » rédigé avec, en partie, les documents de son client Joël Bucher. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et que l’affaire dévoilée au grand public est née en février 2001 et janvier 2002 par la publication de « Révélation$ » et de « La Boîte noire », coécrits (uniquement dans le cas du premier ouvrage) par Denis Robert, journaliste, et Ernest Backes, ancien numéro trois de « Cedel International », licencié en 1983, affirmant qu'il existait un système de comptes non-publiés, qui aurait été mis en place dans les années 1970, et généralisé après son départ. Ce système de comptes, en se servant du système (légal) de compensation interbancaire permet l'effacement des traces des transactions, et pourrait ou aurait pu faire de « Clearstream » une plateforme mondiale de l'évasion fiscale et du blanchiment d'argent.&lt;br /&gt;Complètement stupide, puisque la conseillère de la Cour des Comptes de PACA a bien réussi à retrouver toutes les écritures après coup constate Paul. &lt;br /&gt;D'ailleurs, d’après les défenseurs de « Clearstream, » aucune preuve de ces allégations n'a été apportée. « Clearstream » n'a pas été créée pour le blanchiment d'argent mais pour faciliter le règlement livraison des euro-obligations. &lt;br /&gt;Aucune enquête judiciaire n'a établi que « Cedel International » - devenu « Clearstream », ait mis en place un système de transactions ­ occultes et des comptes secrets utilisés par des banques délictueuses ou des personnes privées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, des entreprises disposent de comptes chez « Clearstream », et ces comptes ont servi à faire des transferts de fonds illégaux. Les clients de « Cedel International » puis « Clearstream » peuvent ainsi demander à ce que leurs comptes soient publiés ou non.&lt;br /&gt;Selon « Clearstream », les comptes dits « non-publiés » sont audités et soumis aux mêmes contrôles que les comptes dits « publiés ». Or, au moins une transaction illégale a été démontrée, c’est celle de la « BCCI » après sa fermeture judiciaire. &lt;br /&gt;« Clearstream » détiendraient aussi des comptes de sociétés non financières et de particuliers. De nombreux groupes industriels internationaux sont aussi des groupes financiers, incluant une institution bancaire. Selon « Clearstream », ses clients sont des banques privées ou publiques ainsi que des Banques Centrales ou des institutions financières mais aussi quatre entreprises. &lt;br /&gt;Mais selon Régis Hempel, un ancien informaticien de « Cedel-Clearstream » licencié en 1992, des données auraient été effacées avant les investigations de la justice luxembourgeoise. &lt;br /&gt;Ernest Backes affirme aussi dans « Révélation$ » qu'il était en charge du transfert de 7 millions de dollars de la Chase Manhattan Bank à la Citibank, le 16 janvier 1980, qui a permis de payer la libération des otages américains détenus dans l'ambassade de Téhéran. Il a donné une copie des fichiers à l'Assemblée nationale, éclairant ainsi d’une façon particulière ce que les Américains appellent la « Surprise d'octobre ». &lt;br /&gt;En mars 2001, Denis Robert et Ernest Backes ont présenté leurs travaux à l'intergroupe « Capital Tax, Fiscal Systems and Globalization » du Parlement européen ainsi qu'à l'Assemblée nationale (mission parlementaire de Vincent Payons et Arnaud Monte-bourre, députés socialistes, adeptes d’une VIème République…). &lt;br /&gt;Un hasard, se demande Paul ?&lt;br /&gt;Dans les suites de cette enquête, Denis Robert diffusera trois listings en sa possession : celui de 1995 (4.500 comptes), celui d'avril 2000 (16.322 comptes) et celui d'octobre 2001 (33.400 comptes) (Source : « Paris Match » du 4 mai 2006). &lt;br /&gt;Paul de Bréveuil en a un entre les mains, soi-disant le seul authentique d’après Emily, remis le soir du 15 août 2009 à Calvi, qui compte plus de 100.000 entrées.&lt;br /&gt;Mais il est mondial avec une forte proportion de comptes européens et d’après ce qu’il a pu s’en rendre compte, assez peu de particuliers, quelques entreprises industrielles ou commerciales de renom, tout le reste renvoyant à des institutions financières, brokers, traders, banques, et compagnies d’assurance.&lt;br /&gt;C'est le listing de 33.400 comptes, volé par un ancien auditeur de chez Arthur Andersen, Florian Bourges, et proposé à la vente par ce dernier à Denis Robert (cf. « La Boite Noire ») qui aurait été truqué et aurait servi de base à la tentative d'intoxication des services de renseignement français et du juge Van Ruymbeke dans l'affaire « Clearstream 2 » pour aboutir à 895 noms.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les grandes compagnies ayant eu des comptes non publiés, Ernest Backes cite le Shell Petroleum Group, Unilever, Siemens. Parmi les banques, Backes cite la Banque internationale du Luxembourg (309 comptes non publiés), Citibank (271), la Barclays (200), le LCL (23) et la banque japonaise Nomura (12). &lt;br /&gt;D’où l’idée que le Président Rackchi ait pu en avoir un…&lt;br /&gt;Des dizaines d'autres banques sont également citées, dont toutes les grandes banques françaises.&lt;br /&gt;C’est ainsi que le 19 mai 2006, Jean-Louis Gergorin dévoilait le résultat de son enquête personnelle : « J'ai téléchargé le manuel utilisateur de « Clearstream », qui n'est plus disponible sur Internet. Les banques ne sont qu'une clé d'entrée pour ouvrir un compte chez « Clearstream » : de jure, c'est un sous-compte bancaire ; de facto, c'est un compte individuel. Avec quelques millions d'euros, vous pouvez demander l'ouverture d'un compte. Il y a des codes d'accès pour que le client dispose d'un accès direct à « Clearstream » sans passer par sa banque. Mais celle-ci ne donne pas à « Clearstream » le numéro de ce compte client, seulement le code de transfert. Puis le reporting du transfert de fonds est envoyé à la banque, pas à « Clearstream ». L'ensemble des transactions est alors consolidé au niveau du compte général de la banque. Il n'y a plus de trace de mouvements ponctuels. »&lt;br /&gt;C’est un peu ce que Miss Joëlle Lidoire a expliqué à Paul en début de mois d’août avant de partir en croisière ! &lt;br /&gt;Mais elle a été nettement plus précise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XVII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dix-septième chapitre : L’opération « bravo »&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Et tout ça éloigne encore plus Paul de sa recherche. Il tente alors, toujours son ordinateur sous le bras de reconstituer la chronologie de l’affaire des « Frégates », puisque c’est par-là que ses lectures des dossiers le guide, un peu seulement, il est vrai.&lt;br /&gt;Affaire étonnante à plus d’un titre…&lt;br /&gt;Et l’affaire des frégates de Taïwan commence par celle de « Thalès », ex-Thomson CSF dont le patron d’alors est Alain Gomez. En janvier 1990, sous la pression de la Chine, le gouvernement français met d’abord son veto à un projet de vente par « Thomson CSF » de 6 frégates militaires de la classe « La Fayette » à Taiwan, pour 14 milliards de francs. 355 millions d’euros le bout, 2,1 milliards pour l’ensemble !&lt;br /&gt;Qui finiront à 2,5 milliards d’euros pour le tout et d’occasion, mais armés en 2004 au moment du rachat des frégates… L’inflation des coûts des programmes de maintenance…&lt;br /&gt;Un ancien conseiller à la présidence d’un « pétrolier national » aujourd’hui absorbé par son concurrent direct, Alfred Sir-veine, propose la médiation de son groupe pétrolier, par le biais d'un homme d'affaires chinois, Edmond Kwan pour lever le veto. Et effectivement en août 1991, Paris lève son veto. &lt;br /&gt;Le contrat de vente prévoit la livraison de bâtiments non armés qui seront équipés sur place par « Thomson CSF », une fois livrés.&lt;br /&gt;Le 15 août 1991 le contrat est signé par Taïwan pour six frégates à Thomson CSF mais au prix de 16 milliards de francs soit 2,439 milliards d’euros : un surcoût de 304,892 millions d’euros en 21 mois de négociation pour lever le veto, nonobstant la fureur de Pékin qui d’un coup se calme malgré la tempête qui aurait dû être déclenchée. &lt;br /&gt;Des frégates réputées furtives, c’est plutôt une arme offensive dont la République de Formose n’a normalement pas besoin pour défendre son territoire…&lt;br /&gt;Entre-temps s’engage la « première guerre du Golf », puis quelques mois après, en 1992, l’affaire de l’extinction des puits de pétrole en feu au Koweït, « l’affaire Ferrayé » et l’accord « Pétrole contre nourriture » dont une grande banque française encore nationale, pour ressortir de la politique du « ni-ni », l’année suivante à l’occasion de la deuxième cohabitation à la tête de l’exécutif national, porte l’essentiel des mouvements de fonds sous couvert de l’ONU…&lt;br /&gt;Entre-temps également, 60 Mirage 2000 sont livrés à la Chine nationaliste, en 1992.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En décembre 1993, un haut responsable des forces navales qui s'apprêtait à révéler le scandale financier, le capitaine de vaisseau Yin Chin-Feng, est retrouvé mort dans la baie de Taipeh. C’’est à ce moment-là que le scandale éclate à Taïwan.&lt;br /&gt;En août 1996, Thomson SA est condamnée par la commission internationale d'arbitrage de Genève à payer 160 millions de francs (24,392 millions d’euros) à l'intermédiaire Edmond Kwan.&lt;br /&gt;Dans la foulée, le 26 février 1997, Thomson SA dépose plainte pour « tentative d'escroquerie » et se constitue partie civile. Le 7 mars 1997 est ouverte une information judiciaire contre X pour « tentative d'escroquerie » concernant l'intervention d'un « réseau » pétrolier dirigée par « Sir-Veine » qui justement réclame 160 millions de francs pour son intervention supposée dans le contrat des frégates, après une plainte de Thomson CSF décidée par Alain Gomez. &lt;br /&gt;L'affaire est alors confiée au juge Eva Joly, déjà saisie du dossier du pétrolier national, et le 5 mai 1997 au juge Vichnievsky est co-désignée pour enquêter avec elle.&lt;br /&gt;Le 7 novembre 1997 Leviers-Jonc-Court est mise en examen et placée en détention provisoire. Il lui est reproché d'avoir indûment perçu du groupe pétrolier de 1990 à 1993 environ 66 MF, constitués du paiement d'une commission occulte de 59 MF, de salaires de complaisance et de l'utilisation abusive d'une carte bancaire du groupe pétrolier.&lt;br /&gt;C’est ce qu’on appellera ensuite « l’affaire Dumât », qui poussera l’ancien ministre des affaires étrangère de l’union de la gauche, alors à la tête du Conseil constitutionnel, à la démission.&lt;br /&gt;Car dès 20 novembre 1997, l'ancien PDG du groupe au Gabon, André Tara-l’eau est mis en examen pour « abus de biens sociaux », notamment pour avoir signé le contrat d'embauche de la Miss « Jonc-court ». Et le surlendemain, le 22 novembre 1997, il révèle qu'un appartement acheté rue de Lille à Paris par « Madame » en 1992, a été financé par le groupe pétrolier : toujours un avatar de l’affaire concernant le ministre des affaires étrangères, qui aimait les femmes brunes et maigres, un peu plus jeunes que lui, en tout cas celle-là pour avoir été sa maîtresse à l’époque.&lt;br /&gt;Le 8 janvier 1998 : « Miss Christine » est à son tour mise en examen pour « complicité de tentative d'escroquerie ». Pas moins de 19 jours plus tard, le 27 janvier 1998, les juges perquisitionnent aux domiciles et aux bureaux de « Du-Mât », où ils saisissent des « documents bancaires ». Le 5 février de la même année « Miss Christine » est de nouveau mise en examen pour le versement sur un compte suisse de 42 MF (6,4 millions d’euros) de commissions occultes.&lt;br /&gt;En avril 1998, elle est remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire. &lt;br /&gt;Entre 1998 et 2000, cinq personnes sont ainsi et tour à tour mises en examen, parmi lesquelles G. Miara, « Miss Christine », le pédégé de la compagnie pétrolière, et Sir-Veine. Toutes sont intervenues dans le réseau pétrolier, dans son volet « collatéral » de l'affaire des frégates. &lt;br /&gt;Il faut attendre le printemps 2001 pour que la justice Suisse découvre que d'importantes commissions ont été versées à un homme d'affaires du nom de Wang à l'occasion de la vente des frégates. Selon le magistrat de Genève, Paul Perraudin, les sommes ont été « blanchies sous couvert de membres de sa famille et de comptes ouverts notamment en Suisse ».&lt;br /&gt;Curieuse idée en effet…&lt;br /&gt;Bien trop repérable et immanquables suspicions d’enrichissement sans cause personnel à venir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 22 juin 2001, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour « abus de biens sociaux et recel » et le versement de commissions occultes et rétro-commissions illégales. &lt;br /&gt;C’est en octobre 2001 que le futur « plus jeune premier ministre de la France » qui ira s’empêtrer dans une affaire de sang contaminé au virus du Sida, à l’époque ministre des finances du pays qui refuse de lever le « secret défense » sur cette affaire, « coinçant » définitivement les juges dans leurs investigations sur cette affaire.&lt;br /&gt;Pour quelle raison, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;Entre-temps, le juge Van Ruymbeke tente de se rendre au siège de Thales le 13 février 2002 pour saisir les documents relatifs aux frégates. En vain. &lt;br /&gt;Après les élections, et la seconde cohabitation, c’est au tour de Francis Mer, le nouveau ministre des finances de refuser à nouveau, le 9 juin 2002, la levée du « secret défense ». &lt;br /&gt;19 jours plus tard, 28 juin 2002, les deux dossiers relatifs aux frégates, ainsi que ceux visant plusieurs morts inexpliquées, sont joints dans une même procédure. &lt;br /&gt;En octobre 2003, Taïwan se constitue partie civile au motif que la société Thomson aurait violé un point du contrat interdisant tout paiement d'intermédiaires notamment en l’article 18 du contrat. Le juge Suisse Paul Perraudin accepte enfin de communiquer les résultats de son enquête sur les comptes d’Andrew Wang, l’intermédiaire chinois aux juges français le 8 décembre 2003, ce qui déclenche immédiatement un recours de ses avocats !&lt;br /&gt;Un mois plus tard, le 15 janvier 2004, un rapport de synthèse parvient au ministère de la justice, celui qu’a eu Paul entre les mains le soir où on lui a tiré dessus. La France risque de devoir payer près de 600 millions de dollars à l'État de Taïwan (environ 590 millions d’euros) en vertu de l'article 18 du contrat qui interdit le versement de commissions occulte et prévoit des indemnités en cas de sa violation .&lt;br /&gt;Par ailleurs, en mai 2004, Le tribunal fédéral Suisse se prononce en faveur de l'entraide avec la France. Le tribunal fédéral écrit ainsi à propos de pièces découvertes dans plusieurs institutions bancaires : « Thomson a fait verser (sur des comptes de Wang) un montant total de l'ordre de 920 millions de dollars, dont environ 520 millions proviendraient de commissions liées au contrat des frégates. Ces éléments constituent des indices suffisants de l'accusation selon laquelle M. Wang aurait joué un rôle de récipiendaire, de gestionnaire et de re-distributeur des pots-de-vin versés par Thomson pour obtenir que le contrat des frégates soit conclu (...). Il apparaît que les comptes en question ont servi à des transactions que l'on peut objectivement tenir pour suspectes. ». &lt;br /&gt;Toutefois, la procédure est aussitôt bloquée par ses avocats, le dénommé Wang s’étant réfugié en Angleterre, qui saisissent le ministre de la Justice Helvète.&lt;br /&gt;Au mois de septembre 2004, la réponse, à une commission rogatoire du juge Van Ruymbeke, afin de vérifier si les numéros de comptes susceptibles d'intéresser son enquête sur les frégates de Taïwan, est positive quant à l’existence effective chez « Clearstream » des comptes visés par la commission rogatoire du juge. &lt;br /&gt;Néanmoins, le 24 juillet 2008, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, signe un réquisitoire aux fins de non-lieu général, le même qui fait appel de la décision de relaxe d’un ancien-premier ministre dans le volet « Clearstream 2 », adressé aux juges du pôle financier.&lt;br /&gt;Drôle d’affaire, que ce même procureur qui plaidera dans « l’affaire Clearstream 2 » contre les falsificateurs du listing qui porte ombrage à des personnalités politiques de haut-rang, sous la « houlette » du dernier premier ministre gaulliste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contrat portait sur 2,5 milliards en 1988, et il a fallu en fait, c’est de notoriété publique, trois réseaux d'intermédiaires pour faire aboutir son dossier :&lt;br /&gt;Le réseau A cible Taïwan et est animé par Andrew Wang ; le réseau B cible la Chine populaire ; &lt;br /&gt;le réseau C, animé par Alfred Sir-veine et Edmond Kwan, cible Taïwan et la France. &lt;br /&gt;Ces trois réseaux apparaissent dans une série de notes internes de Thomson-CSF saisies par les juges français en 2000. Ces intermédiaires ont distribué des sommes que Roland Dumât avait publiquement estimées en 1998 à « 2,5 milliards de francs environ », avant de réévaluer ce chiffre à « 5 milliards de francs » dans un entretien accordé au Nouvel Observateur le 9 mars 2000.&lt;br /&gt;Soumis à une « autorisation de transfert » signée le 17 septembre 1991 de la part de la Direction générale des douanes du Ministère du Budget, alors dirigé par Michel « Char-Asse  », les « rémunérations » consenties se montèrent à près de 3 milliards de francs pour le réseau A et à quelque 80 millions de francs pour le réseau B, selon les informations confiées en 1998 à la brigade financière par l'ancien directeur de Thomson pour l'Asie, Alain Fribourg. &lt;br /&gt;À en croire Alain Fribourg, la disproportion entre les deux commissions s'expliquait par le fait que les « négociations » menées à Taïwan par Andrew Wang avaient « permis d'obtenir » l'augmentation du volume du marché conclu avec Taipeh, passant de 12 milliards initialement prévus à 16 milliards de francs lors de la signature finale.&lt;br /&gt;Le réseau « A », appelé « réseau traditionnel », doit traiter l'administration et la présidence taïwanaise. &lt;br /&gt;Dans une note de 1991, l'ancien directeur général de Thomson-CSF, Jean-François Briand, précise que ce réseau a « fonctionné efficacement, étant bien entendu motivé par la structure politique de Taïwan et son désir ardent de signer cette affaire ». Il repose sur le trésor de guerre d'Andrew Wang, qui s'élève à 1 milliard de francs suisses. Les comptes suisses d'Andrew Wang ont probablement été bloqués avant que les rétro-commissions n'aient été distribuées en Europe.&lt;br /&gt;Les juges français exigent alors les contrats de commissions, qui faisaient l'objet d'autorisations au plus haut niveau chez Thomson et au ministère des Finances. &lt;br /&gt;Le « secret défense » leur est opposé par deux ministres successifs de l'Économie. En avril 2001, 250 millions de francs suisses (1 milliard de francs) sont bloqués lors d'un transfert bancaire effectué par le fils d'un autre intermédiaire.&lt;br /&gt;Quant à l'enquête Suisse, confiée au juge Paul Perraudin, elle continue, mais l'argent des Wang n'a pas été redistribué. Contractuellement interdites, les commissions ont fait gonfler le prix. Taïwan engage une procédure pour se faire rembourser.&lt;br /&gt;Avant Jean-Louis Gergorin, un ancien banquier français avait expliqué au juge Renaud Van Ruymbeke que l'argent des commissions avait pu passer par des comptes « Clearstream » qui aurait servi d'écran. Les Suisses ont vérifié sans succès cette piste « Clearstream ».&lt;br /&gt;Le réseau B, c’est celui qui a pour animatrice une femme d'affaires chinoise de Hongkong, Lily Liu, uniquement désignée par son prénom dans les notes internes, et qui aurait également des compétences artistiques de chant et de danse.&lt;br /&gt;« À cheval sur Taïwan et Pékin », ce deuxième réseau « ne pouvait être mis en œuvre que de manière ponctuelle et discrète », note l'ancien directeur général de Thomson-CSF, Jean-François Briand. Une note de synthèse établie à l'intention du PDG de l'époque, Alain Gomez, précise qu'entre mars et octobre 1990 « une série d'actions » a été lancée par Lily Liu « pour préparer les rencontres d'octobre 1990 avec les dirigeants chinois, au niveau essentiellement du ministère de la défense et des commissions politiques correspondantes du comité central du Parti communiste chinois ».&lt;br /&gt;La note ajoutait que, « au cours du voyage d'octobre 1990 à Pékin, une réponse positive avait été obtenue des responsables chinois rencontrés dans le contexte difficile d'après Tiananmen ». Soulignant la complémentarité des différentes filières, Jean-François Briand précisait que le réseau « B » avait « permis de valider l'action du réseau A au niveau le plus élevé de Taïwan ». Dans un courrier daté du 19 décembre 1991, Alain Gomez affirme lui-même que le réseau de Lily Liu avait « prouvé son efficacité ».&lt;br /&gt;Quant au réseau « C », il repose sur Kwan et Sire-veine, dirigeant du groupe pétrolier disparu aujourd’hui. « Mis en place (…) par mesure d'assurance » et « dans des conditions non rigoureuses », écrira Jean-François Briand, l'ancien directeur général de Thomson-CSF, ce réseau suscitait plus de doutes que de certitudes chez les dirigeants de la compagnie pétrolière. Aux policiers, ce dernier a expliqué qu'au moment où le projet de vente des frégates était bloqué par l'Élysée et le Quai d'Orsay, il était apparu utile d'« utiliser les relations que le groupe avait en Chine », signalant que de telles synergies existaient déjà « entre Thomson CSF et le pétrolier, en Afrique ».&lt;br /&gt;Mais s'il rencontra bien « Sire-veine », Jean-François Briand semble avoir été tenu dans l'ignorance du rôle joué par « Miss Jonc-court », a fortiori de sa proximité avec le ministre des Affaires étrangères « Roland Dumât ». Et lors de son voyage en Chine, Jean-François Briand n'aurait entendu parler d'aucune intervention de ce prétendu, qu'était censé incarner sur place l'homme d'affaires Edmond Kwan.&lt;br /&gt;Après la conclusion du marché taïwanais, en août 1991, les « doutes » du dirigeant de Thomson se changèrent en inquiétudes. Peu avant de quitter le groupe, en raisons de désaccords persistants avec son PDG, Jean-François Briand bloque le paiement du réseau « C », derrière lequel il entrevoyait « le financement d'un parti politique », ce que l'un de ses collaborateurs, Alain Fribourg, interpréta comme le soupçon d'un « financement du PS . »&lt;br /&gt;C’est depuis le 4 juillet 1991, que « Sire-veine », décédé d’un arrêt cardiaque le 12 février 2005, lui aussi, le énième « mort naturel », et « Jonc-court » auraient mis en place un dispositif bancaire destiné à accueillir la commission espérée. La compagne du ministre devait entreposer sa part sur un compte à Lugano. L’autre part devait être transférée vers le Luxembourg, sous couvert d'une société de droit britannique, « Travlane Haulage Limited ». Nul n’a su où la piste conduisait ensuite.&lt;br /&gt;Or, « TH Limited », Paul se souvient en avoir vu quelque part sa trace dans les listings de la conseillère de la Cour des comptes régionales.&lt;br /&gt;Vérification faite, il ne s’agit que d’un compte de transfert vers un trust londonien, « SJ trust ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« SJ », « SJ ». Il a déjà entendu ça quelque part.&lt;br /&gt;« SJ », Sierra Juliet en code international aéronautique !&lt;br /&gt;Pourquoi donc le civil de Kandahar avait-il « imposé » ce nom d’opération au sauvetage des deux équipages américains, il y a moins d’un mois, dans les montagnes afghanes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XVIII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dix-huitième chapitre : Second attentat&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas facile à suivre. Car c’est là que le beau schéma imaginé par on ne sait qui commence à « branler du manche ».&lt;br /&gt;Peu après la signature du contrat « Bravo », Alain Gomez, PDG du Thomson CSF, refuse de payer car il a des doutes sur la destination finale des 160 millions de francs de commissions. &lt;br /&gt;Alfred « Sir-veine » fait payer une partie de la commission promise par les fonds secrets de sa compagnie pétrolière. 8,25 millions de dollars partent sur le compte de Christine « Jonc-Court ». Quant à Edmond Kwan, il attend 7 %.&lt;br /&gt;Saisie de la plainte de Thomson CSF pour « tentative d'escroquerie » visant « Sir-veine » et « Jonc-court », Eva Joly préfère renvoyer « Roland Dumât » et son ex-amie devant le tribunal correctionnel pour des « abus de biens sociaux » au détriment de la compagnie pétrolière. &lt;br /&gt;En « oubliant », hélas et au passage, les frégates…&lt;br /&gt;Cet oubli est peut-être dû aux menaces de mort explicites qu'elle reçoit alors de la part d'officiers supérieurs français, et peu avant le suicide de son propre mari, en avril 2001 à Saint-Vrain dans l’Essonne où il avait été toubib généraliste et frère de l’actrice Sylvie Joly.&lt;br /&gt;S’en est suivi un drôle d’enterrement le vendredi 2 mars : si les relations professionnelles de la juge étaient présentes en nombre au cimetière, à part Sylvie, aucun autre membre de sa famille n’avait fait le déplacement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est Renaud van Ruymbeke qui reprendra alors ce dossier qui s'enlisera dans les sables mouvant du « secret défense ».&lt;br /&gt;Sur cette vente de 2,5 milliards de dollars, plus de 500 millions de dollars de commissions occultes ont été versées, vraisemblablement à des fins de corruption et d'enrichissement de divers protagonistes, voire pour le financement illégal des partis politiques français. &lt;br /&gt;Ces commissions sont passées par plusieurs réseaux d'intermédiaires, en particulier le sino-américain Andrew Wang. Leur destination finale n'est pas connue. &lt;br /&gt;Interrogé comme témoin en juin 2001, « Roland Du-mât », ministre des affaires étrangères au moment de la signature du contrat Bravo, précise que cette somme était en fait destinée à « des responsables de Taïwan, à concurrence de 400 millions de dollars, et de 100 millions de dollars à destination du comité central du Parti communiste de Pékin ». &lt;br /&gt;Il fallait à la fois convaincre le gouvernement taïwanais « d'acheter français » et amadouer les autorités chinoises, opposées à toute livraison de matériel sensible à l'île nationaliste. Selon « Roland Dumât », les commissions étaient destinées à 80 % aux « responsables de Taïwan » et à 20 % au « comité central du Parti communiste chinois », ce qui avec le recul a de quoi faire sourire !&lt;br /&gt;Il y a bien corruption à Taïwan, mais à Pékin, la « ville du nord » de l’empire du milieu… c‘en est presque risible quand on connaît la rigueur et le contrôle de l’appareil étatique chinois. &lt;br /&gt;L’ex-directeur adjoint chez Thomson-CSF, Alain Fribourg a assuré aux juges quant à lui avoir « toujours considéré à l'époque que c'était le parti au pouvoir à Taïwan qui bénéficiait pour une bonne partie de ce que l'on versait à M. Wang ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Curieusement, c’est le 17 mai 2004, que l'ancien ministre du Budget Michel « Char-Asse  » a reconnu avoir signé des commissions « légales » pour les frégates de Taïwan. &lt;br /&gt;« J'ai signé, comme ministre chargé de l'administration des douanes et des impôts, la commission douanière, ce qu'on appelle les frais de prospection de marché, qui a été allouée aux intermédiaires étrangers qui ont facilité l'acquisition des frégates de Taïwan », a-t-il expliqué L'ancien ministre assure que « c'était légal et régulier » mais a toujours refusé de révéler le montant de ces commissions au nom du « secret défense ». &lt;br /&gt;D’autant que ces commissions sont par ailleurs déductibles d'impôt chez la partie versantes, en l’occurrence, « Thomson », puisqu'elles sont considérées comme des frais de prospection. &lt;br /&gt;Une telle autorisation ne pourrait désormais plus être légalement accordée depuis la ratification par la France de la Convention de l'OCDE contre la corruption. &lt;br /&gt;En revanche les rétro-commissions versées à des personnalités françaises en marge de la vente des frégates l’est totalement. Les juges français estiment que 3 milliards de francs (environ 458 millions d'euros) de commissions auraient été versés à l'occasion du marché. &lt;br /&gt;Ils n'ont cependant pu établir la réalité de rétro-commissions versées à des intermédiaires français. Et leur enquête a été close le 2 octobre 2006. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul note que le 24 juillet 2006, l'ex-ministre de la défense Alain Riz-Char a été le seul à mettre en cause le Président de la République d’alors, mais aussi son premier ministre de la deuxième cohabitation, entre 1993 et 1995 dans le versement de ces rétro-commissions. &lt;br /&gt;Depuis cette déclaration, les juges ont entendu Nicolas « Base-Ire », ex-directeur de cabinet du premier ministre de la seconde cohabitation, ainsi que trois proches du Président d’alors : Hubert « Vais-Drine », actuel patron de « l’Institut » qui porte le nom du Président de l’Union de la Gauche, alors ex-ministre des affaires étrangères, J-L. Bianca, ex-secrétaire général de l'Élysée, et G. Manège, ancien directeur adjoint du cabinet du président. &lt;br /&gt;500 millions de dollars ont été bloqués sur les 46 comptes suisses de l'intermédiaire Andrew Wang (certains au nom de ses proches). Il est probable que ce blocage a eu lieu avant la dispersion des commissions occultes. &lt;br /&gt;Le retour vers l'Europe d'une partie de cette masse énorme (rétro-commissions) a nourri d'importants fantasmes dont le prolongement a été trouvé dans l'affaire « Clearstream 2 », et y compris la base de la scénarisation par le « corbeau » de distribution de ces rétro-commissions à travers la « boîte noire » financière « Clearstream » conclut Paul. &lt;br /&gt;Une autre enquête est en cours à Taïwan pour les actes de corruption des fonctionnaires et des personnalités politiques taïwanaises. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul note aussi que Joël Bucher, ancien directeur adjoint de la Société générale à Taïwan (Sogenal) entre 1987 et 1990, a expliqué à de nombreux juges le montage auquel il a participé avec « Sofrantem », filiale de la Société Générale à l'époque. &lt;br /&gt;Il a aussi souligné l'implication de plusieurs banques françaises dans le système de commissions installé autour des ventes d'armes du début 1990 (frégates La Fayette, Mirages 2000 Dassault, missiles MICA de Matra). Il évoquera également des retours de rétro-commissions vers l'Europe (Luxembourg, Suisse et Monaco). &lt;br /&gt;Il s’agit de récapituler et de chercher les traces de cet argent si par hasard il est rentré en Europe par le biais soit de « Clearstream », un acronyme qui voudrait dire, « rapide diffuseur » ou « diffusion claire » pour une affaire aussi bizarre et tellement fantasmagorée par une multitude, conclut Paul.&lt;br /&gt;Quand même pas claire cette histoire de « rétro-commissions ».&lt;br /&gt;Pas claire du tout non plus le black-out total sur la vente des missiles, ni des Mirage 2000 datant de la même époque.&lt;br /&gt;Et comment retrouver tout ça dans les fichiers ? Les sommes peuvent paraître énormes pour se composer millions de dollars ou d’euros, peu importe, mais quel rapport avec l’argent de la « division Daguet » du nom des troupes françaises en opération au Koweït en 91/92, celui de l’extinction des puits en feu, qui là passe carrément à la dizaine supérieure ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul se décide à rentrer à Rouen, dans les boucles de la Seine près du restaurant de Mylène avec ces questions en tête, alors même qu’il lui faut aussi songer à l’ouverture de l’Usine d’Aubenas, signer les bons d’approvisionnement, les LCR, les chèques et virements de paye du mois, lire les devis, les propositions d’embauche et autres contrats.&lt;br /&gt;Que doit-il chercher qui ne soit pas déjà clair dans sa tête ?&lt;br /&gt;Sitôt passée la porte d’accès aux bureaux en direction du parking, il aperçoit une fumée blanche descendant de la montagne située en face. Il en a suffisamment vu pour reconnaître la traînée d’un missile qui trace manifestement sur la voiture de direction qu’il ne comptait pas utiliser.&lt;br /&gt;Juste le temps de tourner le coin du bâtiment tout proche pour s’abriter et la charge explose en percutant le véhicule de fonction, déclenchant le vacarme des sirènes d’alarmes de l’usine !&lt;br /&gt;Encore un attentat : il s’agit de ne pas rester là.&lt;br /&gt;Sans demander son reste, Paul enfourche sa moto située à l’arrière du bâtiment de services et laisse le gardien se débrouiller pour maîtriser l’incendie qui pourrait embraser le bâtiment des bureaux.&lt;br /&gt;Direction l’autoroute, pour brouiller les pistes, et à fond les manettes. Tant pis pour le de Havilland stationné sur l’aéroport tout proche : trop « sensible », trop dangereux. &lt;br /&gt;Paris, Rouen. « La péniche », le restaurant de Mylène, rien que pour son plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au soir, « Dominiquette » est aux abords. Furieuse de parcourir des milliers de kilomètres dans tous les sens et se sentant marrie de ne pas pouvoir assurer la sécurité de son VIP personnel malgré les efforts de toute son équipe.&lt;br /&gt;Il va falloir que ça cesse et qu’elle le tienne au chaud.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Cessez de dire des âneries, commandant : je ne suis en sécurité nulle part. Et ce n’est pas en mettant vos « g’men » en travers que ça changera quoique ce soit. Vous les transformerez en chaire à saucisse, c’est tout.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Une attaque au missile, ce n’est pas courant dans le pays. La prochaine fois, ce sera quoi ?&lt;br /&gt;L’affaire remonte très vite la hiérarchie militaire et même politique, à ce qu’il paraît.&lt;br /&gt;La gendarmerie ne trouve aucun indice déterminant pour comprendre de quoi il s’agissait, d’autant mieux que le seul témoin est hors de portée des pandores locaux…&lt;br /&gt;Le gardien de l’usine s’étant bien gardé d’expliquer que son patron a passé la journée et la nuit précédente dans les locaux de l’établissement.&lt;br /&gt;Gijou s’est faite engueulée par le lieutenant-colonel Solre à qui elle est rattachée depuis que Paul avait décidé de ne plus avoir de contact avec le ministère. Solre sert de coordinateur et rend compte au colonel Gabeaux qui lui-même rend compte à son général, Wimereux, qui rend compte à son ministre, et les notes d’information circulent comme ça jusqu’à Cap Nègre où l’éminent estivant qui y réside rentre d’urgence à Paris pour sermonner les responsables de la sécurité publique du pays. &lt;br /&gt;Un attentat au missile et des balles de 9 mm reçues par lui-même, enfin, ses services, ainsi qu’à d’autres personnalités politiques de premier rang, et même des journalistes, durant tout le trimestre précédent, ça fait beaucoup.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et elle en est où, Charlotte, dans son enquête ? On ne me tient au courant de rien dans ce pays !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est ainsi que ça redescend en pluie fine selon la voie hiérarchique habituelle pour demander un rapport d’étape circonstancié. Et fissa.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il attendra le chef ! Faut que je le rédige…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Devant l’insistance du capitaine de corvette Gijou qui minaude devant Mylène dans la chambrée du bord à l’en énerver un maximum, Paul se décide à passer par la DCRI dans la matinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Messieurs&lt;/i&gt; » commence-t-il dans la salle de conférence où deux généraux en civil plus deux inconnus qui ne se sont même pas donnés la peine de se présenter, l’écoutent en front de Seine.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’ai retrouvé la trace de plein d’argent. Contrairement à ce que je croyais, il existe bien quelques milliards de dollars détournés d’au moins deux sources : les indemnités de guerre du Koweït et l’argent des contrats du « pompier volant », Red Ader. Cet argent a vraiment disparu.&lt;br /&gt;Il faut aussi compter avec les ventes des frégates de Taïwan, les mirages 2000, les missiles qui vont avec et vraisemblablement les sous-marins de Karachi et les frégates de Ryad. Mais là, c’est un peu plus compliqué et une partie est sur la place publique à se faire démêler dans les affaires « Clearstream » que vous connaissez tous. On sait à peu près où il a été. Rien à voir.&lt;br /&gt;J’imagine que vous savez de quoi il retourne : la presse en a été pleine depuis le début des années 2000.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les autres restent dubitatifs.&lt;br /&gt;On ne va pas leur resservir les détails des affaires judiciaires du pays, une fois de plus.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il ne s’agit pas seulement de l’argent de la corruption, plus ou moins autorisée par le ministère des finances via les douanes. Mais bien de milliards de dollars et non pas de centaines de millions et qui n’ont même pas transités par le pays !&lt;br /&gt;Manifestement, ils auraient dû, pour les uns, entrer dans les caisses du Trésor. Il l’a peut-être fait pour un bout, mais pas en totalité et c’est de toute façon à vérifier d’urgence. &lt;br /&gt;Idem pour l’argent des extinctions des feux puits de pétrole à la fin de la première guerre du Koweït. Il aurait au moins dû enrichir l’inventeur du brevet, mais cet argent, il ne l’a jamais vu passer là où il aurait fallu, mais par ailleurs pour ensuite disparaître.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Où est-il ?&lt;br /&gt;Reparti vers des cieux meilleurs. « &lt;i&gt;Attendez Messieurs. Ce n’est pas tout. J’ai, par diverses sources, aujourd’hui la quasi-certitude que toutes les affaires qui tournent autour des deux guerres, Koweït et Irak, ont participé à alimenter un système mafieux de commissions occultes.&lt;br /&gt;Si je creuse un peu, on risque d’en trouver d’autres : il me faut du temps. Et une confirmation qui ne peut venir que de vous : OUI ou NON les opérations lors de la première guerre du golfe ont-elles fait l’objet d’indemnisations de la part du Koweït ?&lt;br /&gt;Et je ne me contenterai pas de vagues assertions, cette fois-ci, parce que je ne veux plus risquer ma peau pour un truc qui finalement n’est seulement que caché par les autorités !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Les deux « civils » bichent dans leur for intérieur. Ainsi « Charlotte » fait le nécessaire pour donner corps à toutes ces rumeurs insistantes depuis presque deux décennies.&lt;br /&gt;Il l’aura, sa certitude « officielle ». Mais de « mémoire de soldat et d’officier », l’armée n’a jamais rien touché, ne serait-ce que pour indemniser les familles des « morts au champ d’honneur ».&lt;br /&gt;D’ailleurs, c’est invraisemblable : à aucun moment il ne s’agissait d’opérations barbouzardes, mais bien de former une coalition d’alliés sous l’égide de l’ONU. &lt;br /&gt;Oui, mais… il est où, cet argent ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Si je n’étais pas dérangé à tout bout de champ, il est probable que je le saurai déjà. Avant qu’on ne me tire dessus, j’étais sur la piste des mouvements de fonds via les banques centrales et interbancaires. Il me semble que l’ensemble aille, par petits bouts, vers un trust de droit britannique pour être blanchi et est recyclé par ailleurs. Sans doute en Suisse, mais je ne suis pas encore sûr.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et peut-être par l’intermédiaire d’un banque française ayant pignon sur rue, mais là, il n’en est pas sûr du tout et n’en informe même pas ses « chefs présumés ».&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Car s’il y a d’autres sources, et je ne comprends pas bien à quoi sert toute cette fortune. Elle doit bien ressortir ici où là, de temps à autre : l’argent corrompu, en principe, ça sert à corrompre à nouveau. Et vus les montants, ça pourrait mettre en difficulté des personnalités du plus haut niveau qui soit, vous préviens-je !&lt;/i&gt;  »&lt;br /&gt;C’est à ce moment-là que Wimereux lâche une information dont il ne connaît pas lui-même toute la valeur : « &lt;i&gt;Il faut que vous cherchiez dans toutes ces affaires qui ont procédé à du chantage ou se sont soldé par des décès… étranges.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul l’avait compris pour ce qui est du « groupe AZF ».&lt;br /&gt;Et le général, en précisant sa pensée, lâche la mort restée suspecte à ses yeux de son ami Lagardère, le père, les suicides dans l’entourage du Président des années 80-90, les morts violentes qui ont trait au dossier des frégates de Taiwan, l’attentat de Karachi, etc.&lt;br /&gt;Paul sait déjà tout ça.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Peut-être même celui de Lockerbie ou de l’UTA !&lt;/i&gt; » s’exclame-t-il dans un soudain délire paranoïaque. &lt;br /&gt;Et pourquoi pas refaire une enquête sur la mort de Louis XVI, tant qu’on y est ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je vais chercher, mon général. Mais franchement, je ne comprends pas encore pourquoi on me tire dessus depuis que vous m’avez refourgué cette affaire, ni qui réclame des comptes. Encore moins pourquoi !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Là, ils peuvent l’aider. Les uns et les autres lui affirment qu’il y a eu des dossiers « pas clairs » depuis une dizaine d’années ou plus. Des ventes d’armes qui ne se sont pas faites, des contrats qui n’ont pas été conclus. Des missions secrètes d’officines inhabituelles.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Essayez de voir du côté des frégates de Taïwan. Je reste persuadé que nous en disposons, mais curieusement, dans aucun de nos ports, jusque-là&lt;/i&gt; », rajoute l’un des deux hommes qui ne se sont pas présentés tout à l’heure et qui se comporte manifestement comme le supérieur hiérarchique de Wimereux.&lt;br /&gt;Paul, quelque peu agacé, ne se voit pourtant pas de devoir refaire 20 ans d’histoire de magouilles à la française : il avait 13 ans à l’occasion du deuxième mandat du président de l’union de la gauche…&lt;br /&gt;Et les seules choses qui l’intéressaient à l’époque, c’était déjà les avions et les filles !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je sais pour ces histoires-là : c’est complexe au possible et je me suis tamponné une série de recherches sur le sujet. Il ne s’agit pas de cela, Messieurs. Vous ne m’avez pas compris ! Ça c’est de la gnognotte pour premiers communiants qui piquent dans les troncs des églises. Je vous parle d’au moins deux dizaines de milliards de dollars, des milliards, pas de quelques malheureuses centaines de millions !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Taclés. Abasourdis même. Mais où est cet argent, la question qui revient.&lt;br /&gt;Paul, impatient, fait un résumé de ses recherches et découvertes. Et conclus par un : « &lt;i&gt;Vous comprendrez pourquoi j’ai besoin de vos certitudes.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ils ont compris, un peu effarés pour les uns, ravis, pour les autres…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « conférence » terminée, Paul reparti vers son destin, le chef d’état-major de l’Élysée s’adresse à son collègue du ministère de la défense : « &lt;i&gt;Tu vois, très bon choix, finalement. Ce type-là, il ira loin. Je tiens personnellement », dit-il en s’adressant à tous les autres, « qu’on lui fournisse tous les moyens pour aller au bout de sa mission ! Que rien ne puisse l’arrêter, même pas la peur du scandale politique.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Car il semble pour tous, qu’effectivement, des dizaines de milliards de dollars perdus pendant l’épisode de la « gauche au pouvoir » et des alternances successives, disparus on ne sait où, ça fait désordre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et comme c’est à l’armée qu’on a donné enfin mission de les retrouver&lt;/i&gt; » fait son compère du ministère comme en écho, « &lt;i&gt;il s’agit de mettre le paquet ! Elle ne peut pas, elle ne doit pas échouer à récupérer l’argent du sang versé en opération…&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ce n’est pas que les militaires autour de la table se prennent pour des mercenaires : tous servent leur pays. Mais c’est le pays tout entier qui doit être servi, « &lt;i&gt;pas quelques cliques opportunistes. Je compte sur vous. Tenez-moi au courant, heure par heure s’il le faut&lt;/i&gt; » dit le « patron » avant de saluer tout le monde et de s’en aller à son tour.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous avez entendu ? Je rajouterai qu’on ne lâche pas notre bonhomme&lt;/i&gt; » fait le second à l’adresse de Wimereux et de son collègue. « &lt;i&gt;Je n’aime pas beaucoup le travail « en solo », c’est contraire à nos procédures habituelles. Mais, si la situation l’exige, il faut bien faire avec. En revanche, on met les moyens pour ne pas le lâcher de vue et lui venir en aide à tout moment. Il est très bon et a fait mieux que n’importe qui jusque-là. Et sans traîner, en plus !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, Paul sort du bâtiment et va pour se replier dans l’appartement du siège parisien.&lt;br /&gt;Approche une ombre…&lt;br /&gt;Paul, se retourne et reconnaît immédiatement le faciès bridé de Miho !&lt;br /&gt;Pendant qu’elle s’approche de lui l’air étrangement menaçant et complice à la fois, les souvenirs remontent à la surface comme d’un coup un tsunami de peurs anciennes et malsaines qui vous submergent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XIX)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dix-neuvième chapitre : Le rapt&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était en 2006. Après la récupération des bijoux de la guilde des orfèvres .&lt;br /&gt;Paul venait de regagner ses galons d’officiers de l’aéronavale d’active avant de se mettre en réserve après le coup d’avoir débusqué « la taupe » de la MAPEA , dont il était ensuite devenu le dirigeant social exclusif aux côtés de « l’héritière ». C’était donc à l’automne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les alliés avaient fait appel à ses talents de pilote : une mission de fou !&lt;br /&gt;Pour comprendre, il faut savoir que début 2006, les Nord-Coréens avaient de leur côté établi dans leurs eaux territoriales une nouvelle zone d’exclusion aérienne de 0 à 100.000 pieds, au nord de l’archipel.&lt;br /&gt;Immédiatement, elle fut mise en observation satellitaire, mais sans succès.&lt;br /&gt;Quelques mois après, il y avait eu, stationnée à demeure, une vedette anti-aérienne, soutenue par plusieurs navires type « patrouilleur ».&lt;br /&gt;Dans les états-majors de la région, on s’interrogeait bien de la nature de ce lieu de faible fond.&lt;br /&gt;Y avait-il un lien avec le programme nucléaire des coréens ?&lt;br /&gt;Était-ce seulement un espace-cible de tirs de missile ? Mais alors pourquoi y avoir placé des marins en surveillance au risque d’accident ?&lt;br /&gt;À moins qu’il ne se trame sous la surface de l’eau des projets inaccessibles aux détecteurs d’altitude habituels ?&lt;br /&gt;Une ou deux tentatives d’approche avaient pu être tentées, mais sans grands résultats, puisqu’apparemment, à Washington ils avaient été contraints de décider d’envisager de neutraliser l’endroit, un grand quadrilatère de plusieurs miles, orienté NE/SO, quitte à provoquer encore un incident de frontière supplémentaire qui pouvait une nouvelle fois dégénérer en futiles batailles diplomatiques.&lt;br /&gt;De toute façon, l’administration Bush avait désigné l’État nord-coréen comme un suppôt de Satan, le mal dans toute son horreur, depuis 5 ans déjà !&lt;br /&gt;Avait donc germé l’idée de rendre non-opérationnelle toute installation électronique dans le coin, et sans tirer un coup de feu, en créant un champ électromagnétique puissant et explosif avec un dispositif ad hoc à concevoir, trainé par un avion en vol supersonique.&lt;br /&gt;Le principe de la bombe électromagnétique-nucléaire magnétique (BENM), découvert un peu par hasard lors d’essais atmosphériques passés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fission de l’atome dans une bombe nucléaire et le grand dégagement d’énergie qui s’en suit provoquent non seulement un souffle mécanique dévastateur, mais un rayonnement puissant de radiations diverses, neutrons rapides, rayonnement alpha, plus la formation d’un plasma à très haute température, la « boule de feu », qui rayonne à son tour en perturbations électromagnétiques aux alentours.&lt;br /&gt;C’est d’ailleurs une des hypothèses du déclenchement de l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en septembre 2001.&lt;br /&gt;Dans ce type d’attaque, tous les appareils électriques et électroniques, dans un rayon de 30 à 50 km selon la puissance du champ, sautent définitivement.&lt;br /&gt;Avec pour conséquence recherchée de rendre aveugles, sourds et paralytiques tous les équipements militaires actifs dans ce rayon…&lt;br /&gt;On a ainsi calculé qu’un bombe H d’une puissance de 100 mégatonnes explosant au-dessus de l’Europe à 70 kilomètre d’altitude, tirée d’un missile « venant de nulle part », rendrait tous les ordinateurs et leur mémoire « dure », tous les moyens de communications, tous les moteurs d’avions, de voitures, tous les équipements ménagers, toutes les centrales électriques, les ascenseurs, tout absolument tout qui est sous tension ou en marche à ce moment-là, définitivement hors-service de l’Écosse à la Sicile, de Gibraltar à Varsovie !&lt;br /&gt;L’arme absolue et sans faire le moindre mort en plus !&lt;br /&gt;C’était d’ailleurs un des projets de Ford et du président « Cisgard » dans les années 70 : la fameuse « bombe à neutron », abandonnée depuis, justement parce qu’on n’en savait pas trop les effets et les avantages sur le plan tactique en cas de conflit sur le théâtre européen…&lt;br /&gt;Et puis les allemands non réunifiés râlaient de devoir encore servir de glacis aux français et aux américains de l’Otan, en cas d’attaque des troupes de l’armée rouge de Brejnev…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour en revenir aux nord-coréens et à leur nouvelle zone d’exclusion dont on ne savait pas à quoi elle allait servir , il a donc été conçu un plan d’action de neutralisation, où un avion venant de la Corée du Nord, axe Ouest/Est, traverse ladite zone interdite à vitesse transsonique en vol plané et en rase-motte, en même temps qu’il anime son dispositif « BENM » idoine, puis pique vers le Japon avant de revenir sous la couverture radar nord-coréenne vers la base d’Osan.&lt;br /&gt;Seulement voilà, les problèmes « techniques » n’ont fait que s’accumuler tout au long du programme.&lt;br /&gt;Un, il fallait d’abord trouver un avion aux couleurs nord-coréennes ou chinoises.&lt;br /&gt;Pas trop compliqué : si les Mig 21 n’étaient pas assez puissant ni ne pouvaient emporter de charges assez lourdes avec le carburant nécessaire pour ce périple, le Mig 23 pouvait faire l’affaire… à condition de le repeindre.&lt;br /&gt;D’autant mieux qu’ils y en avaient encore quelques exemplaires, choyés-entretenus, chez les « agresseurs  » des bases secrètes du Nevada.&lt;br /&gt;On pouvait donc en démonter au moins un, l’envoyer par C5 « Galaxie » à Osan, le remonter sur place, et le repeindre comme il fallait pour donner le change.&lt;br /&gt;Avec des bidons supplémentaires, il était capable d’avaler les milles miles du parcours prévu.&lt;br /&gt;Deux, il fallait aussi former un équipage : donc un avion biplace… &lt;br /&gt;Le navigateur devait également être assez « pointus » pour armer et tirer la « BENM » au bon moment, question de secondes sinon de dixièmes de seconde, et le pilote assez costaud pour voler sur 90 % du parcours à moins de 100 pieds d’altitude (30 mètres au-dessus de la mer) sans perdre ses nerfs.&lt;br /&gt;De plus, il lui fallait être « qualifié » sur Mig 23, donc un militaire de préférence (ce qui allait de paire, en principe).&lt;br /&gt;Là, les difficultés commençaient à devenir irréalistes.&lt;br /&gt;Trois, il fallait mettre au point un dispositif « BENM » assez puissant, compact et pas trop lourd pour être soulevé par le Mig 23 sans le déstabiliser.&lt;br /&gt;Et amener le tout à Osan, la grande base militaire du sud de la Corée… du sud, toujours dans le plus grand secret de l’objectif final de la mission…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les labos de l’US Air-force ont su faire et dans les temps en plus.&lt;br /&gt;Un essai a même été réalisé en « statique » dans un désert texan, avec succès, en juin ou juillet 2006, semble-t-il, qui a eu le mérite de préciser le cahier des charges techniques de la mission pour s’assurer de son succès.&lt;br /&gt;Le premier point a également été rapidement réglé, mais avec un avion trafiqué pour installer le siège du navigateur derrière et sous le siège du pilote, les jambes autour du caisson du train d’atterrissage avant, à la place des instruments de détection des menaces adverses, c’était jouable à condition de trouver le volontaire pour appuyer sur le bouton, qui lui ne pouvait disposer d’un siège éjectable en cas de problème. Et à 30 mètres d’altitude au-dessus de la mer, il n’y avait rien d’évident…&lt;br /&gt;Par ailleurs, il s’agissait alors d’un avion aveugle et ne disposant que pas de moyen de contre-mesure. Du coup, il est apparu intelligent de remplacer ses équipements par un poste radiorécepteur multi-bande avec un navigateur capable aussi de comprendre le Coréen, qui soit bilingue anglais pour informer le pilote de l’environnement tactique et des menaces susceptibles de contrarier la mission, avec, en renfort des Awacs qui patrouilleraient plus au sud au dessus de la mer.&lt;br /&gt;La composition de l’équipage a donc fait trainer l’affaire tout au long de l’été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait bien deux douzaines de pilotes qualifiés « Mig 23 », dont seulement une petite vingtaine d’américains, les autres étant canadiens, mexicains, britanniques et français.&lt;br /&gt;Le français, c’était Paul qui avait fait forte impression en 1997 lors de son stage étranger, avec la double casquette de polytechnicien et de pilote breveté de l’aéronavale.&lt;br /&gt;En deux saisons de 8 mois, Paul avait piloté des dizaines d’avions de chasse de toute nationalité à raison de 2 vols quotidiens et s’était qualifié avec aisance sur presque tout ce qui volait dans les chasses du moment.&lt;br /&gt;Sur la vingtaine de pilotes américains, la plupart étaient devenus réservistes et travaillaient désormais dans le civil : pas commode à mobiliser.&lt;br /&gt;D’autant que tous, sauf trois dont un colonel de l’Air-force, n’étaient pas capables de maintenir leur zinc à moins de 100 pieds durant plus d’une heure sans broncher…&lt;br /&gt;Quant aux américains d’active, ils n’étaient « pas très chauds » pour tenter l’expérience.&lt;br /&gt;Les canadiens et mexicains non plus.&lt;br /&gt;Le britannique aurait bien voulu, mais l’état-major de sa gracieuse majesté y était opposé.&lt;br /&gt;Quant à Paul, détaché de la DRM, pas encore tout-à-fait en odeur de sainteté ni à Balard, ni à l’amirauté place de la Concorde après « ses frasques » en Afghanistan qui lui avaient valu une interdiction de vol, c’était plus un « joker » pour les américains, mais une bonne façon de « l’éloigner utilement », à se rendre… utile ailleurs qu’en France pour les français. &lt;br /&gt;Pourquoi pas au bénéfice de l’US Air-Force ?&lt;br /&gt;De toute façon, il ne pouvait pas refuser et des polytechniciens-Sup-Aéro, le pays en comptaient plusieurs : à cette époque-là, il était « sacrifiable ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au navigateur, c’était un peu plus compliqué : ils étaient peu nombreux dès l’origine, mais alors parler à en être parfaitement bilingue anglais-coréen, ça n’avait rien d’évident…&lt;br /&gt;La première tentative aurait dû été tentée par un équipage binational, le « colon » et un navigateur coréen travaillant sur la base de Gozan.&lt;br /&gt;Les essais préliminaires en mer du Japon n’ont pas été concluants. À deux reprises, le zinc a tiré une chandelle d’urgence se laissant détecter par les radars de surface et « shooté » virtuellement par la cible avant de parvenir sur son objectif.&lt;br /&gt;À la troisième tentative, c’est le navigateur qui a piqué une crise de nerf à vouloir s’extraire à travers la canopée du cockpit à grand coup de casque en plein vol, malgré sa position… « difficile ».&lt;br /&gt;Le temps passait et les volontaires devenaient rares pour une opération de plus en plus urgente – le Pentagone s’impatientait après les millions de dollars dépensés à faire une « BENM » sur mesure sans le moindre résultat probant – dont la rumeur grandissante indiquait qu’elle était impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à ce moment-là que Paul fut envoyé à Séoul, comme du « Joker » devenu indispensable.&lt;br /&gt;Vite briefé par l’état-major, il a commencé ses vols d’essai sans navigateur : il n’y en avait pas et on envisageait alors un regroupement des commandes de « tir » dans le cockpit du pilote.&lt;br /&gt;Le Mig 23 est un bon avion, rustique, mais plaisant à piloter. À condition de ne pas faire trop confiance ni à l’altimètre ni au pilote automatique.&lt;br /&gt;Pour plus de sûreté, Paul avait demandé à ce qu’on lui installe un appareillage d’altimétrie-radio précis sous le fuselage, et là, en prenant son temps, il pouvait descendre à moins de 100 pieds, si l’atmosphère était calme.&lt;br /&gt;Le temps vint des ultimes répétitions, mais toujours sans navigateur.&lt;br /&gt;Le vol devait partir d’Osan, se passer à 300 nœuds vers le nord-est à 400 pieds au-dessus du territoire sud-coréen, le tout surveillé par un awacs en haute altitude, devant prévenir en cas de décollage de la chasse adverse et ordre d’annuler l’opération, plus, en soutien, deux patrouilles de routine de Tomcat et de F 15 aux limites de l’espace aérien nord-coréen, armés jusqu’aux dents, prêt à venir soutenir le Mig 23 en cas de besoin, mais sur la route du retour, uniquement.&lt;br /&gt;Arrivé à la mer, cap à l’est et descente progressive sous les zones de balayages des radars nord-coréens, large virage au nord en entrant dans l’espace aérien nord-coréen, le navigateur devant de son côté surveiller les fréquences dudit pays, centre civil « Pyongyang » et « Incheon » inclus.&lt;br /&gt;Vitesse subsonique 290/300 nœuds pour économiser le carburant. À moins de 10 minutes de l’objectif, largage au large des bidons supplémentaires et virage large au nord à droite, puis à encore à droite cap sur le 28/30° par rapport au nord géographique, en vue de se mettre dans l’axe de la zone cible.&lt;br /&gt;Arrivée à moins de cinq minutes, passage en supersonique, 450/500 nœuds au maximum de la machine et, à une minute, montée progressive à 300 pieds pour dérouler le câble de la « BENM » accrochée à son parachute : il ne fallait pas que câble qui recevrait la décharge touche l’eau avant le « tir ».&lt;br /&gt;Traversée de la zone à neutraliser en 80/90 secondes, 10 nautiques, couper le réacteur et tous les appareils électriques à h – 1 minute, tirs des condensateurs en sortie de zone, largage du câble, rallumage du réacteur et montée en chandelle de préférence en mode supersonique pour éviter les Sam 7 ou les Sam 4 à moyenne portée postés sur la côte.&lt;br /&gt;Puis redescente en mode supersonique, cap au sud vers le Japon, et retour à Gozan à 100 pieds jusqu’à la côte sud-coréenne, cap au 270, avec un largage du matériel de la « BENM » en mer pour alléger l’avion, mais dans les eaux internationales, au grand large, seulement.&lt;br /&gt;Prise en charge ensuite par les centres de navigation militaire, à 300/400 pieds suivant la configuration du relief, au fond des vallées, petite allure, 200/250 nœuds pour économiser le reste de pétrole.&lt;br /&gt;Simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à ce que l’état-major sud-coréen dégotte un « navigateur volontaire » qui avait le mérite d’ânonner un peu de français…&lt;br /&gt;Un transfuge du Nord, qui souhaitait l’asile politique aux USA ou en Europe, s’estimant peu en sécurité en Corée du sud et en Asie d’une façon générale, pour avoir été victime d’une tentative d’enlèvement et d’un attentat à la voiture piégée dans la banlieue de Séoul.&lt;br /&gt;Il s’agit de Miho Mahido, versée dans les communications de l’armée sud-coréenne avec le grade de sergent.&lt;br /&gt;Une femme, un peu chétive, maîtrisant assez mal le français, ayant un accent épouvantable en anglais, mais qui avait été débriefée il y a quelques années de ça par les services de sécurité de l’armée et par la CIA.&lt;br /&gt;Depuis son passage au sud, il fallait non seulement l’expatrier pour sa sécurité, mais en plus, la perspective acceptée par l’ambassadeur de France de Séoul de l’extrader en France si elle acceptait la mission, l’avait particulièrement motivée.&lt;br /&gt;Paul fit sa connaissance à Osan la veille au soir du jour du vol, alors que l’on se préparait pour un vol « solo », avec toutes les fameuses commandes de la « BENM » rapportées dans le cockpit du pilote.&lt;br /&gt;Rien n’y fit : Paul n’avait pas du tout envie de risquer la vie d’une volontaire qui pesait quand même son poids en kérosène mais, malgré le tableau dressé des risques, elle restait outrageusement partante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 9) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une histoire de fou !&lt;br /&gt;La mission s’était donc bien déroulée jusqu’à ce que l’Awacs signale le décollage d’un patrouille de Mig 21 à l’ouest du secteur : rien d’alarmant, ils étaient assez loin, mais leurs radars embarqués auraient éventuellement pu repérer l’avion de Paul en plein final de l’intervention sur site.&lt;br /&gt;Puis deuxième information alarmiste de l’Awacs : Le zinc de Paul émettait un signal radio non prévu !&lt;br /&gt;À h – 3 minutes, bien dans l’axe du 28° à la boussole, à moins d’une minute de la critique remontée à 300 pieds, troisième alerte : Une seconde patrouille arrivait du nord droit sur zone, la seconde coursant le zinc de Paul à l’aveugle !&lt;br /&gt;Là, ça devenait « chaud » : la chasse au cul, c’était quand même trop tard pour renoncer.&lt;br /&gt;Et la patrouille de F 15, commandée par un camarade croisé dans le Nevada neuf ans plus tôt, commençait à s’énerver dans les écouteurs.&lt;br /&gt;Et là, en postcombustion et montée en vitesse à mach 1,5, au moment de lancer la première bouée, l’arbre de noël qui commence à s’allumer de tous ses feux : Tirs multiples de Sam 7 droit devant. 2. 3, bientôt 4. Un vrai piège à con !&lt;br /&gt;Paul met en rideau le réacteur, tire sa cargaison de leurres infrarouges, coupe toute l’électronique du bord, générateur, batteries maîtresse et de secours, et envoie de la sauce de la « BENM » en sortie de zone, toutes lumières éteintes.&lt;br /&gt;Miho qui hurle sans les écouteurs en voyant un Sam arriver par au-dessus dans le rétroviseur. Un grand coup sur le palonnier, l’avion évite le missile, et Paul tire une chandelle : Vite ! Contact-batterie, démarreur, vol en chandelle douce et vers le large.&lt;br /&gt;Il faut au moins 15 secondes pour que la bestiole reprenne du souffle, mais c’est à environ 6.000 pieds que l’appareil commence à décrocher, moteur toujours pas lancé, ailes déployées.&lt;br /&gt;Plus de missile en vue, la radio qui ne semble pas vouloir fonctionner, pour avoir grillé tous les circuits avec les restes d’ampérage dans les fils !&lt;br /&gt;Le démarreur avait-il aussi été grillé par la « BENM » ?&lt;br /&gt;Si cela avait été le cas, c’était la fin : même le dispositif d’éjection n’allait pas vouloir fonctionner.&lt;br /&gt;Paul tente un piqué pour retrouver de la sustentation et de la manœuvrabilité, et l’instant d’après la turbine recommence à compresser. Manettes au tableau, l’avion reprend son vol, ailes en position repliée .&lt;br /&gt;Crise de nerf derrière, enfin dessous et descente à vive allure au ras des flots, en « arrondissant » sévère à basse altitude et vitesse supersonique, 3 G au compteur, les combinaisons enserrant les jambes par gonflement des ballonnets incorporés, à en faire mal au chevilles.&lt;br /&gt;Retour à la base en silence radio, morte pour l’occasion – la faute aux transistors partiellement sous tension alimentée par les condensateurs électriques – et c’est à l’atterrissage à Gozan que les choses prennent une tournure pour le moins étrange après le délice du « grand frisson ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mission est un succès, pourtant c’est une patrouille en arme qui accueille Paul et son équipière de dernière minute.&lt;br /&gt;Sans autre forme de procès, l’officier sort son arme de service et ajuste Miho à la tête dès qu’elle est au pied de l’échelle de coupée.&lt;br /&gt;Paul parvient à détourner le bras de l’officier, mais pas assez rapidement : celui-ci tire et blesse Miho à l’épaule, qui s’effondre sous le choc dans une marre de sang.&lt;br /&gt;Lutte au corps-à-corps, les marines attirés par le coup de feu parviennent à désarmer les coréens sans heurts, et le tireur et Miho sont évacués, l’un entravé, l’autre menottée.&lt;br /&gt;Explications au débriefing avant de reprendre le vol régulier pour San Francisco : Le signal radio inopportun qui a guidé la chasse et déclenché l’alerte sur le navire anti-aérien laissé sur place, était une balise passée inaperçue dans la combinaison « anti-G », actionnée par Miho.&lt;br /&gt;Destinée à saboter la mission au dernier moment. &lt;br /&gt;Elle l’aurait enclenchée plus tôt, l’awacs aurait annulé la mission.&lt;br /&gt;Effectivement, jamais Paul n’aurait dû être accueilli pas une salve de Sam. &lt;br /&gt;Normalement, à 30 mètres du niveau de la mer et à l’allure où il allait, en supposant que les radaristes du bord aient été particulièrement attentifs, la mise en état d’alerte et en position de tir demandait au mieux 60 secondes, le temps de dépasser le navire, pas de recevoir des missiles de face.&lt;br /&gt;Les Nord-Coréens savaient donc ce qu’il se préparait, où pensaient à un vol de reconnaissance rapprochée, parce que sans ça ils n’auraient pas envoyé la chasse qui n’attendait que le signal convenu pour passer à l’action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le recul, normalement, la mission n’était qu’un vaste piège. Piège qui s’est refermé sur Miho et ses complices.&lt;br /&gt;Certes les installations ont été détruites, mais elles ont été remplacées par la suite.&lt;br /&gt;Certes, les missiles tirés sont devenus aveugles grâce à la « BENM », ce qui a permis la fuite de Paul lancé comme un boulet de canon. Mais il s’en est vraiment fallu de peu.&lt;br /&gt;Et Paul s’est bien demandé durant des années ce qui avait bien pu motiver l’agent de la DLI pour une pareille mission-suicide : ses hurlements de terreur, en voyant arriver le Sam 7, pourtant de courte portée, mais c’était peut-être un tir de Sam 4 depuis la côte, n’avaient pas été feints.&lt;br /&gt;Secret défense : il n’en saura pas plus jusque-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors évidemment, ce jour-là, des années plus tard, la bouffée de « mauvais souvenirs » est remontée comme d’un tsunami en revoyant les yeux de Miho.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Direction Neuilly&lt;/i&gt; » fait-elle, son arme de poing pointée dans le dos de Paul.&lt;br /&gt;La délégation générale de Corée du nord, près du boulevard Bineau, au 47 rue de Chauveau pense immédiatement Paul.&lt;br /&gt;Elle agit donc comme si elle était un « agent » en mission du DFUT, le Département du Front Uni du Travail, bras « opérationnel » de l’ex-DLI, Département des Liaisons Internationales, le redoutable service secret des Nord-Coréens.&lt;br /&gt;« Qu’est-ce qu’ils viennent foutre dans cette pétaudière ? » s’interroge alors Paul en démarrant la moto avant de s’inquiéter de savoir si le « cordon de protection » dressé autour de sa personne allait bien fonctionner…&lt;br /&gt;Hélas, ce kidnapping-là n’est pas tout à fait une opération improvisée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XX)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingtième chapitre : Escale à Saint-Florent&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul démarre sitôt Miho à califourchon dans son dos, la bouche du canon de son arme dans les reins.&lt;br /&gt;Derrière, une voiture banalisée suit, alors qu’une autre précède.&lt;br /&gt;L’équipe du capitaine Corine Gijou semble avoir du retard à l’allumage. Paul ne reconnaît pas les suiveurs et de toute façon ceux-ci ne tentent rien pour lui barrer la route et retourner la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, au même instant, le sergent de l’équipe de Gijou chargé de la protection de Paul attend au volant de son véhicule son équipier qui doit revenir avec des sandwichs tout neufs. Il ne voit pas tout de suite Miho aborder Paul. Et quand il les voit partir, il pense que ce gars-là a encore lever une nana, là comme ça, sur le trottoir pour l’emmener tirer un coup dans une des piaules dont il a le secret, pendant que lui et son équipier feront le pied de grue au pied de l’immeuble.&lt;br /&gt;Discret, il laisse le couple motard prendre de l’avance et donne un petit coup de klaxon pour rappeler son équipier à ses devoirs.&lt;br /&gt;Ce n’est que quand il voit la moto de Paul, au bout de la rue, impression confirmée par le bruit du moteur qui s’emballe à vive allure, plus le mouvement d’une voiture suiveuse bourrée de types dont il devine qu’ils n’ont pas de bonnes intentions derrière leur yeux bridés, vu l’allure qu’ils prennent à leur tour, qu’il lance son moteur.&lt;br /&gt;Il monte sur le trottoir vers son équipier. Voyant arriver la voiture de service sur lui de façon extraordinaire, ce dernier lâche ses sandwichs et grimpe à la volée dans la voiture : il y a manifestement quelle que chose d’anormal qui se passe.&lt;br /&gt;L’alerte est donnée au carrefour suivant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul file maintenant à très vive allure et à contre-sens à l’approche des feux rouges, sur les quais, vers le périphérique ouest, suivi de peu par une seconde voiture qui déboîte et double à son tour à contresens.&lt;br /&gt;Pas le temps de finir l’alerte-radio, gyrophare sorti et sirène deux-tons hurlante, que le sergent des commandos de marine se précipite à son tour à contre-sens et ne peut éviter la première voiture suiveuse qui lui barre le passage dans un grand fracas de tôles !&lt;br /&gt;C’était ça ou une embardée sur la voiture venant en face pour un choc frontal…&lt;br /&gt;Les fugitifs sont désormais hors d’atteinte, loin sur vers le Beau-grenelle ou la voie rapide rive-droite s’ils ont traversé la Seine au pont suivant.&lt;br /&gt;Et avec une voiture suiveuse sur le dos, en plus, mais, comble du comble, qui n’est pas du service : savon assuré pour ce soir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le capitaine de corvette Dominique Gijou est mise immédiatement au courant de la situation par Sms. Elle file rapidement à son PC du boulevard Saint-germain pour avoir déjeuné au Flore voisin, une fois de plus.&lt;br /&gt;Et organiser la chasse : tout le monde sur le pont ! Pendant que sa troupe se rassemble, rapport immédiat, à la hiérarchie qui l’autorise à mobiliser la gendarmerie.&lt;br /&gt;Mais pas la préfecture qui course déjà comme elle peut les fugitifs de la voiture tamponneuse des quais, le sergent et son équipier s’étant fait fausser compagnie juste avant le moment de sortir les formulaires de constats amiables…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingt minutes plus tard, le PC route de l’A 13 avertit, par routage, du passage d’une moto à vive allure sur le pont enjambant la Seine, avant l’entrée du tunnel de Saint-Cloud : ils n’ont pas pu lire la plaque, tellement la vitesse et le slalom entre les voitures étaient rapidement enchaînés, mais ça ne peut qu’être Paul !&lt;br /&gt;Il file sur Mantes, ou Versailles.&lt;br /&gt;Encore un de ses tours ? Mais lequel ? Dire qu’elle croyait connaître tout du bonhomme…&lt;br /&gt;En tout cas, ce n’est pas un comportement normal, prévisible, discret qui sied à sa mission. &lt;br /&gt;Une autoroute, c’est une souricière : les sorties sont comptées, répertoriées. Il suffit d’y installer des barrages et des observateurs. Branle-bas le combat ! C’est décidé : La gendarmerie du 78 est mobilisée.&lt;br /&gt;Et elle, elle peut suivre les évolutions depuis les airs en réquisitionnant un hélico à la porte d’Issy-les-Moulineaux. Avec ses moyens de communication embarqués, elle peut diriger les opérations de récupération du Capitaine de corvette de Bréveuil, rapidement espère-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps-là, Paul comprend très tôt qu’il faut ne compter que sur lui-même. La moto n’étant pas équipée de balise satellitaire, Neuilly étant à moins d’un quart d’heure, s’il ne réagit pas très vite, il est bon pour être enfermé au secret un moment dans les caves de locaux couverts par l’immunité diplomatique : Ce n’était vraiment pas le moment.&lt;br /&gt;Si les Nord-coréens ont eu une bouffée vengeresse pour une opération d’il y a presque quatre ans, ils l’auraient abattu, pas enlevé.&lt;br /&gt;C’est donc que ce qu’il sait, sur ses activités en Ardèche, ou sur sa mission actuelle, mais c’est bien improbable, qui a quelconque importance à leurs yeux.&lt;br /&gt;Sur le moment, il est tenté de se laisser faire pour en savoir plus. Et puis le canon de l’arme de poing de sa passagère au creux de ses reins se montre suffisamment dissuasif : il n’a pas l’étoffe d’un héros, lui qui s’affole, rien qu’à la vue d’une aiguille hypodermique.&lt;br /&gt;Il ne tiendrait pas une heure sous la torture.&lt;br /&gt;Il faut absolument tenter quelque chose pour se sortir de cette situation.&lt;br /&gt;Il peut désarçonner sa passagère kidnappeuse à l’occasion d’un virage, d’une accélération brutale. Mais elle n’a pas de casque : elle pourrait morfler bêtement.&lt;br /&gt;Pensée idiote, elle qui le tient au bout de son flingue…&lt;br /&gt;Il lui adresse la parole : « &lt;i&gt;Miho, je ne sais pas si tu réalises ce que tu es en train de faire, mais tu vas te faire tuer !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pour toute réponse, il reçoit un enfoncement plus profond du canon de l’arme dans ses reins. « &lt;i&gt;Alors accroche-toi très fort, chérie !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est là qu’il se met à contre-sens au premier feu rouge et en vive accélération.&lt;br /&gt;Miho en est surprise et s’accroche comme elle peut à ses vêtements. Le compteur affiche 130 km/h un peu plus loin et Paul voit à l’occasion une voiture tenter de le suivre et celle de son escorte se faire emplafonner derrière dans un concert de klaxons !&lt;br /&gt;Il enfile alors la voie expresse sous les anciens terrains des usines Citroën : ça faisait un moment qu’il ne s’était pas amusé autant à cette allure dans Paris ! Tant pis pour les radars automatiques et ses points sur son permis.&lt;br /&gt;Et plus il accélère, et plus il sent Miho se serrer contre lui, se lovant de plus en plus fort pour ne pas basculer.&lt;br /&gt;Naturellement, le flingue n’est plus dans les reins. Il pend sur son thorax, à peine tenu. La fille hurle à l’occasion d’une manœuvre de slalom osée. S’en fout : il a un casque qui amortit les bruits lui.&lt;br /&gt;Arrivé sur les embranchements du périphérique, en virages serrés, sans même marquer le moindre ralentissement aux feux : sportif !&lt;br /&gt;Enfilade du périphérique au-dessus de la Seine et à droite sur la bretelle d’accès de l’A 13. Là, bien obligé de ralentir l’allure et Miho de tenter de se ressaisir et de reprendre la situation en main. Heureusement le virage est serré sous le tunnel d’accès de Boulogne, elle s’accroche de nouveau.&lt;br /&gt;Normalement, se dit Paul, l’équipe de nazes a dû déjà donner l’alerte. Reste à leur laisser une piste à suivre. Et à se débarrasser du flingue.&lt;br /&gt;Celui-ci tombe de lui-même au-dessus de la Seine, à l’occasion d’un coup de rein pour éviter une voiture à dépasser. Ce qui change tout.&lt;br /&gt;Elle peut avoir un couteau : il faut donc continuer à la tétaniser de trouille jusqu’à un endroit où il pourra sauter de sa machine. Le poste d’essence de Morainvillier-nord situé après la bretelle de Poissy et de l’A 14.&lt;br /&gt;Trente bornes, à l’allure où Paul pilote, ils y seront dans dix minutes.&lt;br /&gt;Pas question de ralentir avant.&lt;br /&gt;Paul passe donc toutes les sorties allant sur Louveciennes ou Versailles. Avec la satisfaction de constater que la « Dominiquette », fidèle supportrice, a enfin fait le nécessaire : il y a des motards de la gendarmerie sur les ponts et deux d’entre eux le prennent en chasse.&lt;br /&gt;Avec leurs grosses BM impropres aux acrobaties routières, ça donne quelques minutes d’avance.&lt;br /&gt;La patrouille de motards mise en attente sur la bretelle de sortie de Poissy est dépassée. Ils vont bien mettre une bonne minute à se mettre en ordre de marche, juste le temps d’arriver.&lt;br /&gt;Un hélicoptère vole au-dessus et devant depuis la sortie de la forêt de Marly. &lt;br /&gt;Miho est scotchée dans le dos de Paul, inerte et tremblotante.&lt;br /&gt;Même pas la peine de décélérer brutalement pour la faire culbuter à la station d’essence.&lt;br /&gt;Paul arrête sa machine sur l’aire de stationnement située un peu plus loin que les pompes. Il met la béquille et descend en prenant soin de sa passagère, transite de froid et de peur : pas à la hauteur les coréennes, décidément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est la deuxième fois que tu essayes de me tuer ? Pourquoi tant de haine ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pour toute réponse il n’obtient qu’un : « &lt;i&gt;Moi pas tuer toi. Moi pas tuer toi. Moi asile politique !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle est bien bonne celle-là, alors qu’il y a trois ans il lui était déjà accordé. &lt;br /&gt;Paul en éclate de rire dans le tourbillon des pâles de l’hélicoptère qui atterrit à deux dizaines de mètre de là !&lt;br /&gt;Gijou saute de l’appareil, l’arme au poing. Les motards des deux patrouilles les rejoignent prêts eux aussi à faire feu.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Alors commandant !&lt;/i&gt; » fait Paul à l’adresse de Gijou, « &lt;i&gt;on fait comme dans les westerns avec la cavalerie ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et sans lui laisser le temps de répondre il rajoute : « &lt;i&gt;Je vous présente le sergent Miho Mahido, je crois me souvenir… Qui nous demande l’asile politique ! Rassurez-vous, ce ne sera pas trop difficile à obtenir, elle l’a déjà eu il y a trois ans !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et l’un des quatre motards de la ramener à distance respectueuse, le flingue à la main : « &lt;i&gt;Vos papiers, espèce de chauffard ! Vous avez vu à quelle allure vous rouliez ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ses collègues en restent cois, comme pétris, figés…&lt;br /&gt;Les explications sont données rapidement, Miho est entravée et menottée : il s’agit de ne pas rester là trop longtemps. La deuxième voiture de coréens pourrait arriver.&lt;br /&gt;En fait, mais ils ne le sauront que plus tard, ils ont été retenus à Paris dans un immense embouteillage provoqué par un accident, sans gravité, dû aux facéties « motardesques » de Paul, au niveau de la porte de Saint-Cloud, dans son sillage.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On en fait quoi, de cette fille &lt;/i&gt;? » demande le capitaine de corvette Gijou.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Le mieux serait de la mettre au secret et de savoir pourquoi je leur étais si important pour ne pas m’abattre mais pour m’enlever !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Au secret ?&lt;br /&gt;Un personnel dont elle aurait parié qu’on allait apprendre qu’il est diplomate auprès de l’Unesco dans moins d’une heure ?&lt;br /&gt;Pas facile à envisager…&lt;br /&gt;Bien sûr, si elle demandait l’asile politique, elle peut passer devant un juge administratif réquisitionné rapidement et on peut espérer l’envoyer ensuite devant un juge pénal en procédure de flagrant délit pour la faire enfermer pour tentative de kidnapping. &lt;br /&gt;Ainsi les flics ou l’armée pourrait la cuisiner.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Punaise ! Encore de la paperasserie par tombereaux ! Vous la connaissez d’où, Commandant ? C’est encore une femme abandonnée dont vous avez abusée et qui cherche à se venger ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Trop drôle la « Dominiquette » quand elle devient jalouse à en être suspicieuse !&lt;br /&gt;Mais entre-temps, on saura peut-être pourquoi et comment on lui tire dessus depuis la fin juillet.&lt;br /&gt;Paul lui explique en quelques mots la mission en Corée et la trahison de la miss.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais il faut vérifier : je ne sais pas pourquoi elle n’a pas été passée par le peloton d’exécution ou qu’elle ne croupit pas encore à Guantanamo ! Y’a un os là dedans. Faut savoir avant de la lâcher à la justice du pays.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le capitaine Gijou de rajouter : « &lt;i&gt;Au juste, pourquoi les coréens ? Et du nord en plus ? Ça n’a quand même rien à voir avec votre mission, je présume !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;C’est bien ce qu’il faut savoir avant de la jeter en prison.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;S’il y a un lien, effectivement, c’est grave : ça veut dire qu’on a fait une gaffe quelle que part ! Vont pas être contents, là-haut !&lt;/i&gt; » répond Paul.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Si vous me disiez en quoi consiste votre mission, peut-être qu’on en saurait plus et plus vite !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ah, la vieille rengaine de la miss qui aimerait être au parfum ! Bé non, pas possible.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Commandant, vous avez raison !&lt;/i&gt; » commence Paul en reluquant le sourire de sa vis-à-vis : « &lt;i&gt;Vous êtes chargée de ma sécurité et de celle de mon équipe, moi je suis chargé de cette affaire ! On s’en tient aux ordres, et du coup cette personne est ma prisonnière ! J’en prends la responsabilité : il ne manquerait plus que l’objectif de ma mission soit éventé avec ça ! Je vous la rends quand on sera sûr qu’elle est inoffensive.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ce sourire, qui la rend parfois jolie, s’évanouit en une grimace discrète.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Allez et merci. Vous avez été très efficace aujourd’hui. On note l’heure et on part chacun faire son rapport !&lt;/i&gt; » conclut Paul à l’adresse de tous, qui n’en pense pas vraiment un mot.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous allez où ?&lt;/i&gt; » se ressaisit la Gijou.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Rouen. L’aéroport. Je loue un avion pour récupérer le mien à Aubenas et je file à Fox. Je devrais y être ce soir. Prévenez vos équipes sur place.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Et Paul fait ramener Miho qu’on installe sur la place arrière de la Yamaha, toujours menottée, pendant que l’hélicoptère lance sa turbine.&lt;br /&gt;À la station essence suivante, après le péage de Mantes, Paul s’arrête et passe un coup de fil à Mylène, qu’elle prévienne Rémarde à Fox : pas question d’appeler deux fois avec le même portable.&lt;br /&gt;Gentille Mylène. Gentille et obéissante.&lt;br /&gt;Puis au lieu de poursuivre sur l’autoroute, Paul opte pour la sortie suivante et revient sur Giverny : il y a encore des motards en attente au péage. Gijou essaye de le suivre. Autant lui rendre la vie un peu difficile après le « raté » de ce début d’après-midi tumultueuse, qu’elle se souvienne de ses devoirs envers la patrie.&lt;br /&gt;Et puis, à l’aérodrome de Chérence, on ne lui refusera pas un coucou…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Capitaine de corvette Gijou rentre effectivement sur Paris pour une réunion de débriefing avec ses gars réunis dans le PC du boulevard Saint-germain et fait son rapport téléphonique au lieutenant-colonel Solre, dans ses bureaux du 15ème.&lt;br /&gt;Celui-ci note que Paul a gardé sa prisonnière. Il s’agit d’en avertir l’amirauté : ce n’est pas conventionnel, ça, comme procédure. À eux d’en informer le ministère qui ne manquera pas de faire circuler l’information jusqu’au quai d’Orsay.&lt;br /&gt;Demain, de toute façon, tout ça figurera dans les notes blanches distribuées à la première heure auprès des ministres « sensibles », Matignon, intérieur, défense, justice, affaires étrangères et Élysée, entre autre.&lt;br /&gt;Pas à lui de se charger de prévenir le ministère de la défense des bévues d’un officier supérieur qui provoque des embouteillages dans la capitale en faisant du rodéo sur la voie publique et de devoir porter un chapeau trop grand pour ses chétives épaules, dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants.&lt;br /&gt;Reste que l’enlèvement de de Bréveuil, par des Coréens en plus, en pleine mission ubuesque, ça n’est pas banal. Voilà que la « petite enquête » pilotée par la cellule de la défense prend un tour tout-à-fait inattendu.&lt;br /&gt;Et intéressant : que cherchent-ils donc de si important, tous ces gens dont il ignore qu’ils s’étaient réunis quelques heures plus tôt à quelques étages au-dessus de sa tête ?&lt;br /&gt;Quant au Capitaine de corvette Gijou qui suit les déplacements de Paul, elle commence à s’inquiéter de ne pas avoir de rapport de son arrivée à proximité de l’aéroport de Rouen alors qu’elle a fait s’y déplacer son équipe stationnée près du restaurant-péniche. Ce serait-il fait alpaguer par ses ravisseurs au nez et à son menton (elle n’a pas de barbe, contrairement à ses hommes qui commencent à avoir le rasage passablement grossier en cette fin de journée) ?&lt;br /&gt;Ce type-là la rendra folle. Sûre qu’il a fait une étape coquine dans une auberge de passage avec sa coréenne. Pas possible autrement !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, les écoutes ont encore bien fonctionné. Langley reçoit en fin de matinée les dernières péripéties parisiennes.&lt;br /&gt;Le directeur Charles Almont s’interroge. Pourquoi une coréenne ? &lt;br /&gt;Est-ce que ça a un rapport avec l’identité réelle des IP que l’équipe avait empruntés début août pour pirater des archives bancaires ? Après tout, un des IP est celui d’un PC installé dans les locaux de la police routière de Shanghai sous environnement linux, sans doute pour brouiller les pistes. L’agent Lison a même dû avertir « Charlotte », à la mi-août de faire attention à ce genre de détail…&lt;br /&gt;Mais pourquoi pas directement des chinois au lieu de coréens ?&lt;br /&gt;Miho Mahido : ils doivent bien avoir un dossier sur elle, si elle est bien du DLI…&lt;br /&gt;Il se fait renseigner de son côté et transmets par le canal habituel l’heure probable d’arrivée à l’équipe de Fox, dans le Var.&lt;br /&gt;Normalement, Emily Lison, ou un de ses sbires, devrait entendre le sifflement du moteur de l’hydravion de de Bréveuil.&lt;br /&gt;À confirmer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait Paul fait d’abord escale à l’aérodrome d’Aubenas, récupère l’hydravion et y transfère Miho, puis redécolle et met le cap au jugé sur le 150, pour passer les alpes à 30.000 pieds, par l’Italie, Miho solidement entravée sur un des sièges arrière, prostrée, silencieuse. Prisonnière de celui-là même qui lui a sauvé la vie il y a trois ans, alors que ce devait être à elle de le soumettre à la question dans les locaux de Neuilly…&lt;br /&gt;Et là, où l’emmène-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, le « plan B » fonctionne se dit-elle, puisqu’il était prévu qu’elle le fasse évader pour mieux lui coller aux basques.&lt;br /&gt;Mais il faut absolument qu’elle s’échappe et qu’elle trouve un téléphone pour qu’on la localise avant qu’il ne soit trop tard : car elle si elle ne donne pas de nouvelle sous peu, c’est sa vie qui peut ne plus rien valoir du tout pour ses compatriotes se doute-t-elle. Ni vraisemblablement pour son geôlier !&lt;br /&gt;Quand même idiot de finir ainsi si jeune, pense-t-elle dans l’avion qui survole la mer dans le crépuscule.&lt;br /&gt;Même si c’est un sort qu’elle accepte, ce n’est pas par gaîté de cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul n’atterrit pas à Fox, ni sur le plan d’eau du barrage du Verdon, mais amerrit au large des Agriates, au pied du sémaphore d’entrée du golfe de Saint-Florent, en Corse.&lt;br /&gt;L’endroit est désertique, les chemins ne sont pas carrossables, il n’y a ni eau courante ni téléphone et seul le « chef » Jean Vecchia y passe de temps à autre pour vérifier l’état du phare, des provisions et jeter un coup d’œil sur les bouées du large.&lt;br /&gt;Lui-même y était passé après son premier attentat pour vérifier que tout était en ordre en cas de besoin.&lt;br /&gt;L’endroit idéal pour passer inaperçu, accessible seulement de la mer ou à dos d’âne.&lt;br /&gt;Les bouées ? Au large, il y a une fosse sous-marine de plus de neuf cents mètre de profondeur : un cimetière marin idéal, d’autant mieux qu’il est entretenu par la marine pour y contenir quelques réserves secrètes de fioul lourd prêt à l’emploi pour ses navires de guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abordage de la bouée du coffre d’amarrage armé de ses pare-battages se passe bien malgré la houle résiduelle du large et le défaut de manœuvrabilité du Havilland. L’endroit est pourtant abrité à souhait. Le petit youyou sert de transfert jusqu’à terre, à quelques brassées.&lt;br /&gt;Miho découvre l’endroit dans la pénombre de la nuit tombante, marchant maladroitement dans le chemin escarpé à flanc de montagne, toujours les mains liées dans le dos.&lt;br /&gt;Paul souffle avec son sac sur les dos, se perd dans la pénombre, reprend le bon chemin et finit par glisser sur une pierre roulante à s’en retrouver dix mètres plus bas, sur le ventre, en pestant.&lt;br /&gt;C’est le moment que choisit Miho pour lui fausser compagnie en piquant un sprint tout droit vers la crête.&lt;br /&gt;Elle-même tombe, roule, se relève pendant que son geôlier hurle, l’appelle et la recherche avec sa petite lampe-torche.&lt;br /&gt;Elle court à travers le maquis qui la griffe dans la nuit tombante histoire de donner le change et s’arrête, épuisée au bout de 5 minutes, jugeant le phare du sémaphore assez éloigné : Elle n’a plus que la lumière des étoiles dans le ciel noir pour se guider vers des lumières de civilisation.&lt;br /&gt;Mais lesquelles ? &lt;br /&gt;Celles d’en face, sont loin et ténues et il y a la mer entre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul est furieux sur le moment. Tout ce chemin pour perdre sa prisonnière à la fin !&lt;br /&gt;Merde.&lt;br /&gt;Et en plus, on va encore s’inquiéter en haut-lieu !&lt;br /&gt;La poisse !&lt;br /&gt;Pourvu que son ordinateur portable n’ait pas souffert à l’occasion de sa chute…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XXI)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingt-et-unième chapitre épisode : Miho Mahido&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Pyongyang, le général Li-Phong, arrivé tôt à son QG ce matin-là, lit les rapports de la mission diplomatique de Paris. C’est un homme calme et pondéré, mais là, il a du mal à ne pas exulter de joie bruyamment.&lt;br /&gt;Le plan « A » a échoué comme prévu. Enfin, plus vite que prévu.&lt;br /&gt;Le plan « B » va donc n’en fonctionner que mieux.&lt;br /&gt;Une perle, décidément, le major Mahido !&lt;br /&gt;On l’a perdue à Paris : c’est plutôt bon signe !&lt;br /&gt;Elle peut être n’importe où maintenant. À elle d’improviser et de jouer le scénario qu’il lui avait prévu. &lt;br /&gt;C’est son homologue de Pékin qui allait jubiler. Il doit déjeuner avec son correspondant à Pyongyang et confirmer ainsi que le plan fonctionne correctement.&lt;br /&gt;Une certitude incontournable, en attendant. Le Capitaine de corvette De Bréveuil est bien l’agent qu’on pense, malgré les opinions contraires : jamais autrement il n’aurait échappé à un pareil dispositif d’enlèvement, aussi bien combiné par ses services.&lt;br /&gt;L’opération prend un tour qu’il avait été presque le seul à prévoir et savoir anticiper.&lt;br /&gt;Tout avait commencé au début du mois, quand la « Sécurité Intérieure » du grand voisin détecte qu’un de ses ordinateurs reçoit un fichier qui n’existe pas. Un gros. Le journal du réseau internet de la machine détecte bien l’entrée et la sortie dudit fichier électronique non-sollicité. C’aurait pu être une tentative d’hameçonnage d’une puissance étrangère, un virus agissant en mode « cache », voire un fichier portant sur des secrets militaires.&lt;br /&gt;De quoi « énerver » un peu la sécurité et justifier des mesures de coercition à l’égard des moteurs de recherches…&lt;br /&gt;Les « hackers » du « grand frère » finissent par remonter la piste, pour atterrir sur un PC en France, au siège d’une entreprise d’armement du pays.&lt;br /&gt;« Le cher Leader » est alors sollicité et le général Li-Phong n’a rien à refuser ni à son chef d’État, ni à son seul allié dans la région. Eux savent que le patron de cette entreprise tricolore est en fait un ancien militaire, aviateur-mercenaire, qui, il n’y a pas si longtemps s’est aventuré dans les eaux territoriales du pays pour y saboter des installations inexistantes au bénéfice des impérialistes honnis d’américains et les « cousins-traites » de sudistes.&lt;br /&gt;Une opération qui aurait dû échouer, pour avoir réussi in extremis à y glisser un agent, qui aurait dû en périr, c’est dire toute sa loyauté au régime, mais qui n’a pas permis d’abattre l’intrus.&lt;br /&gt;Naturellement que le service était partant pour prendre une revanche sur ce pilote et lui refiler entre les pattes celle qui avait réussi à le convaincre de l’emmener dans ce vol suicide.&lt;br /&gt;Paul de Bréveuil, si le major Mihado acceptait sa mission, ne pourrait pas faire autrement que de la laisser entrer dans le cercle de ses activités, légales ou parallèles, et c’aurait été tout au bénéfice de la « chère patrie » et de son « leader bien aimé »…&lt;br /&gt;Or, compte tenu de leur « passé commun », c’était elle, ou l’affaire aurait été pilotée par des éléments de la communauté asiatique parisienne.&lt;br /&gt;Et la Chine peut savoir compter sur un allié fidèle et indéfectible.&lt;br /&gt;Encore fallait-il que le major Mihado approche l’aviateur, se fasse accepter de lui pour l’observer discrètement. Le prétexte d’un ordinateur piraté, même par inadvertance, un petit scénario de « mise en demeure », quelques moyens pour donner corps à tout ça et il ne resterait plus qu’à l’agent du service à improviser pour rester placée à demeure dans l’ombre des industries militaires de l’Europe occidentale…&lt;br /&gt;Un strapontin, mais c’est toujours ça de prit pour savoir anticiper les ventes d’armes aux ennemis des alliés de Pékin. Et le « Cher Leader » saura naturellement monnayer auprès de l’empire du milieu son soutien au fil du temps et des remontées d’informations. &lt;br /&gt;Bref, première étape franchie sans difficulté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Paul, la situation se retourne dès le frichti à base de poulet est servi bien chaud : ça sent bon dans la cambuse du sémaphore.&lt;br /&gt;La faim, la soif, la fatigue, la peur font sortir le loup du bois, dit-on !&lt;br /&gt;Vers vingt-et-une heure, Miho tape du front contre la porte d’entrée.&lt;br /&gt;Elle est visiblement épuisée, ses vêtements sont déchirés à de multiples endroits, presqu’en loque. Elle a froid, faim et les mains toujours entravées dans le dos.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Manger ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il l’assied sur une chaise en face de lui dans la cambuse du sémaphore, sans lui ôter ses menottes, va lui chercher une couverture pour recouvrir son indécence naissante et la réchauffer un peu, pose une assiette devant elle et la sert copieusement de morceaux de poulet pas trop gros, accompagnés de quelques légumes.&lt;br /&gt;À elle de plonger la tête dans son assiette pour se rassasier.&lt;br /&gt;Et elle ne se fait prier qu’une seule fois, tellement le poulet « sauce-frichti » a une odeur appétissante après qu’elle ait compris que Paul ne la détachera pas.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Boire ?&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Il se lève, saisit un verre et une bouteille d’eau, fait le tour de la table et la fait boire trois fois de suite.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Merci. Quoi toi vouloir faire de moi ?&lt;/i&gt; » finit-elle par dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, il est question d’être astucieux et crédible, pense Paul en reprenant la parole lentement.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ma chérie, tu sais combien je t’adore ! Je t’ai même sauvé la vie au moins par deux fois ! Une au-dessus de tes eaux territoriales, une autre sur le tarmac de Gozan. Maintenant tu es ma prisonnière pour avoir tenté de m’enlever et, personne ne sait où tu es à part moi ! Ton sort, ta vie est une nouvelle fois uniquement entre mes mains. Compris ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle le regarde avec ses grands yeux apeurés qui font tout son charme, tant est qu’elle puisse avoir quelques charmes pour une femme sans forme, ni grâce ni encore moins de musculature, même pas bien proportionnée, avec sa tête proportionnellement plus longue que son corps monté sur jambes courtes.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Où être nous ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Nous sommes sur un phare au large de l’Albanie…&lt;/i&gt; » Un petit mensonge, comme d’une pincée de sel, n’en est toujours que meilleur.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Loin de tes bases. Je t’assure, tu ne verras personne d’autre que moi avant plusieurs semaines, si j’en décide ainsi. Mieux, chérie ! Si je meurs, même par inadvertance, ou par rencontre de tes complices, tu n’auras plus rien à manger ni à boire. En 10 ou 15 jours, tu mourras d’épuisement ! Ça te va ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul avait hissé la double flamme rouge sur le mât, interdisant à Jean Vecchia de venir faire son tour hebdomadaire mais l’obligeant à être vigilant des allers-et-venues dans le secteur : il verra et comprendra le message convenu, demain matin en passant de retour de sa pêche matinale à la langouste.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quoi toi vouloir moi ?&lt;/i&gt; » répète-t-elle une nouvelle fois après avoir assimilé les paroles de Paul qui se verse un fond de vin rouge local.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul vide son verre. « &lt;i&gt;Je vais t’entraver dans une pièce isolée, sans fenêtre et blindée. Économise l’air, je ne suis pas sûr que ce soit bien aéré. Ça, c’est ton sort si tu ne réponds pas à quelques questions. Si tu réponds, je pars vérifier tes réponses et je ne reviens que si les réponses sont bonnes. Si tu ne réponds pas ou que tes informations sont fausses ou invérifiables, je ne reviens que dans plus d’un mois pour jeter ton cadavre dans la mer. Pigé ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pigé ? … Pas comprendre !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ça commence mal, se dit Paul…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pigé, ça veut dire comprendre. Tu as compris ce que je viens de dire ou non ? Parce que je n’ai pas envie de répéter trente-six fois !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Oui, oui ! Moi comprendre. Toi veux savoir quoi de moi ?&lt;/i&gt; », s’exclame-t-elle en réponse avec des grands signes de tête affirmatifs.&lt;br /&gt;Vocabulaire d’une « bilingue » ? Macache !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Moi tout dire à toi, mais toi faire quoi à moi, après ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ce que tu veux ! Tu pourras repartir chez toi si tu veux.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Là, franchement, ça lui en coupe le souffle. Ça tête fait non, mais aucun son ne sort sur le moment.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Si moi répondre à question, toi savoir moi mourir !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Et si tu ne réponds pas, toi aussi mourir ici, de faim, de soif et de froid !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Belle façon de dealer, pense Paul sur le moment.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est toi qui choisis &lt;/i&gt;! »&lt;br /&gt;Re-long-silence.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Toi pas vouloir torture moi ? Viol de moi ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Violer une femme ! La battre ou la torturer ! N’importe quoi, décidément dans la tête d’une asiate coréenne : Paul a de l’éducation, joue bien sûr de la situation et peut-être même sur les prémices d’un syndrome de Stockholm, pourquoi pas ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pas besoin Miho ! D’abord tu n’es vraiment pas mon style de bonne femme : tu es un vrai tas d’os informe, donc pas de viol, même consenti.&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;D’autant qu’il avait eu le loisir de la « consommer », dans le temps. Pas un « coup terrible », se rappelle-t-il.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ensuite, je ne te frapperai que pour me défendre. Pas mon genre de brutaliser quiconque sauf en état de légitime défense ! &lt;br /&gt;Faut pas non plus rêver, jeune fille : on ne s’enverra pas en l’air ce coup-ci, sauf peut-être pour ton plaisir, mais dans une autre vie, alors !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pan dans les dents… Humiliée et sans brutalité en plus : une bonne façon de faire avec un prisonnier détenteur d’informations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Plus facile si toi torture moi ! Une chance de survie chez moi !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Eh bien n’y compte même pas, la belle. Si tu retournes un jour chez toi, ce sera libre et sans la moindre trace de torture ! On n’est pas des sauvages en France et encore moins dans la marine ! « Honneur et Patrie », telle est notre devise ! &lt;br /&gt;Et tant pis si ce sont tes connards de compatriotes qui te flinguent : je ne veux pas le savoir !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Paul se lève pour débarrasser la table des restes du repas.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Moi résumer. Toi pas taper, toi pas violer. Dommage ! Moi parler. Toi contrôler. Véri…fie ? Moi libre mais morte. Moi pas parler. Moi mourir ici ? C’est bon ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;C’est bon… Maintenant, si je sais ce que je veux savoir, tu peux aussi librement accepter qu’on te protège ici, peut-être par mes équipes le temps qu’il faudra. On n’est pas chien avec un agent qui collabore après l’avoir retourné.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Toi vouloir moi par… derrière ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Rien compris, la fille, pense Paul en la voyant faire mine de se lever et de se retourner pour lui présenter ses fesses plates.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ok ! Assied-toi et reste sage. Je vais chercher tes chaînes&lt;/i&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paul finit par trouver ce qu’il cherche dans le foutoir un peu oublié du sémaphore : il y a bien longtemps qu’il n’a pas revu tout l’inventaire et les choses ont un peu changé de place entre-temps.&lt;br /&gt;Miho finit de lécher son assiette quand il revient et elle réclame encore un peu d’eau avant de le suivre dans la pièce du fond, sous le phare.&lt;br /&gt;Des murs de trois mètres d’épaisseur qui supportent les fondations de la tour. Sol sec, juste une ampoule électrique haut-perchée au plafond voûté.&lt;br /&gt;Le dispositif de maintien de sa prisonnière relève du moyen-âge, pour être particulièrement barbare : deux chaînes scellées dans le mur rond qui épouse la forme du phare ! Il faut un escabeau pour les atteindre.&lt;br /&gt;Les lourdes chaînes assez longues pour permettre de se lever mais pas d’aller au bout de l’une ou de l’autre. L’une est arrimée et cadenassée autour du cou de la coréenne, l’autre autour de sa cheville.&lt;br /&gt;Sauf à s’arracher le cou ou le pied, normalement il n’y avait pas moyen de s’en défaire. &lt;br /&gt;Bien sûr, puisqu’elle n’aura que ça à faire, elle tentera bien de forcer les serrures de ses entraves : il faut juste un point de colle extraforte pour noyer les mécanismes et les rendre inviolables. Si on doit la libérer un jour, il faudra une scie électrique !&lt;br /&gt;Il lui installe un matelas confortable à même le sol, quelques couvertures en nombre suffisant en plus d’un épais duvet, une bassine d’eau, un autre vide pour ses besoins et un pain de campagne à proximité.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je pars ce soir et ne reviens que dans deux jours : tu as tout le temps de réfléchir à ce que tu vas faire. D’ailleurs, tu n’as que ça à faire, ma chérie ! Y réfléchir.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Quelles questions toi vouloir savoir ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Appelle-moi Paul, sublime Miho !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Paul !&lt;/i&gt; » Elle opine de la tête.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je veux savoir ce qui t’est advenu, ce qui t’est arrivé après notre séparation à Gozan. Ce que tu as fait, pour qui et sur quoi tu travaillais, que je puisse vérifier que tu ne mentes pas.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle acquiesce, les yeux grands ouverts, comme pour mieux comprendre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Après, tu me diras quelle était ta mission ici à Paris, qui et quoi l’on provoquée, ce que vous en attendiez et ce que tu sais de ma mission. Ok ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle répond « &lt;i&gt;ok !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Je vérifierai et alors, si tu ne m’as pas raconté d’histoires, je te remettrai à la disposition de mes chefs, qui te feront sans doute le même interrogatoire, plus plein de choses sur ton service, j’imagine. &lt;br /&gt;Là, tu pourras dire ce que tu veux et si ça se passe bien, tu pourras demander l’asile politique et une protection. &lt;br /&gt;Alors ton autre vie commencera pour toi, là où tu l’auras décidé.&lt;br /&gt;Évidemment, si dans la première phase avec moi ça ne se passe pas comme prévu, je te laisse ici mourir tranquillement et je balancerais ta dépouille dans la flotte avec plusieurs parpaings aux pieds pour te faire bouffer par les petits poissons… Et je dirais que tu t’es échappée. &lt;br /&gt;Peut-être que la police locale te cherchera, mais ce n’est pas sûr, on est en Albanie ici et les coréens, ils s’en foutent. &lt;br /&gt;Peut-être que tes potes viendront jusqu’ici, mais pas avant plusieurs mois de toute façon et tu auras disparu au fond de l’Adriatique depuis bien longtemps.&lt;br /&gt;C’est clair dans ta tête ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Elle fit signe que oui.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Prends bien soin de toi, peut-être qu’il y a des rats, ici !&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Paul sort, barricade la porte, retire le fusible de l’ampoule électrique et retourne à l’hydravion.&lt;br /&gt;Il sait qu’elle entendra l’appareil décoller, pour faire un saut de puce jusqu’à Fox.&lt;br /&gt;Il est urgent de donner signe de vie, sans ça, ça serait encore l’affolement dans les états-majors de la cité qui allait retomber en pluie fine sur la tronche du « capitaine Dominiquette ».&lt;br /&gt;Chaude journée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le capitaine Gijou reçoit de ses agents à Fox, un Sms en pleine nuit. Paul vient d’atterrir sur le petit terrain sommairement aménagé devant la propriété : elle fera suivre l’information demain matin.&lt;br /&gt;À peu près au même moment, Emily en reçoit un aussi de sa propre équipe. Elle le transmet dans la minute. Il faut qu’elle envisage de remonter dans le Var.&lt;br /&gt;En revanche, à Neuilly, c’est soirée d’angoisse. La mission a échoué et on attend de nouveaux ordres.&lt;br /&gt;Et plus ils mettent de temps à arriver, et plus c’est long, plus on peut imaginer que les décisions à prendre montent très haut dans la hiérarchie du régime, peut-être même jusqu’au « Cher Leader ».&lt;br /&gt;Ce qui n’est pas bon signe pour l’avenir des camarades…&lt;br /&gt;Finalement, au cours de la journée suivante, ordre est donné de dissoudre l’équipe et de la rapatrier par les prochains avions pour Pékin.&lt;br /&gt;La sentence vaut pour tout le monde, y compris le chef d’antenne !&lt;br /&gt;Déçu, celui-ci tente de plaider qu’on peut retrouver le major Mihado en se donnant un peu de temps. &lt;br /&gt;Mais non, la décision est ferme et définitive. À Pyongyang, manifestement, on préfère l’abandonner à son sort. Ils enverront peut-être une équipe de « nettoyeurs » plus tard pour la neutraliser, si elle est vraiment détentrice de secret d’État, ce qui est probable.&lt;br /&gt;En réalité, le général Li-Phong est aux anges. Il enverra bien une équipe-bis légère, mais pour éventuellement établir le contact avec le Major Mihado au cas où elle en ait besoin et surtout surveiller ses activités de loin. Elle ressortira bien un jour de son trou.&lt;br /&gt;Pour le moment, il est juste question, par la voie officielle et diplomatique, de faire savoir aux autorités françaises qu’une attachée culturelle auprès de l’Unesco a disparu.&lt;br /&gt;Ça remuera un peu la police locale, une diplomate manquante, pensez donc, et provoquera, normalement, une réponse oiseuse et gênée avant de connaître vraiment son sort de façon lapidaire à la deuxième ou troisième relance.&lt;br /&gt;Moment où officiellement l’équipe-bis, déjà sur place entre-temps, pourra devenir plus active…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XXII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingt-deuxième chapitre : De fox au sémaphore&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Paris, la note blanche matinale fait son effet. C’est journée « comité restreint » de défense à l’Élysée. Le Président ne manque évidemment pas de demander de « préciser » cette affaire, ni à son chef d’état-major, ni au ministre de la défense. &lt;br /&gt;Réponse embarrassée du ministre : « &lt;i&gt;Tu sais bien, c’est l’équipe qui s’est mise au boulot sur ta mission des recherches de fonds détournés demandé par les américains !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah, c’est Charlotte ?&lt;/i&gt; » Comme si il ne savait pas déjà !...&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Oui, ça je sais ! Mais que viennent faire les coréens dans ce cirque ? Et que fait ton agent avec un prisonnier qui est sûrement un diplomate ? Et où est-il au juste ? Il en fait quoi ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Gêné, le ministre lui répond qu’il n’en sait trop rien.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Il est dans son cantonnement du Var et je suppose qu’il doit l’interroger pour pouvoir répondre à toutes vos questions !&lt;/i&gt; » propose le Chef d’état-major qui se tient à côté de son patron politique.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Un diplomate entre les mains d’un militaire ! Je te jure, on va droit au conflit armé avec les coréens du nord ! J’espère qu’il le remettra à notre disposition avant ce soir et en bon état, sans ça je ne raconte pas tes oreilles !&lt;/i&gt; », fait-il au ministre.&lt;br /&gt;Le ministre n’a pas le temps d’évaluer la menace que déjà son collègue des affaires étrangères s’avance vers lui à pas rapides.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Dis donc, man, tu te débrouilles pour ne pas biseauter les cartes avec cette affaire de diplomate coréen enlevé hier à Paris par tes militaires, apparemment : c’est l’affaire des ricains, la Corée, pas la nôtre ! Faudrait peut-être à voir à tenir tes troupes, camarade ou ça va chauffer !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;L’algarade s’arrête là : Le président, sur un ton impérieux comme à son habitude, fait commencer la réunion ! Il a un emploi du temps surchargé en ce moment.&lt;br /&gt;Comme d’habitude, pense le ministre de la défense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais de retour au ministère, il fait convoquer d’urgence le lieutenant-colonel Solre et le général Wimereux pour le début d’après-midi.&lt;br /&gt;Comme quoi, c’est encore sur lui que retombe les emmerdements pour quelque chose dont il ne sait absolument rien, comme il le redoutait.&lt;br /&gt;Celui-ci l’apprenant, téléphone au Capitaine de corvette Gijou pour avoir des nouvelles fraîches de cette histoire abracadabrante.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Monsieur le ministre, avec tous mes respects, le capitaine de corvette de Bréveuil ne ressort pas de ma compétence. Nous n’avons reçu d’ordre de l’amirauté que de protéger le capitaine…&lt;/i&gt; » Et de lui raconter par le menu les événements de l’après-midi d’hier.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Pour le reste, nous n’avons pas compétence : il faut voir avec la hiérarchie de l’amirauté !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Vous lui avez pourtant bien confié une mission, général ?&lt;/i&gt; » dit le ministre en s’adressant à l’autre interlocuteur. L’autre acquiesce, mais les ordres viennent directement de l’état-major élyséen.&lt;br /&gt;Là, c’en est à la fois trop et pas assez pour le ministre.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Écoutez messieurs, premièrement, vos équipes ont échoué à protéger l’agent « Charlotte ». D’après ce que vous me racontez, je pensais, colonel, que vous étiez missionné pour ça et que vous aviez demandé les moyens optimum pour remplir votre mission.&lt;br /&gt;Deuxièmement, elle agit en solo, général, et manifestement hors hiérarchie de l’amirauté. Je croyais vous avoir déjà dit que ce n’est pas normal. C’est juste un agent détaché. Il ne devrait répondre qu’à moi, et moi je n’ai de nouvelles que par vous, c’est-à-dire rien.&lt;br /&gt;Alors troisièmement, vous vous débrouillez pour lui faire savoir qu’il faut qu’elle remette en liberté le diplomate coréen qu’elle a enlevé au plus vite et qu’elle fasse son rapport ici même demain matin.&lt;br /&gt;C’est entendu ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;À vos ordres, Monsieur le ministre !&lt;/i&gt; » Et les trois hommes se séparent sans un mot.&lt;br /&gt;Le général Wimereux note tout juste que le ministre semble essayer de tirer la couverture à lui, même si elle est bien trop grande pour lui. Il lui en faudra rapporter à son supérieur au ministère qui rapportera à son collègue de l’Élysée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Solre, de son côté, réussit effectivement à passer la consigne au capitaine Gijou, en plus d’un savon à la hauteur de l’humiliation qu’il a dû subir silencieusement dans le cabinet du ministre, sans pouvoir ni se défendre ni en savoir plus sur la mission de « Charlotte », un comble pour un des patrons des services de renseignements intérieurs unifiés du pays !&lt;br /&gt;Une injure, même !&lt;br /&gt;Il y a un secret particulièrement bien protégé qui circule autour du haut de l’État. Invraisemblable d’avoir des chefs politiques aussi suspicieux !&lt;br /&gt;Honteux, même !&lt;br /&gt;Le Capitaine Gijou reste calme pendant l’orage téléphonique : elle sera sur place vers midi et fera son rapport si tôt après avoir transmis les ordres du ministre.&lt;br /&gt;Un bon agent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, « Canal habituel » transmet très rapidement à Langley l’information des nouveaux ordres reçus par la DCRI. &lt;br /&gt;Charles Almont, dès qu’il apprend les nouvelles informations, comprend aussitôt qu’il faut fournir une échappatoire à « Charlotte ».&lt;br /&gt;Saborder une mission en plein milieu d’opération, pour cause de grain de sable, ce n’est vraiment son ambition.&lt;br /&gt;Et il faut que ni la « Maison-Blanche » ni le Pentagone n’ait vent de cette affaire.&lt;br /&gt;Miho Mihado est en tout cas fichée à l’agence.&lt;br /&gt;Agent double. &lt;br /&gt;Née en février 1980, études d’informatique moyenne à l’université de Pyongyang, un seul séjour de 4 semaines en Californie en stage chez Sun, affectée aux services de transmission de l’armée nord-coréenne, mariée soi-disant de force à un sous-officier en 2001, passée en Corée du sud par la mer fin 2002, dans une équipée où elle a été la seule survivante. &lt;br /&gt;Elle avait été débriefée par l’antenne locale de l’agence après celle des services sud-coréens en janvier 2003.&lt;br /&gt;Rapport mitigé : le détecteur de mensonge s’est un peu trop affolé ! Elle a été affectée aux écoutes chez les sudistes. Victime de deux attentats sur le sol coréen quand même dans le courant de 2003, elle a été ensuite consignée sur la base d’Osan.&lt;br /&gt;Volontaire pour une mission avec Paul De Bréveuil en octobre 2003, elle est blessée à son retour par son officier traitant, l’agent-double, venue l’arrêter. &lt;br /&gt;Soupçonnée d’avoir tenté de faire capoter la mission, elle est relaxée mi-2005 par le tribunal militaire après que son officier traitant ait été reconnu coupable d’avoir dissimulé une balise automatique à retardement dans son équipement de vol.&lt;br /&gt;Celui-là est encore en prison à purger une peine de 30 ans pour haute trahison et fait actuellement l’objet de tractations pour un échange de prisonniers avec Pyongyang.&lt;br /&gt;2006, réaffectée aux écoutes. &lt;br /&gt;2007, obtient le grade de sergent-major  chez les coréens de Séoul.&lt;br /&gt;Démissionne en 2008, part au Japon à la recherche de sa famille et obtient un poste de pigiste dans un quotidien du pays pour les affaires coréennes. Quelques déplacements pour son journal à l’étranger et en Europe.&lt;br /&gt;Jusqu’à ce qu’on la retrouve dans le dos de « Charlotte » fin 2009 !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien étrange parcours d’un agent-double manifestement tourné et retourné par son pays d’origine. Pas fiable, et à y regarder de près, il faudra aussi faire le détail sur ses déplacements depuis 2008, à recoller avec quelques affaires en archive : on ne sait jamais.&lt;br /&gt;En attendant si « Charlotte » la détient, il faut savoir où et l’inviter à l’exfiltrer rapidement jusque sur une base de l’Otan, en Allemagne par exemple : il ne va pas pouvoir garder une bombe pareille très longtemps, pense Monsieur Charles pour lui-même. &lt;br /&gt;Trop dangereuse.&lt;br /&gt;À moins de l’éliminer tout de suite.&lt;br /&gt;Il pèse le pour et le contre.&lt;br /&gt;Emily ne sera pas capable de « l’effacer » proprement, ni aucune personne de son équipe. Il faudrait envoyer un agent depuis Londres, elle n’aura qu’à assurer l’intendance.&lt;br /&gt;Non, pas facile pour une « amatrice du NSA ».&lt;br /&gt;Et puis ce serait prendre le risque que son agence à elle s’inquiète du changement de cap de la mission d’accompagnement de jusqu’alors : un coup à ce que ça remonte via le Pentagone jusqu’à la Maison-Blanche.&lt;br /&gt;Il vaut nettement mieux qu’Emily transmette les informations sur Mihado à « Charlotte » et lui propose l’exfiltration en Allemagne. &lt;br /&gt;Lui au moins, on peut compter sur lui, pas comme tous ces ringards de français !&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Ah ! Si Rackchi avait bien voulu jouer le jeu au lieu d’en passer par son cornac de Pindevil : on n’en serait pas là&lt;/i&gt; », pense tout haut Charles Almont avant de donner ses ordres qui sont doubles : Plan 1, l’exfiltration, plan 2, Londres : Abattre la prisonnière de « Charlotte » le plus vite possible avant que les français ne la renvoie en Corée par la valise diplomatique.&lt;br /&gt;Une question de jour, voire d’heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps-là, Paul se repose : deux attentats, un kidnapping, c’est beaucoup.&lt;br /&gt;Une affaire à régler, une prisonnière à gérer, c’est trop.&lt;br /&gt;Il faut qu’elle parle au plus vite de façon à « déléguer le problème » rapidement.&lt;br /&gt;Sûr qu’en plus, on va lui mettre la pression pour ça.&lt;br /&gt;Mais revenir demain au sémaphore comme il en avait l’intention, ce n’est pas suffisant pour la faire craquer, il faut trouver une autre astuce.&lt;br /&gt;Et la faire craquer sur quoi ? Quelle information manque pour expliquer que les nord-coréens se mêlent dans la danse de ces affaires de milliards disparus ?&lt;br /&gt;Car il y a forcément un rapport…&lt;br /&gt;Avant d’aller se coucher, il reprend son ordinateur nomade et poursuis ces lectures et recherches sur Internet.&lt;br /&gt;Les morts suspectes des années 80/90 ?&lt;br /&gt;Ça veut dire quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a eu les morts dans « Clearstream » et les frégates, l’attentat de Karachi contre les ingénieurs de la DCN travaillant sur les sous-marins pakistanais.&lt;br /&gt;On lui a cité le nom de Lagardère-père, mais c’est une affaire liée, éventuellement à la mafia russe ou à la furtivité des frégates et qui a dégénérée avec « Clearstream 2 » jusque devant le tribunal correctionnel.&lt;br /&gt;Pas de trace de rien pour les ventes de Mirage 2000, ni le marché des missiles qui vont avec.&lt;br /&gt;Dans l’entourage du Président de l’union de la gauche de l’époque ? Il y a au moins deux noms : Grossouvre et Bérégovoy. &lt;br /&gt;Grossouvre est mort en avril 1994 dans le palais de l’Élysée. &lt;br /&gt;Durant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté comme médecin auxiliaire à un régiment de tirailleurs marocains, et rejoint ensuite une équipe d'éclaireurs skieurs dans le Vercors (où sa mère a une maison). &lt;br /&gt;Il y rencontrera Bousquet, et créera avec lui l'un des premiers réseaux de l'Organisation de résistance de l'armée (ORA), puis revient à Lyon où il obtient son diplôme de docteur en médecine en 1942, et devient médecin du 11èmecuirassiers. Il rejoint quelques temps le Service d'ordre légionnaire (SOL), mais en 1943 il part pour le maquis de la Chartreuse (près de Grenoble) et participe aux combats du Vercors. &lt;br /&gt;Après la guerre, sous le nom de code de « Monsieur Leduc », il devient le chef du réseau « stay-behind Arc-en-ciel », installé par l'OTAN en France, dans le cadre de l'opération « Gladio ». &lt;br /&gt;Fondateur de la Générale Sucrière, la boutique de sa belle-famille, il installe la première usine Coca-Cola en France. Parallèlement conseiller du commerce extérieur de la France (1952-67) et vice-président de la Chambre de commerce franco-sarroise (1955-62), dès 1953, il investit dans la création du magazine « L'Express » où il noue, à cette occasion, une amitié avec Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber. C’est un industriel qui reprend une entreprise de soierie. Dans les années 70, il devient actionnaire majoritaire des quotidiens « Le Journal du Centre » et « La Montagne », deux quotidiens régionaux du nord du Massif central. &lt;br /&gt;Avant-guerre, il est proche des milieux de l'Action française tout en se liant d’amitié avec le futur président de l’union de la gauche en 65, aux côtés de Charles Cornu (l’homme de « l’œuvre du diable » de l’affaire du « Rainbow-Warrior »). En 1974, il devient le parrain de Marazine Pageot, la fille qu'Anne-Laure Pageot donne à l’adversaire de Cisgard, et veille sur les secrets de famille, dont aucun ne sera révélé de son vivant. &lt;br /&gt;Nommé en juin 1981 chargé de mission auprès du Président de la République, qui lui confie les problèmes de sécurité et les « dossiers sensibles », notamment ceux liés au Liban, à la Syrie, à la Tunisie, au Maroc, au Gabon, aux pays du Golfe, au Pakistan et aux deux Corée, il est également président du « Comité des chasses présidentielles », fonction qu'il conservera jusqu'à son décès, et qu'il utilise pour des rencontres informelles avec des personnalités politiques nationales ou étrangères. &lt;br /&gt;En juillet 1985, il quitte ses fonctions de chargé de mission et embarque pour le rôle conseiller international des avions Marcel Dassault (1985-86), au moment de l’opération « Bravo » qui fournira frégates, missiles et avions à Taïwan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 7 avril 1994, peu avant 20 h, son garde du corps, un gendarme du GIGN, le retrouve mort, d'une balle tirée dans la tête, dans son bureau du palais de l'Élysée, situé au premier étage de l'aile Ouest. Le suicide présumé de de Grossouvre donne lieu à plusieurs versions et contestations. Aucune des thèses soutenant la version de l'assassinat ne s'est imposée à ce jour. Bizarrement, personne n'a entendu le coup de feu à l'Élysée, pas même le gendarme en faction sous sa fenêtre, alors que l'arme utilisée est de gros calibre, un 357, au point qu'il y a « du sang jusqu'au plafond ». L'enquête judiciaire est écourtée (il n'y a notamment pas eu d'expertise balistique), et conclut au suicide malgré des indices troublants : le rapport d'autopsie précise que le corps présentait « une luxation avant de l'épaule gauche et une ecchymose à la face », alors que le corps est retrouvé assis dans son fauteuil. &lt;br /&gt;Dans un de ses bouquins, Pierre Péan indique que le responsable des chasses aurait tout fait pour diffamer le Président. Ce qui est assez peu probable. Mais qu’il ait été dégouté par l'affairisme du Président et de nombreux socialistes arrivés au pouvoir, ça, on peut comprendre. Il serait allé, indique le journaliste, jusqu'à proposer ses services au « RPR » en 1988, ce qui est « n’importe quoi » pour un fidèle de plus de 30 ans !&lt;br /&gt;Pourtant, des éléments précis militent objectivement pour la thèse d’un assassinat. La disparition de la totalité de ses notes au Président de la République, de nombreuses autres archives et surtout du manuscrit de « souvenirs » que François de Grossouvre rédigeait…&lt;br /&gt;La luxation de l'épaule gauche de la victime, découverte lors de l'autopsie, qui pourrait être due au fait qu'il aurait été maintenu de force sur son fauteuil lors du « suicide »… On ne voit pas d’autres solutions, notamment pour expliquer l’ecchymose frontale. L’absence de bruit de la détonation de l'arme qui a nécessairement être masquée par un silencieux que personne n’a retrouvé, notamment pour éviter que le garde du corps, demeurant à proximité, n'intervienne trop vite. Et puis, des remarques de Grossouvre vers la fin de sa vie affirmant qu'il se sentait menacé : « &lt;i&gt;Ils vont me flinguer. Je sais tout maintenant. Ils ont peur. Ce sont des salauds...&lt;/i&gt; », ou : « &lt;i&gt;Je ne suis pas venu ici en 1981 pour que cela se termine comme ça. Certains sont là pour prendre de l'argent, ils se foutent de la France. Jusqu'où iront-ils ?&lt;/i&gt; ». Les derniers temps, il gardait en permanence une arme chargée près de lui, normalement toute désignée pour son suicide, et… qui n’aura curieusement pas servi.&lt;br /&gt;On peut aussi faire le lien avec son gendre, « suicidé sans aucun doute » le 11 juillet 1997, quarante-trois ans, dans la nuit de vendredi à samedi près de La Châtre (Indre), en se tirant une balle dans la tête. Le corps a été retrouvé par un promeneur samedi matin dans le bois de Bellevue. Philippe Brelot a utilisé une arme de chasse, a indiqué la gendarmerie.&lt;br /&gt;Curieux aussi, ça. On chasse à la chevrotine dans le coin, à moins que ce soit une chasse au sanglier. Mais pas facile de se tirer dessus avec un fusil, quand même, à moins de se plier en deux et d’accepter par avance de mourir en se vidant de son sang avec un coup porté à la poitrine…&lt;br /&gt;Lors des derniers mois de sa vie, François de Grossouvre invitait régulièrement des journalistes pour leur faire des confidences sur les dérives du pouvoir du Président de l’Union de la gauche, et il rédigeait des mémoires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore un qui n’aura pas su se préserver à suivre la course du soleil de trop près, pense Paul.&lt;br /&gt;« Isidore » : « I » comme Icare ? Paul arrive-t-il si près que ça du même soleil pour être la prochaine cible désignée du double attentat dont il a été victime en sus d’une tentative d’enlèvement. &lt;br /&gt;Mais quel soleil ? Et pourquoi dès avant qu’il ne commence à fouiner dans des archives « top-secret » que le ministère lui a fourni ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis la bonne idée lui vient enfin. Demain, c’est week-end de fin de saison. La période hebdomadaire où le Chef Rémarde quitte le domaine pour descendre « visiter sa sœur ». En fait, il se tape les putes du port de Toulon avec quelques copains de bordée depuis des années. Miss Lydia, son épouse, peut donc jouer « son numéro » de mère maquerelle en toute liberté, au lieu de flâner à ses lessives. Il lui en parle discrètement après le dîner.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Lydia, vous avez toujours vos tenues de cuir ?&lt;/i&gt; » Bien sûr qu’elle les a, mais ne sait pas si elle entrera encore dedans, répond-elle l’œil soudain brillant. « &lt;i&gt;Je pars récupérer ma moto et je passe vous prendre en fin de matinée pour une virée discrète et exceptionnelle, si vous voulez bien me rendre service.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Bien sûr qu’elle veut bien « rendre service » depuis le temps qu’ils se connaissent, ce qui remonte à 2003, quand l’amiral avait flanqué Paul, devenu « Charlotte » dans le monde aéronautique militaire, aux arrêts après ses frasques afghanes. Arrêts qu’il avait faits ici même pour partie, avant de repartir pour Mururoa pour le compte de la DRM et finir par filer sa démission l’année suivante.&lt;br /&gt;Bérégovoy attendra. Vol du soir jusqu’à Aubenas. Rapatriement de l’avion école à Chérence dans la nuit, puis route de retour jusqu’à Aubenas en moto avec escale dans un motel au bord de l’autoroute d’Auvergne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 10) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée en fin de matinée du samedi pour relever les e-mails où il découvre celui relatif à Miho venant d’Emily : Le CV complet de l’espionne qu’il allait retrouver !&lt;br /&gt;Plus les messages téléphoniques de Gijou qui dit de l’attendre à Fox. Elle arrive avec des instructions.&lt;br /&gt;Elle trouvera le nid vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lydia, l’œil brillant l’attend. Il lui explique brièvement la mission : « &lt;i&gt;J’ai une prisonnière auquel je ne veux pas faire trop de mal mais qui doit me confirmer certaines informations. Motus et bouche cousue, secret défense et compagnie, bien sûr. Pas un mot à personne sur ce qu’on va faire et ce qui sera dit, hein ? Ni aujourd’hui, ni demain, ni même jamais !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Promis, craché juré, bien sûr.&lt;br /&gt;Et ils s’envolent tous les deux pour le coffre d’amarrage sous le sémaphore de Saint-Florent qu’ils atteignent un peu avant midi.&lt;br /&gt;Pendant le trajet, il explique à Lydia le scénario qu’il attend qu’elle joue pour lui.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Bien sûr, il n’est pas question que je vous roue de coups. Mais vous, vous pouvez vous débattre férocement. Quant à la gégène, il vous faudra jouer la comédie et hurler comme si c’était bien une électrocution. Je veux que la fille soit impressionnée un grand maximum.&lt;br /&gt;Et au final, vous aurez dit « non » à tout et je serai dans l’obligation de vous abattre. On ne va pas faire ça sous ses yeux, mais à l’étage. Le tout, c’est que quand je l’amènerai en lui ayant fait croire que je vais lui faire subir le même sort, il faut qu’elle vous croie morte, allongée dans votre sang.&lt;br /&gt;Ce sera le coup de grâce émotionnelle. Si après ça, elle ne crache pas tout ce qu’elle sait, bé de toute façon, on rentre.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Lydia n’en demande pas tant. Ça lui plaisait assez, finalement cette séance de sadomasochisme, même simulée.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Mais vous allez la tuer ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Non, même pas. Il suffit qu’elle croie fermement qu’elle va mourir.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;On la ramène ensuite à Fox, dans la nuit. Je suis sûr qu’on aura à la remettre aux agents du ministère arrivés entre-temps.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Pas de problème ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…/ (Aparté n° 11) /…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Opération « Juliette-Siéra » (XXIII)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingt-troisième chapitre : Révélations…&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Le sémaphore, ça n’existe même pas en rêve, vous vous souvenez de votre promesse, Lydia ! Quoiqu’il se soit passé, il ne s’est rien passé, il ne s’est rien dit, vous n’avez d’ailleurs rien vu, vous n’y êtes jamais venu, vous ne savez même pas que ça existe, ok ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Trop excitée au souvenir de ce qu’elle vient de vivre, de toute façon elle sera de retour au soir comme promis sans que personne n’en sache rien. Et elle pourra toujours expliquer qu’elle s’est promenée à la recherche de sa « belle-sœur putative » sans succès, où qu’elle a seulement accompagné le commandant de la fondation jusqu’à Rouen pour livrer des légumes frais et biologiques à « La péniche » de Mylène… elle aurait tout acquiescé de toute façon.&lt;br /&gt;Maintenant que Paul sait ce qu’il doit savoir, il n’y a plus qu’à redonner forme décente à la coréenne encore sous le violant choc émotionnel qu’elle vient de subir, se croyant mourante et abandonnée, presque miraculeusement vivante, et la ramener à Fox où doit l’attendre la « Dominiquette ».&lt;br /&gt;Il pourra même lui faire un rapport et tancer la conseillère régionale de la Cour des comptes.&lt;br /&gt;Quelque part, ça tombe bien, il a son RDV avec Lardco à Paris lundi matin, et elle est censée être revenue au siège parisien dans la matinée. &lt;br /&gt;Normalement, elle aura matière à affiner les recherches à suivre.&lt;br /&gt;Sitôt le trio embarqué à bord de l’hydravion le téléphone portable remis en ligne fourmille de messages audios et scripturaux.&lt;br /&gt;À la descente d’avion en pleine nuit, l’équipe en tenue de combat arme au ceinturon des commandos de marine de « Dominiquette » est sur les nerfs.&lt;br /&gt;Où était-il ? Où est la prisonnière ? Qu’est-ce qui s’est passé depuis vendredi dernier ?&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;J’ai débriefé la coréenne en la menaçant de la passer par-dessus bord au-dessus de la méditerranée. Il me fallait bien un copilote pour contrôler le pilote automatique, non ?&lt;/i&gt; » expliquant ainsi la présence de Lydia dans l’hydravion.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Elle vous a appris quoi ?&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Un truc étonnant. &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Par on ne sait quel hasard, Miss Lidoire, vous savez ma « hackeuse » que vous avez croisée début août à Paris, nous a fait un coup tordu par inadvertance.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Lequel ? Peut-être qu’elle va enfin savoir pourquoi on la tourne en bourrique depuis le début de cette mission de protection du bonhomme…&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;Juste une bévue informatique. Elle a emprunté un « IP » qui correspond à une adresse informatique chinoise de Pékin ! Pas de chance, n’est-ce pas. Et je pense que je vais avoir d’autres précisions de sa part. Ce qui a déclenché une réaction via le seul agent asiatique pour qui j’aurai pu avoir quelques amitiés d’armes dans le temps, à savoir mon navigateur coréen lors d’un vol « top-secret » pour l’Otan qui a failli mal-tourner il y a quelques années.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Ce sera en tout cas le contenu de son prochain rapport.&lt;br /&gt;Là-dessus, coups de fil à Paris, confirmations, etc.&lt;br /&gt;L’information circule de bas en haut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ordre est donné de rapatrier Mihado dans les locaux de la « Piscine », QG du ministère de l’intérieur qui prend le relais au grand dam de Solre, sans doute, à moins que ce soit lui qui soit « à la manœuvre ». Peu importe, finalement.&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;De toute façon, je rentre sur la Capitale. J’ai un RDV matinal demain. Je vous offrirai bien de rentrer avec moi, mais il vaut peut-être mieux que vous vous occupiez de la coréenne, non ?&lt;/i&gt; » fait-il subrepticement à la Capitaine de corvette Gijou…&lt;br /&gt;Il ne tient pas particulièrement à la garder sur son siège de copilote, l’agent-double ligoté derrière : elle prendrait soin de le cuisiner pour en savoir plus sur cette mission qui la promène à travers tout le pays sans rien y comprendre !&lt;br /&gt;Déception visible dans le regard de « Dominiquette ».&lt;br /&gt;Est-ce de devoir encore courir dans tous les sens, où seulement de se taper le sale boulot de convoyage sur 800 bornes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivé au soir au siège social, Paul peut reprendre sa lecture des dossiers sur son ordinateur portable après s’être fait livré un repas du restaurant du coin, comme à son accoutumée.&lt;br /&gt;Pierre Bérégovoy 13ème Premier ministre de la Vème République, du 2 avril 1992 au 28 mars 1993, successeur d’Edith « Lassalade » qui a chauffé la place à Édouard « Bat-la-mou », le mentor de l’actuel Président. &lt;br /&gt;Ancien Ministre de la Défense, en mars 1993, ancien Ministre de l'Économie et des Finances de mai 1988 à mars 1992, Ministre des Affaires sociales et de la Solidarité de juin 1982 à juillet 1984, Secrétaire général de la Présidence de la République de mai 1981 à juin 1982.&lt;br /&gt;Brillant parcours pour un petit bonhomme aux chaussettes tire-bouchonnantes qui ne payait pas de mine, né en décembre 1925, diplômé de la Faculté de droit de l'Université de Strasbourg (formation continue), pour avoir d’abord été « ajusteur-fraiseur » à la SNCF en 1942.&lt;br /&gt;C’est en 1950 qu’il entre à Gaz de France comme agent technico-commercial à Rouen, puis obtient en 1957 sa mutation pour Paris. En 1972, il est promu chargé de mission à GDF pour y terminer sa carrière en 1978 comme directeur adjoint. La « grande secte des gaziers »… &lt;br /&gt;Par ailleurs, il devient secrétaire national chargé des affaires sociales dans son parti politique en 1973 puis, à partir de février 1975, chargé des relations extérieures. &lt;br /&gt;Élu maire de Nevers en septembre 1983 et pendant 10 ans, il en est aussi le député de 1986 à 1993. &lt;br /&gt;Ce qui reste étonnant, une fois arrivé au poste de premier ministre, c’est son discours d’investiture à la Assemblée Nationale le 8 avril 1992 : il se présente d’emblée comme le chantre de la lutte contre la corruption affairiste et politique du moment, juste après la guerre du Koweït, exactement au moment où se situe l’affaire des puits de pétrole en feu. &lt;br /&gt;« [...] &lt;i&gt;Urgence, enfin, dans la lutte contre la corruption.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Avec le garde des sceaux&lt;/i&gt; […]&lt;i&gt;, je veux publiquement apporter mon soutien aux juges qui poursuivent la fraude, sans autre passion que le droit. On soupçonne certains hommes publics de s'être enrichis personnellement de manière illégale. S'ils sont innocents, ils doivent être disculpés ; s'ils sont coupables, ils doivent être châtiés ; dans tous les cas, la justice doit passer.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;[...] &lt;i&gt;J'apporte également mon soutien aux policiers qui travaillent consciencieusement sous le contrôle des juges pour traquer les corrupteurs. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;[...] &lt;i&gt;Toutes les procédures seront conduites à leur terme, dès lors qu'elles révèleront des actes frauduleux commis à des fins d'enrichissement personnel.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;[...] &lt;i&gt;S'il est des dossiers qui traînent, croyez-moi, ils ne traîneront plus.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;[...] &lt;i&gt;Croyez-vous que je prendrais la responsabilité de tels propos devant la représentation nationale - que je respecte - et devant l'opinion publique, si je n'avais pas l'intention d'honorer tous les engagements que je prends devant vous ?&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Et curieusement, il répond aux invectives de certains députés, en brandissant alors une feuille de papier et déclare : « &lt;i&gt;Comme je suis un Premier ministre nouveau et un homme politique précautionneux, j'ai ici une liste de personnalités dont je pourrais éventuellement vous parler. Je m'en garderai bien ! &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;[...] &lt;i&gt;S'il existe encore des élus qui, à quelque niveau que ce soit et à quelque parti qu'ils appartiennent, ne respectent pas les nouvelles règles de financement de l'activité politique, qu'ils le sachent : le gouvernement sera impitoyable.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Le dernier qui leur avait fait ce coup-là, c’était Danton… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En mars suivant, il est battu aux élections législatives après avoir essuyé quelques scandales en rafale sur son propre compte et ses amitiés douteuses et prolixes. Il est très vite rattrapé par le cas de Samir Tramoulsi, un financier libanais, ami de la famille qui, depuis 1989, se débat avec la justice dans l'affaire Pechiney-Triangle, encore un délit d'initié qui remonte autour de la fameuse compagnie pétrolière aujourd’hui absorbée qui aura servie à bien d’autres choses que de distribuer du pétrole en station-service
